SO MÉMOIRES
en exécution de l'arrêt du 4 septembre dernier , qui ordonne une assemblée par députés , de trois mois en trois mois. Je les ai remis après ces fêtes, à quoi ils se sont accordés.
« Je reçus hier une lettre de Son Éminence , et ne m'attendois pas à un refus si exprès et par écrit. La raison que je trouve en ma demande, sans apprendre celle de la lettre, m'obligera à tenter tous les moyens, en peu de jours, de lui persuader bientôt ce que je souhaite avec tant de justice. Je plaindrois mon malheur, si les grâces extraordinaires n'étoient souvent accordées, même offertes, à ceux qui se sont éloignés du devoir et service dû, et que, pour m'être acquitté de ce que je dois, depuis quarante ans , au milieu des temps les plus difficiles , je ne puisse obtenir ce que justement je peux désirer. J'ai assez de regret de le dire
a demandé ce qu'ils faisoient là. Ils lui ont dit que c'étoit pour le regard des rentes, afin que l'on y donne ordre. Il leur a témoigné qu'ils avoient mauvaise raison de venir de cette sorte, et que s'ils avoient quelque chose qui les regardât, qu'ils députassent quatre d'entre eux pour voir M. le Premier Président. Quelquesuns étoient dans ce sentiment, les autres non, voulant attendre qu'ils fussent en plus grand nombre. A la fin , par la persuasion de quelques-uns que j'avois fait jeter parmi eux, et voyant que ce leur étoit le meilleur moyen d'agir par cette voie, tous lesdits rentiers sont venus au nombre de quelques cents. Dans cet entretemps, j'en ai donné avis à M. le Premier Président, afin qu'il ne fût pas surpris.
a L'un d'entre eux et le même qui porta la parole au Conseil , a dit que c'étoit les rentiers qui lui étoient envoyés de la part de Messieurs du Conseil , et qu'ils lui demandoient audience pour dire les raisons qu'ils avoient pour le payement de leurs rentes.
« Il a fait réponse que de très-bon cœur il la leur donneroit; mais que comme il croyoit que leur fin étoit d'être payés de leurs rentes, il a voit à leur dire que l'on travailloit à cet effet; que les intentions de la Reine, à qui ils avoient de très-grandes obliga-
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devant, plutôt devi ois-je le laisser au jugement d'autrui ; mais l'ancienne amitié dont vous m'avez toujours honoré me le permettra , s'il vous plait. Cette poursuite sera sçue d'un chacun, et il sera nécessaire que j'en fasse cognoîlre le procédé en public, et je m'ose promettre que Son Eminence se fera gloire en ce rencontre de changer sa première résolution , ce qui augmentera le nombre des obligations desf[uelles je lui suis redevable*. Etant votre, etc. AChamplâtreux, ce 24 mai. »