MOLE A M. LE TELLIER
Exemption de logements de troupes pour MeuUn.
ce Monsieur, il se présente, de moment en moment, nouveau sujet de vous donner de la peine. Les habitants de Meulan ont eu avis de quelque ordre pour logement de gens de guerre en la ville. Vous sçavez que vous m'avez promis de les en exempter. Je vous conjure de les faire jouir, par efTet, de cette grâce, et je serai, etc. Ce mercredi, 7 heures. »
LB SECRÉTAIRE d'^AT LE TELLIER A MOUâ.
Plaintes contre M. de la TrémoiUe. — - Siège du château d*Angers. -^
Les courriers du Roi sont arrêtés.
i< Monsieur , la Reine m'a commandé de vous envoyer la lettre que M*' le Prince a, ce jourd'hui, reçue de M. le maréchal de Brézé, afin de vous informer de la conduite de M. de la Trémoille et de ceux qui sont dans le même intérêt que lui , et que vous preniez la peine d'en parler dans la compagnie, et que, par son autorité, il y soit pourvu en la manière qui sera jugée la meilleure. L'on a pensé ici qu'il y auroit deux choses à faire : l'une , que M. le Procureur Général envoyât aux officiers du présidial d'Angers le duplicata de sa dépêche , par un huissier de la Cour, ou par telle autre personne de confiance qu'il voudra choisir, à la dépense du voyage duquel Sa Majesté fera volontiers pourvoir, afin que la compagnie pût être assurée de Tétat où sont les choses en ce pays, par le rapport d'une personne non suspecte; l'autre, que, sur la requête de mondit sieur le Procureur Général, la Cour donnât arrêt portant injonction à ceux
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qui n'ont point encore quitté les armes, soit dans FAnjou ou ailleurs, de les poser, sous telle peine que la Cour arbitrera. Le premier expédient est tout à Ëdt innocent et néanmoins peut produire bon effet : les officiers du présidial d'Angers recevroient un paquet qui fefoit infailliblement cesser les mouvements qui sont encore dans la province, et le second semble nécessaire pour rendre public le refus que fait M. de la Trémoille de laisser publier la déclaration , afin d'avoir prétexte de continuer la guerre, et empécheroit que les malintentionnés ne pussent faire passer pour une infraction à la déclaration Tordre que Sa Majesté se trouve obligée d'envoyer à M. de Jerzé, de s'avancer, à Angers^ avec les troupes qui sont sSous sa charge, et sous le commandement de M. le maréchal de Brézé, gouverneur de la province, et empêcher la suite des maux que M. de la Trémoille lui fait souffrir, lorsque toutes les autres coriynencent à jouir de la douceur de Ja paix .
« décris en cette conformité à M. le Procureur Gé^ néral et lui mande, de la part de la Reine, qu'il concerte avec vous ce qu,'il sera à (aire en cette occasion, < en laquelle Sa Majesté juge très-important de justifier la maiche des troupes de M. de Jerzé, pour empêcher qu'on ne s'en prévale au préjudice du senrice du Roi et du repos public.
Ci Si vous jugez devoir faire voir, lundi, à la compagnie, la lettre de M. le maréchal de Brézé \ M'' le
1. Voici la lettre de M. de Brézé : « J'ai fait partir, ce matin, le courrier du Roi qui m'avoit apporté les expéditions touchant la paix , et j'avois retenu celui de Votre Altesse pour lui mander de certaines nouvelles de la manière que ceux d^Angers recevroient
iG MÉMOIRES
Prince trouve bon que vous la reteniez^ sinon il vous plaira de me la renvoyer par ce porteur, ou bien lorsqu'elle ne vous sera plus nécessaire. Je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 10 avril 1649. »
les ordres pour publier la déclaration du Roi. Mais, Monseigneur, voyant le temps p^sé auquel Tun de mes gardes , qui avoit porté à Angers les dépêches de Sa Majesté et le paquet de M. le Procureur Généra] avec une de mes lettres , devoit être de retour, je crois que Tavis qu'un marchand m'a dondé qu*il ctoit arrêté et celui qui alloit à Château-Gonthiery pour la même chose, est véritable ; et ce qui m'empêche d'en douter, c'est que je suis trèsassuré qu'ils pressent, avec toutes les diligences possibles, le travail du château, et que leur mineur y est attaché. Ce qui confirme encore cela, c'est, Monseigneur, qu'il fut publié hier dans Angers , avec trompette et tambour, une ordonnance de M. de la Trémouille portant défense expresse de ne point dire ni croire que la paix fût faite, sous peine d*être déclaré perturbateur du repos public.
« L'on m'a donné avis de bonne part qu'ils retiennent généralement tous les courrièn, pour empêcher que la déclaration du Roi ne soit publiée , se fondant sur l'article qui leur donne trois jours de temps après ladite publication, et cependant ils espèrent pouvoir exécuter leur dessein contre le château
« Toutes ces raisons-là, Monseigneur, m'ont fait envoyer deux gentilshommes, l'un après l'autre , pour faire hâter M. de Jerzé avec les troupes qu'il conduit ; mais j'ai bien peur que le retardement qu'il a fait par les chemins ne le fasse arriver trop tard. C'est pourquoi, je crois qu'il seroit très-important qu'il plût à Votre Ahêsse d'envoyer ordre pour qu'elles se diligentassent, et même que le régiment d'infanterie d*Orléans s'y joignît, d'autant qu'il y a sujet de croire que M. de la Trémouille ne manquera pas d'assembler U tout ce qu'il pourra de troupes, et, dès aujourd'hui , il a commencé à marclier quelque trois cents chevaux, qui ont passé -à Xhouars pour se rendre auprès de lui, auquel cas le secours de la place se rendroit fort difficile, tant à cause du passage des rivièrét que de sa situation que l'on ne sçauroit aborder sans de fort grands défilés, et ainsi on n'auroit pas trop de tout.
« La Boulaye partit d'Angers le jour de Pâques pour aller as-
RjbONSE^ DE M0L3Ê.
AT Monsieur, les nouvelles que Ton doit recevoir demain d'Angers, qui est le jour de l'ordinaire, nous assureront de ce qui s'y passe K L'huissier de la Cour
sembler ce qu'il pourroit de troupes pour s'opposer à la mardie de celles que conduit M. de Jerzé.
« Je demande pardon à Votre Altesse, avec toute sorte de souroission^ de l'importunité qu'elle recevra par la longueur de cette lettre. Je crois qu'elle aura assez de bonté pour l'accorder à celui qui sera, etc. Au château de Saumur, ce jeudi 8 d'avril 1649. »
1 . La lettre suivante des maire et échevins fut en effet apportée d'Angers au Premier Président : « Monseigneur, le même esprit qui nous a portés d'assurer nos seigneurs de la Cour de nos obéissances à l'autorité de leurs arrêts , nous oblige maintenant de vous donner avis que nous avons été aussi prompts a déposer les armes, que uous nous sommes montrés prêts de les prendre pour seconder vos saintes intentions. Nous ne reçûmes. Monseigneur, les nouvelles de la paix que le 7 de ce mois , sur le midi. Le même jour , la déclaration du Roi fut publiée au siège présidial , et le lendenndn l'on chanta le Te Deum , Ton fit les feux de joie, où M. le duc de la Trémouille, qui étoit ici de votre part, y assista , et ensuite congédia ses troupes et fit mettre bais les armes k nos condtovens. Et comme il n'étoit venu en cette ville que pour tenir la main à l'exécution de votre arrêt, il nous laissa le jour suivant dans une tranquillité parfaite ; mais dans la volonté de jie manquer jamais, en toutes autres occasions, à l'honneur de vos commandements. Il est vrai, Monseigneur, qu'il nous a laissé dans qptte crainte d'être plutôt opprimés que châtiés des troupes que l'on ttui faire descendre , et toutefois, comme toutes les occasions qui procèdent de la justice n'ont pour objet cpie de rétablir toutes choses dans leur ordre, notre crainte sur ce fondement s'est convertie sur cette confiance qu'après cette paix, qui est un ouvrage de la justice du Roi et Un effet de la prudence de la Cour, nous pourrions, en reprenant DOS premières voies, rencontrer notre pf emier repos. Nous avons, pour ce sujet , député vers M. i|otre gouverneur, que la nature séparoit d'avec nous pltitot que son inclination , pour le prier de nous ûûre jouir de ki paix, puisqoll avoit plu à ht bonté du Rpi IV 2