‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 5 sur 146 · MOLÉ AU GARDE DES SCEAUX · texte numérisé non relu

MOLÉ AU GARDE DES SCEAUX

NoQTelles dn Roi. — MM. de la Marck et de Bouillon. -— Duel du marquis de Boîssy. — Le livre du Franc alleu.

« Monseigneur, celles que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire les 7 et 9 m'ont été rendues en même temps, par lesquelles j'apprends le retour du Roi en ces quartiers*. Le progrès de ses justes armes ne se pouvoit espérer; c'est le coup du ciel en sa justice de faire tomber les armes des mains de ces rebelles , et que les ennemis jurés de Dieu et du Roi ayent changé d'esprit tout à coup , et qu'oubliant leur république naissante, ils se soient soumis aux lois de la monarchie et rendu les devoirs à leur prince présent. Je me promets l'honneur et la faveur d'en parler bientôt avec vous. Monseigneur, et d'en apprendre les circonstances admirables.

ce J'ai fait poursuivre l'afTaire de M. de la Mark pour Sedan', non pas pour la faire juger définitivement, mais pour obliger ceux qui sont en possession d'avoir recours au Roi, afin qu'il donne telle loi qu'il lui

i. Collection Colbert, t. VI, p. i83. — M. de Marillac remercia le procureur général de ses félicitations au sujet de la nomination de son frère au maréchalat , par une lettre datée de Beaucaire le 9 juillet. (Mêmes collection et volume , p. iil.)

8. Le Roi était le 7 juillet à Remoulins (Gard), et alors il se dirigeait vers Beaucaire. La facilité avec laquelle les protestants rendirent leurs places hâta le retour de Louis XIII à Paris.

3. Le Garde des Sceaux recommandait spécialement cette affaire à Mole par une lettre en date du 7 juillet, afin d'en faire ajourner le jugement.

plaira I soit pour prononcer en faveur de l'un ou de l'autre, ou pour traiter avec les deux. 11 y a eu arrêt par lequel il a été ordonné que l'instance conduite ci-devant avec M. de Bouillon, étoit tenue pour reprise, et que le comte de la Mark vérifieroit sa demande.

« Je poursuis les contumaces pour le duel du marquis de Boissy^ nonobstant les brigues du père et de ceux auxquels il appartient. Il n'y a point eu de combat près Saint-Mandé ; mais les corps de Plassac et de Fleury avoient été enterrés en un champ proche de là. Ce qu'ayant sçu, ils en furent déterrés par les officiers du lieu et portés en une maison qui fut rompue la nuit , et les corps enlevés. Ayant donc été soustraits à la justice, je fais le procès à leur mémoire. Cette violente action a donné sujet au bruit qui a été porté jusqu'à vous.

« J'ai parlé avec l'auteur du livre du Franc alleu; il s'excuse sur ceux qui sont à l'hôtel de Lorraine ; mais il n'e^t pas recevable. Il me promet de supprimer VÉpttre liminaire j et ce n'est pas un remède assez puissant pour une telle faute. J'exécuterai l'ordre qu'il vous plaira de prescrire, et ne céderai à personne l'obéissance qui vous est due, comme votre, etc.*.

« Du 15 juillet. »

\ . Dans une lettre de Mole au Garde des Sceaux , qui doit être du commencement de juin, il est question de la nécessité de tenir la main à l'exécution de Pédit contre le duel. (Collection Colbert, t. VI, p. 183.) — Le Garde des Sceaux insistait encore sur ce même sujet par une autre lettre datée du 9 juillet. {Ibid.jp. lii.)

2. Collection Colbert, t. VI, p. i86. — Le Garde des Sceaux répondit à Mole : « Le Roi , comme j*estime , aura très-agréable de vous Toir, et Peut de cette action mérite, ce me semble, qu'elU

DE MATHIEU MOLE. (1629.) il

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