MI ASPBRDIGB AUX MÉMOIRES
Fumée ^ -— â dit «pie lorsqu'il ptrtit de Bninllet , ledit oemte de Pignereade lui dit que le comte de Fueaeat* dagne Touloit faire un pont «ur la Sonunei oiais qu*il ne iqi^Toit précifiëment pas à quel endroit. ^— Sur quoi MUS avons interpelle ledit répondant de nous dire enh liàrement ce qu*il en sçavoit^ le déni- qu'il en faisoil pouvant aigrir Tesprit de Leurs Majestés. «— Lequel nous a dit que le coaate de Fucnsaldagne lui dit , avant de partir, qu'il pourroit entrer aved toute l'armée par Cnécy-sur^Yaire > Orignj et Ribemont, et de là marcher droit à Paris. *«^ Enquis s'il croit qu'il ose entier en France sans être assuré de quelques villes , — a dit que oui f et qu'il ne crmt pas qu'il veuille attaquer aucune place , et que son dessein est d'entrer en France , non point comme ennemis, maia comme gens qui recherchent le paix , et que, pour cet effets ils feroient un manifeste eotttenaiit leurs intentions, et pour faire sçavoir à toutes les villes et aux habitants du plat pays qu'ils n'eussent point à s'^pouvanter.-^Enquis s'il ne sçavoit paa qu'il est défendu, sous peine de la vie, d'avoir aucune communication avec les ennemis^ et qu'il est encore plus criminel de prêter son ministère pour les faire entrer dans le ^royaume, -— a dit n'en sçavoir rien, et n'avoir fait que ce que son maître lui avoit commandé.
Enquis pourquM les ennemis ont changé leur résolution de faire un pont sur la Somnie, "^ a dit qu'ils ont jugé plus à propos de ne se point enfermer entre deux ri«vières, et que passant vers Ribeniont, ils n'auroient qu^unc rivière à passer; et que lui répondant sçait qu'ils portent force pontons. ••^ Enquis s'ils amènent de Tartillerie avec eux, -^ a dit que lesdits comtes dePignerende et de Fuensaldagne lui ont dit; qu'ils mèneroient
trente pièces de caaoo. — £nquis quels préparatifs il a vu pour un si grand équipage, — a dit n*en avoir point vu. — Enquis sUl ne leur a point représenté qu^il étoit du tout impossible de mener du canon, les chemins étant extraordinairement rompus , -— a dit qu*ils lui ont ré* pondu que les équipages d'artillerie étoient très^bien attelés. — Enquis pourquoi ils venoient avec tant d'équipages et tant de troupes y s'ils viennent comme amis, s'ils ne sçavent pas qu il est impossible qu'une^puissante armée , comme la leur, puisse passer dans un pays sans le ruiner entièrement, -~ a dit qu'ils se vantent de mar« cher avec tant d'ordre qu'ils ne donneront sujet de plainte à personne. — Enquis combien ils peuvent avoir d'infanterie, -^ a dit qu'ils dévoient m«ircher avec quatre mille hommes présentement, et cinq mille qu'ils attendent de Gueldres. — Enquis si les troupes du duc Charles sont comprises dans ce nombre, — a dit que non. — Enquis combien ledit duc Charles peut encore avoir d'infanterie, — a dit qu'il lui a dit pouvoir mettre en état de servir six à sept mille hommes de pied; mais qu'il ne croit pas qu'il en puisse avoir plus de quatre mille. — Enquis combien le duc Charles peut avoir de cavalerie, — a dit qu'il a quatre à cinq mille chevaux. — Enquis où sont toutes lesdites troupes dudit duc Charles à présent, — a dit qu'il croit qu'elles sont à présent à Maubeuge, parce que ledit Duc lui a dit qu'il devoit entrer par ce côté-là pour se joindre vers Ribe* mont. — Enquis pourquoi ils prennent leur marche vers la ville de Péronne , — - a dit qu'il croit qu'ils peuvent avoir changé de dessein , et que , peut-être, ils veulent faire un pont sur la Somme, comme on le lui avoit dit à Bruxelles. — Enquis s'ils n'ont pas des intelligences avec
344 AwmœmcE, ktix uéMomvs
qndqaes gomrenieiin de la frontière, — - a dit qu'il na croit, pas qu'ils en eussent aueune. -*- Enquis s'il ne sçait point ceux qui senrent à entretenir tout ce com* tnerce, — a dit ne sçaroir personne autre que le sieur de Laigue. — Enquis arec quelle 'personne il a plus de commercé à Bruxelles » — a dit qu'il sçait que c'est avec le comte de Pignenmde et l'abbë de Mercy qu'il est le pins souvent. — Enquis en quel lieu il doit fiure la jonction (vec les troupes parisiennes , — a dit n'en sçatoir rien. — - Enquis en quel lieu et à quel jour il promit de leur rapporter des nouTcUes, — a dit qu'il ne se fût pas chargé de faire un second voyage s'il eAt pu et qu'il ne leur promit point de rev«Dir. ^— Enquis s'il n'y eut aucun de Messieurs du Parlement qui lui donnèrent quelques instructions, — a dit qu'il n'a parle à aucun. •— Enquis qui est celui qui a été trouver M. l'Archiduc de la part de MesisieuFs du Parlement, -—a dit qu'il croit assurément que le sieur de Laigue y a été envoyé de leur part et de celle de M. le prince de Conti , et que ledit sieur de Laigue le lui a dit. — Enquis s'il ne sçait pas quand ledit sieur de Laigue doit revenir, par où il doit passer, — a dit qu'il croit qu'il ne doit pas revenir. -» Enquis ce que lui a dit ledit sieur de Laigue pour dire de bouche à ceux du parti, -~ a dit qu'il ne lui a rien dit autre chose, sinon faire des baise- mains à tous ces Messieurs. — Enquis s'il ne croit pas qu'il y demeure comme négociateur, pour ménager les intérêts de son parti, — - a dit que oui. — Enquis si M. l'Archiduc ne lui a rien dit de particulier pour dire aux personnes du parti de Messieurs du Parlement, et s'il ne lui en nomma pas un, — a dit que M. l'Archiduc ne lui parla d'aucun d'eux. — En-
quis si M"* de Chevreuse ne ie chargea d'aucune lettre pour eux, — a dit qu'elle ne lui donna aucune lettre, et ne lui dit rien pour leur dire. — Enquis si elle ne lui dit rien de secret pour dire à quelqu'un des généraux, — a dit qu'elle ne leur fait que des baise-mains. — Enquis s'il n'avoit pas d'autres lettres que celles avec lesquelles il a été saisi, -^ a dit que non. — Enquis pourquoi il donna des lettres au guide, -r- a dit qu'il les lui avoit données pour les jeter, en cas que lui répondant fut arrêté, et que ledit guide le trahit et fît signe à des passants qui gardent les passages de l'arrêter, et aussitôt ledit guide leur donna les lettres. — -> Lecture à lui faite de son interrogatoire, etc.
LVrniBS DU CAftDIHÂL MAZAAlIf A LE TBLLIBE.
Il fout ae procnrer de l'argent par tous les raoyeus possibles. — Cambrai secouru par les ennemis. — Disconrs de Son Altesse Royale au Prévôt de Paris. — M"* de Gherreuse. — M. de Beaufort. — Cambrai doit-îl être attaqué? — Affection de la Reine pour Màzarin. -^Tentative des FVondenrs. — Réponse que doit faire la Reine au Prévôt de Paris. — Désordres à Paris. — Regrets du Cardinal d'être éloigné de la Reine; il ne croyait pas avoir le cour si tendre. — M"* de Montbazon. -*• Les Frondeurs.
Je redépeche votre courrier à l'instant même que je reçois votre lettre , pour vous dire qu'elle m'a mis en des inquiétudes extrêmes , voyant le peu d'avancement qu'il y a à trouver l'argent nécessaire pour le bon succès de l'entreprise où l'on est engagé. La Reine m'a commandé de vous écrire qu'elle approuvoit entièrement tout ce que vous jugerez à propos de faire avec M. le Chancelier et MM. les J)irecteurs , pour en avoir dans
S46 APBBIIDICE AUX MÉMOIRES
celte conjoncture , qui est û pressante , ne dirent pas même que tous écriviez id , pour avoir ses sentimentay DUîis que vous conduisiez dès de là toutes choseSi afin de ne perdre pas un instant de temps utile.
Il seroit absolument nëcessaire d*aToir présentement m cent mille livresi et quelques jours après quatre cent autres mille; je comprends dans la première partie les deux cent BttUe que Ton doit envoyer pour demain au soir. Vous ' pouvez croire que je serois trèsnaise de vous voir ici bien* t6t de retour; mais je vouii conjure de voir auparavant^ jjosques an bout, ce qui se peut faire humainement; car, quand vous serez une fois parti , les lettres n'avanceront pas beaucoup. Quand je vous recommande de faire en cette occasion tous les efforts possibles, je sçais bien qu*il est superflu ; mais je le fais ponr ma propre satisfiiction. A G>mpi^ne, 3 juillet 1 649.
Enfin nous sommes malheureux, et quelque prudence que Ton apporte pour faire réussir les choses , on n*en peut venir à bout. Les ennemis ont jeté un secours dans Cambrai de deux mille hommes, qui sont entrés par le quartier des Allemands, au moment où le comte d'Harcourt, par Tavis de tous les officiers, a jugé à propos de ne pas continuer à fermer la circonvallation et de se I étirer de devant la place. Il me mande qu'il attendroit les ordres de ce qu'il y avoit à faire et qu'il étoit en état de tout entreprendre ; mais comme les ennemis ont déjà leur armée ensemble, je ne vois pas bien quel nouveau projet on peut faire pour attaquer quelqu'une de leurs places, tant soit peu considérable. La Reine m'a commandé de vous en dépêcher, afin que vous donniez part de cet événement à Son Altesse Royale ; et si elle ne doit
pas venir sitôt , la prier de donner des conseils dans ce rencontre.
L'affaire est assez extraordinaire pour nous toucher au dernier point. Il est constant qu*il n'y avoit que dou2e cents hommes dans la place ; il est vrai que, hors quatre cents, tout le reste étoit de nouveaux soldats qui ne valoient rien, et de Tautre il est asse» étrange qu'après dix jours de travail à la circonvallation, les ennemis soient entrés sans combat et sans perdre un homme. Mais, surtout, il est inouï qu'ayant intercepté une lettre du gouverneur de Cambrai au comte de Fuensaldagna , qui spécifioit par le menu par quel endroit il falloit introduire le secours, et en ayant fait sçavoir le contenu à M. le comte d'Harcourt, il leur soit réussi de le faii^ entrer par cet endroit même.
Il faut bien prendre garde de ne point parler là-dessus, TO sorte que les chefs de nos troupes puissent croire qu'on ait la moindre méfiance d'eux : il faudra même que l'on voie de quelle façon en parlera la Gazette.
Continuez, s'il vous plaît, la même diligence pour l'argent, car il faut encore plus présentement songer aux moyens de faire subsister l'armée.
Je vous prie, à l'instant que vous recevrez cette lettre, d'aller voir Son Altesse Royale, afin qu'elle ne reçoive la nouvelle d'autre bouche que de la vôtre.
J'ai été très aise d'apprendre avec quelle fermeté, quelle afTection et quelleadresseSon Altesse Royale a parlé à M. le Prévôt des marchands, échevins et aux autres qui l'ont visité, tant sur les vertus du Roi, que sur les libelles et désordres qui régnoient encore dans Paris; comme, néanmoins, il ne se peut rien ajouter, je ne doute pas qu«
348 APMEMnteE AUX MÉMOIRES
cela ne produise de très-bons efifets. J'en rendrai compte à Sa Majesté la Reine.
^Pour BP^ de Chevreuseï toos pouvez assurer M. le Premier Président qu*il n^ aura point de faute à oe qu*il lui promettra.' Il ne faut point ouvrir de ca[ntulation sur le temps qu'elle demeurera à Dampierre.
Ce seroit un coup bien digne du zèle que mon dit sieur le Premier Président donne pour le bien de rÉtat^ ai dans une conjoncture si importante que celle-ci, il me donnoit quelque moyen d*avoir de Targent.
Si M. de Beaufort n'attend à s'accommoder que la J^ture ou la cotidusion du mariage, il me semble qu*il no doit plus éti^ arrêté par ces coubidératiops, puisque le mariagene se faitpas.
, G>mme je songe incessamment au moyen d'avoir de Targent, je vous mande tout ce qui me tombe dans la pensée. Rien n'étant opéré, c^est à vous à y faire ce que voifi estimerez plus à propos. Je vous prie donc de voir, si par le moyen de M. le Premier Président ou de M. le président Le G>igneux, ou de M. d'Avaux, qui se pique sans doute de générosité en ce rencontre, nous ne pourrions point trouver de l/ai^ent sur des pierreries. Elles ne sont point de la couronne et m'appartiennent en mon particulier. Je prendrai moi-même l'argent en mon propre et privé nom , et faute de payer elles seroient fort bien perdues. A Compiègne, ce 4 juillet 1649.
Je suis arrivé ici avant dix beures, et peu après le sieur Talon, venant de l'armée, qui m'a dit de la part de M. le comte d'Harcourt, qu'ayant fait opiner dans le conseil sur l'attaque de Cambrai, en vue qu'il n'y eut dedans que dix-buit cents honunes, comme il venoit d'en
DR MATHIEn MOLE. 349
avoir le rapport par un espion, et que le gros de Tamiëe ennemie fut aux environs de Bouchain» comme il en avoit aussi avis, chacun avoit été d'opinion qu'on pouvoit faire Tentreprise, d'autant plus qu'il n'y avoit nulle apparence que les ennemis pussent croire qu'on fût pour prendre une pareille résolution.
Voilà qui est fort beau de prime abord : mais on j ajoute tant de pourvu j que j'en suis fort embarrassé; et, à vous dire vrai, je répliquerai de nouveau à M. le comte d'Harcourt ce que nous pourrons faire, et il prendra après les résolutions qu'il estimera les meilleures, ne TO#ant point m'exposer à aucune contestation, ni qu'il y ait sujet de dire qu'on Ta embarqué à un grand dessein mal à propos.
Je crois qu'il seroit bon que vous écrivissiez un mot à
Son Altesse Royale de l'état des choses, sans oublier que je ne ferai autre chose que de répliquer ce que nous pou- Tons contribuer à l'entreprise, laissant après cela à M. le comte d'Harcourt à prendre telle résolution qu'il avisera, avec le conseil des principaux officiers.
Âpres que vous aurez donné part à la Reine de tout le contenu en cette lettre, je vous prie d'y ajouter mes compliments, avec toute la soumission et la tendresse que doit le plus obligé de ses serviteurs. A Ham , le 22 juillet 1649.
Les personnes qui avoient dessein de proposer à la Reine d'agréer que M. de Beaufort eût la liberté de lui venir faire la révérence pendant mon absence, cognoissent fort mal Sa Majesté, ne s^a^ent pas combien je me puis promettre de sa bonté et de la fermeté de sa bienveillance, sans que j'aie aucun besoin d'être prient pour en recevoir
MO APFEmNCE AUS: MÉMQIBXS
toiite sorte d'effets, et qu'elle n'a DuUe nécessite de MIT îQonseil sor de pareillet demandes. Je Toudrois, pour vka satisfiu^tîon, que œs personnes-là eussent esaicaii leur pensée avant qu aucun autre l'eût découvwt; je j^yis certain que l'ouTerlure a été rejetée arec les termes d!iii» dîgnation qu'elle méritoit; et que Sa Majesté a bien rni d'abord d'elle-niéme , que le dessein de M. de Beau- Séri seroit d'éterniser sa demeure dans Paris, disant qu*il ÎToit rendu ses devoirs à SaM^esté, et qu'il devoitétre dans la même condition que tous les autres. Cependant, je suis fort obligé à M. l'abbé de la Rivière des sentiments qu'il vous a témoignés quand vous lui avei {prié sur ee rencontre.
J'ai été bien aise de voir l'arrêt du Parlement, que vous in!avez envoyé. Il est certain qu'on ne poovoit pas désirer davantage de lui, sur l'accident qui est arrivé de l'év^
Mon de Mivlot.
La députation de la ville sera aussi fort bonne, et il ^t prendre soin que la Gaiiette en publie les circonstances, afin de faire voir à tout le royaume et aux étrangers combien le Roi est soubaité à Paris , et qu'il n'y a rien que les bons bourgeois ne fassent, quand on voudra, pour obtenir ce bien.
La réponse, a mon sens, qu'on pourra leur faire, c'est que Sa Majesté leur dise en substance :
<K Qu'elle a grand désir de leur donner cette satlsfaction, et qu'elle Tauroit déjà Ëiit, quoique diacun voie assez combien l'approche du Roi de la frontière peut apporter d'utilité à toutes les affaires, soit de la guerre, soit de la paix même, pour l'avancement de laquelle on n'Miblie rien de possible; mais qu'à la vérité personne ne se trouve assez liardi pour conseiller ce retour, tant
qu'on verra la licence et le désordre régner si impunément dans Paris. Que Sa Majesté est bien assurée que les bons bourgeois, bien loin d'y avoir part^ sont au désespoir de ce qui se passe et n'oublient rien de ce qui dépend d'eux pour y remédier; mais quMl sera impossible vraisemblablement qu'ils en viennent à bout , tant qu'il y aura dans la ville des personnes qui fomenteront ce mal par les artifices qu'elles emploient continuellement pour l'accroître. Ajoutant : que Sa Majesté est si certaine de l'affection qu'ils ont pour le Roi, qu'ils ne voudroient pas euxmêmes conseiller de le ramener , tant que ce désordre et cette licence dureront avec tant de débordement, étant impossible que Leurs Majestés y puissent pour cela de^ meurer avec aucune satisfaction, ni même avec sûreté. »
Ainsi, sans leur expliquer davantage la chose, ni leur demander positivement qu'ils chassent personne, je voih drois leur faire cognoître adroitement qu'ils ont en main un moyen bien facile et indubitable d'obliger Leurs Majestés à revenir sans délai, rejetant la cause de l'absence sur les désordres^ et faisant voir qu'ils ne peuvent cesser, tant que ceux qui les fomenteront seront présents. .
Je ne puis assez m'étonner que M. de Retz sollicite pour Fontrailles et pour Matta, cela ne s'accorde pas avec les protestations que fit à la Reine le Coadjuteur, sans le conseil duquel il est certain que M. de Retz ne le feroit pas.
Le sieur de Bougy est arrivé ce matin de l'armée; celle des ennemis est toujours campée entre Bouchain et Cam* brai, se couvrant de la rivière d'Escaut, et ayant un retranchement entre ladite rivière et le ruisseau d'Arlcux. Ils ont six régiments dans un fort à la tête d'un pont, qui n'est qu'à portée du canon de Cambrai. Ainsi Tatta*
3»i APPENDICE AUX MÉMOIRES
que de cette place se trouve présenleinent impossible, n'y ayant rien de si public parmi les ennemis mêmes, que Ton avoit dessein de la faire réassiéger. Ainsi, il y a plus de dix jours que les moindres personnes suivant la cour ne s'entretiennent d'autre chose à G)mpiègne. Je n'ai point pris encore de résolution pour ce que Ton pourra faire à l'armée ; je vous tiendrai incessamment avisé de tout, afin que vous en rendiez compte à Sa Majesté et à Son Altesse Royale. Il sera même à propos que M. le Prince, arrivant à Paris, trouve quelque chose de ceci, et que vous lui mandiez que je vous en ai prié. A Saint-Quentin, 23 juillet 1649.
Je vous envoie l'extrait d'une lettré écrite de Paris, dont j'ai trouvé les particularités très-considérables. Il n'y a rien de plus étrange que de voir M. de Beaufort et les autres , protéger d'un côté ceux qui ont outragé les valets de pied du Roi et de l'autre ceux qui attaquent la Reine : la chose vient si avant qu'elle ne peut plus se dissimuler, et il faut sans doute songer aux remèdes. Je crois qu'il sera bon que vous fassiez sçavoir la plus grande partie du contenu audit extrait à M. le Premier Président et aux autres gens que vous jugerez à propos pouvoir servir le Roi, en cette occasion, quand elles en auront cognoissance , comme au lieutenant criminel ; et il faut aussi examiner au lieu où vous êtes ce qu'il seroit bon de faire en ce rencontre; comme il seroil à propos d'en écrire au corps de ville ou au Parlement de se déclarer, ou bien en parler aux députés de la ville, quand ils viendront saluer Sa Majesté sur le même sujet.
La proposition de donner à M. de Beaufort la survivance de l'amirauté et ce qu'on a parlé de donner en
échange à M. de Mercœur, est JTort belle et je m'assure que la Reine l'aura fort goûtée. A Saint-Quentin, 25 juillet 1649.
J'ai reçu votre lettre d'hier, qui ne m'oblige à aucune réponse.
Je vous prie de fairç mes très-humbles soumissions au Roi , à la Reine et à Monsieur. Je vous avoue que je n'aurois jamais cru avoir le cœur si tendre et que je souffre déjà beaucoup de mon éloignement de la c6ur.
M. le maréchal de Schomberg vient d'arriver, qui me fait horreur en me comptant les particularités de ce qui se fait journellement à Paris, où il n'est plus question du Cardinal, mais du Roi et de la Reine, et cependant ces sacrés noms ne sont pas capables de les retenir.
On me confirme que M. le maréchal de la Mothc a eu grande part à l'évasion de Morlot, et néanmoins on m'a dit que M. le Premier Président est persuadé que ledit maréchal a de parfaitement bonnes intentions pour le service du Roi. J'espère que l'on pourra donner ordre à tout ceci avec grande facilité, et je vous enverrai mes pensées à mon retour. Â Saint-Quentin , le 26 juillet
Je vous dirai, en toute confiance, que M. de Vendôme vient de me faire voir une lettre que lui écrit M"' de Montbazon, qui contient beaucoup de choses assez particulières. Je crois bien que son dessein a été qu'il me la montrât, où qu'elle a jugé qu'il ne manqueroit pas de le faire; mais toujours elle mérite beaucoup de réflexion. Elle assure, premièrement, qu'il y a la dernière intelligence et union entre M. le prince de Conti, M. de Longueville , M. de Beaufort , M"* et M"® de Longueville j iT 23
954 APPENDICB AUX MÉMOIRES
que M°^ la Princesse est la plus grande ennemie qu*ail le Cardinal ; que tout cela ensemble souhaite le mariage de M. de Beaufort et de M^® de Longueville; que IML de Beaufort avoit plus d'inclination pour M^^ de Chevreuse ; maïs qu'elle dame de Montbazon ne seroit pas . de son avis , et qu'encore que cette dernière soit plus belle, l'autre doit être prëfëréCi ayant plus de biens et plus présents. Elle ajoute que si M. le Cardinal vouloit un peu s*aider et les aider, il y auroit bien moyen de retirer M. de Beaufort de ses engagements.
Assurément il y a de l'artifice là dedans à me faire dire la chose : je crois pourtant que la plupart des choses pourroient être véritables. La même lettre porte encore : que M. de la Mothe n'étoit pas parti de Paris, et qu'il étoit dans la dernière liaison avec tous ceux de ce parti, unis ensemble si étroitement qu'il ne se peut pas davantage* D'autres avis que j'ai de Paris, par une personne bien informée, portent que M. le prince de Conti étoit continuellement avec M. de Beaufort, et le menoit souvent dans son carrosse avec Matta et Fontrailles. Mais surtout, je suis averti de bon lieu que le lieutenant criminel a touché cinq cents pistoles pour favoriser Matta et Fontrailles dans les dépositions des témoins qu'il entend ; qu'il a promis de faire les procédures en sorte qu'elles ne leur nuisent point ou fort peu. J'ai peine à y ajouter foi, mais je suis obligé de vous le mander, parce que l'avis vient de très-bonne part.
Je croirois important que M. le Prince fût le plus tôt qu'il se pourroit à Compiègne, afin qu'on lui pût parler à fond de tout ce que dessus, ou du peu d'état qu'il doit faire de pouvoir conduire les siennes comme il voudroit; je le tiens d'autant plus nécessaire, qu'il s'imagine peut-
être d^eûpouvoirdisposer entièrement : cependant, parce que vous sçavez et par avis que je reçois et par la conduite qu'ils tiennent, il me semble qu'il est bien éloigné de cela.
Je ne sçais si on ne pourroit point se servir du prétexte de la députation de la ville pour le convier à venir plus tôt, ou que la Reine lui fît sçavoir qu'elle désire de le voir incontinent, pour lui communiquer diverses choses et prendre ses avis sur ce qui se passe à Paris, à Tégard du Roi et au sien.
Après avoir donné part de tout ceci à la Reine, il faudra tenir bien secret que je vous en ai écrit, vous en servant seulement en discours, selon les circonstances, autant que vous le jugerez à propos.
J^ai oublié, ce matin, de dire à du Plessis de voir Mademoiselle de ma part, pour lui faire mes compliments sur Taccident qui lui est arrivé; je vous prie de suppléer à cela, et de dire à du Plessis qu'il le fasse.
J'ai vu dans la lettre d'hier les sentiments de Son Altesse Royale isur la réponse que la Reine pourra faire aux députés de la ville de Paris. J'aurois cru qu'on pouvoit s'avancer un peu davantage^ d'autant plus que, comme vous avez vu dans l'imprimé de la relation de ce qui s'est passé à l'Hôtel de ville , ils ne parlent que de la lie du peuple et je pensois qu'il étoit bien de lés détromper et leur faire cognoître que tout cela n^arriveroit point s'il n'y avoit des instigateurs de plus grande condition, qui fomentoient et excitoient ces sortes d'accidents et en rechec? choient continuellement toutes les occasions possibles. Néanmoins, je me remets entièrement à ce qui sera jugé à propos de cela. '
Je faisois ëtat de partir, demain matin , pour rarméç, mais les six-vingt mille livres n'étant pas arrivées, et cela pouvant produire un mauvais effet, pour diverses choses où cette somme-là même est nécessaire , j'ai résolu de remettre mon départ à après-demain , espérant de pouvoir recevoir cet argent dans ce temps-là, par le moyen de la diligence que je vous prie d'apporter à son transport. 27 juillet 1 649.
LITTBB DU CHÀNCKLim SÉQïJïEtL A LB TKLLIER.
Monsieur, les lettres du Roi ont été rendues ce matin aux compagnies souveraines et à l'Hôtel de la ville : je ne puis exprimer lu joie avec laquelle elles ont été reçues. Leurs Majestés cognoîtront, arrivant à Paris, la vérité de leurs bons sentiments , et j'espère que cette actiou assurera le repos et la tranquillité de l'État. Il est vrai que les factieux ont toujours appréhendé ce retour, et les gens de bien l'ont désiré comme là fin du règne de ces mauvais esprits. Je suis, etc. À Paris^ le 12 août 1649.
tSTTEES DK M AZÀRIN A LK TELLIER. (kXT&AITS SEBYAlfT DE GOMPLiirENT
AUX MÏMOIRES DB lVnNEB 1650.)
Pacification de la Normandie. — Rouen. — Pont de rArche. — Caen,
— La duchesse de Longue ville. — Le maréchal de Turenne. — La duchesse de Bouillon se plaint des hommes qui la gardent en prison.
— M. de Champlâtreux et le Premier Président, — Projet d*assassiner Mazarin. — Dieppe. — Fuite de la duchesse de Longueville.— La pacification est due à l'habileté de Mazarin. — M*"* de Chevreuse et M. d'£»pemon. — M>« de Montbazon et le duc de Beaufort. — Le duc de Lorraine. — Résolutions violentes à prendre. — Récompenses à donner à des sergents pour raffermir l'esprit des troupes. -^ Les princes prisonniers correspondent avec leurs partisans. -— Il faut iVmpécher.
— Discours contre Thonneur de la Reine. — Joie de Mazarin au sujet des sentiments de Son Altesse Royale pour lui. — M. de Bouillon. -— Ce qu'il faut dire dans la Gazette. -— Libelles. — M. de Martillac. —
Le Premier Président. — Conspiration pour déiiyrer les princes pri« sonniers. — Rigonreose justice et chAtimeuts à infliger. — Tétet à coaper et maisons à raser. — Nouvelles à écrire en province. — Arrestations. — M. de Longuerille. — M** d'Elbenf. — M. de Novion.— Tout le monde prétend demander tout. — Retour du Roi à Paris. -— Affaires de Bourgogne et de Gojenne. — Désespoir de la Reine et de
Mazarin.
De Rouen, le 6 férrier 1650.
J'ai dit à Saintot de faire une relation de tout ce qui s^est passé à Farrivée du Roi ici. Elle ne peut pas encore être achevée, parce que diverses compagnies de cette ville, qui n'eurent pas hier le temps de saluer Letu*8 Majestésy le doivent faire aujourd'hui. Vous verrez les par* ticularités de tout par ladite relation, que Ton vous adressera demain, afin qu'après l'avoir vue, vous la fusiez imprimer. Tj ajouterai seulement que jamais peuple n'a témoigné plus de joie que celui-ci à la vue de son prince. On croyoit que tout Rouen fût hors des portes^ et cependant toutes les boutiques et les fenêtres étoient encore remplies de monde; et outre cette démonstration, toute la nuit on a fait des feux de joie, et toiu les bourgeois Tayant passée à boire à la santé de Leurs Majestés, n'ont ni dormi, nî permis aux autres de reposer, à cause des continuels cris et marques de réjouissance qu'ils donnoient*
Apres diverses allées et venues que j'ai fait faire au Pont de TArche, enfin le sieur de Chamboîs a consenti de remettre la place entre les mains du Roi. On y envoie pour cet effet, demain à dix heures du matin, le sieur de Saint- Amour, exempt des gardes du corps, avec quarante hommes pour entrer dans le château et en prendre possession. On en licencie la garnison et on donne toute sûreté ac sieur de Chamboii et â ceux qui sont avec loi de se retirer oii bon lenr senblera. Cotre cela, on bn
858 APPENDICE AUX BfÉBlOIBES
fiut remettre vingt mille firanci argent comptant, pour le rembourser de oe qu'il a fourni pour Tachât des poudres et autres munitions de guerre et de bouche quUl laisse dans la place. Enfin c'est une affaire achevée, pourvu qu'il n'y arrive point de changement entre ci et dçmain^ comme il n'y a pas apparence. En tout cas, aussitôt après l'exécution, je voul le ferai sçavoir.
On a envoyé à Caen pour disposer le sieur de la Croilette à suivre l'exemple de Chambois. Je vous assure qu'on n'y perdra pas un moment de temps, tous les moments étant assez précieux dans les conjonctures présentes.
Le Roi écrit à M""* de Longueville pour lui ordonner de se retirer à Trie, à Coulommiers, ou en quelque autre des maisons de M. son mari, et, suivant sa réponse, lueurs Majestés font état de faire avancer les troupes du côté de Dieppe et même de s'en approcher. (^De la main de Mazarin : On n'a pas tout à fait résolu cela encore.)
La Reine juge à propos que vous expédiiez une ordonnance par laquelle il soit enjoint à tous les ofBciers et soldats, qui sont allés trouver M. de Turenne, de revenir dans le service du Roi, où on les assure qu'ils seront bien reçus et traités favorablement, sinon qu'on les déclarera criminels de lèse-majesté et qu'ils seront traités comme tels en tous les lieux où ils pourront être appréhendés, aussi bien que tous ceux qui iront trouver dorénavant ledit sieur maréchal de Turenne. Il faudra faire publier cette ordonnance à Sedan, à Montrond et autres lieux de ce côté-là, et tâcher même d'en faire jeter des copies dans Stenay et dans Clermont, ce qui produira sans doute un fort bon effet.
M"** de Bouillon a fait faire plainte de la contrainte
DE MATHIEn MOLE. 859
qu'elle reçoit de ses gardes, qui, en Tëtat où elle est, sont continuellement dans sa chambre, et lui ôtent ainsi le repos et la liberté de faire beaucoup de choses nécessaires pour sa guérison. Je crois qu'on lui peut donner satisfais tion là-dessus, ordonnant aux gardes de la traiter avec respect, et de n'entrer dans sa chambre que de temps en temps pour voir si elle y est, sans l'obséder continuellement; et s'il était nécessaire, il vaudrait mieux redoubler les gardes, afin d'être encore plus maîtres de la maison.
L'on me donne avis que M. de Champlâtreux fait tous ses efforts, auprès de M. le Premier Président, pour le porter à se remuer, dans ce rencontre, en faveur de M. le Prince, et à appuyer la requête qu'on veut présenter au Parlement de sa part. Je pense qu'il sera bon que vous en parliez audit sieur de Champlâtreux et même à Monsieur son père , leur disant qu'on croit avoir cet avis de bonne part et qu'ils y doivent prendre garde, la Reine étant aussi disposée que jamais de gratifier en toutes rencontres mon dit sieur le Premier* Président et tous ceux de sa maison, pourvu que de son côté il témoigne toujours le même attachement à ses intérêts, et qu'il continue à donner des marques de son zèle et de sa fidélité au service du Roi.
A Rouen, le 8 février 1650.
J'ai reçu quantité d'avis de divers endroits que M*"* de Longueville songe et travaille à me faire tuer. Je remets le soin principal de ma conservation entre les mains de Dieu, qui cognoît mes intentions pour le bien de l'État, sans oublier les autres diligences qui peuvent empêcher l'effet de tels attentats.
SeO APPENDICE AUX MÉMOIRES
A Roaen, le 9 férrier iOSO.
J'ai reçu une lettre du sieur du Plessis-Bellièvre, qui me maade d'avoir été reçu par les habitants de Dieppe avec des acclamations inouïes et des cris continuels de : c< Vive leRoi ! M par tout le peuple généralement| ce qui n'est pas peu à estimer dans les diligences que faisoit M"* de Longueville elle-même en personne, à THâtel de ville, non* obstant sa prétendue maladie, pour faire prendre aux habitants une résolution toute contraire. J'avois &it accompagner Plessis-Bellièvre par trente officiers; ils ont trouvé les bourgeois sous les armes , en huit compagnies , à cause de la jalousie que leur a donné l'arrivée de Chambois dans le château. Chacun a pris son département; on a fait des barricades contre le château; enfin vraisemblablement notre affaire ira fort bien. J'y ai envoyé encore quarante de mes gardes, et cinquante chevaux d'un autre côté ; Paluàu sera ce soir bien près de la place avec quinze cents hommes ; M. le comte d'Harcourt le suit avec le reste des troupes, et Leurs Majestés, comme je vous ai dit ci-dessus, s'y avanceront demain. Il n'y a que le canon qui nous fait peine, n'étant arrivé ici qu'hier au soir; encore il se trouve que les affûts ne valent rien, qu'il faut travailler à en faire d'autres et à des charrettes pour porter le canon; et enfin tenir toujours la bourse ouverte pour ces sortes de dépenses. Il faut avoir patience : Chamfort fait ce qu'il peut, mais il ne peut servir qu'avec ce qu'on lui donne. J'espère pourtant qu'avec la diligence qu'on y apporte et la dépense qu'on y fait, la plus grande partie du canon partira demain matin.
DE MATHIEU MOLE. 36i
A RooeDy le 9 fénîer 1650, neuf heures du soir.
La résolution de Leurs Majestés et la diligence avec laquelle elles ont agi a tellement étonné M*"* de Lpngueville et ceux qui étoient avec elle dans le château de Dieppe y que tout présentement nous venons d'apprendre qu'elle en est sortie et s'est échappée à cheval, avec vingt cavaliers. Elle avoit essayé, la nuit dernière, de se sauver par mer, étant descendue par le derrière du château pour s'embarquer au bas de la falaise ; mais comme M. du Plessis-Bellièvre avoit fait parler au capitaine Daniol, qui commandoit la seule frégate qui étoit pour lors en état de partir, ladite dame fut contrainte de faire rentrer toutes ses demoiselles au château , et s'en est allée comme je vous dis à cheval, sans qu'on sçache encore au vrai quelle route elle a prise. Quelqu'un a dit qu'on l'a vue passer aujourd'hui à Longueville.
Elle a dépêché Chambois à la Reine ; la substance de ce qu'il a dit à Sa Majesté a été que M*"* de Longueville l'envoyoit pour assurer Leurs Majestés de son obéissance, et que ce qu'elle avoit fait jusques ici n'avoit été que pour rencontrer la sûreté de sa personne ; que la même considération l'obligeoit encore à s'éloigner ; mais que , pour donner à Leurs Majestés une marque des sentiments de respect et de fidélité oii elle étoit , elle avoit ordonné au sieur de Montigni de remettre le château de Dieppe entre les mains de telle personne qu'il plairoit à Sa Majesté de commettre pour le recevoir.
La Reine a répondu : qu'elle s'étonnoit fort que M^ de Longueville prit pour prétexte de ce qu'elle avoit fiiit la sûreté de sa personne, après la bonté que le Roi avoit eue de lui envoyer une personne expresse pour lui
S6t AFmmiCB AUX MÉMOIRES
donner sa parole qu'elle pouvoit aller et demeurer à Trie ou à Coulomtniers y en toute sûreté ; que pour ce qui étoit de l*ordre cpi'elle avoit donné au sieur de Montigni de remettre les châteaux f on ne lui en a^oit aueune obligation ^ parce qu'elle avoit bien cognu qu*elle ne pouvoit pas les défendre contre les forces du Roi.
Cependant, on mande à M. le comte d'Harcourt d'en- :voyer deux cents Suisses audit sieur du Plessis-Bellièvre, pour envoyer dans le château, et de faire faire halte aux troupes et à Tartillerie , sans avancer ni revenir en ai^ rière jusques à ce qu'il y ait nouvelles dudit sieur du 'Plessis^Bellièvre, qu'il soit maître des châteaux : ce que Pon sayra demain à midi : selon que la chose se sera passée, ou il ira plus outre, ou il reviendra*
On a fait aussi faire halte aux bagages de la cour qui étoient partis aujourd'hui, et nous espérons que Leurs Majestés pourront s'épargner la fatigue de ce petit voyage , qui étoit très-incommode à cause que les chemins sont fort mauvais.
Son Altesse Royale ne sera pas peu ravie de tant de bonnes nouvelles que nous vous avons envoyées en peu de temps. Enfin voilà quatre places comme assurées en quatre jours.
Du Plessis-Bellièvre a intercepté une lettre qu'un petit garçon portoit à M"*® de Longueville, de la part d'un gentilhomme de Picardie, nommé la Chaussée, par laquelle il marquoit d'avoir déjà assemblé trente-deux hommes pour lui mener ; mais qu'il n'avoit encore pu passer à cause de la compagnie des gardes de M. d'Elbeuf , et d'une autre compagnie de cavalerie qui étoient en ces quartiers*là et qui le cherchoient , ayant eu avis de sa levée.
DB MAimED MOJL 3$S
Après aroir écrit jusques ici, j'ai reço une seconde dépedie do sieur du Plessts-BeUièTre, que je vous adresse, afin de la (aire Toir à Son Altesse Royale^ après quoi je TOUS prie de me la renToyor. Entre Tons et umh, il ae semUe ponroir dire sans vanité que j^ai senri heureoe» ment à la réduction de cette place, et je m^assure que les termes et les drconstanees de la lettre dudit Plessiafiellièvre tous le feront juger de la sorte. On fera ea sorte que le sieur du Plesûs-BellièTrey qu'on veut laissa* à Dieppe, trouve bon qu'on envoie quelqu'un en sa place à la Bassée; car, comme ce sera infailliblement la pronière place où les ennemis s'attaqueront , s'ils sont en état d'v attaquer quelqu'un , il tant y pourvoir sans délai. Ce n'est pas un morceau qui soit souhaité de beaucoup de gens; je vous prie d'en parler à Son Altesse Royale et de lui dire que Sa Majesté songeroit à jeter pour cela les yeux sur Beaujeu , qui se défendit si bien dans Ypres, sous le comte Broglio.
On m'a assuré que M^ de Longueville vouloit profiter de l'offre que lui porte Yarennes, de la part du Roi, pour sa sûreté dans l'une de ses maisons; mais que Saint-Ybar y fut contraire , et l'entraîna dans son avis. Si vous voyez par occasion H. le président de Nesmond, il sera bon de lui faire cognoitre que la seule conduite de Sf de Longueville lui a attiré ces malbeurs-4ii; elle pouvoit demeurer en toute sûreté dans quelqu'une de ses maisons. Cependant, ses voyages m Normandie et les efforts qu'elle y a faits contre le service du Roi y ayant q>pelé Leurs Majestés, on voit maintenant quelles en sont les suites.
364 APPENDICZ AUX IfÉMOIRES
De Roaen, le 9 février 1650.
Il y a eu autrefois beaucoup d'amitië enbe M*"* de Qievreuse et M. le duc d'Épemon. Cependant elle se plaignoit dernièrement de lui, et comme on a jugé important, pour le bien du service du Roi et pour d*autrçs raisons, de rétablir Tin telligence entre ces deux persoànesi j*en parlai à M*"* de Chevreuse; Monsieur eut aussi la bonté de s*en entremettre, et elle donna les mains à tout ce que Ton voudroit. Â présent, le sieur de Saint-Quentin est arrivé de la part de M. d'Épemon , qui apporte une lettre de civilité pour M^^ de Chevreuse; je lui en écris aussi une pour la convier à rétablir solidement cette amitié , laquelle lettre vous lui ferez rendre par ledit sieur de Saint-Quentin , si vous le jugez à propos, n faudra pourtant que vous vous en concertiez avec Son Altesse Royale, et si, en allant chez M°^ de Chevreuse, elle veut avoir la bonté de lui présenter ledit sieur de Saint-Quentin, cela ne pourra produire qu'un bon effet, sinon vous le lui mènerez vous-même par les ordres de Sa dite Altesse Royale et à ma prière, et la disposerez à le recevoir, en sorte qu'il ait lieu de mander à son maître qu'il peut faire état de son amitié. Enfin c'est assez que vous sçachiez que la fin que nous nous proposons en cela est la réunion de ces deux personnes, pour être assuré que vous pratiquerez tous les expédients et les moyens les plus propres pour y parvenir, dont je me remets à votre prudence.
Je vous prie de faire une civilité de ma part à M^^ de Montbazon pour l'assurer de mon très-humble service et lui donner toutes les nouvelles que je vous envoie , qui , je m'assure, ne lui seront pas désagréables* Je vous prie
aussi de faire le même compliment à M. de Beaufort, et rassurer que je voudrois, avec passion, lui témoigner la passion que j'ai pour son service. II sera aussi bon que vous saluiez ces autres Messieurs. Je ne doute point qu'ils ne soient informés par détail de tout ce qui se fait. Je vous prie, après en avoir informé Son Altesse Royale, de remettre la lettre ci-jointe à M"'^ de Chevreuse et à faire en sorte que le sieur de Saint-Quentin, à son amvée, soit bien reçu et que ce renouement d'amitié se puisse établir.
A Roaen, ce i 1 février 1650.
J'ai eu avis certain de Bruxelles, que Madame avoit écrit à M. de Lorraine d'envoyer promptement à Paris un des siens pour traiter ses intérêts, et qu'il auroit pris la résolution de faire faire ce voyage à un nommé Yerduisant, qu'on dit être un esprit dangereux et qui vient avec des instructions de menaces, que si on n'accorde tout et sans délai , son maître fera de grandes choses contre nous, comme s'il avoit moyen de nous faire pire que la guerre : sans considérer même qu'il est moins en état de nous nuire qu'il n'a jamais été, ayant vendu aux Espagnols quatre mille hommes qui étoient ses meilleures troupes, puisque le marché portoit qu'eux-mêmes en fe* roient le choix , et qu'avec cela il leur donne encore deux mille hommes pour envoyer en Espagne par mer. Sa Majesté ne se met pas beaucoup en peine de tout cela, sçachant dans quels sentiments est Son Altesse Royale sur ce sujet.
On m'assure que M. de Turenne a touché cent mille écus de l'argent de Paris ; il faut que M*"^ la Princesse les ait donnés ou que ce soit l'argent de Peraut. Je vous prie d'en parler à Son Altesse Royale ^ afin que si elle
rtpproave vous fassiez après parler à M^ la Prin* cesse, en termes de grand ressentiment et qui lui fassent eoghoître et appréhender que Sa Majesté ne peut souffrir cette conduite; et^ en efiet, il semble à Sa dite MajMë qu*il n'y a point de résolution violente où on ne doive se porter, plutôt que de permettre qu'on fasse la guerre au Roi, de l'argent que ladite dame foumiroit ou de celui des princes prisonniers^
Sa Majesté croit qu'il faudroit donner des lettres de noblesse à cinq ou six sergents qu'on pourroit choisir en prenant ceux qui ont mieux servi , s'ils se sont distingués des autres, ou , si le service a été égal , les faire tirer au sort,' afin qu'il n'y eût point de dégoût ni de jalousie; on pourroit faire le premier sergent et celui qui a porté la nouvelle , tous deux capitaines, et les autres lieutenants y les caporaux sergents et des soldats caporaux.
Tout ceci n*est pas seulement important pour la recognoissance qui est légitimement due à ce service, mais pour la conséquence , parce que, prenant soin de faire publier, particulièrement dans la Bourgogne et la Champagne, ce qu'on aura fait pour cette garnison, cet exemple excitera toutes les autres, qui sont dans les gouvernements des princes prisonniers, à en faire de même, et en tout cas tiendra les officiers qui les commandent dans une perpétuelle méfiance d'un pareil coup, et il sera plus fecile d'en avoir raison.
On m'a donné avis de très-bon lieu , que M. de Turenne avoit eu des nouvelles de M. le Prince; vous juge* rez bien combien cela est important, car le même garde qui l'aura servi à cela ne manqueroit pas d'intention pour lui procurer la liberté s'il pôuvoit. Il est question
DE BfATHIEU MOLE. 367
de changer de certains vieux gardes qui sont au bois de Vincennes, de faire diverses autres choses pour assurer encore mieux Timpossibilité de Tévasion des princes. Il n'y a personne qui puisse donner là-dessus de meilleurs conseils que M. le duc de Beaufort; vous pourriez mander au sieur de Bar de venir faire un tour chez vous au galop, aune heure que vous auriez prise par avance; M. de Laigue s'y rendre après avoir consulté la matière avec M. le duc de Beaufort, de qui il ne seroit pas à propos de désirer qu'il s'abouchât audit de Bar; mais ledit sieur de Laigue suppléera à cela. Je vous prie de n'y perdre pas un moment de temps^ dès que vous aurez reçu cette lettre. Il faut faire en sorte absolument que Mr le Prince ne sçache aucunes nouvelles de tout ce qui se passe.
Rouen, 12 féyrier 1650.
Je viens de recevoir avis de très-bon lieu que Yineuil ne se contente pas de faire toutes les cabales qu'il peut dans Paris, en faveur du parti des princes prisonniers ; mais qu'il tient continuellement des discours contre l'honneur de la Reine et tendant à sédition, et à passer même à des attentats pour faire entreprendre à d'autres plus hardis que lui ce qu'il n'osecoit faire. J'en ai donné part à la Reine, qui me charge de vous prier d'en parler à Son Altesse Royale pour y faire prendre résolution, soit en arrêtant ledit Yineuil, soit en l'éloignant en quelque lieu où il ne puisse faire de mal. Mais Sa Majesté juge l'un ou l'autre absolument nécessaire et sans délai.
Je n'ai pu lire ce que vous me marquez des favorables sentiments d'estime et d'afiection que Son Altesse Royale vous a témoignés sur mon sujet, sans un ravissement de joie qu'il m'est impossible d'exprimer; je vous prie de
lui en rendre de très-humbles actions de grâces de ma part, et lui dire que je tiendrai toujours mes travaux fort bien récompensés de sa seule approbation , que j'essaye* rai de mériter incessamment par des services aussi fidèles et aussi passionnés qu'aucun de ses domestiques même pourroit lui rendre.
J'ai voulu lire à la Reine la dépêche du Parlement de Dauphinéy elle est très-bien et Sa Majesté désire qu'on leur en témoigne recognoissance, C'étoit de Poitiers qu'on auroit écrit plusieurs jours après l'arrestation de MM. les Princes, qu'il n'y avoit paru encore aucun ordre du Roi.
Si M. de fiouillon revient, en conséquence de la déclaration qui a été publiée, nous n'aurons rien à dire; mais d'entrer en des négociations avec lui, séparément de son frère, pendant que l'autre nous fera la guerre, ce ne seroit pas mon avis, et je crois que Son Altesse Royale sera de mon sentiment. Ils ont témoigné tant d'union d'intérêts jusques ici, et M*"** de Bouillon a tant déclaré qu'un frère ne feroit rien sans l'autre , qu'il y auroit de Timprudence à nous de souffrir qu'ils ne se divisassent aujourd'hui, qu'afin que l'un reçût tout le bien que nous pourrons lui faire et que l'autre continuât à nous faire tout le mal qu'il peut.
A Rouen, le 15 février i650.
Nous venons d'avoir avis que M'"" de Longueville s'est enfin embarquée pour passer en Flandre; elle sera mieux là qu'ici. Chambois et Trassy l'ont voulu fort persuader d'aller à une de ses maisons et de se fier à la parole de la Reine; mais les autres conseillers ont prévalu. Ceux qui l'ont accompagnée sont Saint-Ibar, Saint- Romain, Trassy, Sarrazin et le chevalier de la Chaise.
Quand on donnera part au public, dans la Gazette, de ce qui s'est passé h Clermont, il faut prendre soin que ce soit en termes que le monde cognoisse que ces événements et celui de DanvilUers ne sont pas des cas fortuits, et que Ton a ménagé d'ici Tun et l'autre par prudence, dès le même jour que les princes furent arrêtés, Vandy, Béeherelle et Tabbé Fouquet ayant été envoyés pour celle de Danvilliers et le sieur du Tet, à M. de la Ferté-Sene terre, pour Clermon t.
A Rouen, i 5 férrier i 650.
On m'écrit qu'il court dans Paris des libelles fâcheux et méchants ; il sera bon que vous en parliez à M. le lieutenant civil et à M, le Procureur du Roi pour aviser au moyen d'en arrêter le cours. Il y a apparence que les colporteurs seroient les premiers à les apporter, pourva qu'on leur donnât quelque chose qui leur tînt lieu à peu près du profit qu'ils font en les débitant, et qu'ils join«< droient à cela quelques exemples. Ce seroit le souverain remède.
A Rouen, le i6 février i650.
Je vous renvoie la lettre du prince de Marsillac, à laquelle la Reine estime que vous pourrez répondre en accusant simplement la réception; mais que comme il aura reçu, depuis, la déclaration du Roi qui lui ordonne de se rendre dans quinze jours prèâ de sa personne, espérant de le voir bientôt, vous n'avez autre chose à lui mander. Pour le mémoire que MM. les Princes avoient souscrit. Sa Majesté a fort approuvé l'avis de Son Altesse Royale de ne pas le faire voir à M*"* la Princesse , laissant seulement libre l'exécution des choses qu'il contient.
J'ai éki heureux d'appreadre les bons sentiments où vcMis avez trouvé M. le Premier Président pour le bien de FÉtat : il y fli sujet de s'étonner qu'après les avances <pi0ron auroit faites de la part àe la Reine à Fontrailles età Malta pour accommoder leurs afibires, ils aient nrieux aimé choisir une autre voie, afin de feire la chose de hauteur et n'en avoir nulle obligation : cependant on sçaura si véritablement ils sont coupables ou non. Il faut lîeur laisser faire, dès que la Reine* pourra faire après, de son côté, ce qu'elle doit ; je stiis assuré que Son Altesse Royale condamnera leur procédé. Je ne sçais pas comment M. le Premier Président pourra les sortir d'affaire si facilement : il faut bien que ce soit par sa faveur, car chacun sçait s'ils ont Bstilti ; en tout cas, il me semble qu'on pourroit bien attendre le retour de la cdur à Paris, car de feçon ou d^autre on en tireroit avantage.
M. le président de Nesmond m'a prié formellement d'empêcher que l'administration dés biens de M. le Prince lui fût commise, au cas qu'il le nommât pour cela, avec cette réserve néanmoins qu'il ne parût point qu'il m'en eût prié. Ainsi il n'y aura qu'à faire faire, par le notaire, la réponse que Son Altesse Royale avoit jugé à propos, que Ton pourra même foire valoir.après audit sieur président. La Reine ne voit pas qu'il' y ait d'inconvénient de consentir à la nomination qu'a faite M. de Longuevilte pour l'administration de ses biens.
Je vous prie de nouveau die faire faire toutes les diligences possibles pour bien éclaircir la conspiration du . bois de Vincennes ; il n*y a rien aujourd'hui die si important, et on peut foire courir risque à l'Etat , si on y use de négligence ou d'indulgence. H ne fondra rien témoigner à M. des'Rohayes ni au sieur de Saint-Aoust^
mais ne rien omettre pour découvrir la Terité, tant à leur égard que des autres qui peuvent y avoir eu part.
On nous dit ici qu'on bat ht caisse dans Paris pour assembler les soldats qui doivent faire la garde à Vincennes ; il faut absolument faire cesser cela. Son Altesse Royale jugera bien que ce seroit un vrai moyen aux partisans des princes de former un corps rempli d'e gens à feur dévotion, pour tenter un coup. II faudra songer à d^autres voies de former ces corps, qui puissent nous doûner un entier repos d^ esprit.
La Reine estime qù^ n'y a rien dé plus nécessaire dans cette circonstance, e^ surtout dans ces commencements, que de faire rigoureuse justice e^ des châtiments exemplaires de deux qui se trouveront pris les armes à là main contré fe service du Roi, comme les ofBciers de DanviUiers et de Clermont, et qu'ail faut envoyer unie personne expresse sur les lieux pour informer et faire le procès. Il faut bien s'empêcl^er d'établir par aotre procédé une égalité de parti; le Roi doit agir en maître et traiter en criminel de lèse-majesté ceux qui seroht pris. Quelques têtes coupées et des maisons rasées tiendront beaucoup de gens en leur devoir et en feront revenir t^eaucbup d'autres. Il importe aussi de faire publier que M. de Turenne a traité avec les Espagnols; car cela rendra ce parti-là plus odieux envers tous les petiples.
Le sieur Colbert vous répondra sur le sujet des lettres de M. Fabert.
La Reiùe a été bien aise d^apprendre Tordre qui a été donné à Vineuil de se retirer à Beauregard.
Les habitants de Dieppe font instance d'avoir les mêmes grâces qui leur furent accordées autrefois par fkxiTÏ le Grand, qui consistent à avoir, entre autres
37!l APPENDICE AUX MÉMOIRES
choses, des lettres de noblesse pour quatre des échennsy et Sa Majesté incline à les &voriser en cette demande.
J*ai été bien aise d'apprendre que BP^ de Cberreuse ait bien reçu le sieur de Saint-Quentin , et qu'elle doit faire réponse à M, d'Épemoné
Il sera bien à propos que MM. les secrétaires d'État écrivent^ de concert, chacun dans les provinces de leurs départements, toutes les semaines, les choses qui se passent; cela raffermit les bien intentionnés dans leurs devoirs et empêche les autres, qui ne le sont pas, de s'échapper, quand ik sçauront que tout succède à souhait à Leurs Majestés. Je le dirai à MM, de Brienne et de Guénégaud, qui sont ici.
Pour l'abolidon du marquis de la Boulaye, dont M^ de Montbazon nous a parlé, il faudra remettre cette af&ire-là à notre retour à Paris.
A Roneu, le 18 fémer 1950.
Il faudra que vous preniez soin de caresser M. de la Tour, pour le maintenir toujours dans la bonne disposition qu'il témoigne pour le service de Leurs Majestés.
Il faut recommander à M. de Bar qu'il ne se laisse pas prendre le dessus par M. le Prince, qui, en ce cas, lui en feroit bien tâter. La sûreté de sa détention doit être toujours le principal objet dudit de Bar, qui doit bien agir avec grand respect, mais faire mentionner toutes les choses qu'il jugera nécessaires pour cette sûreté, sans se mettre en peine de l'aversion que ledit sieur Prince témoigne pour lui, qui, sans doute , est plus affectée que véritable.
Quand Brinon s'en retournera, je vous prie d'écrire à M. de la Ferté « Seneterre qu'il faut en toutes façons
iK iêjêjbixx: iêole,
çill cfaas^e Tes -ïQactfs dti X. Je Tjnfoiie ii; Bcaumuat^ pKC» «pu» fi efles » ▼ «Ciihiis8nt om* &2is^ !es citiwnifi» Jafgjniiit î lui !£nr5 £bnr«s. Moozua ser^^ît ea qaielc[cze péril, «t il miuat en. nfriemircift cTaotr» pn»«'aiiicej trw- CQOiàifêra&ufs. Faiteç-^oi Irâi cotnnottn*. <ilî ir(Kxs plaft» Ëi CQOHfH^iieiice Je cette afiàtre et eom&ien !e service c^H ▼ renJra jera i^reé.
Sa 3b;e9d» esdxne orzlî ne âot pais heàter à irr^er Tineml^ pour Lai &îre dbre ce cjull j«^t ie Tciitrepràe
On wk écrit ^11 5 a y bok eLo^aê (TAiirLoinK « n» fcabîcait nooniBé lÊartcfjwt^ ciêatiiLe ds sanir Gùrani xcreture cle 3f . Le Prince^ et qrzt exttrediaKt ane coi»* tTwwpffr eorrespcadance svec Bnm; ti axarqae ^w ee Murta^ne a ];râ le cbeiiiîa ilr I^iê: il seroît boa die ^Itt^ fbmer iH j est arrrii^« oà il Eotsey et Eftire mEer <Ie pre»
H T a trois ;cxirs «{oe Fob seroît parti , à Les «lecSaratioQs cpe Toa ottesdoit 4e Paris pocïr ce partemest bsBtat arrrrees pins tik ; il a £i!Iu «iifiërer parve «pe ce sort des a&ires impoctutes ^m x fassent peniœs. à de la pnesexLùe de la persoane da Roî « et des in^ «pe Ton a faites, où Foa a osé d^adresse^cottiae il em étoît bcsoîa. On bV a pa travaiiller aszîocinilisiL apertement . parce eoe M. k comte d^ar.^crt: t est alLê ce matia pour se £ilre recevoir. La Reine tettr a ennoyé dire c{a'el!« dcsiroît que tout s'adient deouLa jobs &iiCe; ainsi je croîs <{ae DOC» poonoK» partir drmanci&e^ et Lmrs Hajcscës ÎKit état de se readre en tro& joars à Plris.
TiofB TenoBs de recemir des a^is de Ftawire* de trè»-
mk APPEHIHCB ADX MÉMOIRES
bon lieu , que M"* de LoBgueviUe y javoit envoyé uii Ipentilhomme pour traiter , M. le içaréch^l de Ture^oe un autre, que tous les deux promettoient des merypi|le« à 1* Archiduc et entras autres choses ^e disposisr M jsrfîn jk reinettre Tortose au roi d'Espagne, et de fiûre «yec ses troupes tout ce qui popirroijt lui être le plus avantageux en Catalogne : ce qui fait yoir combien 4 ë^ à propos Tarrét de sa personne. L& réduçt|i)n de Glermont et de DanyiUiers aura aussi un peu roiqpu le^ mesures des propositions qu*ils avoient faite;; mai; il est vrai, cependant| que 1* Archiduc leur a promis de mettre présentement en campiigne* Çest pourquoi il eist de I4 dernière importance de ne pas perdre un seul moment de temps de notre coté à assembler les troupes ; il tant hâter la marche de celles dont je vous écrivis dernière? ment, et mander aux autres de se tenir prêtes. Mais comme, les sortant des quartiers de bonne heure, il sera absolument néce^ire d'avoir quelque chose à leur dpnner pour leur subsistance à la frontière, il me semble qu'il faudroit sauver deux des quatre dernières monstres qui leur ont été destinées, et que les receveurs généraux qui les doivent fournir travaillassent à assembler cet argent, afin qu'on puisse après le bailler ^ux troupes comme je dis. Il sera bien aussi qu'on donne un ordre général , très-précis, a6n que la seconde de ces monstres soit employée aux recrues des régiments, assurant les troupes que quand elles s^approcheront du pays en* nemi, elles feront plus assistées qu'elles ne l'ont jamais été par le passé.
Je vous prie de parler de nouveau à M""^ d'Aiguillon pour l'obliger à ne rien remuer présentement de rafTaire du mariage; nous avons à ménager encore des esprits
m; MATHIEU MOLE. 37tS
qu'il ne faut pas effaroucher, pour les mauvaises consé« quences qui en pourroient arriver; en tout cas^ il faut tenir tout en sursëance jusques à ce que je lui aie parlé.
Je viens de recevoir votre dépêche d'hier, il m'est impossible d'y répondre; je vous dirai seulement que je crois que la plus grande partie des avis qu'on donne sur Yincennes sont des inventions, et même quelque personne sensée écrit ici qu'il peut y avoir des gens qui par ces bruits aient la visée d'obliger à retirer MM. les princes du bois de Yincennes, pour les mettre à la Bastille, afin qu'il ne dépendît pas entièrement de Ja Reine et de Son Altesse Royale de faire continuer la détention desdits princes.
Je suis ravi de voir dana votre lettre les sentiments de Son Altesse Royale en l'égard de son domestique ; je lui réponds sur ma vie qu'il viendra à bout de tout ; il n'y a rien de plus juste et de plus aisé que de faire qu'il en soit toujours le maître absolu , et que tout dépende de lui. J'aurai l'honneur de déchiffrer beaucoup de choses à Son Altesse Royale à mon retour, pour lui faire cognoître que la malice fait tous ses efforts pour brouiller.
Je vous prie de dire confîdemment à Son Altesse Royale, la suppliant de n'en témoigner rien , que M°^* d'Elbeuf a dépêché à M. son mari pour lui dire que Madame souhaitoit avec passion qu'il se rendît en toute diligence à Paris, avant que la cour y arrivât. Je n'en s^is pas là cause, mais je me l'imagine à peu près; il n'ira pourtant pas, voulant achever son affaire avec ces maîtres-ci.
Je vous écrivis hier au soir, par M. de Créqui^ de m'envoyer deux attelages de carrosse, sur la résolution que Leurs Majestés ont prise d'aller de Mantes à Paris ,
37« APPKNCaCE AUX lfÉ«A)IRfiS "
en un jour. Je vous prie qu'ilt puissent itre lundi- au soir A Sâinl-CerBiaih. -
Je ne iiçiûs pts si Son Altesse Royale se rendra à b rencontre de Leurs MajestSr. fii cela est^ je vons prie de m'en donner avift, et de fure en' sorte qu^elle lae s'aitanœ pas beautoup au delà de Paris.
M. .le prësideht de Novi6n arriva hier^ et m*a vu ce
. matin; il eût ëtë biien qu'on Teftt détourné de delà défaire ce voyage. La réponse que la Reine lui fera, sur le sujet de la prétentioA de TévAché de B^uvûs, pour laquelle Son
. Altesse Royale m'a écrit une lettre très-pressante en sa &veuri est quTela personne .pour qui il .la demande n'étant pas prêtre, elle nej)eu t pas se résoudre à la lui dpnner,'niais que 4|uand Sa Majesté disposera dudit évêché, elle tâchera de faire tomber dans sa maison quelque bonne abbaye. On ne sçait comment faire, car tout le monde prétend de dematider tbut,et il est impossible d'en satisfaire la moindre partie. Je vous prie d'examiner avec Son Altesse Royale ce qui se pourra faire en ce rencontre, où Sa Majesté veut bien gratifier M. de Novion, mais elle ne se disposeroit jamais à donner l'évèché à la personne pour qui il le demande.
De Rouen, le 20 férrier 1650.
Je m'en vais présentement monter en carrosse pour mon retour à Paris. Ce qui nous donne un peu de peine, c'est que Ton nous a donné avis qu'encore que M"" de Longvieville eût fait publier qu'elle s'étoit embarquée pour sortir du royaume, elle est toujours néanmoins dans * cette province et rôde dans le pays de Caux, chez des • gentilshommes amis -de M. de Longueville, changeant tous les jours de lieu. On laisse ici une compagnie des gardés pour la sûreté du Vieux^Palais, et celle des gardes
D£ MATEIIEU MOLE. 377
à cheval de M. le comte d'Harcourt étant arrivée , on Tenyoie, avec un dxempt, porter ordre à M"*' de^ Longueville de se retirer en une de ses maisons, et peut-être .plus loin s'il est jugé à propos. On croit même qu'il sera bon de faire une déclaration portant défenses à tous les gentilshommes de la province de lui donner aucune retraite dans leurs maisons à l'avenir, et en cas qu'il fût besoin de faire un peu halte pour pette affaire, nous pourrions séjourner un jour à Gaillon. Mais toujours en serez- vous averti.
De GaiUon, le 21 février 1650.
-Je croyois que nous serions obligés de faire halte ici, pour les raisons que je vous écrivis hier ; mais après avoir bien examiné la chpse, on a résolu de continuer le voyage pour être demain au soir à Paris, et je ne doute point, suivant ce que je vous en mandai de Rouen, que nous ne trouvions les relais demain à Saint-Germain.
Vous direz donc, s'il vous plait, à Son Altesse Royale que n'étant pas tout à fait certain que M""* de Longueville soit dans la province, ^t que, quand elle y seroit, on la puisse trouver d'abord, on n'a pas Voulu s'engager à demeurer peut-être ici douze ou quinze jours mal à propos , au lieu que par les ordres qu'on envoie à M. le comte d'Harcourt, et par l'état où nous laissons la province, il ne faut pas douter qu'il ne contraigne bientôt M"* de Longueville à en sortir, ou qu'il ne trouve le moyen de se saisir de sa personne. Sa compagnie des gardes étoit arrivée, et je l'ai renforcée d'autant des miens qu'il lui en manquoit pour être composée de cent hommes. Outre cela, on lui laisse deux compagnies des gardes françoises. Avec quoi, et toute la suite de gentilshommes qu'il a à présent avec lui, qui est assez nom-
m APFERDIOE AUX KblOIRES
famiae, ht pltcet ëtant à nous, il ii*y a riea qui lui jfmÊÊit TÎéà9ÊÊr^0 IMurticulièrement aiiant nir les lieu en peraoBut, amaam il a ordre de fiûre, et ne permettant pas ^'il ae ùmm mcune aMemUée de f[entilihommea aana la rainpre et la diatiper d*abord. Mi les gardes à cheml^ ni les dettK antres eompagnies ne seront à charge à la province, puisque les miens bnl leur paye ordinaire^ que eeuK deM. le comte d'Harconrt seront entretenus comme rétoîent ceuK de M. de Longueville» et que les deux compagnies des gardes seront payées régirent.
Le procureur du Roi du Châtelet m'a mandé qu'il avait frit mettre en prison un homme, lequel a été convaincu d'avoir frit un libelle fort sanglant contre M. le Prince. Je crois qu'il est bon d'en frire exemple, et parce que la justice le requiert^ et afin qu'on ne croie pas qu'on veuille lâcher la bride à ceux qui voudroient écrire contare l'honneur et k réputation d'un prince du sang.
M. de Bar a bien frit de frire venir les trois gentilshommes que vous me marques, pour les emplojrer à la garde de MM. les Princes. Je prétends lui en envoyer encore deux ou trois assurés, et après cela on pourra frire revenir tous les gardes de la Reine.
LETTEE DE LA REUfE-REGENTE. -— AFFÀIEES DE BOUEGOGNE.
A Dijon, le 22 mars 1650.
Je vous envoie à part l'extrait d'une lettre que j'ai reçue de M. le bailli de Yalençay, par laquelle vous verrez ce qu'il me mande des intelligences secrètes qu'avoit eues contre moi le Pape ^ avec M. de Beaufort et M. le G>adjuteur. U frudroit que M. Servieu et M. Le Tellier
i . Voici cet extrait : c Votre Ëminence pourra facilement déconyrir fi «ne choie que Ton m'a dite pour trèe-AMorée e»t Téritable : tçaToir,
tachassent adroitement de découvrir x:e ^^*i\s avoient projeté de fairie, iet dans quels eDgagemeots élc^ entrée Sa Sainteté y et quelle aorte de sollicitations ^ells peut avoir faites k ces Messieurs pour me nuire ; on pourroitles mettre sans affectation sur ce /disoours, tén^ignant que le Pape qui a eu appréhension qu'ils ne disent tout, et qu'ils vont s'accommoder avec moi« Les a prévenus et a découvert à l'ambassadeur les instances qu'ils lui ont faites à mon préjudice, protestant qu'il n'a jamais voulu y entendre. Conuue il ne vient guère plus de lettre de Paris qui ne porte quelques nouvelles particularités de la mauvaise conduite de la comtesse de Fiasque, qui^ avec une insolence qui n'est pas supportable, ne fait pfts seulement gloire de s# déclarer hautement pour mon cousin le prince de G>ndé, et de tenir ensuite avec d'autres femmes, qui sont dans les mêmes sentiment, mille discours impertinents et sé^ ditieux, mais que cela passe même maintenant jusques à faire des cabales ouvertes et publiques pour acquérir des gens à ce parti-là, et enfin que sa maison est devenue un
que le Pape, croyant qu'il n'y pouvoît avoir jamais de récïoiiciliatioii efitre elle et MM. de Beaufort et le Coadjuteur 4e Paris, directement ou indirectement y s^étoit découvert à eux des mauvaises intentions qu'il avoit contre votre personne, leur promettant toute sorte d*aide et de faveur, pourvu qu'ils poursuivissent jusques à votre ruine totale et que Votre Éminence fût entièrement hors de son ministère. Qu'ayant appris que ces Messieurs se sont réunis d'amitié avec elle et qu'ils pourront découvrir jusques n quel point alloit la haine de Sa Sainteté ; qu'elle ne peut se donner de repos de voir son maltalent si pleinement recognu, en cas que ces Messieurs ne lui gardent pas le secret. Et comme elle appréhende que la France par là vit notoirement qu'elle l'est voulu joindre aux malcontenfs contre le Roi et le hien de l'État , et que Ton pût de là tirer conclusion que ce n'est pas vivre en Pape que de fomenter les rébellions et divisions dans un royaume chrétien, l'on m'a donné pour chose trèsconstante qu'en cela git la principale cause de toutes les inquiétudes qu'il a témoignées depuis l'arrestation de MM. les princes et de l'amitié jurée •ntfc Votre Éminence et mes diu sieurs de Beaufort et le Coadjuteur. »
TW TtPPENtlieE AUX ^ÉHOIRSS
réduit où s'assemblent filiiqaé jour tout ce qu'il f * iè méchants esprits et de raaJT&tentioDnÀ contre le goo- ,' veroenient, pour y conciertfr ensemble le* moyént de faire roussir leurs maiirau deMeins, je d^re que Ton tranche le cours à ce désordre que l'impunité rendroit .''tous lea jours plus grand ecpltu dangereux, eu joignant 'At'î^ùûIadite'coibtésse'de.FîeMjue.Yoot en parlerez k ■m»n frère luiutôt que fout aitrex reçu cette lettre, et s'il f» prouve du mtme sentiment, tous ne perdrez pas tu i|Hiitiei»t'de témps-à enroyer l'ordre à cettq femme de se . ll!aw*r en qMélcpi'one' de ses maisons. -',7e désire aussi -que l' on eiimine bien de deU ce qu'il '^a'fréséBtemeat à .faire touchant lé duc de la Roche^ ' iblintdti particutièrement s'il ne s'est point encore rendu Iklla Racke-Guyon. L'état' de Saumtlr semble presser -eubre 'darantage : qu'on y prenne une prompte résolu' tibn; vous mi parlerez i m*n frère, M, le Carde des Soenu, le sieur Seryien et vous, et j'approuve dès à préant tout ce qu'il jugera à propos de faire sur ce sujet. Cependant je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur Le TeU lier, en'si^sainte garde. Écrit à Dijon, le 28 mars 1650. (J)e la main de la Reitve.) Ce que dessus est mou in- - tentïon. Ainre.
La Reine me commande d'ajouter à l'ordre qu'on donne pour M"' la comtesse de Fiesque les dames de Bonnelle et de Saint-Loup. . Ahisb.
Lami DB LTOKNS A LB TtLLin.
■ - '. , ADijon, ce5«TriH«50.
le tous dépêchai hier matin le sieur du Vouldt , ordi-
iiait« dû Roi, kÊn que vous puissiez vous eu servir pour
dire porter h M*" la Princesse l'ordre de Leurs Majestés
d'aller établir sa demeure ailleurs qu'à Chantilly ; votés, parce que M^^ le Cardinal m'a fait sçavoir.depuiJ^rvçnN^ choses fort importantes sur le même sujet, qu^il.âie charge de vous mander, je prends occasion de renyoyér ' un courrier que M. de Nouveau avpit dépêché par deçà^ lequel arrivera peut-être avaqt ledit du. Vouldi, jqu^QH^^^, m'a dit avoir pris le chemin de Troyes, qù il n*y a 4^ postes que depuis Troyes à Paris. . <
Je vous dirai donc, Messieurs, qiie Son Éminence-e»*. time qu'il sera bon de publier les raisons véritables qui' . ont obligé le Roi à faire éloigner M°** la Princes^^ et qu'encore qu'elles soient assez fortes d'elles-mêmes pour justifier la resolution de Sa Majesté , il faudroit néanmoins les déduire avec le plus d'exagération qu'il ee . pourroit. . ' *v
Il semble à Son Éminence qu'il faudroit metirè toutes ces particularités bien au long dans la lettre du Roi, qu'qia lui enverroit , et ensuite la faire imprimer ou trouver ^ quelque autre moyen d'en donner cognoissance au publié, : n'oubliant pas (pour avoir l'japplaudissement du peupte) de marquer que M"' la Princesse et M'"* de LongU)Bvilte|, engagent et emploient tout ce qu'elles ont pour assister les Espagnols et les aider à faire des progrès dans ce royaume, leur donnant lieu de s'opiniâtrer à ne vouloir pas la paix, qu'ils seroient nécessités de faire -dans les extrémités oii ils sont, et particulièrement en fait d*ar-* gent, si celui que leur ont envoyé lesdites princesses ne leur donnoit encore le moyen de subsister et de fournir à la plupart des dépenses de cette campagne.
Et sur ce sujet, la Reine, par l'avis de Son Éminence, m'a chargé de répondre à Son Altesse Royale, de sa part^ qu'il seroit bon de mettre la main sur tous les revenus
desdits tfrincés et princesses^ pour leur en rendre compte fiû leitÉps et lieu; car aufrem^ât^ qiTelqué précaution qu'on y apporte, il est indubitable qtie tout ce que Ton en retirera seraf, de façon ou d'autre , eAipïoyë contre Sa Mi^esfë mètne; et cela n'est pas si peu, que comptant ensemble le bien des ti^ois princes prisonniers et ceint de M"* la Priùcesse, il ne monte à phis de six cent mille écas par an. — 'Sa Majesté se remet pourtant à ce que Son Altès^e Royale jugera plus à propos, après avoir bien examiné l'affaire avec M. le Garde des Sceaux et avec vbus, Messieurs, en parttcufier, et y avoir pris de suite résolution dans tout le consei-l.
Ayant considéré que si vous prettez la résolution d'é- 6rirfe de la part du Roi à M"* la Priiice^se et d'insérer dans la lettre tout ce que dessus, ou une partie, les blancs seings que jie vous ai adressés^ de la paf t de M. die Guénégalud ne pourroient servit*, n'étant chacun qu^eil un demi-feuillet ; je m'en suis fait bailler un cinquième à mon' dit sieur de Guénégatid", que vous trouverez ci-joint, lequel est signé à la quatrième page, et de cette sorte il peut servir ou pour deux, ou pour quatre, ou pour six, ou pour huit, etc. >>
LETTRE DU CAKDUCAL MAZÂRIN AU MÊME.
J'ai reçu des avis de Flandre, de fort bon lieu, qui portent que les ministres d'Espagne , M"® de Longueville et M. de Tureune sont extraordinairement mal satisfaits les uns des autres, et qu'après une conférence qui s'étoit tenue à Arlem oii ladite dame et ledit maréchal s'étoient trouvés en personne et avoient demandé des choses exorbitantes, comme des cinq cent nnlle écus pour employer à des levées, deà sept à huit mille hommes pour les as«-
I» lfATH»U MOLE. S«3
sister, et des cent mille ëcus par mois pour la sidlMÎstmoe de leurs troupes^ sans rien offirir pour eelâ de fevr paH^ ils s*étoîent sépares fort iiialccmteiit&, et les Espagnok avoieBt retiré toutes leiir^ troupes. Les mêiBes avis me sont confirmés de Sedan, par le sienr Fabert, avec eneore plus d^exagération, manpiant des particularités de k feiblesse extrême du maréchal de TureiiDe, du peu de moyens qu'il a de £iire subsister ce qu'il a près de h»^ qui ne va qu'à trois eento komttiea de pied et à cent évoquante chevaux, et des malééictioilB que lut donnent lés troupes du duc de Yurtanberg;, quf'il a fak souffrir comme des chiens, eli les a tontes ruinées.
On me mande aussi* de BruxeHe& que le chevidier de Rivière y étoit arrivé avec des lettres de AP^ die Longue^ ville et des ordres de solliciter vivement T Archiduc de mettre en campagne, pour profiter di» temps que le R<i( seroit occupé devant Bellegarde ; après quoi elle représentoit que tout ivoit fondre snv elle, mais que, ce pendant, OB^ pouvoit se prévaloir de la^ foiblessé de nos frontières^ et que, l'Archiduc y venant, il emportcroit avec toute facilité ou Saint-Quentin, ou tout au moins Guise, dont il tireroil tous les amis de MM. les Princes, et de notables avantages. On me mande même que ledit chevalier insistoif particuliè)rement pour l'attaque de Guise, qu'il disoit être une afiaire de huit jours.
On a tait ici de grandes réjouistohces de la nouvelle que vous nous ave2 donnée de Ik i^rise de M^ dé Bouit^ Ion, et des résolutions que Son Altesse Royale a prisés ensuite. La Reine a été très-aise d'apprendre que les soins de M. le Garde dies Stèàu^ ont contribué à cela, et m'a commandé die vous écrire de lui en faire les remerctmeûts de sa part. C'est une affaire de grande conséquence dans
APPENDICE AÎIX UÉMOIRES
o: dures présentes , et qui nous fait mettre Tes-
n repos sur le sujet de M. de Bouillon; c'est-
K, SI je ne me trompe, qu'il n'entreprendra rîen
qu'il verra M"" sa femme .dans la Bastille. Cela ne
doit pas empÉcher de poursuivre les premières ré-
)ns d'envoyer dans les provinces, et, par le cour-
de demain, j'espère de pouvoir vous envoyer des
ratiotu «^aréM, comi4>-.«a'.cstiiBerMt4ci ^'eUei
mt étn Kir H. de Tpreoiifr et desdits sienrs duà
nillon efed« U Rochefnloinld, se remettant poiv-
à ce que Son Altesse Ro]p*ieràHHidni de cda. '
M Iteine m'a fiùt interroger pourquoi on n'avait pas
enté ce qu'^e avmt mand^toudtant la comtesse de
m, Fontraille et Hattsi Ce qui déplaît fort à Sa
aU en cela, c'est qu'enconque la chose eût été teatte
lecrite de deçà^ elle s'eit-|nd>liée k Parir tustitôt,
. de Betufort a dit à divmes personnes qne «es
res-Jà auroient été envoyés d'ici, mais qu'on A'avoit
pas jugé à propos de les exécuter pour encore. A Dijon,
ce 43 avril.
PBm DE Buuouun. — nxmÈMX ÇÀWPicira db lodis uy. — xicrr dd cunnU. UAzam.
A Dijon, le 13 arnl 1«50.
Son Altesse Royale aura déjà su, par une lettre qu'écrivit de Lyonne à M. Le Tellier, qu'on avoit espérance d'entrer dans Bellegarde en peu de jours, sans répandre une goutte de sang; à présent, elle, apprendra que tout est entièrement conclu, ce qu'on doit en grande partie au voyage que le Roi a fait à rormée. Je m'en vas vous en &ire le détail, afin que Son Altesse Royale en soit informée.
DE MATHIEU MOLE. 3b5
Sitôt que la contrevallation fut achevée (ce qui fut fait par les soins de M. de Vendôme, avec tant de diligence, qu'on n'y mit que deux jours malgré la pluie et le mauvais temps) y le comte de Tavanes demanda à voir un nommé Bossuet, et comme je prévis que dans cette con* joncture un voyage du Roi à Tarmée (qui se pouvoit faire en toute sûreté) produiroit sans doute un grand effets réchaufferoit l'ardeur de nos troupes, et jetteroit la consternation dans ceux de Bellegarde ; je le proposai à la Reine, qui y consentit volontiers, afin de pratiquer tous les moyens qui pouvoient donner lieu d'avoir promptement la place, sans aucune effusion de sang.
Sa Majesté partit donc et alla coucher à Saint-Jean de Losne; Bossuet, à qui on avoit permis de voir le comte de Tavanes, retourna avec les propositions de la part diidit comte, si extravagantes, qu'on fut obligé de les rejeter bien loin ; mais, sur les instances qu'il lit d'y retourner, s'assurant qu'il porteroit enfin les assiégés à se mettre à la raison, on lui en donna de nouveau la permission.
Le jour suivant, le Roi descendit en bateau sur la Saône jusques au château d'Épagny, où M. le duc de YendOaxe traita toute la cour avec une grande magnificence; Bossuet y revint avec une modification très-médiocre aux premières propositions, ayant rapporte que Tavanes, Saint-Micaud, Passage et les principaux officiers commandant dans la place, après lui avoir dit qu'ils étoient cent quatre-vingts officiers résolus de périr sur la brèche et de s'y entasser les uns sur les autres, mais de vendre chèrement leur vie, et toutes les autres rodomontades que Son Altesse Royale sçait qu'on fait en pareilles rencontres, demandèrent trois semaines de temps pour
attendre si M. de Turenue les viendroit secourir, s'obliiv 25
geanty ce temps expiré, de remettre la place au Roi, à condition de se pouvoir tous retirer en corps^ et d'aller joindre en toute sûreté M» de Turenne, protestant, pour conclusioUi qu'ils demeureroi&at fermes dans cette proposition et qu'ils périroient tous plutôt que de s'en relâcher en rien.
Ma réponse fut que ces Messieurs se moquoieot, et que peut-être ils avoient résolu de faire, par leur opiniâtreté, que non-seulement le Roi eût l'avantage de prendre Bellegarde, mais de les châtier et les faire servir d'exemple à tout le reste du royaume, ce qui leur étoit inévitable, et qu'ils méritoient aussi d'autant plus qu'ils sça- Toient bien qu'ils ne servoient en rien à M. le Prince et qu'ils ne pouvoient être secourus, et par conséquent qu'ils &isoient cognoître n'avoir autre but dans leur ré-* bellion que de donner moyen aux Espagnols de prendre quelque avantage sur nous pendant que les armes du Roi seroient engagées à l'entreprise de Bellegarde.
Je lui déclarai, pour dernier mot, qu'il ne falloit pas que les assiégés espérassent jamais de pouvoir se retirer ni en corps ni autrement, pour aller joindre M. de Turenne; que ce que je pouvois faire c'étoit de m'ejuployer auprès de la Reine^ afin de leur faire accorder une abolition de tout le passé; qu'il falloit qu'au même instant qu'ils sortiroient, toutes les troupes fussent licenciées et que chacun ou prît emploi dans les troupes du Roi, ou se retirât chez soi. Qu'au reste, pour ce secours imaginaire qu'ils attendoient, je ferois que Sa Majesté condescendroit à leur accorder huit jours de temps.
Bossuet part avec ce dernier ordre ; cependant le Roi alla à l'armée, et comme il s'avançoit, ceux de Bellegarde envoyèrent dire que, par le respect qu'ih portoient à Sa
DE MATHIEU MOLlt. 387
Majesté, ils ne tireroient point de toute la journée, ce qui commença de faire voir que je ne m*étoi& pa& trompé dans Teffet que devoit produire la présence du Roi. On ne peut bien exprimer avec quelle joie, quels applaudissements et quelles acclamations Sa Majesté fut reçue par nos troupes. Tout retentissoit de continuels cris de» Vive le Roi ! » et on ne voyoit que chapeaux en Tair de tous les soldats et toutes les autres marques de réjouissance dont ils pouvoient s'aviser. Cela causa un grand abattement dans Bellegarde^ mais y attendrit tellement le cœur des soldats et ralluma en sorte leur affection naturelle envers la personne du Roi, que tout ce qui étoit sur les remparts, malgré les ofBciers, firent d'abord la même salve que faisoit Tarmée, et ne crièrent pas moins (c Vive le Roi ! >i ni avec moins de joie et d'empressement.
Dès lors, la négociation générale fiit ouverte et les soins que je pris pour Fempécher purent bien faire qu'il n'y eût pas six mille négociateurs tout à la fois, mais pour quatre mille, tout au moins, je réponds à Son Altesse Royale qu'ils y furent; elle sçait la démangeaison que les François ont en semblables rencontres.
Cela rebuta plus ceux du dedans qu'il n'avoit avancé le traité; cependant, comme il y avoit de grandes eaux et de mauvais chemins à passer pour aller au quartier du marquis d'Uxelles, où je voulois voir les troupes, le Roi s'en retourna, et j'allai audit quartier, où je vis entre autres le régiment de Son Altesse Royale , qui est certainement le plus beau corps et le plus fort que j'aia jamais vu.
Je dis en partant à M. de Vendôme que l'intention de Sa Majesté étoit que, dès qu'il seroit parti de Saint-Jean de Losne pour retourner à Dijon , ce qui devoit être lé
lendemain à dix heures du matins on n'ëcoutit plus aucune proposition d'accommodement et qu^il fît défense , sous peine de la vie , d^avoir aucun pourparler ni entretien avec les assiégés : et parce qu'on sçavoit que beaucoup de leur» cavaliers et de leurs soldats ne servoient dans cette occasion qu'à contre-cœur, et que cette répugnance devoit être encore bien augmentée depuis que le Roi avoit paru en personne , on laissa à M. de Yendôme plusieurs imprimés d'une ordonnance qu'on avoit préparée pour jeter dans la place j afin d'essayer de détacher ceux-ci des autres et mettre les officiers dans une perpétuelle défiance du service de tous leurs soldats. On met dans ce paquet une copie de ladite ordonnance, afin que Son Altesse Royale la voie.
L'effet que j'avois vu de la présence du Roi me fit bien juger que nous aurions bientôt quelque nouvelle négociation , et je ne m'abusai pas en cela ; car, à mon réveil, je sçus que dès le soir d'auparavant, comme Ton étoit sur le point d'ouvrir la tranchée , Passage parla à Yiantais et demanda de pouvoir entretenir Navailles, prenant pour prétexte de faire des excuses sur quelques coups de canon qu'on m'avoit tirés lorsque j'allai au quartier du marquis d'Uxelles, nonobstant la parole qu'ils avoient envoyé donner, disant que ç'avoît été par des canonniers ivres , contre l'ordre exprès de leurs officiers. Après cela, il lui dit si on ne trouveroit point moyen de s'accommoder; sur quoi ils eurent divers propos. On négocia toute la nuit , principalement sur la prétention où ils demeuroient toujours fermes et fort opiniâtres de pouvoir aller joindre M. deTurenne , après les trois semaines qu'ils demandoient pour attendre le secours. Enfin, après beaucoup d'allées et de venues et
pourparIerS| M. de Yendâmeleur accorda dix jours pour attendre ce prétendu secours, après quoi ils remettroient la place , et sur Tinstant même toutes les troupes qui sont dedans seroient licenciées et se retireroient chacun chez soi y si ce n'est ceux qui voudroient servir dans Tarmée d& Sa Majesté.
Ils convinrent de donner pour otage le comte de Coligny et un capitaine du régiment de M. le Prince, et on leur donne M. de la Rallière. A quoi M. de Yendôme apporta longtemps grande résistance , comme certainement on ne devoit pas le faire ; mais il y fut enfin porté par tous les autres officiers qui lui représentèrent qu'on avoit toujours accoutumé d'en user ainsi , pour une sûreté réciproque de ce dont on convenoit, et que les assiégés la donnoient plus grande et en nombre et eu la considération des personnes.
Je sçus tout ceci à mon réveil , et n'y ayant plus de moyen d'empêcher qu'on ne se fût engagé, ce que je pus faire, ce fut, après en avoir consulté avec MM. les maréchaux de France qui avoiènt accompagné le Roi , d'ajuster les choses en sorte qu'il parût que les assiégés venoient en suppliants, demandant pardon au Roi de leur faute, laquelle Sa Majesté leur accordoit à condition de remettre la place le 21 du mois courant , et de licencier le même jour toutes les troupes. Ainsi il n'est point parlé des otages ni même du prétendu secours qu'ils attendent.
Il n'y a point de doute que si on eût pu se servir de cette occasion pour faire un châtiment exemplaire de ces rebelles, cela eût produit un très -grand avantage pour le service du Roi , par les raisons qui sont assez aisées à juger; et il est certain aussi que dans l'état où étoient les choses et avec les préparatifs qu'on avoit
fiûfB^ la place ne povivok plut BMuuiiier d*étre prise, 6am ^*il y eût rien à craindre, ni des sollicitations de M"* de Longaeville pour avoir une armée des Es{fagnol8, ni des assurances qu'enyoyoit tous les jours M. de Turenne aux assièges quMl viendroit les secourir.
Mais les raisons qu'il y avoit pour en user comme on a fait et qui ont obligé Leurs Majestés k j acqiiiescer, semblent l>eaucoup plus fortes , et on s'assure que Son Altesse Royale les trouvera tout à fait concluantes. Premièrement, il est constant qu^avec toute la chaleur que les soldats témoignoient au dire des cognoisseurs, nous ne pouvions nous rendre maîtres de la place que dans trois semaines, supposé que les assiégés eussent fait une médiocre défense , parce que le peu de cavalerie que nous avions et le bon nombre qu'il y en avoit dans la place, nous auroient empêchés de pouvoir faire plus d'une attaque. En second lieu, quand ils auroient été pressés, tous les officiers et toute la cavalerie pouvoient toujours sortir par le pont du coté de deçà la rivière , parce que nous n'avions pas assez de troupes pour les enfermer par une contrevallation, et la garder comme on l'avoit fait de l'autre côté.
II fût arrivé, en outre, un dégoût général dans notre armée , où il étoit déjà public que les assiégés offroient de se rendre aux conditions ci-dessus , si les officiers et les soldats eussent vu que Ton faisoit bon marché de leur vie pour en tirer quelque plus grand avantage.
Il fût aussi arrivé infailliblement que dans ce siège on eût affoibli extrêmement l'armée, soit par ceux qui y auroient été tués ou Messes , soit par la maladie et la déstertion, outre que l'on auroit toujours été contraint , après ce que l'armée auroit souffert , de lui donner un
DE MATHIEU MOLE. 39i
rafratchisse^Yicnt de quinze jours ou trois semaines, ce qui au roi t empêché de pouvoir faire ëtat d'aucune de ces troupes-ci que dans le mois de juin , pendant que la Flandre , les frontières de Champagne , Tltalie et la Ca« talogne en peuvent avoir un besoin aussi pressant que chacun sçait, au lieu que Ton travaille dès à présent pour faire marcher toutes les troupes, dès Tinstant que la place sera rendue, et cela même avec grande espérance que les corps qui sont destinés pour les frontières de Picardie et de Champagne pourront s'y rendre assez à temps pour, avec les autres qui y sont déjà , empêcher que les Espagnols n'y puissent rien entreprendre avec succès. Cependant il est aisé à voir qu'en faisant autrement, les ennemis eusserft pu venir à bout, avec facilité, pendant le temps ci-dessus , de ce qu'ils auroient voulu tenter, qui «ût possible été d'assez d'importance pour mettre nos affaires et au dedans et au dehors le royaume en très-méchant état.
On peut espérer même que venant à sçavoir la reddition de Bellegarde qui, dès à présent, deviendra publique, s'ils avoient formé quelque dessein dans la pensée de l'achever pendant que les armes du Roi seroient engagées de deçà, ils pourront maintenatrt le changer et feront plus de considération de s'y embarquer, comrrae, en effet, par les avis que j*ai de Flandre, la pius forte batterie dont se servoitM"' de Longuevillc et le maréchal de Turenne auprès de l'Archiduc, c'était de profiter utilement du temps que le Roi seroit au siège de Bellegarde, parce que tant qu'il dureroit rien ne lui pourroit résister.
Nous étions d'ailleurs obligés de faire très-grande dépense tant pour les travaux, que Son Altesse Royale sçaît aller bien vite quand on approche de la contrescarpe, ainsi
que pour le payement du pain, de ravoine, du fourrage et de la subsistance aux troupes ; et, en effet, il falloit avoir continuellement l'argent comptant à la main, dont, à dire vrai, nous sommes entièrement k bout et sans grande espérance d'en pouvoir trouver, parce qu'encore quHl y ait de deçà quelques fonds, comme le recouvrement n'en est pas bien présent, personne ne le veut avancer. Ce qui nous mettoit encore plus en peine, c^étoit la provision pour le fourrage ; tout le quartier d'en haut de la Saône n^en ayant plus et étant fort difficile d'en faire remonter du coté de Châlon , parce que la rivière demeure toujours grosse.
Enfin, il y a beaucoup d'autres petites raisons que l'on ne dit pas, et il eût été mâmei superflu de déduire celleci que Son Altesse Royale aurait bien jugée, si on n'eût voulu l'informer de tout le détail. En un mot, nous avons Bellegarde et non-seulement nous n'affoiblissonspas notre année, mais nous la renforçons de près de huit cents hommes de ceux qui étoient dans la place, qui traitent déjà. Nous gagnons cinq ou six semaines de temps pour nous opposer aux desseins des ennemis ; nous conservons divers préparatifs que nous avions faits pour ce siège, dont nous pourrons nous servir utilement ailleurs, et nous nous en retournons à Paris.
La joie de toute cette province est inexplicable; le Roi revint hier au soir, la Reine fut à sa rencontre et toute la ville sortit avec des témoignages de réjouissance qui ne se peuvent bien exprimer. Sans flatterie, le Roi s'est conduit merveilleusement bien en tout ce voyage; les gens de guerre en sont demeurés extraordinairement satisfaits; si on lui eût voulu permettre, il n'y eût eu endroit oïl il ne fût allé. I^e transport des soldats a été tel, que s'il
l'eût commandé , je crois qu'ils fussent allés manger les portes de Bellegarde avec les dents.
La Reine m'a commandé de me réjouir de sa part avec Son Altesse Royale de ce succès, et de lui dire que ce qui accroît notablement sa satisfaction en ce rencontre, c'est l'espérance de la revoir bientôt. Leurs Majestés partiront à point nommé, le jour d'après que ceux de Bellegarde seront sortis, et font état de prendre le chemin de Champagne.
L'envie que l'on a de partir au plus tôt fait même chercher les moyens d'accourcîr le temps de la reddition de la place ; et quoiqu'il n'y ait pas grande espérance que les principaux oHiciers y veuillent donner les *" mains, on ne laisse pas d'y travailler, profitant d'un avis qu'on a eu aujourd'hui que les cavaliers et les soldats sont fort las d'être enfermés, et ne sont pas fort maniables depuis qu'ils ont vu le Roi.
MM. Servien et Le Tellier pourront faire un mé^ moire à Renaudot de ce qu'ils jugeront à propos qu'il publie, oïl il y a beau champ de s'étendre sur les louanges du Roi, sur la résolution qu'il a témoignée et sur le plaisir qu'il prend de travailler lui-même à ce qui peut regarder son service et le bien de ses affaires. Et quand il mettra qu'il a fallu enfin que la Reine cédât aux instantes prières que le Roi lui faisoit pour lui permettre d'aller à Tarmée, il dira encore une vérité.
Du 21 ayrill650.
Sa Majesté est du même avis de Son Altesse Royale, qu'il ne faut pas différer davantage la publication de la déclaration contre MM. de Bouillon, de Turenne et de Marsillac, et ajoute qu'il ne faut rien épargner pour châtier promptement et exemplairement M. de la
Rochefbdcauldy et ape si sa pa'sonne se retire, on trouvera toujours ses maisons k raaer, afin qu'il s'en «ou- ▼ienne et que cela serve à contenir dans lenr devoir ceux -qui pourroient avoir de méchantes intentions. II me aemble qu'il sera bon de prendre occasion de faire^ de ^ndes plaintes du procède de M. de la Rochefoucauld à Sf^ de Liancourty à M. son mari et à M. de Schomberg. Nous avons quelques avis que les Espagnols, ou «e sont déjà engagés ou sont sur le point de le faire, envers Bf de LongueviUe et M. de Turenne, de ne point contentir à la paix qu'ils ne mojennassent la liberté des princes, à condition que ceux-ci ne pourroient jamais s'accommoder sans leur consentement* C'est pourquoi cette seule raison sufBroit pour empêcher mon abouchement avec Pignoranda, dont je crois qu'il se faut bien garder, et si lui ou quelque ministre comme le Nonce en font instance, dans l'occasion 'de son passage en France, il faut tout rejeter sur cette nouveauté si préjudiciable à toute la chrétienté; dire qu'il seroit superflu de traiter à présent que Ton sçait que les Espagnols ont promis de ne point faire de paix qu'à •condition de la liberté des princes ; ce qui paroît si étrange et si déraisonnable, qu'on a peine à croire que les ordres en soient venus d'Espagne, ou que la chose y soit approuvée et le traité ratifié, n'étant pas à présumer que Sa Majesté Catholique soit si contraire à la paix , qu'elle s'oblige à n'y jamais donner les mains qu^à la charge de contraindre le Roi de se conformer à sa volonté touchant ses sujets, outre qu'il est tout à fait ridicule que l'on puisse écrire que jamais le Roi pût donner la liberté à un prisonnier prince du sang à Tinstance des Espagnols, et laisser dans le royaume une personne de sa condition ayant cette obligation aux ennemis.
DE BdAimEU MOLE. 295
La Reine a grand'peine, retournant à Paris^ de sçavoir que Matta et Fontrailles y soient encore, et m'a charge de vous écrire , si la chose n'ëtoit pas encore faite , d'en parler à Son Altesse Royale de sa part, et lui dire qu'elle souhaite qu'on les éloigne sans plus de délai, et que s'ils n'obéissent pas on les fasse mettre dans la Bastille.
LETTEES DE COLBiaT ▲ LE TELUEE.
Liboume, ce 8 août 1650.
Pour répondre au premier mémoire, Son Éminence m'avoit chargé de vous faire sçavoir, avant la réception du second, que sur toutes ces sortes de rencontres vous pouviez avoir confiance entière en M. le Garde des Sceaux ; que c'étoit un homme d'honneur qui aimoit la royauté et qu'il avoit de la fidélité ; qu'il vous prioit de consulter ensemble, dans le même temps que ces affaires arrivent, quels remèdes on y pourroit apporter, et d'en écrire vos avis; que dans ce dernier rencontre vous vissiez s'il ne seroit pas bien à propos que la Reine écrivît fortement à Son Altesse Royale et lui aussi ; qu'il croyoit être nécessaire que vous parlassiez aussi avec rigueur à M. de Beaufort et à M"''* de Montbazon, qui se déclarent si ouvertement ; leur faire honte de leur mauvaise conduite après avoir reçu tant de grâces de la Reine, et leur faire entendre qu'enfin ils lasseront sa bonté, après en avoir si souvent abusé. Sur cette même conduite de M. de Beaufort, que vous découvrissiez les sentiments de M. le président de Bellièvre, qui a été sa caution qu'il en tiendroit une autre toute contraire à celle qu'il a lui-même mise par écrit; qu'il falloit tous ses efforts pour obliger Son Altesse Royale à leur parler à l'un et à l'autre au même sens, et qu'il falloit toujours travailler « lui faire cogooître
les mauyaises intentions^ tant de ces deux personnes que des autres che& de la Fronde ; que tous les avis qu'il a d'eux, fortifiés par leurs actions, témoignent qu'ils en ▼eulent à la monarchie, et comme il est à présent le premier obstacle qu ils ont à abattre, ils travaillent à cela par toutes sortes de moyens, et qu'on peut facilement juger quelle suite auroit leur dessein, s'ils pouvoient venir à bout de ce point; qu'ils emploient toute leur industrie k s'emparer de l'esprit de Son Altesse Royale (ayant besoin de son autorité pour exécuter leur premier dessein, ce qui seroit un grand pas pour la suite, puisqu'il mettroit la division dans la famille royale), à quoi ils ont beaucoup de facilité par sa foiblesse naturelle, et encore plus par une des branches de cette foiblesse, qui est la crainte qu'il a d'eux; qu'il faut travailler par tous les expédients imaginables à la fortifier et à lui ôter cette crainte, autant qu'il se pourra, soit en lui faisant cognoître les mauvaises intentions de ces gens-là, soit en lui donnant une plus forte crainte de l'état auquel il se trouveroit, s*il étoit désuni d'avec la Reine. Voilà, Monseigneur, ce que Son Éminence m'a commandé de vous écrire sur ce premier mémoire. Sur la lettre qu'elle reçut de vous et sur votre second mémoire, elle a désiré que je vous fisse sçavoir : Que c'est un grand mal que votre avis n'ait été suivi, touchant l'arrêt de M"' de Longueville; que c'est encore une marque de la foiblesse de Son Altesse Royale; qu'il vous prie de pousser cette affaire avec le plus de vigueur qu'il se pourra; qu'il y a lieu de croire que les témoignages d'amitié que Son Altesse Royale lui fait donner par M"' de Chevreuse, ne dureront qu*autant de temps que les mauvaises intentions de ses ennemis n'exciteront point quelque nouvelle affaire, puisque autant
de temps que la dernière a duré, il n'a pas eu la même chaleur. C'est aussi le sentiment que la Reine a fait cognoître à la lecture de cet endroit. Pour ce qui est du changement des gouverneurs en cette province, je ne les crois pas guère disposés ni Tun ni Tautre à leur accorder ce point.
Lors de la lecture du premier mémoire, la Reine témoigna beaucoup d'aigreur contre M"' de Chevreuse, qu'elle accusa de jouer les deux trop manifestement; et sur Son Altesse Royale, elle dit qu'elle lui écriroit de sorte qu'elle lui feroit bien changer de sentiment, d
A Liboume, ce 9 août 1 650, à . . . . heures du matio.
Monseigneur, j'ajoute ces lignes à ma lettre du jour d'hier, qui va partir par l'ordinaire, pour vous dire que je viens de recevoir présentement votre dépêche du 6 de ce mois, apportée par le courrier Dorot. On travaille à déchiffrer le mémoire qu'elle contenoit , que je porterai aussitôt à Son Émiuence.
J'ai trouvé Son Éminence, lui portant votre mémoire déchiffré, dans sa chambre, seul, rêvant profondément. D'abord qu'il m'a vu, il s'est levé et m'a dit que vous aviez laissé faire un étrange pas à Son Altesse Royale; qu'on ne feroit pas cette injure au moindre gentilhomme du royaume qui auroit été député pour l'accommodement de Bordeaux, d'accorder une chose de cette conséquence, non-seulement sans lui en demander avis, mais même contre celui qu'il en auroit écrit; encore bien moins à Son Altesse Royale, s'il étoit reçu en cette province comme on lui avoit offert ; que si le Roi lui avoit fait l'injure qu'il venoit de lui faire, il auroit le plus légitime sujet que l'on puisse avoir de prendre les armes et se
déclarer ouvertement ; qu'il ëtoit inutile da faire faire uo si long voyage au Roi el à la Reine pour &ire une aï haute infiunie; qu^en l'accordant à Rordeaux, on pou^ voit faire cet accommodement dès Pans, et qu'au moins Son Altesse Royale auroit en part à la honte, et on auroit ëtë en ëtat de remédier plus puissamment au désordre de la frontik*e« Mais que de souffrir de ce oolë-là les progrès des ennemis -et venir de deçà £ûre une paix infime, lorsque le Roi peut tirer raison de ses peuples révoltés, et cela par le moyen de la crainte que Son Âltçsse Royale a de M. de Reaufort, qui fait qu'il donne de Paris la loi au Roi, tandis qu'il est à quatre lieues de Bordeaux, certes il ne le pouvoit ni comprendre, ni conœvoh: que vous ne lui en écriviez que sèchement , sans lui dire si vous y aviez fait résistance ou non ; qu'il ne sçavoit pas même si M. le Garde des Sceaux avoit été consulté, et qu'il ne pouvoit pas croire qu'il y eût donne les mains. — Je l'interrompis sur cela et lui lus votre mémoire, qui lui fit cognoître que Son Altesse Royale l'avoit fait contre le consentemeni de M. le Garde des Sceaux. Après cette lecture, il continua que c'étoit en des occasions comme celle-là qu'il falloit périr et dire hautement à Son Altesse Royale qu'on se retireroit, et en venir même à TeflTet; que cela avoit été pratiqué pendant le voyage de Bourgogne^ lorsqu'on vouloit établir les seize ou dix-huit, qui étoit un beaucoup moindre sujet que celui-ci ; qu'il ne sçavoit pas de quelle sorte aborder la Reine pour lui dire cette nouvelle, qui assurément lui donneroit la fièvre ; que c'étoit une princesse qui avoit beaucoup de cœur, et qu'après avoir reçu une injure si sensible, vous lui conseilliez encore de l'agréer, et puis que cela lui sembleroit si dur, qu'il étoit facile^
pour l'amour de vous, que cela fût arrivé,, vous présent^ et que néanmoins vous traitiez cela de bagatelle dai^ votre lettre; qu'il n'entendoit pas quel avantage rece«^ vroit le Roi de la proposition que vous lui faisiez de ne ^rien faire contre Bordeaux ^ pendant vingt jours que pourroit durer le retour de ce courrier et le voyage de Guyonnet, parce que ceux de Bordeaux, ou seront secourus d'Espagne, et en ce cas ils ne tiendront rien de ce qui aura été promis à Parî^ par leurs députés, ou ils sont à l'extrémité par les armes du Roi, et ils accepteront les conditions que' Son Altesse Royale leur aura accojrdées; que cette nouvelle lui avoit été plus sensible que si on lui eût dit que son père avoit été pendu, ou qu'oa l'eût condamné lui-même ; que destituer M. d'Épernoo (lui qui avoit seul soutenu l'autorité du Roi contre un parlement) sans forme de procès, cela n'avoit jamais ét^ pratiqué ; que récompenser tous ceux qui auroient servi les p^j^lements, et punir ceux qui leur avoient résisté, c'étoit mettre l'autorité royale entre leurs mains, et con« tribuer à la ruine de la monarchie, comme les plus méchants et les plus puissants d'entre eux avoient dessein; que de dire que M. de Beaufort et M. le Coadjuleur avoienjt poussé Son Altesse Royale à faire ce pas pour mettre la division entre lui et la Reine , par la mauvaise satisfaction qu'elle en auroit et qu'elle lui témoigne*^ roit, et aussi l'obliger à en faire quelqg^ autre pour les désunir entièrement^ et profiter de leur division pour l'avancement de leurs desseins, et par conséquent qu'il faut que la Reine l'approuve, ce n'est pas remédier au mal qui en peut arriver, puisqu'ils se serviront de la même action pour insinuer dans l'esprit de Son Altesse Royale qu'il peut tout; que la Reine ayant approuvé par
foiblesse une chose qui touche si 'sensiblement son autorité, il n'a qu^à entreprendre, ou bien même qu'ayant offense la Reine en ce point , si elle dissimule ce n'est qne pour trouver son temps favorable pour se venger, à quoi elle ne manquera pas, et qu'elle sera toujours excitée à cela par Son Éminence, et qu'on pouvoit leur retrancher l'avantage qu'ils ont de se servir de ces raisons, en lui résistant fortement et empêchant qu'il ne prît cette résolution comme il Tavoit écrit, par la lettre qui vous fîit rendue par Saint-Fray, qui de sa vie il n'en avoit fait une si forte que celle-là ; à quoi ayant encore ajouté quelques autres discours de cette même force, et parlé de la difficulté qu'il avoit à aborder la Reine pour lui donner une si fâcheuse nouvelle, a rêvé quelque temps : il souhaita que Dieu lui envoyât une si forte fièvre qu'elle l'envoyât en Tautre monde dès ce soir. A tous ces discours dont vous voyez tout l'emportement , n'y en ayant point paru sur le visage, je repartis seulement, dans le temps que vous jugerez facilement, que le mémoire en chiffres faisoit cognoitre à Son Éminence que le tout avoit été concerté avec M. le Garde des Sceaux, et que la relation qui viendroit après-demain en inslruiroit plus particulièrement Son Éminence. Sur le mot de périr et de quitter^ que lorsqu'on avoit fait cette menace pendant le voyage de Bourgogne, elle étoit concertée avec tous les ministres du Roi, qui en étoient demeurés d'accord, et dans ce rencontre vous n'auriez eu que votre voix et étiez obligé de déférer aux avis de M. le Garde des Sceaux ; que par les derniers mémoires, Son Éminence avoit bien vu quelle conspiration il y avoit pour faire condescendre Son Altesse Royale à donner cette parole, et que je me souvenois que par celui de vendredi dernier
DE MATHIEU MOLE. 40i
TOUS mandiez que rien n'avoit pu empêcher qu'on ne poussât Son Altesse Royale^ sur cela que la raison par vous alléguée que c'étoit la seule chose que la Reine pouvoit accorder pour raccommodement, et que si Son Altesse Royale n'en donnoit parole, le Parlement ne s'en tiendroit assuré et feroit quelque autre demande pour la liberté des princes : à quoi il avoit été répondu seulement qu'on y penseroit. Que depuis, ces mêmes personnes avoient résolu de faire l'accommodement moyennant cette condition, et que par ce moyen ils avoient poussé et obtenu cette parole; je lui répétai aussi la raison de votre dernier mémoire, que Paris ne souffrira jamais que Rordeaux soit opprimé quand il se réduira à cette condition ; et qu'enfin vous vous étiez trouvé entre deux grands maux, les remontrances et la destitution ; que vous aviez évité le pire qui devoit assurément arriver, puisque vous aviez choisi l'autre; il me, chargea ensuite de ne vous rien mander de tout ce qu'il m'avoit dit, mais seulement qu'il vous feroit réponse sur la lettre qu'il avoit reçue de vous par Dorot.
A Liboamey.ce 13 août 16S$0.
Monseigneur le cardinal a vu ce matin votre mémoire en chiffres, du 7 de ce mois, que l'ordinaire m'apporta hier. Avant que de vous rendre compte de tout ce qu'il m'a chargé de vous écrire, je crois qu'il est à propos que vous sçachiez qu'avant-hier au soir, peu auparavant que la fièvre me prît, Son Éminence m'envoya quérir, et après m'avoir fait quelques complaintes sur la conduite de ceux qui ont poussé Son Altesse Royale à donner parole de la destitution de M. d'Épernou, il ajouta qu'ils faisoient tous leurs efforts pour le rendre méprisable, et IV 26
%MI APraifDICE AUX MÉMOIRES
que c'ëtoit Tattaquer dans son fort, et me fit sur cela uae grande déduction de tout ce qu^il avoit fiât cette année : que par son adresse il avoit fidt rendre Danvilliers et qu^il avoit inspiré à M. de la Ferté-Seneterre lea moyens de se rendre maître de Clermônt. Que n*avoit41 point fait en Normandie par son seul crédit et négocia* lions, sans employer les fonds du Roi ni ses finances ? U àvoit pris Pont-de^r Arche, Dieppe et ûien, changé les mauvaises intentions de M. de Richelieu pour le Havre, et enfin padfié cette province ; qu'il avoit fait la même chose en Rourgogne et qu'il avoit pris Rellegarde qui étoit défendue par les principaux amis et serviteurs de MM. les Princes, beaucoup plus par traité que par force ; que tout le monde sçavoit ce qui s'étoit passé à Guise, qui étoit pourtant Taction à laquelle il avoit moins de part, puisqu'elle s^étoit faite avec toutes les troupes de Tarmée du Roi ; qu'on voyoit pourtant ce qui se fidsoit à Langon pour avoir prévu que de cent lieux où l'armée d'Espagne pouvoit s'attacher, elle attaqneroit cette place indubitablement, et l'avoir munie du nombre d'hommes nécessaire pour une vigoureuse défense, de toute sorte de munitions et même d'argent de son propre; que sa prévoyance avoit passé jusques à faire choisir les meilleurs forçats de toutes les chiourmes et leur promettre la liberté au cas qu'ils pussent faire passer, dans le port de Longon , une galère qui portoit cinq cents hommes, eux compris ; qu'il venoit de recevoir nouvelle que cela avoit réussi, que les révoltés de la Catalogne avoic^nt été défaits, et qu'enfin hors du royaume tout étoit en bon état ; qu'il falloit que vous vous servissiez de toutes ces choses pour repousser le mépris dans lequel tous ces gens-là le vouloient jeter, et qu'il feUoit que je
vous en écrivisse, parce qu'il ne le pouvoit pas faire. Il reprit sur cela le discours de TafTaire qui étoit restée dans son esprit, touchant la parole donnée par Son Altesse Royale, et me dit que la Reine en auroit pleuré et qu'elle s'étoit étonnée aussi bien que lui que vous eussiez si peu résisté à la volonté de Son Altesse Royale, comme vous le témoignez par vos lettres et mémoires; et qu'il avoit été forcé de lui dire que c'étoit par Taffection que vous aviez pour lui qui vous avoit fait appréhender la suite de ces remontrances. Je pris celle-là comme venant de lui et non pas de la Reine, et lui repartis que, pour le détail de ce qui s'étoit passé en cette affaire, Son Éminence ne le pouvoit sçavoir que par la relation qui en viendroit par le prochain ordinaire ; qu'au reste, elle ne pouvoit pas douter de votre affection et de votre zèle, encore moins de votre esprit et de votre conduite ; qu'elle se feroit tort à elle-même si elle en doutoit, et que je la pouvois assurer que ce seroit un fort méchant motif pour vous faire agir, que la crainte qu'il n'y auroit que le devoir envers la Reine et la gratitude envers elle qui vous obligeât de le faire, sans jamais manquer de zèle, d'affection ni de fidélité. Sur cela le sourcil se fronça et la couleur lui monta au visage, sans pourtant rien dire : il sortit seulement der sa garde-robe où il étoit et m'y laissa seul.
Aujourd'hui, après la lecture de votre grand mémoire, il a témoigné beaucoup de satisfaction de tout ce que vous avez fait, et a dit que, dans le conseil, tous ces Messieurs, Servien, de Yilleroi et autres, lui demandoient si vous ne lui écriviez rien sur toutes ces rencontres, et que quoiqu'il ne s'y peut rien ajouter, néanmoins que cela n'étoit point connu ; à cela je lui ai reparti que pourvu que cela le fût de Son Éminence , vous étiez satisfait.
Ensuite, il m'a commandé de vous écrire qu*il étoit de la dernière conséquence de sçavoir jusques où pouvoit s'étendre le pouvoir qu'avoit M. le Coadjuteur sur l'esprit de Son Altesse Royale, et s'il pouvoit aller jusques à lui faire consentir à ne pas s'opposef vigoureusement aux propositions qui pourroient être faites contre lui ; qu'il falloit rechercher avec M. le Garde des Sceaux et pratiquer tous les expédients imaginables pour le décréditer dans l'esprit de Son Altesse Royale, Et si cela ne pouvoit réussir, qu'il fidloit nécessairement que la Reine fît un coup d'autorité , et pour cela que vous consultassiez à fond avec le même M. le Garde des Sceaux, sur tout ce qui se pourroit faire; qu'il falloit que l'un etTautre vousfissiei bien cognoître à Son Altesse Royale que la Reine ne l'abandonnera' jamais, et que quand elle seroit réduite à une province, elle le maintiendroit toujours; qu'il n'y a point de différence entre ce qui se fera contre lui et ce qui se feroit contre Sa Majesté, non-seulement par le poste qu'il occupe, mais même par la fermeté de la Reine ; et lui dépeindre ensuite les désordres qui s'ensuivroient pour le royaume et pour lui en particulier, s'il venoit à se désunir d'avec la Reine ; que de sa part elle a fait, en cette dernière occasion , tout ce que Son Altesse Royale pourroit souhaiter et au delà, et que c'étoit une des plus essentielles marques qu'elle lui pouvoit donner de la ferme résolution qu'elle avoit faite de tenir toujours avec lui, et lui persuader ensuite, s'il se peut, à écrire à la Reine un remercîment, avec protestation de ne jamais rien faire qui lui pût être désagréable. A quoi il vous prie de vous appliquer et de vous servir aussi de M. le Garde des Sceaux pour le même effet.
Que vous consultièiE M. Talon et vos amis particuliers
du Parlement pour sçavoir^ au plus juste qu*il se pourra, quels sentiments prévalent à présent dans la compagnie^ et les moyens que Ton pourroit tenir pour en gagner quelques-uns, et faire cognoître à quelques autres Tëtat des affaires et les mauvais sentiments des malintentionnés.
Qu'il jugeroit même à propos que vous vissiez sur d'autres sujets M. le Premier Président, M. de Champlâtreux, et qu'adroitement vous les fissiez parler sur tout ce qui se passe , et même de la réunion du parti dont ils sont les chefs avec celui du Roi ou des bien intentionnés, sans pourtant vous découvrir, puisque vous en sçavez la con*séquence. ^
Qu'en voyant M"* de Chevreuse, vous lui fassiez cognoître en la meilleure manière que vous jugerez, que la Reine croit que M. le Coadjuteur agit par un principe de méfiance, et que pour le lui ôter et lui donner entière assurance, il n'y a rien qu'elle ne fasse, et qu'elle doçne la carte blanche pour faire tout ce qu'elle et MM. de Bellièvre et I^igues aviseront pour le mieux.
Que vous tâchiez de découvrir l'intelligence de M"^ de Montbazon et de M. de Beaufort avec les princes, et que vous la fassiez cognoître ensuite à Son Altesse Royale, et aux autres personnes que vous jugerez nécessaire.
Que vous consultiez avec M. le Garde des Sceaux s'il ne seroit pas à propos que la Reine écrivît à Son Altesse Royale sur tout ce qui se passe et en quels termes ; qu'en ce cas vous nous envoyiez une lettre minutée si vous jugez à propos de l'envoyer par M. d' Anville, ou par Comminges, et que votre avis sur cela mérite bien un courrier exprès.
Qu'il est encore de la dernière conséquence de bien faire cognoître à Son Altesse Royale l'état du royaume,
4M AFFERinCB AVX ÛÊMOtBIS
qai ii*eftt pas tel qu'on lui veut persuader; que toutes les places et les troupes sont au Roi; que les peuples témoignent partout un amour eitréme pour son prince ; que cette aversion dont on lui parle tant que les peuples ont contre Son Éminence, ne paroit point dans toutes les provinces, au contraire beaucoup d'affection et désir de le voir ; que cette aversion prétendue n'est que dans les esprits de quelques gens attitrés dans Paris et payés pour . cela. L'entretenir ensuite sUr les services ci*devant décrits ^ et sur le désintéressement de Son Éminence. et lui fiiire cognoître que tant qu'il demeurera uni avec la Reine on viendra facilement à bout de tout; et que la force des ennemis de l'État et de la royauté ne consiste qu'en l'espérance qu'ils ont de leur désunion ; que vous voyiez si M. le maréchal de l'Hospital peut être induit à contribuer i détromper Son Altesse Royale de toutes ses craintes.
Que vous vous souveniez toujours de bien traiter, autant qu'il se pourra, les officiers d'arme et les troupes, et que vous voyiez quelquefois M°^ de Montbazon, qui se plaint du peu de visites qu'elle reçoit de vous.
Sur ce que j*ai dit à la Reine de 1 avis donné à M. d'^ vaux, elle m'a répondu qu'elle n'avôit aucune cognoissance de ces réponses, mais qu'il étoit bien f^heux à M. Servien de voir tant de calomnies contre lui, où même elle étoit mêlée, dans des libelles que M. d'Âvaux avoit fait faire. Je lui ai reparti que toute la question étoit de sçavotr s'ils venoient effectivement de lui. Sur quoi elle m'a répondu qu'il n'étoit que trop vrai qu'ils venoient de Saint-Romain et de Marsilly, et que M. d'Avaux faisoit beaucoup de mal dans Paris, secrètement, qu'il étoit tout à M. le Prince.
Mes précédentes vous auront tiré de l'inquiétude où
vous étiez touchant les mëmoires^ vous assurant qu'il n'y a que la Reine et Son Éminence qui les voient.
LETTRES DE MOL^ ▲ MM. DUPUT, AU NOMBBX DE TEENTE-CIHQ. *.
i. Le manque d'espace nous oblige 4 ne donner qu'une analyte des lettres de Mole à Dupuy dont le texte n'a pas pu trouyer place parmi les documents des Mémoires. Nous allons donc indiquer les faits historiques et littéraires dont elles parlent. Ces lettres sont presque toutes sans date.
Dupuy, tome DCCXCII,, lettre n* 39.- < Je me propose de retourner demain pour passer les fêtes en la solitude (Champlàtreux). La prise de Danyilliers et l'emprisonnement du premier maréchal de France* donne sujet de s'y entretenir. »— N^ 36. c J*ai été pour yoir Mr le Chancelier, mais il étoit allé chez M. d'Auxerre (son frère], où la journée se passera en famille, j» — > N* 19. < J'ai tu la lettre de celui qui n'oublie pas êes amis aux mauvaises rencontres qui surviennent. Je lui en témoignerai mes sentiments. Mais, devant aller sur les lieux, je m'exposerai à recevoir les coups en personne; puisqu'il n'y a autre voie, je m'y résous. 9 — N" 20. « Je vous laisserai le jugement du procédé de celui dont vous m'écrivez. > — N^ 90. c Je n'avois rien appris de la maladie de M. le Chancelier que par la vôtre y mais mon fils de Sainte-Croix m'en a dit la grandeur (une iqpo- ' plexie) ; celle qu'il possède ne l'exempte pas des accidents humains. J\ faut voir la fin de cette vie un peu de loin. Ce sont des pensées du désert où vous êtes regretté chaque jour. Par lettre de Catalogne on attendoit le moment d'un combat , puisque les ennemis avoient passé la Seigra. Vous avez vu la réponse faite au gazetier que l'on dit venir de Flandre , et néanmoins on y déclare tout ce qui se passe de particuUer en France. Une lettre tire toujours une réponse ; on a commencé en Hollande , et toutes les actions vraies ou iausses se publient sous noms empruntés. » — N» 92. c Si de Rome on vous rend grâces de ce que vous écrivez de votre main , que ne vous dois-je point : et encore ces lettres du sieur Heinsius , qui sont dignes d*étre conservées.» — N* 91. «Le retour de M. de Bellièvre d'Angleterre en fait assez juger l'état très* misérable pour les couronnes. L'événement sera aussi peu favorable pour les petits- fils que pour le grand-père. Les premières nouvelles de Naples nous apprendront l'extrémité d'un peuple désespéré. Le siège de Crémone est levé, i—- N® 98. Siège d'Ager.... c On y conduira difficilement du canon ; les officiers de l'artillerie l'ont prévu ; il
* Mole noas parait faire allaaion à l'arrestation du maréchal de Marillac.
408 APPBNMCE AUX MtHOIRES
n'y a cia*iine pliine entre kt années; on eit réioln de combattre lee ennemii; » la BaTière; les Suédois ; la Hollande; l'érédié de Tool. •*N^ tfS èù, c J'ai parlé a^ec mon fils de Bayenx , qoi a déjà donné oindre an payement nécessaire, en cas qjiie les gratis ne se passent ol»-> tenir. Je n'ai osé me le promettre en ce siècle on tout se traite par antre Toie qne l'ordinaire. L'argent me désobligera de tont; mais je dioisi* lai toujours cette Toie par beaucoup de eonsidérations. J'ai extrême regret
à Dizmude puisque l'on se défiend si mal. Pour l'Allemagne,
Bavière a plus gagné par un traité qne par les armes; il mérite une fois d'être payé de son infidélité. Mon fils le cheralier, après la prise d'Ager, est parti de la Catalogne et arrivé ici en huit jours. » — N<> 09. Prisonniers à Grenoble; Toul et le pape; le beau temps. — N« 94. Toul. « Au oiilien de nos jeux publics, Dixmude est attaqué. Par vos lettres du 16 on iittra ce qui s'y passe , puisque le lientenant de Dunkerque l'a permis. » — L'Allemagne ; manifeste de Bavière ; lltalie ; promotion au cardinalat ; M. de Bayeux.— N<» 95. c II dut que l'on soit bien hardi de tous attaquer ; ce sera gloire de tous seconder. Ces prétendues sourerainetés diminuent l'autorité et jneuTcrsent tous les ordres de la justice; ce sont des asiles et des impunités publiques. » — Paix de Munster; nouTclles d'Italie et d'AUemague. ^ N<^ 100. La taxe de M. Valois, c Cest assez que l'on m'a donné parole ; je sais bien le moyen de me la faire garder, i M. de GhénplAtreux est au Pont-Saint-Esprit; il Ta en Catalogne. — N® 38, c J'ai bien du regret de Totre mal que tous souffrez toujours aTcc courage; le mien diminue quelque peu. Les Tieux bAtiments s'étayent bien, mais ils ne se renouTellent point ; ils durent tant qu'il en soit ordonné. Les particuliers pAtissent au milieu des intérêts publics ; ils sont trop fbibles pour soutenir les coups de puissance souTeraine. On se relAche souTent pour les intérêts des couronnes par des considérations que Ton ne dit pas. •— N® 54. Affliction éprouTée par Dupuy. c La fin des travaux assidus de l'année m'ayant causé quelque indisposition , j'essaye d'assurer encore le bâtiment ébranlé. » — N^* 49. c On ne croira jamais, du procédé ordinaire de M. votre frère , qu'il se soit approché de son maître mettant la main sur la garde de son épée et qu'il l'ait tirée contre lui....
S'il lui reste encore quelque cognoissance du bien ou du mal , il est impossible qu'il ne se repente de cette action.... Je crains tout d'un esprit
tel que celui-là, et ne parle point du service que l'on lui rendra à regret, s — N° 31. « Je sçais bien que nos vies prendront fin par Thumaine condition, mais aidons-les de ce que nous pourrons en attendant l'ordre du ciel, s — N® 30. c En ce désert où vous êtes souvent souhaité.... On fera donner arrêt en tous les parlements contre cette bulle....
Elle contient choses justes, mais elle l'ordonne avec trop d'empire......
— No 85. Affaire de Rome ; arrêt touchant l'évocation. — N. 86. c Votre défiance est juste en l'état du mal de mon fils, et la lettre du 10, que je viens de recevoir, me l'augmente; elle est écrite de sa main , mais j'ai
remarqué assez par le style la grandeur de son indisposition et les senti* ments de son esprit. C'est assez pour troubler le calme du désert. » — N<^ 03* Remercîments. — N° 13. « J'entreprends bien plus yolontiers le yoyagw en ce désert quand vous êtes de la partie.... Si vous pouvez avoir copie du brevet accordé à la noblesse, vous m'en ferez part. Ces mouvements sans ordre peuvent produire de très*Bicbeux effets ; ils commencent pour un sujet et finissent pour d*autres. » — N"* 12. Affaire des rentes. « On fait rendre compte aux payeurs et aux adjudicataires à cet effet, et m'at-on promis de n'y perdre point de temps, s — N<* 1 (1651). « Vous voulez que le public sçacbe que vous m'aimez et il y a longtemps.... Achevez, je vous prie , votre ouvrage, et faites qu'on travaille à plusieurs presses et pour cause. Si vous me mandez qui est celui des évéques qui ose entreprendre de contredire à ces vérités publiques, j'essayerai de prévenir le mal et l'arrêter en son commencement, etc. » — N^ 2 (1651). c Monsieur, j*apprends que votre disposition est un peu meilleure, c'est ce qui me console au milieu du torrent d'affaires où je me vois employé (il étoit garde des sceaux). Veuille le ciel que les* forces du corps puissent toujours répondre k l'affection de servir au public. On voit beaucoup d'orages qui se préparent, mais le ciel, favorable à la France , nous prêtera les secours nécessaires. Vous pouvez croire ce que je vou* drois pour M. Rigault (Nicolas Rigault , continuateur de l'histoire de de Thon), mais il me semble que son âge ne lui permettra cet emploi ii difficile et si éloigné du repos d'esprit, duquel il a joui au milieu de l'exercice des lettres. Continuez à m'aimer, s'il vous plaît, et croyez qu'à la vie et à la mort, je serai, etc. Ce dimanche matin 1651. »— N* 8. c Papprouve volontiers que M. Brisacier fasse valoir le nom tout m qu'il pourra pour tout ce qui vous regarde, i — No 4. c J'ai reçu le mémoire des ouvrages de feu M. votre frère ; ils méritent tous l'impression et voudrois que l'on l'entreprit bientôt, puisque tous servent au public que Ton ne cognoit plus guère.» Voir au Trésor des Chartes les bulles qui regardent les privilèges du grand aumônier, et comme il est le véritable curé de la cour. — N° 7. « J'attends les deux volumes des Preuves des libertés, où je trouverai les actes entiers. Vous m'obligerez que je puisse avoir ceux qui ne sont imprimés, comme aussi ceux qui sont dans les recueils de M. votre frère , qui font mention que les ecclésiastiques ont été jugés dans les conciles assemblés par l'autorité de nos rois, i — • N^ 8. ... c II est très-extraordinaire que le Châtelet ait prononcé contre trois évéques. Si nous pouvons trouver quelques exemples de ceux qui ont été punis du dernier supplice comme les criminels de lèse-majesté, etc. i— N<> 9. c Je vous renvoie l'ouvrage de M. Rigault, qui est digne de lui et de la mémoire de feu M. votre frère (la vie de P. Dupuy). Vous en prcfserez l'impression afin que ses amis se consolent de le voir encore vivant. Sa vertu lui donne déjà cet avantage. » — N* 1 1 . € Faut-il que cet ouvrage commencé soit arrêté? M. Rigault s'en poorroit bien confier à vous
410 àSVEHOCE àini UtMOmSS VE UkT^^
pour toote forte de conâdéntioiit. Je me promeCi que Tout y doBiMm in ordres néceisairef. j U demande en oommnnicetion diveraes pièoes ^Trésor des Oiartee. — N^46. DiqN^, tome DGLXXXV. c Gontînaei tos onTraget, poiiqa'ilf font renrre odni qm denoit toujonn être Tirant (Pierre Dapuy), li le lort hamain l'eût pu tonffiir. » — V^àl, € Je ne donte point que Tona n'ayes trouvé un Tolmne lemblable à celai que j'ai, qui m*a été antrcfiMS ]>aillé par ha M. Totvt frère , qui contient les arrêts donnés an Parlement contre les archevêques et éféqnes (il en esdste nn annoté de U main de Mole dans U eoU. Gilbert), pour fidre cognoltre qn*ils sont sujets à U juridiction séculière et qu'ils peuvent être jugés en France, etci^N^éS. c C'est aisea que feu M. Dupuy n'a pas désiré que son nom fût écrit au titre de ses oumagesy il importe de suivre sa volonté et qu'elle soit maintenant anasi fidèlement exécutée que durant sa vie. j — - Dopuy (t. DGLXZXV, ■• 44). c Monsieur, j'écris à M. Rigàult et le 'conjure de rendre vivant aotre mort par sa vie qu'il décrira * ; j'accepte l'honneur qu'il m'a fidt dorant sa vie de me dédier son livre *. L'épitre françoise sera mieux de» vaut le livre- françois ; vous parlera de votre dessein avec M. Talon, avocat du Roi, qui sçait le poids de tels ouvrages, afin de les défendre eontre l'envie et contre l'ignorance de beaucoup de personnes. Si Messiaun du clergé entreprennent encore contre ses livrei, après le privilège vérifié, le Pariement y pourvoira, sinon le Gmseil, s'il y reste quelque crédit. Di^oses de moi et de votre assignation et ien toute antre diose, je m'y emploierai de tout mon pouvoir, puisque je suis , etc. lîe tO ^vier 1653. Si vous voulez m'envoyer la copie des ouv|tiges à imprimer, je les verrai volontiers '. J
A. Nicolas Bigaolt a &it imprimer, pendant Pannée 4652, deux onrrages : la Tie de Pierre Dapoy et la Continuation de lldstoire de Thon.
S, Pierre Dapay aTait en effet dédié an garde des sceaux Mole, par une épttre française, son oarrage sor les Liberté* de l'église gallicane et les Preuves»
S. On trouye également dans la coll. Colbert, t. Il, p. 329, la lettre suivante : c Votre Majesté recommandera que le prisonnier soit rendu à Totre Parlerait, pour en être fait justice si exemplaire qn*eUe puisse retenir tos autres sujets en leur devoir. » Assassinat commis par un soldat ; conflit de juridiction. — (Saint- Germain , 709, p. 407.) Au Garde des Sceaux. «La justice ne doit pas laisser opprimer le plus foible par le plus fort. » Aibire de M. du Tillet; requête de son fib.
FIN DU TOME QUATRlÈUfE ET DERNIER.
TABLE ANALYTIQUE
DES MATIÈRES
Aa^ rivière qui sert de limite à la France, tome I, page 53i.
ÂbbepUle, II, 413,518.
Abin. Son ambassade. II, 428.
Abot (Guillaume), conseiller au Parlement, T, 363.
Académie française, Jntrod,, lxxi.
-* Fondée par Richelieu. — Vérification , au Parlement , des lettres patentes relatives à cette fondation, II, 317 n., 318 If ; III, 34 n, — Lettre du Roi à MoIé à ce sujet, IV, 164, 165 n. —> Blasons donnés à seê membres, 165 n,
— des inscriptions et belies^lettres.
Son recueil de Hémoires cité, II, 247.
— €les sciences. Son blason , IV, 166/1.
— €le peinture. Sa fondation , III , S/i.
— de sculpture et de peinture , IV, 166/1.
''^pour les gentilshommes pauvres.
Fondée à Paris par le cardinal de RicheUeu, 111,34/1.; IV, 265.
— royale. Fondée à Richelieu par le cardinal de Richelieu, Iv,
Achéron, Mentionné, I, 301.
Achille. Mentionné, Jutrod,^ xxn, Adam (jésuite). Prêche devant la
Reine, IV, 58 n.
Adda (rivière d'), IV, 167.
Adélaïde, femme de Louis le Bègue, II, 231,246.
Adèle, reine de France, II, 235.
Adhémar de Monteil de Grignan
i François II), archevêque d'Ares. Assiste à une procession , ni, 140/1.; IV, 332,333.
JEvillcy marquisat, II, 387 n,
Afrique, Mentionnée, I, 140.
Agen. Lettres du Roi datées de cette viUe , 1 , 253 , 254. — La viUe mentionnée, 314. - L'évéque assiste à un sermon de Mrde Belles , 385.
A gênais, I, 257, 314.
Ager assiégé, IV, 408.
Agnès, fille du comte de Blois, II,
Agricola. Mentionné, //i/ro</. xn.
Aides (cour de Paris]. S'oppose aux édits bursaux, Introd. xxvn.— Enregistre des lettres patentes en faveur du garde des sceaux du Vair, I, 123, 167, 187.— On devrait y envoyer les lettres de Commitimus , 203 . — Assiste au Te Deum, 26 1 . — Doit vérifier Tédit relatif à la Chambre de justice, 334. — Assiste aux obsèques de la duchesse d*Orléans, 451.— Arrêt du Conseil contre cette Cour, 483. — Les généraux des aides, 518. — Commission donnée aux Maîtres des Requêtes pour tenir cette Cour, II, 38 à
TABLE AN ALTIIQUE
48. •— Aiôste an Tb Deum pour U naissance du Dauphin , 435 ; —et à l'occasion d'autres éTénements heureux , 439, 401 , 407.
— Bâtiments de la Omit réparés» 452. — Va aurdeyant du Roi, m, 56. — • Assiste aux funérailles de Louis XIII, 74, 83.
«—Du prince de Condé , 166 m,
— Déclaration du Roi yérifiée par cette G>ur, 169 et»., 170, 179, 173, 18? n., 185, 186.
— S'asseaîble à l'occasion du retranchement des gages, 315.
— • Donne arrêt de jonction avec les autres cours souTcraines, 318, 338, 233, 344; IV, 313 ec »., 813. — Demande audience au Pariement, m, 3 A. — Est bien reçue de la Reine, 318 n. — Députe chez Mole plusieurs de ses
membres, 336. — - Certaines
SroTÎnces remises sous sa jnriîction, 373. — N'envoie pas de doutés à Ruel, 30 1 .— Ses députés à la conférence de Samt- Germain , 427. — Adhère au traité, 484; IV, 75. — Mandée ehez la Reine, 325.
-* de Normandie, m, 411, 416, 421,427,436,445.
Aiguebelle (M.) , au siège d'Aire ,
Aiguillon (Duchesse d') fait poursuivre un ouvrage de Vialart sur le ministère du card. de Richelieu , Introd, Lxxv. — Son château de Ruel habité par le Roi , m , 276. — Perquisition qui y est faite par ordre du Parlement»
340. — Reçoit à son château le premier président Mole , 351 , 306. — Ne doit pas insister pour les mariages à faire, IV,
Airains, prédicateur, II, 434.
^î/»(ViUe), I, 45ii II, 428. — Siège et prise de cette ville, 513, 514, 516, 517, 518 »., 521;
III, 140 /i. ; IV, 238 et /t.— Ravitaillée, 260, 261, 265 /i.
jâitfu, rivière, II, 518.
AU (Ville), n, 306 Ji.; m, 860.— (Ivlement, voy. Propenee)^ 378.
— ^ Compagnies mises sur pied , IV, 336.
Aladnm (D. Alonço), prisonnier de guerre. II, 308.
Alais (Comte d') , gouvemeur de Ptovenoe , III , 843 n. — Son opinion sur les troubles de cette province, IV, 333. — Son régiment doit èim licencié, 384, 885. — ^ Sa mise en liberté de* mandée au nom du Roi, 836.
Albert (Archiduc), IV, 338.
AlbreC (Le sire d') , son mariage , n, 345.
jilcmaar (Hollande) , I, 434.
Alenoon (Jean comte d*). Son arrêt de mort, U, 345, 347, 354.
•— (Charles). Son mariage. II, 344.
jâUftfon (Généralité), m, 437.
AUsan (Dauphiné), U, 348.
AUbnse IX, roi d'Oviedo, IV, 338.
Aligre (Etienne I d'} , le Roi veut le nommer garde des sceaux , I, 379. — Affaire du Grand Conseil, 337, 338.— Chancelier, ses lettres à Mole, 333, 333 n., 384, 843, 343, 345, 350, 383, 356 ».
— Insiste pour la création d'une Chambre de justice, 337, 338.
— n recommande de ne pas trop accorder d'autorité au Parlement, 341 . — Le Roi lui retire les sceaux , 361 n, — N'a pas assez poursuivi les financiers, 386. -^ Assiste à l'arrestation d'Ornano, 390.— Seslettres citées, 40 i , 403.
— (Etienne II d'), lettres à Mole, I, 284, m , 363 n. — Rapport sur l'affaire de Sedan, 485. — Directeur des finances, 232 n.; IV, 27, 64. —Lettres à Le Tellier, 336, 337.
— • (Louis), abbé de Saint- Jacques, se plaint des religieux » 1 , 284 et/i.,285.
— (M- d'), sa mort, II, 429.
Alincouit (M. d'), I, 225.
Alix, duchesse de Bourgogne, promet au roi de France de ne pas
DES MATIÈRES
se marier sans son consentement, II, 238. (Voy. Adélaïde,)
Alix de Bretagne, II, 244.
Allemagne (Empire et Empereur) :
armée française dite d% Introd.
xxxn. — Guerre des Français dans ce pays, I, 225; II , 445, 155, 180, 183, 185, 186, 366, 446; m, 144, 145, 368 /i. — Insurrection , 1 , 226. — Nouvelles diverses, II, 284, 315, 437; III, 4, 5/1., 8, 27 /i., 86 »., 89, 102 et /i., 109, 147 /i., 223.
— Paix avec la France , 292 /i. , 294, 491. — Livres rares ap-»
portés en France , voy. Nauaé, Mentionnée, 454, 459; IV, 168 à 175, 178, 184, 332. —Les catholiques de ce pays , 182 , 195. — Guerre des Suédois, 206 à 209.— Les Electeurs, 210 à 212. — Les protestants, 214 i 216. — Nouvelles diverses, 205, 217 à 221. — L'armée française s'y avance , 252 , 262 , 263. — Régiment allemand, 127. — T, 350.— L'Empereur, 517; IV, 178, 182, 183, 189, 195, 197, 198, 205, 206, 207. —Sa ii«iuvaise conduite, 208 à 215, 217, 220, 221, 223. Princes déclarés incap. à parvenir à rempire,229, 230. — Attaque la France, 253, 259; I, 226, 510. — Lettre, 348. — Son armée en Italie, II, 15, 73. — S'était emparé de Moyen vie, 1 29. — Signe le traité avec le duc de Lorraine, 225. — Soutient le comte de Flandre, 253. — Son armée commandée par Banier, 315. — Fait la paix avec le duc de Saxe, 315 n. — Entreprise contre la France, 322 .
— Son armée battue, 362. — Se retire de France , 369. — Drapeaux pris è ^on armée, 382. — Laisse usurper le pays de Cambrésis, 405 n . — Savilli était à son service, 429 /i., 430, 437, 446.
— Son armée , lïl , 5 »., 191 , 223. — Fait le paix avec la France, 293 etn. —Après avoir
fait de grands efforts pour la combattre, 294, 375, 491. — Le vicaire du Saint-Empire, II, 387 n. — Election du roi des Romains, IV, 211, 213.— Nouvelles diverses, 408.
Allemagne , bailliage de Lorraine , IV, 228.
AUiot. Son procès pour avoir publié des pamphlets, II, 292.
AUonville , IV , i06.
Alluye (Marquis d') , assiste an lit de justice du Roi, I, 127. — Ses demandes adressées à la Reine , III, 466, 467. — Son quartier à l'armée du Roi, IV, 95.
Aimeras (M.). Mentionné, I, 348.
Alpes, II, 2 /!.; IV, 167, 168.
Alphonse, roi de Portugal, IV,
Alsace ravitaillée, II, 347. — Gouvernement de cette province ,
Aluert (gouvernement d'] donné au cardinal de Richelieu, II, 11.
Amariton HVf .). Mentionné, I, 214.
Amboise (Louis d'), II, 242.
Ambcise (château u'). Conjuration mentionnée, Introd. xliv. — Le président Le Jay y est enfermé, I, 76'. — Lettres du Roi et do Chancelier datées de ce château,