LES ARTICLES- DEHAITDIÉS PAR M. LE PRINCE DE GONTI
« Que Ton accordera un passe-port et un trompette pour D. Joseph Arnolfini, envoyé de M. F Archiduc , avec ses valets et équipage , afin de le faire repasser
i . Nous compléterons cette relation de Mole par l'extrait suivant de la lettre du maître des cérémonies Saintot , dont parle le Premier Président, au sujet de ce qui se passait alors à Paris. Elle est adressée à M. Le Tellier, secrétaire d*État : « Monseigneur, depuis celle que j'ai eu l'honneur de vous écrire après dîner, je ne vois rien ici qu'une confirmation de tranquillité, chacun ressentant le fruit et repos de la paix et tout contribuant à son exécution. Sur les trois heures, M. le prince de Conti , M">* la duchesse de Longueville et M^' de Longueville ont quitté leur séjour de THôtel de Ville pour retourner en leurs maisons particulières. Le Prévôt des marchands les a reconduits jusques en leur carrosse , avec une joie extrême de ce qu'il en étoit délivré, suivant ce qu'il m'en a témoigné ce soir chez M. le Premier Président; lequel m'avoit renvoyé chercher, sur ce que M. le président Anbry, Larcher et le Prévôt des marchands étoient chez lui (je crois pour voir et sçavoir de lui pour le licenciement des troupes de Paris qui leur pèse sur les bras), afin de sçavoir de moi si je sçavois quelles troupes le Roi vouloit retenir, afin de licencier demain le reste. Je lui ai dit que je ne scavois aucune chose sur cela, sinon que j'avois eu l'honneur de vous en écrire cette après-dînée et que je croyois que M. de Champlâtreux, lequel étoit allé en cour, et dont son retour seroit ce soir, apporteroit tous les éclaircissements sur ce sujet. J'ai appris que les généraux ne se sont point vus depuis la sortie d'hier du Parlement ; qu'ils attendent le jour de demain avec impatience , dans l'espérance qu'ils toucheront la demie monstre qui a été ordonnée leur être payée^ demain matin, en licenciant leurs dites troupes. » A Paids, ce 2 avril 1649, onze heures du soir. (Bibliothèque impériale; coll. Le Tellier, S. F., n« 3004, t. n.)
auprès de son mattre avec sûreté, et comprendre dans le même passe-port un gentilhomme de M. le prince de Conti, dont le nom sera laissé en blanc, et qui ira requérir M. le marquis de Noirmoutier et M. de Laigue, auxquels il portera un passe-port de Leurs Majestés.
, a Que toutes les personnes qui ont agi dans ce parti, ou qui en ont eu quelque participation , de quelque sorte qu'elle puisse être, pourront, si bon leur semble, toutes fois et quantes qu'il leur plaira , se retirer hors du royaume , sans que pour cela il leur soit besoin d'autre passe-port que de l'acceptation du présent article qui aura la même force , pourvu que les lieux où ils se retireront soient pays neutres ou alliés. Bien entendu que le présent article est de liberté et non de nécessité.
« Que tous ceux qui sont hors du royaume ^ en quelque lieu qu'ils se trouvent, et particulièrement M°' de Chevreuse et M. de Saint-Ibal, pourront revenir en France, y demeurer avec la même sûreté, jouir de leurs biens , charges , pensions et généralement y seront remis en même état des autres sujets du Roi.
(c Que Sa Majesté non-seulement consentira , mais procurera la liberté de M. de Beaupuis , dans six semaines, et que pour cet effet elle aura la bonté de vouloir écrire à Sa Sainteté sur ce sujet , et que ses lettres seront remises deux jours après ce présent article accordé, entre les mains de M. le duc de Beaufort.
w Que si l'on licencie les troupes de l'armée du Parlement, on conservera le régiment de cavalerie de Libermont, ensemble les compagnies de Pertuis et de
Chappes, qui ne feront toutes qu'un régiment , lequel sera donné à M. le duc de Brissac. »
LE SEGR]ÉTAnUB d'^TAT LE TBLL1ER A MOLIÉ.
Félicitations aa snjet de la yérification au Parlement de la déclaration du Roi. -— Ce succès est dû aux soins de Mole.
a Monsieur, si vous avez eu de la joie , comme je n'en doute nullement , de la bonne di^osition que TOUS avez trouvée dans la compagnie , pour la vérification de la déclaration, j'ose vous assurer, Monsieur, que la nouvelle ne m'en a pas moins causé. Vous cognoitrez celle de la Reine par la réponse qu'elle a faite à la lettre que vous lui avez écrite sur ce sujet (ci-dessus, p. 2), et M. de Saintot vous pourra dire avec quelle acclamation elle a été reçue de toute la cour. Mais personne ne scait mieux que moi que cet heureux succès est dû à vos soins, adresse et, en un mot, à votre vertu.
(c La Reine trouve bon , à votre considération , de recevoir au service du Roi le régiment de cavalerie dont vous affectionnez le mestre de camp. J'aurai l'honneur de vous en envoyer les expéditions sitôt qu'il vous aura plu m'en faire sçavoir le nom. Cependant, il vous plaira lui recommander de rendre son régiment au meilleur état qu'il se pourra , et de me faire la faveur de croire que je vous honore et suis votre, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 2 avril 1 649. »
LE SSCIUÉTAIRE d'iÊTAT LE TELLIER A MOLlâ. Réponse de la Reine au Mémoire de M. le prince de Conti.
« Monsieur, je fis hier au soir, dans le conseil , en présence de la Reine, la lecture du mémoire que vous
m'avez envoyé par M. de Sainte - Croix , signé de M'*" le prince de Conti. Sur le premier article duquel, je vous dirai que Sa Majesté a résolu d'envoyer un ordonnance de la maison du Roi , avec un trompette de Sa Majesté pour conduire » en toute sûreté, depuis Paris jusqHes sur la frontière, le député de TArchiduc avec ses gens et équipage, d'où il se puisse retirer près de son maître. Cet ordonnance du Roi aura ordre d'envoyer de là le trompette dans l'armée de l'Archiduc , pour faire sçavoir à MM. de Noirmoutier et de Laigue qu-il les attendra durant quatre jours, à compter de celui que le trompette arrivera dans l'armée , pour les conduire en toute sûreté dans le royaume , suivant le passe-port du Roi qui lui sera donné pour cet effet, pour jouir de la grâce portée par la déclaration, et que si dans lesdits quatre jours ils ne se rendent au lieu où il les attendra , qu'il a ordre de s'en revenir.
ce Le Roi n'a pu accorder les 2', 3* et 4* articles dudit mémoire, que je vous renvoie , vu que ce sont choses qui avoient déjà été refusées dans les conférences, ni aussi le 5% pour les considérations que M. de Champlâtreux vous aura pu dire , qu'on lui fit hier entendre ici.
c Je lui parlai aussi, hier, de ce qui regarde le Te Deum^ mais la résolution n'en ayant encore été prise, je la ferai sçavoir, ce soir, à M. de Saintot, pour vous en rendre compte. Je demeure, Monsieur, votre, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 3 avril 1649. »