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liberté, qu'il en donne quittance. S'il a reçu de nouveaux ordres du Roi , il n'y obëit guère bien. Si aux portes^ de Paris on commet ces crimes impunément , yque ne fait-on point plus loin * ? Réponse, s'il vous platt, pour Beaupuis. »
«c Monsieur, les parents et amis du baron d'Horte vinrent, hiçr, sur ce qu'il est retenu au bois de Vincennes^ au préjudice de la déclaration. Je les ai assurés de l'exécution de la déclaration, et que j'apprendrois le particulier de ce qui s'est passé à son égard
- 1. LeTellier répondit au Premier Président Mole : < Monsieur, les plaintes qui se font de la manière de vivre des gens de guerre procèdent non-seulement de ce qu'ils ne sont point payés , mais encore de ce que les peuples excités par les mouvements derniers souflrent , avec moins de patience qu'ils ne faisoient auparavant , lincommodité du logement des troupes. Lorsque le calme sera tont à fait rétabli, le Roi pourra vraisemblablement faire payer se^ gens de guerre, et les peuples les soudriront avec moins d'impatience. Cependant , pour y apporter tout le tempérament pos- ^le, il a été écrit, de la part du Roi, à chacun de ceux qui commandent les corps particuliers des troupes, de les faire vivre en bon ordre et discipline, de les faire contenter de Tustensile qui leur est ordonné par le règlement de Sa Majesté, et aux habitants de leur avancer une demie-monstre, à déduire sur ce qu'ils doivent JMiyer de la taille. Il a été donné avis de cet ordre aux gouverneurs des provinces, afin qu'ils tiennent la main à l'exacte observation d'icelui, leur étant expressément recommandé de faire èhâtier ceux qui y contreviendroient.
« Présentement, on fait partir des gentilshommes de la maison du Roi pour se rendi*e en Anjou et au Maine, avec ordre de s'employer, de la part de Sa Majesté et sous l'autorité des gouverneurs, pour contenir les gens de guerre dans leur devoir et faire réparer les contraventions. Vous jugez, je m'assure. Monsieur, que c'est tout ce qui se peut faire jusques à ce qu'il plaise à Dieu nous délivrer de la guerre , auquel temps il sera aisé de faire jouir le peuple du soulagement qui lui est nécessaire.
< Pour ce qui touche BellcQie , comme ce sont des compagnies
DE IfAIHIEn VCXJL 1(49.
et le sqct île le reCenir. eC ^le j*en écriiws à cet
« Momeiciieiir 'Tient départir drid pour FaflUfe lie If de Qieviease, a fiDe ; H ira à la oonr demaai pour ceb. Je hd ai dit la résolotîoo qu^dle deroit prcadie de qfw&ire aa respect que la fteiDe désire d*cile d'^aDer a Dauqieiic, pour le temps qa'fl plaira à Sa Majesté, que je n^ai point sçn. U donne toute sorte faaamance du ciangement de son esprit , et tel que Ton le peut désirer.
m Quant à ee qui regarde les moyens de djspfwrr
de S«a Aliesse Bofafe je ne MniKni de r Mva
ly je Toos pas &v qs*il est ffBï se se sont poôift k» deniers i—iioifi , ^caleat faire croire ^*cfles le pnti dn PjikMCiit povr «èUDir dêdurge àm Inyoft des geas de çserre, oosme sll levr en aroit été doBné sobs pRfoae de les cUder; oefle de BcDéme est de ce noBkre, pnsqs'clle B*a
que par la BécjcsMie de les retirer la none de la cmpagae, en inmiiÉif la sanou de les
Toos cugmArei, par la lettre qse m'écrit M. de Droaê, la-»
de levée, cnwie de ffinlre que je 1m ca arois e«foyê, T< ;, s*3 TiHB pla^ q«e sa lettre est
LesrûsoBseoateBoes an skémoire qu'il tobs a pla m\ leiq^eBcs est fbude le refàs lait par la Sainte^ CkapeCe d*ad- M. de Veanc à la trésorerie, m'ont scmUê fort pianaWes et qÉ'ils B^ont ps Bwins laire. Ce que j'ai cb rboBOMBr de dbv sar cxtte affinre sera an pios tât exécule , et je pBis qB*il B y sert perds anam temps. Je ms, etc. 4 CB LaW, œ S4 arri 1649. • 1. '
les gens d*afïuires à bailler quelques sommes , comme je n'ai habitude quelconque avec eux , cette afTaire doit être traitée par Messieurs des finances. De trou- Ver de nouvelles compagnies, par le peu de raison que Ton fait aux premières , il n'y a point de disposition. Si*dn se dispose à une banqueroute générale , il ne faut peint parler de comptes : sinon il faut, ce semble ; commencer par là et les arrêter tous , et leur j^omettre Tintérét et prendre temps pour le payer et les obliger par ce moyen à fournir par mois tant de millions; ce que Ton pourra obtenir, comme quelques-uns m'ont dit , après ces arrêtés. Vous sçavez , bien Aieux que moi , quels expédients on peut prendre. J^ vous en dis mes pensées , et si vous croyez que j'y puisse servir aucunement, je m'y emploierai trèstolôntiers. Je souhaiterois que mon crédit fût assez puissant pour, en m'obligeant, faire trouver les sommes nécessaires ^
i .Voici la réponse de Le Tellier : c Monsieur, je reçus avanthier votre leUre du même jour» à laquelle je n'ai pu plus tôt répondre, à cause que je fus obligé d'aller à Paris pour une affaire de famille, qui m'occupa, de sorte que je ne pus avoir Phonneur de vous voir.
« M. d'Horte n'étant point prisonnier de guerre, n'est point aussi retenu au bois de Yincennes au préjudice de la déclaration, ei comme ses amis ont agi ici pour lui auprès de la Reine, je vois grande disposition pour lui accorder bientôt sa liberté.
i M°^ de Montbazon dit hier à la Reine que Monseigneur devoit venir ici pour l'affaire de M"« de Ghevreuse ; il n'est toutefois point encore arrivé. Je prévois que quelque indisposition l'aura retenu, ou qu'il sera arrivé quelque changement en leur résolution.
« Il semble juste d'arrêter l'état de ce qui est dû aux gens d'affaires et de convenir avec eux des termes de leur payement, afin qu'ils puissent rétablir leur crédit et obtenir un traitement raisonnable de leurs créanciers; mais comme cette discussion ne
DE MATHIEn MOLE. (iM^9.) 37
« Vous voulez bien que je vous dise q|it les deux jours sont passés pour la tr^rerie. Se peut^fl faire que y pour Texpédition du brevet ou d*ui|e lettre , il soit nécessaire de tant de demeure ? Je sub, été. Ge lundi 11.9
« Monsieur , j'appris bier au soir seulement le sujet de votre déplaikir , auquel vous voulez bieti que je vous témoigne le ressentiment que j'en ai ; et si j'eusse sçu votre séjour en ce lieu de solitude, où vous avez passé la journée y je vous Tensse été dire moimême , comme je m'y tiens obligé. r
ff Un des écbevins de la ville du Bfans vient d'aiç»river, sur ce qui se passe en la ville par les r^ments qui y sont , et le peu d'ordre que ceux qui y exercent
se peot faire qa^avec beaocoop de temps, il arrivera infidllîblemcnt qu'on ne pourra mettre les tronpes en campagne ; que les ennemis feront des pn^rès considérables et que le séjour, des gens de guerre dans les provinces y causera une raine entière des tailles, lesquelles toutefois doivent servir au remboursement des gens d'aflGûres.
c Sor ce que M. de Champlâlreux représenta hier ici de votre part, il fut résolu que M. le Chancelier et Messieurs des finances s'en iraient à Paris, où ils verroient avec vous, Monsiéfeu*, ce qui se pourra faire pour le mieux.
« La Reine ayant avis, de toute part, qua les ennemis font de grands préparatifs, ou pour attaquer quelques-unes des places de la frontière , ou pour entrer dans le royaume , lorsqu'ils auront adievé les sièges d'Tpre et de Saint- Venant, Sa Miyesté estimant que la présence du Roi sur la frontière peutlseauooup contribuer à arrêter les prières des ennemis , vu que les troupes de sa garde y pourront être employées , Sa. Majesté a pris résolution de s'avancer de ce côté-là, et pour cet effet de partir après-deo^tin pour aller coucher à Chantilly, où elle fait état de séjourner samedi et dimanche, et d'en partir lundi pour se rendre à Gompiègne, où Sa Mqesté prendra résolution de s'avancer aux lieux et selon que les afEûres le désireront. U sera, demain, envoyé des lettres du Roi
sa ■ . ' MÉMOIRES
Fautoritë du Boi y donnent \ Si le temps n'est pas encore venu qae les troupes en doivent partir , pour le moins que le lieutenant de Roi et les officiers du aîége 4'eçoiveiit lettres pour faire en sorte que les troupes y vivent suivant les ordonnances , et que si quelqu'un commet crime , qu'il soit sévèrement châtiée Ce remède, qui ne sera pas difficile, s'il vous pUdt/Ies contentera et les obligera de se tenir en but. devoir. Votre , etc. Ce 27 avril 1 649. »
^ LETTRE nu ROI A HOLlâ.
^ Ordre àt veiller k la trancpiillité gén^le de Paris.
fc Monsieur Mole , comme j'ètois sur le point d*exècuter la résolution que j'avois prise de retourner en
au Parlement , aux antres compagnies souveraines et aux Prévôt desupuarchands et échevins , pour leur donner avis du départ de Leurs Majestés.
, < Ms' le prince de Gonti prendra, demain, sa place dans le Conseil d*en haut. Je voys demande la conservation de celle que vou^ m'avez promise en vos bonnes grâces, vous assurant que je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 28 avril d649. >
Le Roi quitta en efTet Chantilly le 3 mai, et se rendit le même jour à Compiègne. Le maréchal de Turenne y envoya un gentilhomme pour assurer de sa fidélité et demander la permission de venir saluer le Roi. —Le 30 avril, le Chancelier et le Conseil des finances se réinstallèrent à Paris. La Gazette dit à cette occasion : c La vue du Conseil a merveilleusement réjoui tous les habitants de Paris et a donné l'espérance de recevoir le comble de leur joie parie retour de Leurs Majestés, aussitôt que les aiïaires de l'État le pourront permettre. >
ï . yofm à V Appendice une lettre de cachet du Boi relative aux désordre^es gens de guerre en Anjou , etc. — Cette lettre contient quelques détails curieux sur l'état des garnisons dans les provinces de France. Une lettre de Le Tellier complète ces renseignements.
ma bonne ville de Paris , les Espagnols ayant entrepris le siège de deux places très-importantes en Flandre , et faisant en outre de grands prëparatife pour quelqu'autre dessein , j'ai estimé qu'il étoit nécessaire de me porter , en personne , vers notre frontière de ce côté-là * , avec toutes mes forces y afin d'empêcher les progrès des ennemis et faire contre eux un effort capable de les obliger à entendre à la paix générale. Ce que faisant sç^voir à ma cour de Parlem^t, j'ai bien voulu vous faire celle-ci en particulier, de Tavis de la Reine, Madame ma mère, pour vous exhoi^ ter à continuer vos soins à vous employer en tout es qui dépendra de l'autorité de votre cbarge , à ce qu'il n'arrive aucune chose , tant en ma bonne viUe de Paris qu'aux lieux du ressort de ma Cour , pr^uctir ciable à mon service et qui puisse altérer le repos de mes sujets ' , ainsi que je me le prpmets dé votre prudence et affection accoutumée. Priant Dieu ^ etc. Écrit à St-Germain en Laye , le 2Q avril 1649. »
1. Au sQJet du voyage du Roi en Picardie, Toy. à V Appendice les lettres du chancelier Séguier , du secrétaire d'État Le Tellier et du cardinal Mazarin. — Une lettre du Roi au Parlement, sur ce même voyage , fut aussi lue pendant la séance du 29 avril ,. et ensuite 4|)ortée à la chambre des Enquêtes.
2. D'après les Mémoires du Cardinal de Retz, « à cette époque la licence était d'autant plus grande , à Paris , qu*On ne pouvoit donner ordre à celle même qui ne convenait^pas aux Frondeurs. Çest le plus irrémédiable de tous les incCmvénients attacliétf>>à la faction. (Jfooi. , p. 164.) »
KOUÎ AU SECRÉTAIHE PRETAT LE TEIXIER •
DéMrdres eautés par les gens de guerre dans le Maine. — Les chanoines dé la Sainte-Chapelle. — Condoléance à M. Le Tellier. — - Brait répanda de l'empoisonnement da duc de Beaufort. — M"^* de Chetreuse. -^ M. de la Sauvetat. -^ L'évéqae de Chartres et l'ahbaye d*Ii%res. —M. de laMothe.— -M. de Tnrenne.— L'envoyé du gou-
v reniement angkis en Holland* est assassiné.
^ Monsieur, vous avez cru , écrivant à M, de Lavardin, que ce seroit le remède nécessaire pour retenir les tfoupes qui sont en la ville du Mans en leur devoir; mais j'apprends maintenant, que, pour quelque cause particulière, de laquelle il n'a pas été content, il est sorti de la ville , et ainsi tous les gens de guerre demeurent avec plus de liberté, dont vous en jugez assez la conséquence. Je ne doute point qu il ne reçoive ordre pour retourner en la ville au plus tôt, afin de satisfaire à ce qu'il doit en ce rencontre , qui importe à notre repos public.
« Je vous envoie un mémoire des chanoines de la Sainte-Chapelle , qui contient les raisons du refus. Je sçais leur résolution de ne le contenter pas% et ainsi, s'il se résout à l'entrée de l'église, elle lui sera refusée jusques à faire cesser le service. Il a été, ce jourd'hui, toute Faprès^dinée en la maison du trésorier, en la cour du Palais , et a dit que demain il y feroit porter ses meubles. Il a fait commandement à quelques-uns de payer les louages dus au trésorier : ce sont les efTets des longueurs de celte affaire, qui pouvoit finir par le brevet de Tabbaye pour récompense en donnant sa
1 . Il s'agit de M. deMesmac concurrent de Févcque de Bayeiix, fils de Mathieu Mole , à la trésorerie de la Sainte-Chapelle de Paris (voy. ci-dessus, p. 33.)
démission. Si on attend de lui persuader ce qu'il n'a pas en esprit, ce n'est pas ouvrage achevé.
If Je vous peux assurer que le retour de Messieurs du Conseil en cette ville est désiré , et se console-t-on de l'absence du Roi par ce moyen. Vous jugez assez Telîet de la lettre de Roland, qui ne sera pas avouée par M. le Prévôt des marchands. Je serai toujours, etc. Ce 29 avril. »
« Monsieur, j'apprends avec regret que celle que je vous ai écrite ce matin ^ par l'un des échevins du Mans, ne vous a pas été rendue , puisque cette négligence me constitue en demeure d'un jour de ne vous avoir pas témoigné mes ressentiments du juste déplaisir que vous avez reçu. Je m'acquitte de ce devoir par icelle , ayant perdu l'occasion d'y satisfaire moimême; quelqu'accident qui vous arrive, j'y prendrai toujours la part que je dois.
« J'attendrai, s'il vous plait, l'expédition de la trésorerie, avant le partement, pour en aller rendre les actions de grâces dues, et croyez que je serai le reste de la vie votre, etc. Ce mercredi au soir. »
a Monsieur, vous aurez sur les bruits que l'on a fait courir d'empoisonnement de M. de Beaufort*, et
i. Au sujet de ce bruit d'empoisonnement du duc de Beaufort, le chancelier Séguier écrivait à Le Tellier : « Je ne vous puis rien mander de l'état de Paris qui ne vous soit cognu ; tout est fort tranquille , et ma sortie a été aussi bien reçue que l'on pouvoît désirer. Je n'ai reçu que des témoignages de bonne volonté.
« M. le Goadjuteur m'est venu voir, qui me parla de diverses choses et conta en passant qu'il étoit prés de saluer la Reine ^ et qu'ensuite il rendroit ses respects à M. le Cardinal , pourvu que Ton ne lui mit le dernier en condition. Je ne doute point qu'il ne vous ait entretenu de ce discours. Il seroità souhaiter que ces
les femmes que Ton a fait aller pour apprendre de ses nouvelles. On voit assez la fin de ce dessein : l'empoisonnement n'est pas au corps, mais en l'esprit y et ainsi il se peut guérir lui-même, quand il changera, comme il y est oblige.
a M™® de Chevreuse et le sieur de Laulne sont venus hier, auxquels j'ai fait entendre Fobéissance que M°® de Chevreuse devoit aux volontés de la Reine, par sa retraite à Dampierre, pour un temps, et j'appris, sur le tard , qu'elle étoit résolue d'y satbiaire , et m*ayant fait demander pour quel temps : je ne l'en ai pu assurer. Elle veut que l'on croie son changement d'esprit et qu'elle a quitté, en vérité, tout commerce avec les étrangers et les François suspects.
affaires fussent terminées comme celles de M. de Beaufort, pourvu qu*ils se mettent dans leur devoir. Enfin le poison n*a pas été bien fort; la maladie est en bonne disposition. Il alla hier chez M"* de Longueville. C'est bien étrange que de voir les artifices dont on s'est servi en cette occasion, qui ont été si grossiers qu'ils ont trompé peu de personnes. Je Tai fait visiter dans sa maladie ; il m'a fait diie qu'il viendroit ce soir. Je sois, etc. A Paris, ce 10 mai 1649. »
a Je ne vous dirai rien de l'affaire de M. de Beaufort* J*ai mandé à M. le comte de Brienne l'avis de M. le Premier Président et des gens du Roi ; à quoi je n'ai rien à ajouter, sinon que le bruit est répandu par Paris que j'avois ordre de faire informer contre lui , et les esprits sont un ])eu échauffés et travaillent à s'opposer à cette procédure. J'ai cru devoir la vérité au public , et de témoigner que le Roi avoit mauvaise satisfaction de M. de Beaufort, mais quejen'avois, jusques ici, ordre de faire informer. J'ai proposé un expédient en cette affaire , que je soumets au jugement de Son Éminence. J'attends ce que l'on m'ordonnera et je l'exécuterai avec la fidélité que je dois. A Paris, ce 23 juin 1649. »
La visite que le Chancelier fit faire au duc de Beaufort fut blàn^ée par ses collègues les ministres d'État. Il existe à la Bibliothèque ifDpériale un9 autre lettre dans laquelle Séguier se plaint des reprochés qa*il reçûl â cette occasion. - •
. « Pour vérité assurée par M. de Chevreuse, le courrier qui est allé en Flandre n'a parlé à elle qu'en sa présence, étant à table. Le courrier a pu demeurer plus longtemps dans le logis, mais avec ses domestiques, desquels il est bien cognu, et a écrit à quelqu'un des siens qui est à Cambrai avec son bagage, afin qu'il revienne au plus tôt. Elle a fait dire à M. le marquis de Noirmoutier qu'elle le prioit de ne retourner plus chez elle, et elle est venue aussitôt me le dire, avec tant d'assurances de paroles de sa fidélité, que l'on recognoitroit par effet sa résolution d'observer tout ce qu'elle doit à^la France et qu'il (Noirmoutier) s'en va à la Ferté- Milonoù il n'aura plus pensée qu'à la chasse.
« Quant à la trésorerie, je m'assure seulement en vos paroles que tous les effets, quoique contraires, ne m'en laissent point de doute. Il est temps, ce semble, si vous voulez que je vous le dise en liberté, d'y mettre fin , puisque les moments à l'avenir peuvent rendre l'affaire plus difficile. On me donne un bénéfice, et on en expédie les provisions à un autre; on me le confirme à Chantilly, et on lui en expédie de nouvelles datées du même lieu. On lui en laisse prendre possession, dont je fus hier le témoin, et il demanda hier après diner les clefs du trésor à Messieurs des comptes.
« De toutes ces apparences quel jugement en peuton faire ? vous le pouvez sçavoir , et néanmoins je soumets mon esprit au milieu de ce procédé, et je suis, etc.
a J'ai vu M. le Chancelier qui m'assure n'avoir point de peur et être très-satisfait de ce retour^ »
i. Le Tellier répcmdk à Mole : < Monsieur; M. de Cb«ni|il4-
« Monsieur, M"® de Chevreuse sort de céans, résolue à l'obéissance et de partir pour Dampierre , s'assurant en l'innocence de ses actions pour l'avenir , et que, tout le passé étant oublié, on recognoitra à l'avenir la vérité de ses paroles. Elle se persuade pourtant que cette absence ne sera pas changée en exil perpétuel, etm'ayant demandé dans quel temps elle pourroit en revenir, ou s'éloigner en quelques autres lieux, selon la liberté qui lui seroit acquise par sa conduite, je ne lui ai pu faire réponse ^ Ce n'est pas que
treux s'en allant bien informé de ce qui concerne M*"* de Chevreuse, M. de Beaufort et les autres affaires publiques , je croirai lui faire tort de vous en rien dire et vous supplier de trouver bon que je me remette à l'entretien qu'il vous en fera, beaucoup mieux que je ne pourrais vous l'écrire. Vous cognoîtrez. Monsieur^ par ce qu'il vous porte, que l'on a toujours intention de vous servir, et que les formalités que l'on a apportées envers M. de Mesmac n'ont été que pour mieux faire réussir la chose à votre satisfaction. Je suis bien aise que vous éprouviez que je ne donnai jamais parole à personne que je ne fusse assuré de la pouvoir effectuer, et le contraire m'arriveroit moins à votre égard que de qui que ce soit , pour le respect et l'estime que j'ai toute entière pour votre personne.
c En faisant cette lettre, j'en reçois une du gouverneur de Guise, qui m'apprend que le sieur de la Sauvetat, frère du sieur de Barrière, y a été arrêté avec deux hommes de sa suite. Il de voit partir le soir à neuf heures pour entrer dans le pays ennemi, et celui qui l'a découvert est le même qu'il vouloit prendre pour guide. Vous jugerez par là , Monsieur, si l'on a renoncé à toutes pratiques et intelligences avec les ennemis, et si pour aller prendre les eaux à Spa et de là se rendre à sa compagnie en Hollande, l'on de voit faire difficulté de prendre un passe-port du Roi. Je suis, etc. A Compiègne, ce 13 mai 1649. »
La lettre du gouverneur de Guise existe également dans la collection Colbert, à la Bibliothèque impériale.
1 . Mole reçut de Le Tellier la réponse suivante : c Monsieur, la Reine ne considère pas comme exil le séjour de M""* de Che-
l'on n'ait ci-devant parlé de quinze jours ou un mois ; mais n'ayant pas reçu de terme certain , j'ai différé de lui en donner parole, et l'attendrai, s'il vous plait, afin que cette affaire se termine.
a II a été élargi, à Gonesse, un prisonnier accusé d'avoir violé le dépôt des hardes mises dans l'église durant les mouvements, en vertu d'une lettre de cachet. Si c'est un ordre commandé, il faudra essayer
Treuse à Dampienre ; mais Sa Majesté ne désire pas stipuler de combien il devra être ; la conduite de ma dite dame le pouvant faire durer ou cesser, selon la satisfaction qu'en recevra Sa Majesté.
« Cest de MM. les directeurs qui sont à Paris de /qui dépend la satisfaction qu'attend M. de Bouillon, pour les dix mille livres promises. S'ils étoient ici, ou que je fusse où ils sont , je leur en parlerois très-volontiers pour faciliter l'affaire. Un mot de votre part , Monsieur, y fera plus que quoi que ce soit.
« Pour ce qui est des prisonniers retenus à Sedan , j'ai écrit , par commandement de la Reine, à M. de Fabert, pour sçavoir ce que c'est, et je voulois faire donner ma lettre à celui des gens de M. de Bouillon , qui sollicitoit l'affaire. Il ne voulut s'en charger et elle fut mise à l'ordinaire. Je n*en ai toutefois eu réponse; ce qui m'oblige à vous en envoyer le duplicata avec un mot que je lui fais nouvellement pour le solliciter de répondre. Il vous plaira de faire bailler le tout à M. de Bouillon, afin qu'il cognoisse que nous agissons de bonne foi.
c Je n*ai point de cognoissance de l'affaire de Gonesse; j'attends le retour de M. du Plessis-Guénégaud pour lui en parler, après quoi je pourrai vous en dire davantage. Je suis, etc. A Compiègne, ce 47 mai 1649. »
A cette même époque , il y eut un arrêt du Parlement défendant de s'attrouper, de composer, semer et publier aucuns libelles diffamatoires , à peine de la vie , et d'empêcher de laisser librement circuler les munitions de guerre destinées à Tarmce du Roi, sur la frontière de Picardie. Le Procureur Général avait porté plainte contre l'impression et la mise en vente de quantité de méchants libelles tendant à sédition et remplis d'injures et caloomies atroces.
46 BIÉMOIRES
de faire cesser les plaintes de quelques habitants : ce seroit le mieux pourtant de laisser le cours ordinaire de la justice, surtout au criminel.
ic J'ai vu une dame, ce jourd'hui, qui prend soin particulier d'une affaire que vous avez avec les administrateurs de THôtel-Dieu ; en faisaiit leur condition meilleure qu'elle n'est, ce sera le moyen d'obtenir ce que vous désirez. Vous croirez, s'il vous plafl, que j'y contribuerai tout ce qui sera en mon pouvoir, puisque je suis votre, etc. Ce samedi, sept heures du soir. »
« Monsieur, je viens d'apprendre l'extrémité de la maladie de M. Tévêque de Chartres, qui a disposé, il y a quatre ans , de la chanoinie et prévôté d'Ingré , au profit de M. Âubert; mais comme elle est contentieuse, on ne manquera pas de la demander en régale, comme vacante de droit et de fait, quoiqu'elle soil remplie, en sa pei^onne, en l'un et en l'autre titre. Je prends donc la liberté de vous conjurer de la faire accorder en son nom , afin de joindre les droits ensemble. Le mérite de cette personne est assez cognu^ et l'amitié que je lui dois m'oblige à vous donner cette peine S que je recognoitrai en toute occasion, étant votre, etc. »
1 . Si Mathieu MoIé recommandait les intérêts de ses amis aux secrétaires d'État, les princes du sang ne se faisaient pas faute de lui écrire en faveur de leurs serviteurs dévoués. Voici le texte d'une lettre du prince de Condé , au Premier Président : « Monsieur, les intérêts de M. d'Aubeterre puîné m'étant en particulière considération , par Testime que je fais de sa personne et TafTection qu'il m'a toujours témoignée, je lui ai volontiers accordé ces lignes pour vous supplier de lui départir de votre protection au procès qu il a au Parlement , contre le sieur d'Aubeterre ^ son
f< Monsieur, je ferai demain sçavoir à M. le maréchal de la Molhe ce qu'il vous a plu de m'écrire , afin de Tobliger, sans plus de demeure , de satisfaire à son devoir.
ce M. le maréchal de Turenne a pris la peine de venir, ce jourd'hui, sur le refus fait par M. d'Ërlac à Boduel, capitaine en son régiment de cavalerie, de le recevoir au service. Je lui ai dit qu'il y avoit raison de ne l'admettre pas jusques à ce qu'il y eût ordre du Roi 9 qu'il devoit demander devant que de s'y présenter. Je l'attendrai, s'il vous plait, s'il n'y a autre cause.
<r II arrive, de jour en jour, quelqu'un de cette armée et apprend-on les violences que l'on y exerce et qui croissent de jour en jour; on lente tout pour Tempécher de marcher.
a On a seules nouvelles de l'envoyé d'Angleterre en Hollande, et qu'il y a été trouvé mort par la rue* : extrême hardiesse d'envoyer au lieu où le fils de leur Roi est [chez] son beau-frère, et de se promettre d'y voir traiter une ligue offensive et défensive. C'est l'intérêt de toutes les couronnes, pour maintenir la monarchie en son entier.
« Mon fils m'a dit ce que vous lui avez témoigné de vos sentiments pour moi, dont je vous en rends encore
frère aîoé, tous assurant que je vous serai beaucoup obligé de la faveur qn'il recevra de vous pour le bon succès de cette affaire , et qu'en toute occasion je vous ferai paroître que je suis véritablement votre bien humble serviteur. A Compiègne, ce 12 mai i649. >•
i . Une relation particulière de cet événement fut imprimée dans la Gazette, p. 327, en mcme temps que la déclaration du prince d'Orange sur ce fait«
actions de grâces. Se peut-il faire qu'une poursuite si juste puisse être refusée, et que ni la raison ni les exemples ne puissent vaincre Son Éminence pour obtenir la grâce que je demande avec tant d'instances? Croyez que je serai, etc.*. »