‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 134 sur 146 · Collection Colbert, t. CCXIII, p · texte numérisé non relu

Collection Colbert, t. CCXIII, p

2. Le Chancelier parle d'une révolte qui se déclara en Normandie , vers le mois de novembre 1639, et dont les adhérents prirent le nom de Jean-va-nu- pieds. Le Parlement soutenoit activement cette révolte. Le chancelier Séguier se rendit à Rouen pour informer. Les habitants de Caen furent désarmés : Avranches donna asile aux rebelles. Le siège de la ville fut entrepris et réussit après divers combats. (Voy. , pour les détails, le Mercure français de l'année 1639, t. XXIII, p. 406, et le Diaire du chancelier Séguier^ publié par M. Floquet; Histoire du Par^ lement de NormandiCy t. V, p. 7). La Gazette avoit annoncé, sous la date du 1 7 décembre , le départ du Chancelier, de Paris pour Rouen , en ces termes : Le Roi voulant réprimer les désordres arrivés dans la Normandie, envoie à Rouen son Chancelier, assisté d'un secrétaire d'État et de conseillers. Maîtres des Requêtes et autres officiers du conseil et de sa grande chancellerie , tout cela accompagné de la gendarmerie et d'autres forces à pied et à cheval, outre celles qui sont déjà dans la même province.

48f MÉMOmXS

principaux bourgeois avec satisfiBiction, après avoir oognu que le repos de la ville dépend entièrement du châtiment que Ton y exerce ^ Je vous assure que je ne puis assez admirer la persistance du prince , et voir une ville grande (cinquante mille habitants portant les armes) soumis à tout ce qu'on leur ordonne. Je ne dis rien des compagnies souveraines' : c'est une autorité que le maitre a retirée lorsqu'il a cognu que Ton en abusoit. En vérité le msd étoit grand , et si Ton y eût apporté un remède plus foible , il eût été inutile et sans fruits; enfin la justice se fera comme auparavant, et vous puis dire que Ton poursuit Texpédition des afiaires avec chaleur. Les commissaires ont tant d'emplob qu'ils n'y peuvent fournir; les avocats ont eu si peu de crainte de leurs juges, qu'ils ont accepté la conmiissioh pour les Requêtes du palais. Je continue l'exécution des ordres que Ton m'a donnés, et ne sera pas sitôt terminé'. Cependant assurez- vous que je suis votre, etc. De Rouen, ce 14 janvier 4640. »

1 . Les noms de tous ceux qui furent alors condamnés [Mur contuaace ont été imprimés dans le Mercure français de 1640 , p. 479.

t. Les compagnies furent interdites de leurs charges dès Tarrivéc du Chancelier. Voy. dans le Mercure français^ p. 447, l'arrêt du conseil et les différentes déclarations du Roi qui les codcement.

3. Collection Colbert, t. VI, p. 230. —Le Chancelier ne fut de retour à Paris que le 25 mars. La GazeUe de Renaudot l'annonça en ces termes (p. iS4] : Ce jour, le Chancelier de Frmncevriva id de son voyage de Normandie , après avoir rétabli dans cette province toat ce qui concernait les affaires du Roi et le service de Sa Majesté.

« A son retour à Paris , dit encore la Gazette (p. 99), « les hanu mérites du Chancelier furent honorés du cordon bleu, lequel fit pit>-

PROCESSION EN COMMÉMORATION DE LA RBDDmON DM PARIS AU ROI HENRI IV.

L'ordre du Roi, qui avoit été donné les années précédentes, pour prévenir les contentions entre la cour de Parlement et la chambre des Comptes, futVenou- Telé le 18 mars de cette année 1640 et exécuté à l'occasion de la procession générale, qui devoit avoir Ueu le 22 mars, pour, la réduction ^ de cette ville de Paris en Tobéissance du Roi , en Tannée 1 594. Mais étant dans la Grand'Chambre, prêts à partir pour aller à Notre-Dame, M. le chantre a envoyé dire que la pluie survenue ne leur permettoit pas de sortir, et que si nous allions aux Âugustins, les religieux diraient ,1a messe. M. de Bellièvre a proposé ce que Ton ferait, et a été résolu d'envoyer à Notre-Dame l'un des huissiers, dire que nous nous en allions aux Âugustins, suivant l'ordre du Roi , et qu'ils se souvinssent qu'ils Tavoient reçu aussi. La réponse a été qu'ils alloient prier Dieu pour nous à Notre-Dame. Étant arrivés aux Augustins, au moment de Tlntroït de la messe, qui s'alloit dire par le prieur, on a eu avis que Notre- Dame venoit, et ai envoyé faire cesser, afin de rendre ce respect à notre première Église : et sont arrivés incontinent. M. Riquetty, de la part du Roi, étoit aux Âugustins avec six archers des gardes; et Messieurs

fession ae la foi entre les mains de l'archevêque de Paris, comme il se pratique en telle occurrence. »

1. Ordinairement les échevins , revêtus de leurs manteaux noirs, venaient au Parlement, la veille de la procession, supplier k Cour d'y assister. Le Premier Président répondait : la Cour fera comme il est accoutumé.

des Comptes sont sortis proche de Fautel et nous par la porte ordinaire ^

LIBELLE COia)AHin£ A ÊTRE BRUL^ PAR LA MAIN DU

BOURREAU. RICHELIEU TROUVE CET ARRÊT TBiS-

Page 1