‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 4 sur 146 · Collection Dupuy, t. DCCXCII, lettre xxi · texte numérisé non relu

Collection Dupuy, t. DCCXCII, lettre xxi

2. Il est impossible de signaler celle de ses filles que Mathieu Mole veut désigner dans cette lettre. Il en eut plusieurs , dont la plus jeune était alors Jeanne Mole , née en 1621 .

fHénérale ou une trêve de longues années , si on ne peut mieux. Nos histoires passées nous en donnent

1 exemple, et nos affaires nous y obligent. J'aurai toujourM la passion de vous témoigner que je suis, etc. ^

u Mes recommandations très-afîectionnées à mesnieurs vos frères. On a mieux aimé au voyage Stella que M. (lodefroy; puisque Louget lui demeure, je Taimc mieux i\ Paris : il sçait bien ce que je lui suis. »

Lk REINS BIÈRE A MOLE.

Tnùtf^ de paix aTec rAngleterrc.

« Nolit^ amt^ et féal, le Roi notre très-honoré seigneur et iUS| nous ayant mandé de faire publier la paix qui ^ êlt^ ixinolm^ entre cette couronne et celle d'Angleten^ *! |>iir tous les lieux du gouvernement qu'il a |Ju À Su Majesté ikius laisser pendant son absence*, lums ei) a\^>i)s au m^me temps voulu ùdre part à ceux tie *\^^ l^^rtei^HMU^ auxquds^ pour cet eflTet, nous écri- \^M» eeUe qtie ihhis vous euvoyoos pour leur {Nrésenle^\ «\eo le \Kml4e ^k$ aHk4e$ <^ en col été accor-

dés. N'y faites donc faute, car tel est le plaisir de Sa dite Majesté et le nôtre. Donné à Paris, le 19* jour de mai 1629^ »

SIEGE DE SAUn-AMBROISE. STOUVELLES DIVERSES.

Le 6 juin 1629, M. le Garde des Sceaux m'écrivit de Saint-Esprit * que le Roi commençoit, ledit jour, le siège de Saint-Ambroise , qui sembloit vouloir se défendre, quoique l'on (tt quelque jugement du contraire. Je lui répondis le 18 juin, en ces termes :

a Monseigneur, j'avois la main à la plume pour vous témoigner mes sentiments de la recognoissance des services rendus à la France, en la personne de monsieur votre frère, quand les vôtres du 6 juin m'ont été rendues, et encore qu'il en soit seul honoré par le titre d'officier de la Couronne, il ne laisse pas d'avoir recueilli les fruits de ceux desquels elle vous étoit redevable. Ainsi il vous demeure très-étroitement obligé, vous très-content et le public très-satisfait, puisque nous pouvons faire un jugement assuré que les actions vertueuses reçoivent enfin les récompenses qui leur sont dues. Ce qui a augmenté ma joie, est que vous avez reçu cette grâce en un temps auquel il sembloit que les envieux de notre bonheur fissent de nouveaux desseins contre vous , et qu'en un moment les visages ont été changés et les paroles de mépris tournéef en louanges. Je sçai assez quel état vous faites de

i. Collection Colbeit, t* CXXXIX, p. 241.

2. En quittant Paris, le Roi s'était rendu à Dijon par la Champagne. On craignait alors le séjour de Lyon pour Louis XIII , à cause d'une terrible épidémie qui venait de désoler cette ville. (Baain , Histoire de Louis XIII ^ p. 151 .)

tels esprits , et que votre courage en telle rencontre s'augmente , n'attendant rien d'autrui , et ne recherche que la satisfaction d'avoir bien fait.

« Vous avez été assez averti de ce qui s'est passé en délibération sur quelques-uns des articles des nouvelles ordonnances , je vous envoie copie des lettres patentes expédiées au temps des ordonnances d'Or- > léans. Ce nouveau conunandement reçu de la part du Roi , portera , comme j'espère, chacun à l'obéissance. Je me contenterai de vous dire que, s'il n'y avoit point eu de dessein caché de quelques-uns en telles assemblées, on eût résolu plus d'un article en un jour. J'ai différé de vous en écrire; mais voyant que, quelque soin que l'on prenne, on gagne temps, vous trouverez ci-enclos l'arrêt de la Cour, contre ceux qui ont été si hardis que de violer l'édit des duels. J'espère leur faire ressentir la peine due à leurs crimes; pour le moins, je n'y oublierai rien de ce qui sera de mon devoir.

« On m'a dit que l'on vous a envoyé le livre contre le Franc alleu^ vous en cognoissez l'auteur; vous n'approuverez pas, comme je crois, le titre de VÉpttre li-^ minaire adressée à l'Altesse et très-haut, très-puissant et sérénissime prince monseigneur le duc François second de Lorraine et de Bar. C'est autoriser la loi salique de Lorraine ; c'est approuver une qualité que le Roi n'a point encore voulu recognoître, c'est fcire perdre la cause à la princesse mineure. Je vous laisserai le jugemenl de cetle action et attendrai Tordre qu'il vous plaira de prescrire. C'est un livre imprimé à Paris, sans nom toutefois d'auteur et d'imprimeur, par nn François , conseil toutefois de M. de Lorraine,

VE MATHIEU MOLE. (i629.) 0

qui doqne un titre à un prince étranger, contre les intentions de son Roi ^»

Page 1