‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 2)Chapitre 11 sur 76 · S8 MÉMOIRES · texte numérisé non relu

S8 MÉMOIRES

AUDIENCE DONNÉE PAR LA REINE AU PARLEBfENT.

Paroles de la Reine et du Premier Président. — Aftaires de Proyence et

de Guyenne. — Nouvelles diverses.

liC 3 septembre, le Premier Président dit à la Cour : <c Que, suivant le commandement du Roi et de la Reinerégente, il partit, hier matin, avec les députés de la

c Le même jour, fêle de saint Augustin, la Reine, accompagnée de Mademoiselle, de la duchesse de Chevreuse et d'autres grandes dames de cette cour, alla visiter Téglise des Augustins déchaussés où Sa Majesté entendit le salut et reçut la bénédiction du saint sacrement, s (M*^* de Chevreuse était allée présenter ses hommages à la Reine le 8 août, à Compiègne, et avait été très- bien reçue. Voy. Gazette, p. 635.)

c Le 29, Leurs Majestés, accompagnées de Son Altesse Royale, de Mademoiselle , de Son Éminence et de toute la cour, eurent à Chaillot le divertissement de voir tirer Poison par les mariniers de cette ville , sur la rivière de Seine , bordée d'une infinité de peuple , depuis le Cours appelé de la Reine , jusques par delà ce village ; quantités de trompettes, de haut-bois, de tambours et de fifres, dispersés en divers lieux , faisant une agréable harmonie sur la même rivière ; laquelle retentissoit aussi des cris de Fipe le Roi! de plus de trois cent mille personnes qui étoient sorties de cette ville.

c Le duc de Montbazon^ avec le Prévôt des marchands, les échevins et le reste du corps de ville , vinrent le même jour prier Leurs Majestés d'honorer, dimanche prochain, la maison de ville, qui leur veut donner le divertissement d'un fort beau feu d'artifice, ensuite du bal et de la collation ; ce qu'elles leur promirent. Ils en furent aussi prier Monsieur, frère unique du Roi, Son Altesse Royale Madame, Mademoiselle, le prince et les princesses de Condé, le prince de Conti , Son Éminence , le Chancelier de France et le Premier Président du Parlement.

« Le 3i , la Reine , ayant avec elle Monsieur, frère unique du Roi , Mademoiselle et quelques autres princesses et grands de la cour, fit ses dévotions dans les plaines de Longcharops, qui est une abbaye fondée par sainte Elisabeth , fille de France et sœur de saint Louis , où Sa Majesté entendit les vêpres chantées par la musique du Roi, et la prédication du père Adam, jésuite.

G>ur ; arrivés au Palais-Royal, furent incontinent avertis que le Roi et la Reine les demandoient. Ladite dame Reine leur dit que M. le Chancelier feroit entendre son intention. Â l'instant, )edit sieur Chancelier leur dit : « Que la Reine Tavoit chargé de leur faire part du caloie rétabli en la Provence ; et que, par Tafiection que la Cour témoignoit par toutes ses actions au bien du service du Roi, la Reine s'éloit persuadée qu'elle auroit les sentiments qu'elle devoit ; qu'elle se promettoit dans peu pareils succès en Guyenne, et qu'elle y avoit envoyé la déclaration du Roi concertée avec les députés du parlement de Bordeaux , qui étoient ici ; et que, chacun se rendant à son devoir , on pouvoît en bref espérer que la paix générale suivroit, qui n'avoit été retardée que par les vaines espérances que les ennemis avoient conçues sur nos divisions ; que, la Cour continuant ses soins pour cette tranquillité publique^ l'ordre seroit bientôt rétabli partout. »

i . Ce fat sans doute aussi pour assurer la tranquillité publique de Paris, que le Roi accorda une réduction sur le droit d'entrée du ▼in, et il écrivait à cette occasion à Mole : «« Monsieur Mole, j'en- Toie à ma cour de parlement de Paris la déclaration que j'ai fait expédier, portant décharge aux marchands de vins, hôteliers , ta- ▼emiers et cabaretiers de la ville et faubourgs de Paris, de tout ce qu'ils peuvent devoir des droits de dix sols pour chaque muid de vin vendu en gros, et quatre sols pour litre de vin vendu en détail, pour l'année 1648 et premier quartier de Tannée présente, sans qu'il leur en puisse être demandé aucune chose , ni aussi qu'ils puissent prétendre aucune répétition pour ce qu'ils peuvent avoir payé desdits droits , à la charge de passer iceux conformément à ma déclaration. Et comme il importe au bien de mon service qu'elle sorte au plus tôt son effet , afin d'en tirer le secours de deniers que je m'en suis promis en l'urgente nécessité de mes affaires , je vous ai voulu faire cette lettre, de l'avis de la Reinerégente , Madame ma mère , pour vous commander de tenir soi-

Aussitôt qu'il eut fini, il plut à la Heine commander au Premier Président de s'approcher, et elle lui dit : c Qu'il se souvint et M. le président de Mesmes, M. le président Lecoigneux et M. le président de Nesmond, de la parole qu'ils lui avoient donnée d'empêcher les assemblées le reste de cette année % et qu'elle en pût

gneusement la main à l'enregistrement pur et simple de madite déclaration, en sorte qu'il n'y soit apporté aucune longueur ni difBcuIté. A quoi me promettant que vous satisferez, je ne tous la ferai plus expresse , et prie Dieu qu'il vous ait , etc. Écrit k Paris, le 3« jour de septembre 4649. »

La Gazette nous donne de plus les nouvelles diverses suivantes, qui compléteront les récits de Mole : « ii septembre. Cette semaine , le Roi entra en son Conseil et y opina si judicieusement, que Sa Majesté donna autant à cognoître, à tous ses ministres et conseillers d'État , les merveilles qu'on doit attendre d'elle en un âge plus avance , que cette façon de lui donner de bonne heure cognoissance des affaires, à l'exemple des plus grands monarques, fait remarquer à tout le monde quels soins la Reine -régente, sa mère, prend de sa royale éducation.

« Le 1 4 septembre , les religieux de la Trinité et rédemption des captifs, appelés Mathurins, firent la procession qu'ils ont accoutumé de faire tous les ans, le jour de l'Exaltation de la sainte Croix, dans la Sainte-Chapelle , où le sieur Mole , évéque de Bayeux et trésorier de cette église , officia pontificalement , et la prédication fut faite par un religieux du mcme ordre.

« Paris, 9 octobre 1649. — Le 7, le Roi entra pour la première fois au Conseil des finances, qui se tint au Louvre , et fut ensuite visiter la reine d'Angleterre.

« Paris, le 23 octobre 1649. — Le 21 de ce mois, jour de sainte Ursule, la Reine entendit dans l'église de la Sorbonne, dont cette sainte est poltronne, une docte prédication de rarchevoque d'Embiun , après laquelle Sa Majesté eut la curiosité de visiter la bibliothèque et les autres raretés de cette belle maison. »

Depuis le retour du Roi dans Paris, M™* de Longueville, par dépit , dit M"»« de Motteville , s'étoit retirée à Chantilly, sous prétexte d'y boire des eaux. » {Mémoires de iJ/»»» de Motteville ^ t. III, p. 339.)

! . M. Cousin , dans son article du Journal des Savants (décem-

voir refTet en Toccasion qui se présente, puisque quelques-uns pressoient une assemblée. » Le Premier Président supplia très-humblement Sa Majesté de lui permettre de lui dire que cette promesse avoit été faite sur l'assurance que Ton avoit donnée de Tentière exécution de la déclaration du 22 octobre. Il lui plut prendre la parole et dit qu'elle Ventendoit ainsi , et qu'elle la feroit garder inviolablement. Lors le Premier Président lui dit : ce Que l'affaire de Provence * pouvoit être prise pour une contravention ; mais que Sa Majesté ayant donné la paix à cette province^ et, par son autorité , arrêté le cours des mouvements qui y étoient excités, il semble qu'il n'y avoit qu'à en attendre les efletSy comme aussi de la Guyenne' : qu'il ne manqueroit de faire entendre à la compagnie ce qu'il lui plaisoit commander et de témoigner l'honneur

brc 1854, p. 766), sur les carnets du cardinal Mazarin^ a cru pouvoir établir, d'après un passage d^une biographie du Premier Président, par Le Pelletier, que Mathieu Mole n'obtint sa nomination à la première présidence du Parlement qu'après s'être engagé par on écrit remis au cardinal de Richelieu , à ne jamais assembler toutes les chambres du Parlement sans un ordre exprès du Roi. Ne pourrait-on pas penser que l'engagement dont parle Le Pelletier fut celui que Mole prit longtemps après, lors du traité de Ruel, et que le Parlement ne voulut pas reconnoître , ou bien celui auquel la reine Anne vient de faire allusion? Ce ne serait pas alors une concession faite pour obtenir une fonction ambitionnée par Mole , mais une nécessité motivée par les troubles politiques du moment.

i. La Gazette avait annoncé, cependant, dès le 5 août, la nouvelle de raccommodement des affaires de Provence (p. 599), et ce journal s'était empressé de la confirmer le i*' septembre.

2. « M. le Prince, qui avoit toujours de irès-bonnes et très-sincères intentions pour l'État, penchoit à l'accommodement et n^étoit pas d'avis qu'on hasardât une province aussi importante et aussi remuante que la Guyenne, pour le caprice de M, d'Epernon. » [Mémoires de Retz y édition citée, p. 469.;

qu'elle lui faisoit de lui donner part du succès de Provence ; que ces torrents dévoient être arrêtes en leur commencement, d'autant que, s'augmentant de jour en jour et courant de province en province, ces étincelles pourroient exciter un tel embrasement, qu'il seroit difficile de Têteindre. » Et s'ëtoient retirés.

SAINTOT AU PREMIER PR^SIDEirr MOLlÊ.

La Reine s'est informée des nouTelles de Mole. «- M. de Champlàtreux. — Le cardinal Mazarin.— -Libelles.— Le surintendant des finances.

(V Monseigneur, j*obéis, avec tous les respects du monde, à l'honneur de vos commandements, étant aussi obligé de vous témoigner comme la Reine m'a, hier matin , demandé l'état de votre santé , laquelle j'ai assuré être très-parfaite, Dieu merci , et que vous m'aviez fait l'honneur de m'écrire ; Son Éminence me demanda aussi le semblable, mais comme M. de Champlàtreux l'a vue depuis et qu'il est de retour près de vous, il n'aura pas manqué de vous donner avis de toutes les choses de deçà, ce qui m'oblige de ne vous les réitérer par celle-ci , ni même de vous entretenir des billets et libelles^ qui se sont faits et jetés depuis cinq ou six jours, dont l'on a découvert l'auteur, M. de Longueille, conseiller au Parlement. J'ai eu joie que Son Eminence en ait été bien avertie , puisqu'il y a trois jours que je l'assurai que ces billets jetés, au sujet du bruit qui couroit d'un surintendant, ne pouvoient

i . Lors de Taudience donnée par le Roi, étant à Compiègne, au Prévôt des marchands , le 30 juillet précédent , ce magistrat protestait déjà contre F évasion d'un criminel condamné pour des H- Mies diflamatoires , tout en adrf^ssant ses vœux pour le retour du Roi.

être pensés ni jetés que par quelque prétendant à cette chaire et d'un du Parlement, qui croyoit n'y avoir que la seule personne que vous sçavez qui pût lui être en obstacle et qu'il briguoit avec tant d'adectation.

ce J'ai vu, hier au soir, très-tard, M. Le Tellier, suivant ce que M. Talon me manda, par ordre de M. de Champlâtreux. Je lui témoignai les peines qu'il s'étoit données d'aller deux fois chez lui, dont il me chargea de lui dire combien il s'en sentoit son obligé ; il me dit aussi de vous faire sçavoir qu'il n'y avoit rien de résolu sur l'affaire dont l'on désiroit sçavoir des nouvelles. Mais comme je vous dois tout et que je suis obligé de vous rendre compte de tout ce qui vient à ma cognoissance ^ je me donnerai l'honneur de vous dire que , hier matin , j'appris que M. de la Ratière ayant vu M. l'abbé de la Rivière sur le sujet de M. d'Émery^, il s'étoit ouvert à lui, lui ayant fait cognoitre les obstacles que Son Altesse Royale avoIt apportés à cette promotion et les sujets qu'il en avoit, mais au même temps mondit sieur de la Rivière agréa les propositions que ledit sieur de la Ralière lui fit pour détromper l'espri t de Sa dite Altesse Royale des opinions qu'il pouvoit avoir dbntre ledit sieur d'Émery, et vint en parler à MM* Le Tellier et de la Vrilliére, sur le midi, qui étoient chez M. de Senneterre ; il leur fit une entière relation du pourparler qu'il avoit eu avec le sieur de la Rivière à ce sujet, de sorte que j'appris de lui que M. de Senneterre devoit voir M. Tabbé de la Rivière comme ami et le porter à désabuser Sa dite

i. Mazarin augmeota la haine publique qu'on avoit contre lai par le rétablissement de d'Émery. (Mémoires de Retz^ p. il».)

Altesse Royale de Tobstacle qu'elle apporte pour ledit sieur d'Émery, et que M. de la Vrillière doit aussi le voir de sa part ainsi que Son Altesse Royale et lui faire toutes les protestations les plus soumises que Ton puisse s'imaginer. J'appris aussi que, jeudi dernier, M. d'Aligre avoit été proposé pour surintendant avec M. d'Avaux.

a M. le président Cbarton vint, jeudi, à THôlel de Ville , avec les sieurs Ribié , Montmagny et deux ou trois autres Frondeurs, pour le fait des rentes ; mais le Prévôt des marchands assura, hier, M. Le Tellier que cela seroit sans suite.

« Je ne manquerai pas de me donner l'honneur de vous aller rendre, à Cbamplâlreux*, les assurances de

i. Mathieu Mole passa le temps des vacations du Parlement hors de Paris. Une autre lettre de Saintot, que Ton U'ouvera à V Appendice , rend compte d'une audience donnée par la Reine au Parlement , et pendant laquelle le président de Novion porta la parole ; enfin nous compléterons les nouvelles diverses de la un de l'année 1649 par les extraits suivants de la Gazette :

« Le 12 novembre se fit l'ouverture de ce Parlement, avec les cérémonies ordinaires, oii l'évéque de Bayeux officia pontificaleroent. Puis le sieur Mole, son père , prélliier président de cette célèbre compagnie, traita magnifiquement à dîner le prince de Condé , le maréchal de Gramnont et plusieurs conseillers de la Grand'Charabre.

a Le 22 novembre se fi^ l'ouverture des audiences de ce Parlement, par un très-docle discours du sieur Talon, premier avocat général, et par une judicieuse harangue du sieui^Molé, premier président de cet illustre corps. « (Nous ne l'avons pas retrouvée parmi ses papiers , et elle n'existe pas dans les Registrej originaux du Parlement.)

tt Mademoiselle, grâces à Dieu, se porte mieux de sa maladie , qui afïligeoit toute la cour.

« Le 30 novembre, le Roi, accompagné du prince de Condé, de

DE &UTHIEU HOLÉ. {16b9.) 65

ï très-bumble servitude que je vous dois, étant votre, etc. A Paris, le 31 octobre 1 649., »

lATTBES DE HOLÉ A U. DDPUT.

udjalFor. — Le lin« ^ roi d'AngUteire. — Le mai^hal de l'HAbl. — Mon dn roi d'Angleterre. — Plainte» contre \ei Frondeun. 1 NouTelles d'Angleterre. — H. d'Ëmery et la inrinteadaDce dé* — Briguei k ce nijet.

e particulier de ce qui s'est passé à Strasbourg s la lettre de M. Cbrestien. On attend Roussel , ou après-demain au plus tard, et de par Taffeclion que vous avez pour nous, je vous dois le compte de son retour.

" J'avois sçu la lettre de cachet pour M. le Procureur Général; il en a peut-être une pour le Parlement, qui satisfera, à la Saint-Martin, à ce que l'on désire, et ne doute point qu'il n'attende jusques en ce temps

à faire

lîpoase.

^ Éminence et d'une grande quandié de noblesse, alla prendi-e '''liTïrtû&enieDt de la daasse dans la plaine de Grenelle, d'où Sa '^^ revint snr les trois heures du soir.

■Le M décembre, le Roi s'alla dirertir en son jardin des ^'intet, au faubourg Sifal-Marceau.

• le 2^ décembre, oMe Archevêque a ordonné les prières de (jurante heures, qui ont été ouvertes cette semaine par toutes les fgliwsde Paris, pour implorer l'assistance divine à la première KUmunioD du Roi, que SaM^e&tè doit faire demain ï la: messe demtnuit.

< Les députés de Bordeaux s'apprêtent i s'en retourner, ayant témoigné être fort satisfaits de la déclaration que le Roi , par sa bonté , fit mardi dernier et envoya en même temps au duc d'Épenion et au maréchal du Flessis-Praslio , pour la pddfication de cette ville-là. •

La Gazette publia un numéro extraordinaire pour raconter les KTtmonies de la première communion du Roi.

(( J'ai regret de ce procecïé pour M. le Coadjuteur^. On dira que Taflaire étoit assez importante pour en donner part à M. F Archevêque devant que de prendre résolution, et que, par ce respect, il eût prévenu le courrier de la cour.

i< Lorsque vous aurez fait votre cour, vous nous en donnerez part^ et vous vous souviendrez toujours de ceux qui sont au désert, etc. Ce jeudi matin. »

« Monsieur, la résolution de cet évéque de Cambrai étoit digne de son affection envers la monai*chie , dé laquelle ceux qui sont de même condition ne prennent pas tant de soins et n'ont pensée qu'à leur fortune particulière. Le ciel touchera enfin leurs cœurs !

a J'ai vu le livre du roi d'Angleterre* imprimé à Rouen : cet ouvrage devoit être fait à Paris, et les pièces qui y ont été ajoutées méritent d'être lues ; il est malaisé de les lire sans larmes. Faut-il que la personne d'un Roi et de sa race soit exposée à cet orage ! quels effets d'une faction sous prétexte de religion ! Les Indépendants dut fait ce coup. Veuille le ciel que

i . Le Coadjuteur n'avait pas fait sa pip avec la Reine. La Gazette du 2i août annonçait que le jour où la Reine et le Roi furent entendre la messe à Notre-Dame, le Coadjuteur était indisposé. — La lettre de Mole fait sans doute allusion à l'affaire Joly, pour laquelle Mazarin fit prier l'Ai'chevêque de venir prendre sa place au Parlement, afin d'empêcher par là le Coadjuteur de siéger, puisqu'il n'avait voix délibérative qu'en l'absence de F Archevêque. — Voy. sur cette affaire Joly et le syndicat des rentiers , les Mémoires de M^* de Motteville^ t. III, p. 409, et ceux du Car-' dînai de Retz, p. 172.

2. Le livre du roi d'Angleterre, dont parle Mathieu Mole, doit être celui qui a pour titre : Ei^dn Basilikè^ et qui a été attribué au roi Charles I*'. Il parut quelque temps après la mort de ce

DE MATHIEU MOLE. (i649.: 07

semblables desseins, sous d'autres noms, ne puissent jamais réussir ! Un peu de courage nous délivrera de ces malheurs.

€ Vous scavez notre gouverneur de Paris, M. de THôpital : c'est un serviteur du Roi très-fidèle et un ▼ieil ami de plus de quarante ans.

« Je cognois le désigné confesseur ^ C'est un esprit très-modéré. Croyez que je serai, etc.

« Je viens de recevoir le livre des traités de l'innocence du feu roi d'Angleterre. Mais il est mort ! »

u Monsieur , vous avez assez exprimé le remède à tous nos maux : que chacun n'ait pensée que de s*acquitter de sa chaîne et ne se mêler point de celle des autres! Ces contrôleurs d'État, qui ne regardent que leurs intérêts particuliers^ sont cause de nos dés-

moiurque et produisit une vive sensation en Europe ; quarantesept éditions furent promptement épuisées, et il y en eut des traductions dans toutes les langues ; mais plus tard des doutes s'élevèrent sur le véritable auteur de cet écrit.

M. Guizot, dans une très-curieuse notice placée en tête du tome IX de sa collection des Mémoires relatifs à la Révoliuion d'AngleterrCy discute et établit la part que le roi Charles prit réeU lement à la rédaction de VEikôn Basilikè,

i. On lit dans la Gazette : c Le 24 octobre, la Reine envoya révéque de Rodez, précepteur du Roi, dans la maison professe des Jésuites , leur faire sçavoir que Sa Majesté avoit retenu pour confesseur du Roi le révérend père Charles Paulin, jésuite, supérieur de la maison professe de Saint-Louis , dont la prudence , piété et charité désintéressée s*est rendue publique , par la con<^ duite publique qu'il a eue des affaires spirituelles de la maison des Pères de Tordre de Sainte-Croix, comme sa doctrine et son éloquence ont été recognues pendant le long temps qu'il a régenté en cette ville ; ce cboix s'étant fait avec la joie et Tappro* bation de toute la cour.

ordres, et quand celui que vous dites changera d'esprit, il continuera de vous honorer comme il faisoit auparavant; il a tant d'autres aflaires d'obligation, qu'il teroit mieux d'y satisfaire que de courir jour et nuit \

(( Si vous avez des nouvelles d'Angleterre , vous m'obligerez ; cet exemple fait horreur , et doit-on craindre im mal qui commence et se conduit par les mêmes voies : il y a quelques pièces ajoutées dans le livre du feu Roi, imprimées à Rouen, qui méritent d'être vues. Au milieu de toutes les lumières de son esprit , il élève si haut cette religion anglicane , qu'il semble que ce soit la cause de son malheur. Je suis, etc.

« Je n'ai point appris la résolution touchant M. d'Émery : il faut que cette charge soit bien avan* tageuse , puisque tant de sortes de personnes la briguent publiquement. »

(( Monsieur , on ne prendra pas conseil de la nécessité, mais on réglera sa dépense sur le peu qui reste , et où ces réformateurs nous ont réduits. On juge assez si on n'est point en pire état que quand on a commencé. Les auteurs de tous nos malheurs ne trouveront-ils autre sûreté pour eux que dans la suite d'un mouvement. Ce tragique mouvement d'Angleterre ne fait-il point horreur et n'arrélera-l-il point leurs mauvais desseins , puisqu'ils ont commencé de la même sorte ?

i . Allusion au coadjuteur de Paris (voy. ses Mémoires de Pan-* née 1649).

« J*achève l'histoire de ce malheureux Roi contenue en son livre ! U a prévu sa mort et la ruine de la monarchie , et n'y a pu donner remède !

« Monsieur, à la fin de votre lettre vous êtes merveilleusement stoîque. En quel ëtat seroit ce public que vous aimez tant? Que deviendront tous les ëtablissements de la monarchie, où il faut s'oublier pour s'y donner tout ? Les brigues de la Surhitendance sont honteuses; plaignons un peu ceux qui ont la conduite, puisque le bien et le mal plait également à ceux qui veulent troubler le calme , et que vous cognoissez bien , ne cherchant que des prétextes pour faire du bruit. Il est temps qu'ils changent d'esprit ou qu'ils rendent compte en public de leurs desseins.

« Si l'affaire de Bordeaux u'étoit conduite par les conseils qui sont à Paris, j'espérerois que l'on pourroit y mettre fin. Il est nécessaire, néanmoins, de la terminer, pour 6ter tout sujet à ces contrôleurs d'Etat, qui ne cherchent que leur intérêt, tout dût-il périr. Je suis , etc. »

a Monsieur , je me console en votre billet en at« tendant que je l'eçoive Fhonneur désiré , et me promet-on que ce sera bientôt. Si vous me voulez faire part de cet acte notable pour les libertés, vous m'obligerez. Je ferai achever de transcrire quelques actes du livre que vous m'avez prêté et le renverrai demain.

« En ces moments publics, espérons que le bon ange de la France dissipera ces nuages, qui ne lais* sent pas de s'augmenter de jour en jour. Malheureux

François! qui sont ennemis de leur repos et qui conspirent à leur ruine. Je suis, etc. \ )>

Le duc d'Orléans au Parlement. — Ses paroles. — Réponse de Mole. — Le^ émeutes et les rentes sur THôtel de Ville de Paris.

Le lundi 13 décembre*, les huissier^ de la Cour

1 . Collection Dupuy, t. DCCXCn , lettres lxzxix, xvm, zit, xyn, XVI et v.

2. Les rentes sur PHôtel de Ville n'avaient pas été payées pendant les troubles de 1649. La paix rétablie , les rentiers s'assemblèrent pour faire entendre leurs plaintes à ce sujet. Ce fut donc la première affaire importante dont le Parlement eut à s'occuper dès l'ouverture de ses séances. Le 15 novembre, le Prévôt des marchands et les échevins présentèrent requête à la Cour, snr laquelle il y eut arrêt portant que » pour pourvoir à la sûreté publique et au payement des rentes constituées tant sur le sel , tailles , aides , cinq grosses fermes , recettes générales et provinciales, es quelles tant de particuliers sont intéressés , et pour arrêter le cours des séditions et voies de fait si contraire et préjudiciable à Tautorité du Roi, la Cour ordonne l'exécution de ses précédents arrêta sur ce sujet, renouvelle la défense de faire assemblées illicites et ports d'armes , à peine d'être déclaré perturbateur du repos public et d'être procédé contre eux si rigoureusement, qu'ils serviroient d'exemples à la postérité. » — • Mais les rentiers s'assemblèrent de nouveau, nommèrent des syndics chargés de s'occuper de leurs intérêts , et l'un d'eux , Joly, conseiller au Châtelet de Paris , soutenu par le Prévôt de Paris , présenta une nouvelle lequête le 3 décembre. — L'agitation était déjà très-grande lorsque les Frondeurs , pour relever leur parti qui avait été abattu par le traité de paix , s'imaginèrent , au dire du cardinal de Retz {Mémoires y p. 173), de faire simuler une entreprise d'assassinat sur le syndic Joly. Quatre hommes de cheval, vêtus de roujge , furent apostés , et un d'entre eux , disent les registres de la Cour , fit feu à brûle-pourpoint sur le syndic , tout en lui disant de mauvaises paroles.

« Le 1 3 décembre, il y eut arrêt de la Cour ordonnant d'informer pour avoir révélation de ce qui s'est passé , et faire exacte recherche et perquisition des assassins , et Joly et son collègue Charton furent placés sous la sauvegarde de la Cour.

c A l'occasion du jugement de cette affaire au Parlement , les

DE MATHIEU MOLE. (1649.) 7i

ayant averti la compagnie que M. le duc d'Orléans , M. le Prince et M. le prince de Conti étoient à la Sainte-Chapelle et venoient au Parlement , il fut député plusieurs présidents et conseillers pour aller les recevoir, et toutes les Chambres assemblées , les gens du Roi mandés, ledit seigneur duc prenant la parole , dit : c< Qu'il avoit été bien surpris ayant sçu ce qui * s'étoit passé en cette ville de Paris , le dernier jour ^ , lui en étant absent; qu'il venoit en la Cour pour l'exhorter à y mettre ordre et empêcher telles actions qui vont à troubler la tranquillité publique et empêchent la paix ; qu'il croit que chacun de la compagnie a le même dessein pour rétablir l'autorité royale blessée, et celle du Parlement et des magistrats ; que lui y est bien résolu et MM. les princes ses cousins; que le Roi et la Reine ont de très-bonnes intentions de demeurer à Paris, et se louent des bonnes actions du peuple. >i

Frondeurs voulurent récuser le Premier Président, dont ils redou*» Uient la sévérité. Malgré la douleur qu'éprouva Mathieu Mole de ce procédé immérité, il n*en témoigne pas moins une grande modération, au dire du cardinal de Retz [Mémoires , p. 181). — Voy. aussi V Introduction^ de M. le comte Mole , p. xliii à xlv.

i . Le Roi dit dans sa lettre au Parlement : c Les mauvais des* seins des factieux ont paru dans les faux bruits que l'on a semés de temps en temps, et dont l'on s'est servi pour séduire et débaucher le peuple ; mais surtout les mauvaises intentions des factieux se sont montrées clairement en ce qui s'est passé samedi dernier , lorsqu'en suite de l'action attentée contre Joly, ils se sont déclarés ouvertement, sont allés dans le palais, dans les places publiques et dans les rues exciter un chacun de prendre les armes et les marchands de fermer leurs boutiques, et par des propos les plus séditieux que l'on puisse tenir, n'ont rien omis pour faire assem* hier en armes le peuple. *

Le Premier Président lui a répondu : rc Que la compagnie tient à grand honneur qu'il ait pris la peine d'y venir, et d'y voir avec lui M. le Prince et M. le prince de Conti : aussi peut-il être assuré qu'il ne sera jamais plus honoré que par le Parlement; qu'il veut bien que l'on lui dise que l'on n'a jamais douté de l'intention de la Reine, en l'exécution de la déclaration qui a dû mettre fin à tous les désordres passés , et pourroit donner les assurances d'un calme public ; mais que les paroles qu'il donne confirmeront toutes les espérances, dissiperont tous les nuages et feront cesser toutes sortes de défiances ; qu'on se peut donc promettre qu'un chacun , à l'avenir, s'acquittera de son devoir en se contentant de sa condition, rendra toutes soumissions à son souverain , afin que, les divisions cessant , les ennemis de l'État perdent l'attente des avantages qu'ils avoient espérés de nos troubles , et se rendent aux justes conditions de la paix si désirée d'un chacun et si nécessaire à tous. Quant à ce qui s'est passé depuis peu, le Parlement, sous l'autorité du Roi , y apportera tous les soins possibles pour faire sentir aux coupables les peines dues à leurs crimes. »

Lesdits gens du Roi, M* Omer Talon, avocat dudit seigneur , portant la parole, ont dit à la Cour : « Que le jour d'hier , sur les cinq heures du soir, ils reçurent ordre, ses collègues et lui, par l'huissier du cabinet de la Reine, de se trouver au Palais-Royal; où étant allés, à l'instant furent introduits dans la galerie de la Reine par le ministère du sieur Saintot, maître des cérémonies. Le Roi et la Reine étoient assis , M. le duc d'Orléans, M. le Prince, M. le prince de Conti et le reste du conseil. La Reine leur fit l'honneur de

leur dire que M. le Chancelier leur expUqueroit sa Tolonte j ce qu'3 fit à Tinstant par un discours assez long, duquel ik rapporteroient seulement le sommaire : ff Que le Roi est retourné en cette ville de Paris, il y a quatre mois ou environ , comme dans le centre de son ro\aume, pour conser\*er la tranquillité publique de FEtat et Ëdre cognoitre dedans et dehors la bonne ToIoDté qu^il a pour ses peuples'; que depuis ce temps il a été informé de divers desseins que plusieurs particuliers ont eus de troubler cette tranquillité publique ', dont il ne s^est pas voulu émouvoir , laissant à la conduite et direction de cette compagnie et des juges ordinaires le soin de la ville de Paris ; que depub quinze jours et plus, il a reçu différents avis que quelques personnes se vantent que , dans ce mois , il arriveroit du désordre, et plus grand qu'il n'avoit été par le passé; que la Cour sçavoît ce qui arriva samedi dernier , sur le sujet de l'assassinat attenté en la personne du sieur Joly , qui est un crime énorme dont le Roi veut que la recherche et la punition soient exactement et sévèrement faites ' ; et outre les procédures * ordinaires de la justice , si pour la recherche des accusés et des complices , il est besoin de forces plus

1. Lai lettre du Koi au Parlement, en date du i2 décembre, porte : « Nous avons si bien recognu la sincère et cordiale aflecdon de tout le peuple de notre bonne ville de Paris vers notre personne et pour le repos de notre État , dans le désir extrême qu'il nous a témoigné de notre retour en notredite ville et par foutes les démonstrations possibles de joie el de satisfaction pu- Uiques, qui ont été faites alors que nous y sommes arrivés. >

2. Le Coadjuteur dépeint dans ses Mémoires^ p. i 82, en termes énergiques Tétat des esprits à Paris , et Tanimalion des partis qui étaient tocs les jours en présence.

3. £d ordmnumt de poursuivre tfès-sévèreoient les assassins de

grandes, le Roi y contribuera volontiers pour faire découvrir et châtier les coupables. Mais le Roi pré* tend que cette action n'a rien de commun avec rémo*-* tion publique que Ton a tenté ouvertement de (aire dans le palais , dans les rues et dans les places publiques de cette ville de Paris; que ce n'est pas la voie avec laquelle on doit chercher la punition d'un assassinat, que d'émouvoir tout le peuple et lui faire prendre les armes; qu'autrefois des ofTiciers du Parlement ayant reçu injure en leurs personnes, la punition publique en a été faite sans émotion populaire ; qu'encore que cet attentat n'ait produit aucun eflet , et que les bourgeois aient témoigné leur affection au service du Roi, et à leur conservation particulière, laquelle ne peut subsister que dans la tranquillité commune ; néanmoins le Roi désire que la Cour fasse réflexion sur ce qui se passa samedi dernier , dont Messieurs purent être témoins aussi bien qu'ils en étoient les juges et pour témoigner à toute la France la sincérité des actions de Sa Majesté , et que la vérité d'un procédé de cette qualité soit éclaircie , elle leur avoit commandé de demander la permission d'en informer, comme ils faisoient, pour avoir preuve de ce qui a été fait, le jour et la nuit de samedi dernier, contre ceux qui ont ému le peuple à sédition , fait des assemblées illicites, et qui ont contribué à ce mauvais dessein, circonstances et dépendances ^ » Les gens du

Joly, le Roi ne se servait pas moins d'expressions qui pouvaient faire connaître à la Cour son opinion sur cette affaire. La lettre au Parlement porte : a de procéder à la recherche de Vassassinat prétendu de Joly. »

i. Les gens du Roi étaient aussi porteurs d'une lettre du Roi au Parlement, et dont nous avons reproduit les principaux passages.

Roi retirés, il fut procédé à la yisitation de la plainte, et des informations furent faites suivant les arrêts du dernier jour, et l'affaire mise en délibération , la Cour donna arrêt conforme à la requête ^

!• Le lendemain , 14 décembre , le duc d'Orléans vint encore ma Parlement, au sujet de la même affaire des rentes, mais un arrêt rendu le 29 décembre régularisa enfin les assemblées qui devaient être faites pour veiller au payement des semestres. Ces assemblées se composèrent de députés du Parlement, de la Chambre des Comptes, Cour des Aides, de conseillers de ville et de quatre notables bourgeois de chaque quartier. Ainsi se termina cette année 4649, qui fut si agitée. De nouyelles combinaisons politiques se tramèrent bientôt après. Ce fut le héros de Rocroy et de Lens qui en fut la victime.

76 HÉMOIRES

Arrestation des princes. — Vopge du Roi en Normandie. — Requête? de la princesse doaairière de Condé au Parlement. — - La cour prenc^ sons sa protection la princesse de Condé. — Détention d*an prési — dent de la Chambre des Comptes. — Retour du Roi à Paris apr^ 1^ siège de Bellegarde. — Déclaration du Roi contre la duchesse de Lon — goerille, le maréchal de Turenne et leurs adhérents. —Les prisonniers de la Bastille. — Délibération du Parlement à ce sujet. — Lettre d^ la Cour au parlement de Toulouse. ^ L'envoyé de rArchidnc yien^ proposer la paix. — Requête des princes prisonniers an Parlement. — Ordre de la Reine de surseoir toute délibûation.-^M'** de Longueyille et la princesse de Condé. — François Mole, conseiller au Parlement. — L'armée des Frondeurs commandée par Turenne est battue par celle du Roi. — Nouvelles instances pour la mise en liberté des princes.

ARRESTATIO]!^ DES PRmCES.

Le mercredi 1 9 janvier, la Cour, toutes les Chambres assemblées , le Premier Président a dit : (c Que M. le maréchal de l'Hôpital étoit entré, chargé de créance envers la compagnie*. » Aussitôt le maréchal a dit que la Reine-régente en France Tavoit chargé de présenter à la Cour lettres de cachet du Roi et dire de sa part, qu'avec beaucoup de modération, elle avoit fait arrêter M. le prince de Condé*, M. le prince de

1 . Le maréchal de THôpilal remît à la Cour une lettre de cachet du Roi, qui l'accréditait pour ce qu'il devait dire au Parlement. — Les registres qui contiennent le texte de celte lettre constatent aussi qu'il n'y eut aucune délibération de la Cour à la suite de la réception de cette nouvelle.

2. Les motifs du grand changement de politique de la Régente, qui amena l'arrestation du prince de Condé , sont longuement expliqués par M"* de Motteville , Mémoires , t. III , p. 431, et par M^ de Montpensier, Mém., t. Il, p. 76.

oc UlTHIfflT VOUL 1650.^

Gonii ci le doc de LoosiKTÎUe. et que Sa Mjjeste daiicik €|iie la Cour aille oejourd^hui U triMiTa' aa Mais-RoTal« sur les quatre heures, par députés* pour fT>i^«Mlii^ ks sujets et motifs pour lesquels cela s^t toit frit. » n fiit arrêté d'un oommuo \ora que la G>ur« par dépotes de toutes les Chauibnes , s'assenibleroit, les trots heores, pour aller tnL>UTer le Roi et la

Le jeodi 20 janTÎer, le Premier PrésîdeDt dit : « Que le joor dliier, airiroo les quatre heures de releTée« 3 partît avec les députés de la G>ur« allèrent au Palais- Boyaly où ils eurent peine d^arrÎTer, à cause du grand nombre de carrosses. Le maître des cérémonies les fit entrer en la petite galerie, où ils trouTerent le Roi, la Reine et plusieurs autres personnes. U plut à la Reine de dfire qu'elle nous aToit envoyé quérir pour nous Êûre entendre, qu^avec un extrême déplaisir, elle sVtoit portée à la résolution de faire arrêter M. le Prince, IL le |HÎnce de Conti et M. le duc de Longueville ; mais qu*dle y aToit été obligée , puisqu'il y alloit de k perte de TEtat ; que la lettre, qui est longue^ serait

i. Cette lettre oocope, en effet, plus de quaranle-sept paries dans ks icpstres du PuiemcnL C'est un très-<nineux examen de U coodiiîte des princes et <les eTcnements les plus importants de eelte cpoqne. — La lettre servit de base à un pamphlet que Ton troore en manoscrit dans les papiers de Mathieu Mole» sous le tkre de : Lts Lurigues de Jd, le Prince opcc la cour (collect. Colhert , t. m). — n est juste d^ajouter que les Jettres patentes de rannée 1652, en (areur du prince de Condé , lorsqu'il fut mb en liberté , forment la contre-partie des appréciaùons dè(aT<MiJ>]es à cet illostre personnage , développées avec tant de soins dans les lettres da 19 janvier 1650.

Le 29 janvier, le Parlement renouvela ses arrêts portant défcBoe d'imprimer oo de iaire imprimer, colporter. Tendre ou dé-

78 AfÉMOlRES

ponée ce matin à la compagnie; qu'en attendant eUe vouloit bien que Ton sçût qu'elle étoit résolue de faire observer en tout les déclarations des 22 octobre 1 648 et i *' avril dernier , ce qui seroit exécuté inviolable- 'ment, et qu'elle se promettoit que Ton procéderoit bientôt au jugement du procès de la sédition du 4 i décembre , et que les lois de FÉtat et les règles de la justice y seroient observées. Le Premier Président lui dit « Qu il ne manqueroit'de le faire entendre à la compagnie, laquelle auroit toujours regret que les princes du sang, enfants de France et de la maison , s'éloignassent de leur devoir et ne répondissent pas en tout aux vœux de Sa Majesté ; qu'il la pouvoit assurer de la fidélité du Parlement, qui témoigneroit toujours, par ses actions, son inviolable affection au bien de rÉtat et à la grandeur de la couronne. » Âvoient fait humbles révérences et s'étoient retirés. »

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