MOLIÊ AU SECRÉTAIRE D'ÉTAT LE TELLIER
M. de la Boulaye va être attaqaé parles troupes du Roi. — Mole emprunte de l'argent pour licencier les troupes des Frondeurs qui volent publiquement. -— La province du Maine se conforme à la déclaration.
(c Monsieur, étant ici assemblés avec MM. nos cidevant généraux , pour le licenciement de leurs troupes , ils ont assuré avoir avis que les troupes du Roi partoient pour s'en aller contre le sieur de la Boulaye , et qu'ils sçavoient que tes régiments éloient en état de soutenir Teffort , et qu'ainsi c'étoit s'engager en la guerre ^, dont il y auroit, peut-être, d'autre suite
i . Cette lettre de Mole partit en même temps que la suivante de Le Tellier, relative à la même afîaire : « Monsieur, une heure ou environ après le départ du courrier que je vous envoyai hier, arrivirici un gentilhomme de la part de M. le marquis de Jerzc , qui mande que M. le marquis de la Boulaye s'étant trouve dans Montmiraily il le fit sommer de poser les armes , en conséquence de la déclaration y et qu'après plusieurs contestes ils arrêtèrent que M. de la Boulaye sortiroit, comme il fit, mrec les odiciers des troupes (fui étoient avec lui ; que les cavaliers et soldats seroient désarmés et mis dans le chAteau de Montmirail jusques à ce que Sa Majesté en eût ordonné.
« M. de Jerzé cixiit que ledit sieur de la Boulaye est allé au Mans et autres lieux, pour disposer & mettre bas les armes. Cependant, nous envoyons un courrier audit sieur de Jerzé pour lui faire sçavoir qu'il donne la liberté aux cavaliers et soldats qui se sont trouvés dans MontmiraU ; que ceux qui voudront prendre parti dans les troupes du Roi y soient reçus, et pour les autres ,
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et qu'il seroit bien plus nécessaire d'envoyer la déclaration du Roi vérifiée, et de les sommer, en vertu d'icelle, de poser les armes, afin que Tobéissance fût rendue aux ordres de Sa Majesté. Je les ai laissés dans la salle un instant pour en écrire; à quoi je satis&is, après leur avoir fait cognoitre qu'ils doivent avoir envoyé vers lui pour l'obliger à ne passer plus avant '• Je suis votre, etc. Ce samedi, 8 heures. 30
ce II faut que j'emprunte quarante mille livres, puisque nous n'avons nuls fonds pour le licenciement des troupes qui volent publiquement et que le Roi ne retirera les siennes qu'après cette action. On est délogé de l'Hôtel de Ville. Bonne exécution de la déclaration. »
que leurs chevaux et armes leur étant rendus, ils se retirent chez eux y deux à deux, ou trois à trois au plus, sans commettre désordres, sous peine de punition.
c Tout ceci ne faisoit rien à l'égard d'Angen. On mande à M. de Jerzé de continuer son voyage. J'ai pensé vous devoir informer de ceci , afin que vous cognoissiez la raison qu'a Sa Majesté de lui donner cet ordre, encore que M. de la Boulaye ait fait mettre bas les armes à ce qu'il avoit de troupes dans Montmirail. Je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 1i avril 1649. >
I . Voici la réponse du secrétaiie d'État Le Tellier : « Monsieur, j'ai reçu votre lettre , avec copie de la créance du sieur de la Noue, envoyé de M. de la Trémoille. L'on a été très-aise d'apprendre que ceux d'Angers se soient remis dan» l'obéissance , en exécution de la déclaration , et l'on envoie à M. de Jerzé les «mires nécessaires pour mettre en garnison Ie$ troupes étant sous sa charge. Vous devez être assurés que l'exécution s'en ensuivra avec toute sincérité. Je doute que les esprits des personi|es nommées en votre lettre se portent au bien , ainsi je conviens qu'il faudra veiller plus que jamais. Au surplus, Monsieur, je me remets à ce que M. de Saintot vous dira touchant la trésorerie, et je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, 13 avril 1649. >
MOLE AU SECULAIRE d'iÎTAT LE TELLIER.
Af!aire des provinces du Maine et d'Anjou.
a Monsieur, il faut donner compte de Texécution de la déclaration et que la puissance de la Reine soit recognue , comme elle doit. Le baron des Essarts, sénéchal du Maine, sort du logis , assurant que, dans le Mans, on a mis les armes bas, et enfin j'ai tiré les deux actes que je vous envoie, que vous me renverrez pour les faire voir demain à la compagnie. On se plaint que les chevaux et armes des gens de guerre de Montmirail n'ont point été rendus, et que les troupes du Roi commettent beaucoup de violences. 11 me semble que Tobéissance qui se rend peut arrêter la marche des troupes du Roi , pour n'exciter pas de nombreux bruits dans les provinces, et que Ton ne donne pas sujet de se plaindre que l'on veut exercer justice trop rigoureuse contre les villes qui ont été pour la cause commune, et ainsi engager de nouveau à quelques mouvements*
« J'attendrai votre réponse pour la faire sçavoir '. Je suis, etc. Ce mardi, naidi. »
i . Le secrétaire d'État Le Tellier répondit à Mole : c Monsieur, j*ai reçu votre lettre de ce jourd'hui, avec les articles de la ville et du présidial du Mans, que je Vous renvoie, qui confirment suffisamment le dire de M. le baron des Essarts. Cette nouvelle et celle d'Angers, apportée par le dépoté de M. de la Trémoille, obligent la Reine à désirer, plus que personne , que les troupes soient proraptement retirées dans les garnisons qui leur sont destinées, suivant les ordres envoyés à M.^e lerzé. La licence des gens de guerre n'est pas Facile à corriger, à cause qu'ils ne sont pas payés, et vous scavez ce qui Tempéche. On fait néanmoins tout ce qui se peut pour les contenir dans l'ordre et la discipline. Jugez'le, Monsieur, par l'intérêt qu'a le Eoi d*empccher la ruine
DE MATHIEU UOLÈ. (i649.} 2S
(c Monsieur, vous m'avez écrit que Ton avoit envoyé ordre du Roi à M. de Jerzé pour faire r'endre les chevaux et les armes aux cavaliers qui éloient retenus dans le château de Montmirail ; et comme il y a beaucoup de ces cavaliers de retour en cette ville , qui assurent que Ton ne leur a pas voulu rendre ni chevaux ni armes et qu'ils sont du régiment de M. de Beaufort , qui pourroit dire être pirement traité que les autres, j'ai cru vous en devoir donner avis, afin qu'il vous plaise renouveler les ordres pour M. de Jerzéy que cet officier du régiment, qui vous rendra la présente , portera sur les lieux , et s'il ,se pouvoit faire que les troupes du Roi , commandées par M. de Jerzé, fussent mises en garnison en d'autres villes que celles de l'Anjou, et particulièrement que celle de Verneuil-au-Perche, sachant assez qui en jouit, ce seroit un moyen d'assurer les esprits de cette province, afin de leur ôter le prétexte que , par ressentiment de leur action passée , on se porte à donner ces ordres*. Vous assurant que je suis, etc. Ce mercredi (i 4 avril). »
du people , qui est le soutien de ses affaires* Votre , etc. A Saint- Cermain en Laje» le 13 avril i649. >
i . Voici la réponse de Le TeTIter : « Monsieur, j'ai reçu par M. le baron des Essarts la lettre qu'il vous a plu m'écrire d'hier. J'ai aossitôc expédié Tordre du Koi, qu^a désiré Tofficier du régiment de Beaufort, pour la restitution des chevaux et armes retenues k Montmirail. L'armée de M. d'Erlac, occupant présentement beaucoup de quartiers où l'on avoit accoutumé de loger les troupes des armées de Flandre, il n*y a pas moyen de mettre ailleurs celle que nous laissons dans l'Anjou et le Maine , vu qu'à cause de l'approche de "^la campagne on ne peut davantage les éloigner de la frontière, mais l'on a donné tel ordre pour les faire vivre en bonne police et discipline, que les lieux de garnison