‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 2)Chapitre 5 sur 76 · FUT LE SALUER · texte numérisé non relu

FUT LE SALUER

a Au milieu de tant d'obligations dont la France VOUS est redevable pour la conclusion de cette paix , si nécessaire au royaume , n'est- il pas juste que chacun en particulier vous en témoigne son ressentiment? Et surtout cette compagnie , laquelle, durant le calme bien établi , vous avez toujours honorée de votre bienveillance. Et comme elle veille continuellement au salut public et essaye , en toute rencontre ,

troupes et en bon état pour lui opposer ; mais pas un sol pour Téquipage d'artillerie, ni le pain de munition. La liberté d'emprunter ne vint jamais plus à propos, puisque sans cela il faudroit demeurer les bras crobés et voir continuer les progrès de TArchiduic, ce qui arrivera infailliblement si Ton ne trouve occasion d'en profiter. Je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 18 avril 4649. n

i . Le manuscrit porte : « Pour dire à M. le Prince quand le Parlement le fut saluer. » Le prince de Condé se rendit ensuite de Paris à Chantilly pour y recevoir le Roi et la Régente. Lorsque le Roi fut habiter Compiègne le 3 mai, le prince fut avec le cardinal Mazarin visiter Parmée de la frontière de Picardie. Il revint à Compiègne le i*' juin, et il prit congé du Roi pour retourner à Chantilly, et de là , par Paris, à son gouvernement de Bourgogne (Gazette, p. 343). Le prince écrivait de Paris à Le Tellier la lettre suivante : « Monsieur, le peu de séjour que je dois faire en Bour* gogne me faisant perdre l'espérance de recevoir, pendant le temps que j*y serai, les expéditions nécessaires pour la décharge des tailles, j'estime qu'il est si fort important au service du Roi d'en pouvoir donner quelque assurance plus grande que de parole , que je me sens obligé de vous prier de m'expédier une lettre de cachet par laquelle le Roi me mande que son intention est telle, et que les expéditions en bonne forme en seront au plus tôt délivrées , attendant lesquelles Sa Majesté me permet et m'ordonne d'en assurer tout ce que je jugerai à propos. J'attends, s'il vous plait, cette lettre et demeurerai toujours fort véritablement, Monsieur, votre très- affectionné à vûU5 servir. A Paris, le 8 juin 1 649. •

DE MATHIEU MOLE. (1649.) St

de satisÊûre à ce qu'elle doit , elle a cru être obligée de vous venir trouver pour vous donner les assurances de sa fidélité, et qu'elle se tiendra très-heureuse de rendre en toutes occasions les obéissances dues comme étant vos très-humbles sujets. »

MOUi AU SECULAIRE d'ÉTAT LE TELLIER.

Let carés Teulent aller complimenter la Reine. — - Uarcheyéque de Pari» •*y oppose — >Le maire d*Angers.— NooTelleft deBelléme et d'Oléron. — 'Désordres des gens de guerre. — Le baron d*Hortie. — ^Les finances de rÉtat. — Mme de Gherrease. — Réponses de Le Tellier.

•r Monsieur , je viens de recevoir la jôtre et ai vu H. le maréchal de Gramont , qui m'a dit les assu-

rances que vous voulez donner de l'efTet de cette affaire, dont je vous suis très-redevable et en témoignerai les ressentiments que je dois. Je viens d'apprendre que les curés avoient pris résolution d'aller rendre leurs devoirs à la Reiue , en ce moment présent, et ce sous le bon plaisir de M. l'archevêque de Paris ^ et qu'il ne le leur a pas permis. Il semble, sans s'enquérir du motif de ce refus, qu'il seroit nécessaire , afin que cette bonne volonté put recevoir l'effet désiré, d'écrire au nom du Roi à M. l'Archevêque qu'il a été averti de la résolution prise entre les curés de sa bonne ville de Paris de satisfaire à ce qu'ils doivent et de le venir trouver , et qu'il contribue ce qui est de son autorité , leur permettant de venir au plus tôt , et qu'il se promet qu'il donnera à cet effet les ordres nécessaires. Cette lettre lui fera cognottre qu'il n'auroit pas dû y faire difficulté , ou , pour le moins, on aiu*a cognoissance de ses sentiments. C'est

n MÉMOIRES

une proposition qui aura telle résolution qu'il vous plaira * : vous assurant, etc. Ce dimanche au soir, m

« Monsieur, le inaire d'Angers, qui vous rendra celle-ci , vous expliquera ses justes craintes qu'après avoir souflert, Tannée passée, tout ce qu une ville a pu porter, qu'il craint encore en ce moment que les troupes du Roi ne reçoivent ordre de loger encore une fois en la ville , en ressentiment de ce qui s'est passé. Je l'ai assuré que lion n'aura pas cet esprit et que Ton contribuera volontiers au soulagement d'une ville qui a été assez affligée et qui a expié toutes les fautes passées. Je serai toujours votre , etc. Ce lundi au soir. »

a Monsieur , vous aurez sçu les plaintes qui viennent de tous côtés des désordres que commettent les gens de guerre , comme s'ils avoient cette liberté , en

1 . Mole reçut la réponse suivante de Le Tellier : « Monsieur, je puis vous assurer que ce que vous a dit M. le maréchal de Granmont, pour l'article qui vous touche, sera effectué. Vous en aurez l'obligation entière à la Reine qui s'y porte , tant par ellemême que par les bons offices que Son Éminence vous rend continuellement près de Sa Majesté. J'ose de plus vous dire qu'il aura grande joie de le faire en toute occasion, et je n'ai contribué en celle-là que pour vous faire sçavoir la bonne disposition en laquelle on a toujours été de vous donner satisfaction, où je trouve la mienne, étant comme je suis votre servtteur.

« Pour ce qui est de la résolution prise par MM. les curés de Paris, l'on a jugé à propos que M. de Saintot aille voir M. l'Archevéque , pour lui dire que la Reine , ayant sçu cette résolution de MM. les curés de venir rendre leurs devoirs à Leurs Majestés, elle l'a eu très-agréable et l'assure qu'ils seront les bienvenus. M. de Mercœur est parti ce matin pour aller quérir M. le duc de Vendôme, à qui la Reine a permis de venir ici. »

Les curés se rendirent en effet , quelques jours après la date de cette lettre, ù Saint-Germain. Ce fut le curé dt Saint-Landri qui porta la parole.

ressenlimenl des choses passées. L*avocat du Roi de Belléme vous dira le particulier de ce qui s'esl passé en cette ville. U semble que si on lui accordoit le changement du logement que ce seroit le remède , et que Ton oublieroit le passé en recevant cette grâce. On me vient de donner avis que Ton retient dans Oléron le lieutenant général de la Rochelle et qu'il y est très-mal traité. Je ne doute point qu'en exécution de la déclaration , on n^ait mis en ces quartiers-là les armes bas, et aussi vous pouvez croire quel jugement de ce procédé !

fv Messieurs des Enquêtes ont député deux d'entre eux , afin que je fisse cognoitre les désordres extrêmes des gens de guerre , pour y apporter remède par l'autorité du Roi. Cette voie n'est qu'honnête , et veuille Dieu qu'ils la suivent toujours. Je les ai assurés d'avoir prévenu et que vous m'aviez promis d*y donner tous les ordres nécessaires , mais que je ne manquerois pas encore de satisfaire à ce qu'ils désirent. Il est vrai que l'on en use comme si les peuples étoient une proie partout. Cette plainte générale pourroit avoir d'autres eflfets. Je serai , etc. Ce vendredi au soir.

« Je vous envoie le mémoire touchant la trésorerie, duquel je vous ai parlé, en scachant que M. de Mesmac est à Saint*Germain. Je vous conjure d'y mettre fin avec lui , suivant la parole donnée et dans le temps que vous m'avez promis, dont je resterai trèsobligé; mais souvenez- vous , s'il vous plait, que le temps peut faire naître telles difficultés que la résolution ne sera en votre puissance.

« Le 8 , Droué continue ses exactions , et avec telle

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