LETTRE DE LOUIS XIV ▲ MOLE
Le Roi aDDonce son retour à Paris.
« Monsieur Mole, ayant résolu, par l'avis de la Reinerëgente, Madame ma mère, de me rendre en ma bonne ville de Paris* Fun des jours de la semaine prochaine, après avoir mis les affaires qui m'avoient obligé au voyage que j'ai fait sur ma frontière de Picardie, au bon état que je pouvois désirer, pour les avantages de mon royaume et de mon»service, j'ai bien voulu en donner part à ma cour du Parlement de Paris*, et
ce titre seigneurial), et le i 3 à Compiègne , a où Sa Majesté fut reçue et traitée avec si grandes magnificences qu'elles méritent un numéro extraordinaire de la Gazette. Le roi d'Angleterre coucha à Chantilly le 1 3 au soir, où la princesse de Condé le fit traiter splendidement par les officiers de sa maison, qu'elle y avoit envoyés à cette fin. » La reine de la Grande-Bretagne attendait son fils à Saint-Germain, le 14 juillet. (Gazette, p. 493.) Voy. ci-après les lettres de Mole à Dupuy, relatives aux événements qui se passaient alors en Angleterre.
i . Le Roi habitait le château de Compiègne depuis le commencement de juillet. Il s'y était rendu en quittant la ville d'Amiens. L'entrée du Roi à Paris eut lieu le 18 août, et la population parisienne lui fit le plus chaleureux accueil , ainsi que le raconte M™« de Motteville {Mémoires^ t. III, p. 323). Des fêtes et des bals furent donnés à l'Hôtel de Ville, au commencement de septembre, mais ces réjouissances eurent lieu en plein jour, à cause des inquiétudes de la Régente. (Jbid,, p. 339.)
2. La lettre du Roi au Parlement fut présentée pendant la séance du jeudi 12 août; elle portait de plus que celle de Mole : « Nos armées ayant passé la rivière de l'Escaut et forcé celle des ennemis, où l'Archiduc étoit en personne, à se retirer avec perle et confusion ; et ayant fait de notre part toutes les choses nécessaires pour renouer la conférence du traité de la paix entre cette couronne et celle d'Espagne, qui avoit été rompue à Munster.... » (Registres du Parlement.) — Voy. dans la Gazette, p. 661, le ré-
à VOUS en particulier en même temps, m'assurant bien que vous ressentirez beaucoup de joie d'une résolution que vous et tous mes serviteurs avez estimée si convenable au bien de mes aflaires, vous confirmant , au surplus, ma bonne volonté en votre endroit et la satisfaction parfaite que j'ai de votre conduite. Et sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur Mole, en sa sainte garde. Écrit à Compiègne , le 1 1 août 1 649. »
dt de c Tarrivée de Leurs Majestés et de la cordiale réception qui leur a été faite en cette ville de Paris. »
Quelques jours après, s'ouvrirent , chez le Premier Président , des conférences relatives aux affaires de Provence. Le Parlement de cette province était représenté par un conseiller du nom de Valence. Voy. à V Appendice.
Le 19 août, Saintot vint prévenir la Cour que le Roi et la Reine étaient disposés à recevoir le Parlement au Palais-Royal et qu'il serait le bienvenu. La Cour s'y rendit immédiatement , et la Gazette nous apprend que les autres grandes corporations furent également reçues les jours suivants. On lit dans ce journal (p. 720-755), sous les dates des 21 au 31 août : a L' après-dîner du 21 août furent pareillement conduits à l'audience : le chapitre de la Sainte Chapelle, Tévêque de Bayeux (Edouard Mole), trésorier d'icelle, portant la parole; comme aussi tous les curés de cette ville , dont la parole fut portée par le sieur de Chappelain , curé de Saint-Jacques la Boucherie et.docteur de Sorbonne.
c Le 28 d'août , la Reine retournant de ses dévotions ordinaires de l'église Notre-Dame , alla voir le beau rocher de pierreries du sieur Feydeau , chanoine de celte église , où est représenté saint Antoine dans son désert , tenté par les démons , lesquels, sous diverses figures enrichies de pierres précieuses, donnent un divertissement des plus agréables. Cette pièce étant aussi riche par son artifice que par sa matière , qui la rend Tune des plus curieuses de la chrétienté. C'est pourquoi la Reine, l'ayant jugée digne d'être vue du Roi, Sa Majesté y fut le 2 de ce mois (septembre), accompagnée de Monsieur, son frère , du cardinal Mazarin , du maréchal de Villeroy, son gouverneur, du maréchal du Plessis-Praslin, aussi gouverneur de Monsieur, avec la plupart des grands de la cour.