LE PRINCE DE CONDÉ A MOLÉ
Il s'empressera de lui être utile en toute occasion,
« Monsieur, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait la faveur de m'écrire , et je me trouve tout honteux de voir que n'ayant jamais reçu de moi aucun service considérable , vous vous sentiez néanmoins obligé de l'envie que j'ai de vous en rendre. Je ne m'estimerai jamais heureux que je ne vous aie fait voir , par mes services , et particulièrement dans l'affaire de M. votre fils, que je suis avec plus de passion que homme du monde, Monsieur, votre, etc. A Compiègne , ce 1 5 mai 1 649 ^ »
1 . La réponse de Le Tellier fut : qu'il allait s'informer de M. d'Erlac des motifs de son refus à Tcgard de Boduel; que les maux causés par l'armée étoient très-grands , mais qu'il attendoit de l'argent pour leur distribuer une monstre et les faire entrer dans le pays ennemi.
2. Cette lettre du prince de Condé, entièrement de sa main, se rapporte sans doute à la nouvelle suivante , donnée par la Gazette : « Le 15 mai, l'évêque de Bayeux prit possession de la trésorerie de la Sainte Chapelle par la démission de l'abbé de Mesmac. (Gazette, p. 308,) » Mais elle lui avait été longuement contestée, comme on a pu le voir par les lettres de Mole et de Le Tellier.
MOLE AU SECRÉTAIRE d'ÉTAT LE TELLIER.
Moyen d'affermir la paix dans Paris. — M. de la Mothe. — M. de Bouillon. — Messieurs des Enquêtes. — Les rentes sur l'Hôtel de Ville non payées. — Plaintes très-vives de Mole. — On ne lui tient pas compte de ses services.
« Monsieur, vous voulez bien qu'au milieu de ce désert , je continue , en l'esprit que je dois avoir , d'essayer, par toutes voies, de séparer ces Messieurs, qui n'ont été ci-devant que trop joints en apparence, puisque c'est un moyen d'affermir notre calme public. L'affaire de M. le marécbal de la Mothe est faite, ce dit-on, et la parole en est donnée. Je [le] lui ai fait sçavoir, et néanmoins point d'exécution. Si c'étoit argent comptant, ce seroit un juste sujet de retardement; mais pour des assignations, il semble que l'on manque pour quelques autres desseins-, vous le recognoîtrez par sa lettre, dont copie est ci -enclose.
« Vous aurez sçu que Messieurs des Enquêtes ont député à trois fois, pour trois affaires, et deux d'entre eux sont venus au logis : 1° pour obtenir une déclaration du Roi et un bref de Rome pour les induites ; 2° pour cberclier quelque remède au jugement en dernier ressort que les Maîtres des Requêtes ont donné touchant les faussaires du sceau , dont ils se fussent bien passés, puisque l'on ne parloit plus de cette affaire ; et le 3® pour donner ordre aux rentes de la ville ',
i. Le maîtres des cérémonies Saintot écrivait, à cette époque, au sujet des affaires des rentiers de l'Hùtel de Ville, la lettre suivante à M. Le Tellier, secrétaire d'État :
a Ce matin , beaucoup de rentiers, au nombre de cinquante ou soixante, se sont trouvés à l'entrée de la chambre de Saint-Louis, laquelle éloit fermée. M. de la Nauve, conseiller, passant, leur IV 4