‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 2)Chapitre 28 sur 76 · Meslanges de Clairambaulty t. CXXXI, f. 347 i. Original · texte numérisé non relu

Meslanges de Clairambaulty t. CXXXI, f. 347 i. Original

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union si fort désapprouvée par le passé. Je n'estime pas, néanmoins, qu*on la doive refuser, étant indubitable qu'elle produira un autre effet qu'ils ne pensent ; le grand nombre des commissaires, et de différentes compagnies, ne peuvent être que très-avantageux pour l'accommodement des affaires , par le dégoût que les autres compagnies ont de l'autorité trop grande du Parlement , et du mauvais traitement qu'ils en ont reçu , par les taxes passées et par les menaces des taxes à venir , si les désordres continuent. Tout ceci se soumet à votre avis, étant plus informé que moi de l'état des choses et des sentiments de la cour. Mais comme cette conjoncture s'est présentée et que je désire, par tous moyens, sortir d'ici, et ne se pouvant à cause de mon incommodité qu'avec un peu d'aisance, j'ai cru que vous pouviez me faire nommer entre les commissaires du Roi, avec M. de Léon , pour sortir d'ici et nous rendre à Saint-Germain. Je suis, etc. A Paris, ce l*' mars 1649. D'Aligrb. m

NouTcUet d* Anjou. -^Lettre des officiers do présidiid d*Aiignrs.

c Monseigneur , la dépêche de Messeigneurs du Parlement, du 18 janvier, contenant les arrêts du 8 et du 10 dudit mois, nous ayant été rendue le 29 février, par M. le procureur du Roi à ce siège, auquel M. le Procureur Général en a fait l'adresse, nous avons estimé de notre devoir. Monseigneur, de vous donner avis comme aussitôt ils furent lus en cette compagnie, qui vous supplie très-bumblement lui faire cette grâce de croire qu'elle ne manquera jamais à la fidélité et obéissance due au service de Sa Majesté, ni de respect aux arrêts de la Cour , sous l'autorité de laquelle nous tiendrons, Monseigneur, à grand honneur de continuer

338 APPENDICE AUX MICMOIRES

les fonctions de nos charges. Nous isemmes, etc.^ A An^ gersj en la chambre du Conseil , le 6 mai*s 1649. »

i . Nous complétons les nouyelles d'Anjou par des extraits d'une lettre du Roi, relative aux désordres commis par les troupes dans cette province : a Mon cousin , je reçois avec beaucoup de déplaisir les diverses plaintes ((ue Ton continue de me faire tous les jours des désordres et violences que commettent mes troupes , et même celles qui sont en Anjou, soit dans leur passage , soit dans les lieux de leur séjour et de garnison ; et comme les peuples attribuent la licence extrême des soldats an ressentiment qu'ils croient que l'on a des choses passées, et que c'est pour les en punir que les troupes leur ont été envoyées et qu'elles vivent ainsi; qo*aussi les gens de guerre sont de leur côté si emportés hors de leur de- Toir, qu'ils se persuadent fort volontiers que ce qui est arrivé en ces quartiers leur donne liberté de tout entreprendre impunément , en sorte qu'il seroit à craindre que cela ne causât de nouvelles altérations dans mes provinces, si mes peuples n'éloient informés de la vérité de mes intentions et les soldats retenus dans la discipline et ch&tiéit de leurs désordres : j'ai bien voulu vous faire cette lettre, par l'avis de la Reine-régente, Madame ma mère, pour vous dire que vous fassiez entendre à tous mes serviteiurs et sujets de l'étendue de votre gouvernement , que bien loin d'avoir aucun ressentiment de tout ce qui s'est fait pendant les derniers mouvements, que je porte avec grande peine et impatience la continuation de la guerre contre les ennemis de TËtat, et qu'elle empêche que je ne les puisse soulager des logements des troupes et des autres charges qu'ils portent, ne le souhaitant pas moins qu'eux-mêmes, et que tant s*en faut que je les aie envoyé en ces quartiers par aucun ressentiment, que je ne m'y suis résolu que par nécessité et parce que mes provinces de Picardie, Champagne, Ile-de-France et Normandie en sont si chargées, que j'ai été obligé d'en envoyer une partie en celles qui sont voisines, et il n'y eu a point, eu tout le royaume, où il y en ait moins qu'en Anjou, outre que ce n'est que pour les faire rafraîchir pendant quelque temps, n'étant pas possible de tenir les troupes à présent k la campagne, à faute de subsistances, à cause de la longueur de l'hiver, dont Ton sent encore à présent des restes par deçà, si bien que, dans un pays comme celui de Flandre, les herbes n'ont point encore poussé. Au surplus, vous ferez cognoitre à tous, comme je vous ordonne d empêcher a l'avenir la licence de mes gens de guerre, et de f^ire punir ceux qui ont commis des pillages et crimes notables. (Suivent les instructions poiu* faire punir les soldats, rechercher les coupables et avancer de l'argent pour faire vivre les troupes.) Écrit à Saint-Germain eu Lave, le2i avril IG^iO. »

DE ITATHTEU MOLF. 330

Extrait de l'intcrrogtloire du aient de Bréqnigny, fai| pmt H* , ,

intendant de la justice, police et finance de Picardie et places de la

mer.

Du vendredi 12 mars 1649. Enquis de sas novn^ |ig«» qualité et demf ure ^ — a dit qu'il se nommoit Reii4 !• Meneusty sieur de Bféquignyï âgé de trente-<|uatr^ aM^ ou euviroo, écuyer de M* le prioce di$ Cooti, 4emeii* rant ordînairecnent à Paris. •— Enquis qu«l a été h vojH de son Toyage, ^— - a dit que M» le prince de Conti Fat envoyé à M. Tarchiduc Léopold pour lui faire ^les w^ pltmenU et le remercier de ce qu'il .avoit ^yojé Mxir seeouRs à Messieurs du Parlemeot et à lui » et <^t #*tf étoit toujours dans la même Tésolution , ii ^oit tempa qu'il se mk en chemia pour faire lever le blocus de Pa^ risy les vivres y étant si rares qu'ils seroienX bientôt cop** traints se rendre; ^'il pourroit entrer aisément «^ France et que cela contribueroit à faire une paix géné^ raie , son intention n'étant autre que de travailler pour le bien de la fùix : et que lui qui répoiyl Jae se seroit em» banfué à faire ce voyage ^ s'il n'eût été assuré que M. le prince de Conti n'avoât d'autres pensées. -^ Enquis s*il n'a pas rendu une lettre de la part de M. le prince de Conti h M. Tarcbidue Léopold, -^ a dit en avojr rend« une écpû ne portoit qu'on simple compliment et créance pour 1 état des affaires de Paris. -^Enquis quel jour.il est parti et qui Ta accompagaé à ee voyAf^f ^*«- a dit «être parti de Paris il y a aujouid'hui quinze joui9| le 26 du mois passée avec un valet et un guide qu'il prit aussi à Paris. -^ Enquis qui lui a doMié ce guide et combien il y a qu'il est à son service, -^ 4 dit que le sieur de Noirmoutiers lui a donné, à Paris, ce^ide, et que son ^et,

nommé Champaigne, est à son service depuis quatre ans. — Enquis avec quelle personne il a conféré j pour ses instructions , avant son départ j -— a dit avoir conféré avec dom Joseph, qui est venu trouver Messieurs du Parlement de la part de M. TArchiduc , et avec le •ieur de Noirmoutiers. — Enquis s*il n'y a pas d'autres personnes qui sçachent le sujet de son voyage , — < a dit qu'il ne croit pas que personne en ait cognoissance, si ce n'est le secrétaire de M. le prince de Conti ; que MM. d'Elbeuf, de Beaufort, le Coadjuteur et beaucoup d'bfBciers des troupes parisiennes étoient bien dans la chambre quand il reçut le commandement de partir, mais qu'ils n'en entendirent rien. — Enquis à qui il s'adressa d'abord à Bruxelles, -— a dit qu'il s'adressa à l'abbé de Mercy pour avoir audience de M. l'Archiduc, laquelle il n'eut que le lendemain du matin. — • Enquis quelle personne il vit cette même nuit qu'il arriva, — a dit qu'il vit le sieur comte de Pignerande, et qu'il y fut mené par le sieur de Laigue ; qu'il vit aussi M™ de Chevreuse, à laquelle il fit un compliment de la part de M"' de Longueville. — Enquis où il trouva ledit de Laigue, — a dit qu'il le trouva chez l'abbé de Mercy. — Enquis s'il n'avoit pas d'ordre particulier pour M"' de Chevreuse et pour le comte de Laigue , — a dit que non. — Enquis qui lui avoit dit à lui de s'adresser au sieur abbé de Mercy, — a dit que ç'avoit été dom Joseph. — - Enquis quelle personne à la Ferté-Milon facilite le passage à ceux qui veulent aller en Flandres , — a dit que le procureur du Roi lui aida à passer. — Enquis s'il n'y a que le procureur du Roi qui soit de l'intelligence et qui lui ait donné avis, — a dit que le sieur de Noirmoutiers lui dit qu'il n'avoit qu'à s'adresser au pro-

cureur du Roi . — ^ Eoquis comment le procureur du Roi le fit passer, — a dit qu'il lui donna un guide , lequel le mena jusques auprès de Saint-Restitude où il coucha.^ — Enquis quelle personne étoit présente à Bruxelles quand il fit ses compliments à* M. rArchiduc, — ^a dit qu*il n'y avoit que le sieur de Laigue et le sieur Chomsalbert, chambellan dudit Archiduc, et qu'il ne vit ledit Archiduc depuis ce temps-là. — Enquis avec quelle personne il eut plus grande conférence, — a dit que c'étoit avec ledit abbé de Mercy et avec M"* de Chevreuse, et qu'il n'a vu que deux fois le duc Charles. -— Enquis ce que lui dit M"** de Chevreuse, — a dit qu'elle lui dit qu'elle viendroit avec l'armée en cas qu'elle entrât en France, et qu'elle ne lui dit rien autre chose qui puisse être de conséquence. — Enquis quelles troupes elle disoit devoir entrer en France,

— a dit qu'elle lui a dit que toutes les troupes de M. l'Archiduc et de M. le duc Charles y dévoient entrer, au nombre de vingt-cinq mille hommes. — Enquis si elles étoient déjà assemblées et de quel nombre à peu près il croyoit que leur armée puisse être cojnposée^ — a dit qu'il croit qu'il y aura vingt et un ou vingt-deux mille hommes, et qu'ils étoient encore dans des quartiers vers Cambrai et Yaleuciennes dimanche 7 du courant.

— Enquis ce que lui dit M. le duc Charles , — a dit qu'il avoit été longtemps à marchander, sçavoir s'il don neroit toutes ses troupes, et qu'au commencement il n'avoit pu se résoudre qu'à en donner une partie, et qu'à la fin il se résolut à les donner toutes , par la persuasion de M°* de Chevreuse, et que ladite M"' de Chevreuse lui a confirmé que c'étoit à sa prière que ledit Duc avoit donné toutes ses troupes. — - Enquis quelle route l'armée des ennemis devoit tenir en entrant en

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