IS MÉMOIRES
part pour porter la déclaration , afin que Ton y obéisse comme on doit, et demain, sur la remontrance, je me promets qu'il y aura arrêt. S'il est nécessaire , je ferai voir la lettre de M. le maréchal de Brézé , qui écrit sur Tavis d'un marchand et ne dit point si la déclaration a été publiée au siège de Saumur. Vous verrez par le mémoire ci-enclos ce à quoi il importe de pourvoir. J'en attendrai votre réponse et essayerai de satisfaire à tout ce que je dois et vaincre le malheur qui semble me vouloir encore suivre en l'amitié que vous me témoignez; vous voulez bien que j'ajoute ce mot. Je smraiy etc. Ce dimanche matin.
MOUi AU SECRETAIRE d'EtAT LE TELLIER.
Nonrelles d'Angeri. •— Retour de MM. de Hoirmoader, de Laigoe et de
M"B* de Cherrease.
« Monsieur, je viens de recevoir les lettres de M. de la Trémoille *, en créance du sieur de la Noue , dont
noA la donner. Nous espérons, Monseigneur, de sa générosité notre rétablissement dans ses bonnes grâces et le divertissement du dessein qui avoit été pris de nous envoyer des troupes; mais si notre malheur étoit aussi public que nos misères, nous supplierions très-humblement votre intégrité de n'abandonner pas une protince, laquelle, outre la considération de la justice de notre cause, s'est portée à vous servir parce qu'elle est l'apanage de la seconde personne de l'État, à la conservation duquel nous sacrifierons toujours nos vies, nos biens et nos familles, avec la Q»4me affection de laquelle nous vous offrons les obéissances* dé. Monseigneur, vos très-humbles et très-obéissants et très-obligés serviteurs. »
i . Les documents tirés des papiers de Mole, et qu'on vient de lire, indiquent assez les difficultés qu'éprouvait l'exéciition de la déclaration du Roi du '3f mars , et le rétablissement de Ta paix. Les plaintes ^ renouyeliuent saps cesse de part et d'autre. L'ordre ne fut m^mbntanéoient |*éta}ili dans ks provinces 4|ue
je VOUS envoie copie* (en retenant l'original), que j'ai fait écrire devant moi. C*est l'assurance qu'Angers a désarmé, en exécution de la déclaration ; mais comme par celle reçue de M. le maréchal de Brézé, qui ne vous iVoit écrit que sur l'avis d'un marchand et dont je me défiois, comme je vous l'ai mandé, il avoit plu à la Reine prendre résolution de faire avancer les troupes commandées par M. de Jerzé^ et qu'avançant toujours, on pourroit s'engager et ainsi rallumer un feu qui fume encore, j'ai cru être obligé de vous envoyer cet exprès, afin de les faire retarder au plus tôt. cr Je ne doute point que vous n'ayez avis du retour de M. de Noirmoutier, d'hier au soir, en cette ville, et d^aujourd'hui de celui de TUP* de Chevreuse', dont M. le duc de Luynes me vient présentement d'assu^ rer. Si tous ces esprits se disposent au bien, Dieu soit loué , sinon vous croyez bien qu il faut veiller plus que jamais. Lundi, 1 2 avril , à 7 heures. >) — Il y a eu
lorsqu'on apprit que la tranquillité régnait à Paris. Un grand nombre de lettres adressées à Mole le prouvent suffisamment ; mais les détails qu'elles contiennent ne nous ont pas paru, assez intéressants pour être publiés. *- I^ lettre de M. de la Trémoille et celle de M. de la Moue, dont parle MoIé dans salure à Le Tellier, existent dans le tome m de Golbert, P" 28^, 286. ,
1 . Cette copie existe en efTet dans les papiers do |^ Tellier , t. II , avec cette note .- < Dans la lettre de M. le Premier Président Mole, du lundi 12 avril 1649. >»
2. L'arrivée de Mme de Chevreuse à Paris et ses proiiiières démarches sont racontées dans les Mémoires de M"^ de Motte^ ville, t. ni, p. 27i. M^ de Montpensier eut une entrevue avec M'** de Chevreuse à Montmartre. Voy. ses Mémoires, p. 55. — Une très-intéressante publication faite par M. Cousin sous le titre de : La €luclicsse de Chepreusc , cotitient de curieux renseignements sur la co&duitA de cette femme célèbre, lorsqu'elle rcvtDt à Paris,
arrêt ce matin, comme il a été proposé; il importe de renvoyer toujours, non à M. le maréchal de Brézé , mais aux officiers du Roi. — Le sieur de la Noue est parti de vendredi au soir d'Angers, a passé à Tours, qui a levé les gardes. Le maire d'Angers est en chemin pour Paris. »