Collection Colbert, t. CCXIII, p
icelle reçue, vo js ayez à «l'envoyer la délibération qui a été sur ce prise en ma dite Cour ; ce que me promettant que vous ferez sans aucun retardement, je prierai Dieu qu'il vous ait, Monsieur Mole, en sa sainte garde \ Écrit à Fontainebleau, le 29' jour d'avril 1631 . »
J'informai M. de Châteauneuf de la demande du Roi par la lettre suivante : « Monseigneur, je me promettois que l'honneur que j'avois eu , en recevant vos commandements, de vous dire ce qui s'étoit passé en la compagnie, lors de la délibération sur les lettres de déclaration contre ceux qui sont sortis hors du Toyaume avec Monsieur, pourroit satisfaire à ce que vous pouviez désirer sur ce sujet. Et néanmoins, j'ai reçu, depuis, commandement du Roi de lui en envoyer l'acte; ce que j'ai fait, duquel vous trouverez aussi « enclose la copie. Le nombre égal de voix à chacun des avis est cause qu'il n'y a point eu de résolution prise; et l'affaire ayant été traitée, les Chambres assemblées, quoiqu'en petit nombre, ne laissent pas de oooiposer toute la compagnie : de sorte qu'il n'y a plus lieu de délibérer sans nouvel ordre.
« Quant aux affaires particulières qui se traitent en chacune des Chambres , lorsqu'on se trouve parti en opicion , on peut, allant en une autre Chambre, trouver d'autres juges : ce qui ne peut être les Chambres assemblées. Car, encore que chacun des conseillers n'ait pas opiné, ceux néanmoins qui y ont été appelés , quoiqu'en petit nombre , ayant composé le corps de la Cour, on ne peut remettre l'affaire en délibéralion, puisque ce seroit délibérer deux fois d'une
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même affaire en même Parlement. Je sçai bien que ce n'est pas satisfaire à la volonté du Roi , qui a envoyé ses lettres pour être publiées et registrées, et celte difficulté à son égard peut avoir pareil effet qu'un refus. Auquel cas, il seroit nécessaire d'envoyer lettres de jussion, afin d'obliger la Compagnie d'y prendre résolution certaine. J'attendrai, sur ce, l'honneur de vos commandements , auxquels j'obéirai toujours avec toute sorte de fidélité, étant votre*, etc, »
Le 2 mai, j'écrivis à M. de la VilIe-aux-Clercs en ces termes : « Monsieur, j'eusse plus tôt satisfait au commandement de Sa Majesté, que je reçus avant-hier, si la feuille que j'envoie m'eût pu être baillée par le greffier de la Cour. On n'est pas entré jeudi au Parlement à cause de la fête, et hier pour saint Gatien. Le peu de nombre qui s'est trouvé , lorsque la déclaration a été délibérée , a été cause que Messieurs du Parlement se sont trouvés en nombre égal. Ils étoient trente-quatre de chacun avis. Seulement, si cette affaire n'avoit pas été traitée les Chambres assemblées, on la remettroit de nouveau en délibération avec d'autres juges. N'y ayant point toutes fois d'avis certain , qui est nécessaire en chose si importante , et cette égalité de voix pouvant être tenue comme pour un refus, puisque c'est le même effet , s'il plaît à Sa Majesté d'envoyer lettres en forme de jussion , cela obligera la compagnie d'y prendre résolution. Je ne manquerai jamais de fidélité en l'exécution de vos commandements , et me promets que, par la candeur et sincérité de mes actions, je serai toujours cru votre*, etc. »