‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 5)Chapitre 49 sur 85 · LETTRES DE MOLE A MM. DUPUY, AU NOMBRE DE TRENTE-CINQ · texte numérisé non relu

LETTRES DE MOLE A MM. DUPUY, AU NOMBRE DE TRENTE-CINQ

\. Le manque d'espace nous oblige à ne donner qu'une analyse des lettres de Mole à Dupuy dont le texte n'a pas pu trouver place parmi les documents des Mémoires. Nous allons donc indiquer les faits historiques et littéraires dont elles parlent. Ces lettres sont presque toutes sans date.

Dupuy, tome DCCXCII,, lettre n" 39. «Je me propose de retourner demain pour passer les fêtes en la solitude (Champlàtreux). La prise de Danvilliers et l'emprisonnement du premier maréchal de France* donne sujet de s'y entretenir. » — N° 36. a J'ai été pour voir MS"^ le Chancelier, mais il étoit allé chez M. d'Auxerre (son frère), où la journée se passera en famille, « — N° 19. « J'ai vu la lettre de celui qui n'oublie pas ses amis aux mauvaises rencontres qui surviennent. Je lui en témoignerai mes sentiments. Mais, devant aller sur les lieux, je m'exposerai à recevoir les coups en personne; puisqu'il n'y a autre voie, je m'y résous. » — N° 20. « Je vous laisserai le jugement du procédé de celui dont vous m'écrivez. » — N° 90. « Je n'avois rien appris de la maladie de M. le Chancelier que par la vôtre, mais mon fils de Sainte-Croix m'en a dit la grandeur (une apoplexie) ; celle qu'il possède ne l'exempte pas des accidents humains. Il faut voir la fin de cette vie un peu de loin. Ce sont des pensées du désert où vous êtes regretté chaque jour. Par lettre de Catalogne on attendoit le moment d'un combat , puisque les ennemis avoient passé la Seigra. Vous avez vu la réponse faite au gazetier que l'on dit venir de Flandre , et néanmoins on y déclare tout ce qui se passe de particulier en France. Une lettre tire toujours une réponse; on a commencé er Hollande , et toutes les actions vraies ou fausses se publient sous noms empruntés. » — N" 92. « Si de Rome on vous rend grâces de ce que vous écrivez de votre main , que ne vous dois-je point : et encore ces lettres du sieur Heinsius , qui sont dignes d'être conservées.» — N° 91, « Le retour de M. de Bellièvre d'Angleterre en fait assez juger l'état trèsmisérable pour les couronnes. L'événement sera aussi peu favorable pour les petits-fils que pour le grand-père. Les premières nouvelles de Naples nous apprendront l'extrémité d'un peuple désespéré. Le siège de Crémone est levé. » — N° 98, Siège d'Ager..,. «: On y conduira difficilement du canon ; les officiers de l'artillerie l'ont prévu ; il

* Mole nous paraît faire allusion à l'arrestation du maréchal de Mariliac.

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n'y a qu'une plaine entre les armées ; on est résolu de combattre les ennemis; » la Bavière; les Suédois; la Hollande; l'évêclié de Toul.

— N° 92 bis. « J'ai parlé avec mon fils de Bayeux , qui a déjà donné ordre au payement nécessaire , en cas que les gratis ne se pussent obtenir. Je n'ai osé me le promettre en ce siècle où tout se traite par autre voie que l'ordinaire. L'argent me désobligera de tout; mais je choisirai toujours cette voie par beaucoup de considérations. J'ai extrême regret

à Dixmude puisque l'on se défend si mal. Pour l'Allemagne,

Bavière a plus gagné par un traité que par les armes ; il mérite une fois d'être payé de son infidélité. Mon fils le chevalier, après la prise d'Ager, est parti de la Catalogne et arrivé ici en huit jours. » — N° 99. Prisonniers à Grenoble ; Toul et le pape ; le beau temps, — N" 94. Toul. « Au milieu de nos jeux publics, Dixmude est attaqué. Par vos lettres du 16 on saura ce qui s'y passe , puisque le lieutenant de Dunkerque l'a permis. »

— L'Allemagne ; manifeste de Bavière ; l'Italie ; promotion au cardinalat ; M. de Bayeux. — N° 93. « Il f;mt que l'on soit bien hardi de vous attaquer ; ce sera gloire de vous seconder. Ces prétendues souverainetés diminuent l'autorité et renversent tous les ordres de la justice; ce sont des asiles et des impunités publiques. » — Paix de Munster; nouvelles d'Italie et d'Allemagne. — N° 100. La taxe de M. Valois. « C'est assez que l'on m'a donné parole; je sais bien le moyen de me la faire garder, s M. de Champlàtreux est au Pont-Saint-Esprit; il va en Catalogne. — N° 38. « J'ai bien du regret de votre mal que vous souffrez toujours avec courage; le mien diminue quelque peu. Les vieux bâtiments s'étayent bien, mais ils ne se renouvellent point ; ils durent tant qu'il en soit ordonné. Les particuliers pâtissent au milieu des intérêts publics ; ils sont trop foibles pour soutenir les coups de puissance souveraine. On se relâche souvent pour les intérêts des couronnes par des considérations que l'on ne dit pas. » — N° 54, Affliction éprouvée par Dupuy. « La fin des travaux assidus de l'année m'ayant causé quelque indisposition, j'essaye d'assurer encore le bâtiment ébranlé. » - N° 49. « On ne croira jamais, du procédé ordinaire de M. votre frère, qu'il se soit approché de son maître mettant la main sur la garde de son épée et qu'il l'ait tirée contre lui — S'il lui reste encore quelque cognoissance du bien ou du mal , il est impossible qu'il ne se repente de cette action.... Je crains tout d'un esprit tel que celui-là, et ne parle point du service que l'on lui rendra à regret. » — N° 31. « Je sçais bien que nos vies prendront fin par l'humaine condition, mais aidons-les de ce que nous pourrons en attendant l'ordre du ciel. » — N» 30. « En ce désert où vous êtes souvent souhaité.... On fera donner arrêt en tous les parlements contre cette bulle.... Elle contient choses justes, mais elle l'ordoiine avec trop d'empire.... »

— No 85. Affaire de Rome; arrêt touchant l'évocation. — N. 86. <r Votre défiance est juste en l'état du mal de mon fils, et la lettre du 10, que je viens de recevoir, me l'augmente; elle est écrite de sa main, mais j'ai

remarqué assez par le style la grandeur de son indisposition et les sentiments de son esprit. C'est assez pour troubler le calme du désert. » — N° 93 • Remercîments. — N° 13. « J'entreprends bien plus volontiers le voyage

en ce désert quand vous êtes de la partie Si vous pouvez avoir copie

du brevet accordé à la noblesse, vous m'en ferez part. Ces mouvements sans ordre peuvent produire de très-fâcheux effets ; ils commencent pour un sujet et finissent pour d'autres. » — N" 12. Affaire des rentes. « On fait rendre compte aux payeurs et aux adjudicataires à cet effet, et m'at-on promis de n'y perdre point de temps. » — N° 1 (1651). « Vous voulez que le public sçache que vous m'aimez et il y a longtemps — Achevez, je vous prie , votre ouvrage, et faites qu'on travaille à plusieurs presses et pour cause. Si vous me mandez qui est celui des cvêques qui ose entreprendre de contredire à ces vérités publiques, j'essayerai de prévenir le mal et l'arrêter en son commencement, etc. » — N° 2 (1651). « Monsieur, j'apprends que votre disposition est un peu meilleure, c'est ce qui me console au milieu du torrent d'affaires où je me vois employé (il étoit garde des sceaux). Veuille le ciel que les forces du corps puissent toujours répondre à l'affection de servir au public. On voit beaucoup d'orages qui se préparent, mais le ciel, favorable à la France , nous prêtera les secours nécessaires. Vous pouvez croire ce que je voudrois pour M. Rigault (Nicolas Rigault , continuateur de l'histoire de de Thou), mais il me semble que son âge ne lui permettra cet emploi si difficile et si éloigné du repos d'esprit, duquel il a joui au milieu de l'exercice des lettres. Continuez a m'aimer, s'il vous plaît, et croyez qu'à la vie et à la mort, je serai, etc. Ce dimanche matin 1651. » — N° 3. « J'approuve volontiers que M. Brisacier fasse valoir le nom tout ce qu'il pourra pour tout ce qui vous regarde. » — No 4. « J'ai reçu le mémoire des ouvrages de feu M. votre frère ; ils méritent tous l'impression et voudrois que l'on l'entreprît bientôt, puisque tous servent au public que l'on ne cognoît plus guère.» Voir au Trésor des Chartes les bulles qui regardent les privilèges du grand aumônier, et comme il est le véritable curé de la cour. — N° 7. « J'attends les deux volumes des Preuves des libertés, où je trouverai les actes entiers. Vous m'obligerez que je puisse avoir ceux qui ne sont imprimés, comme aussi ceux qui sont dans les recueils de M. votre frère, qui font mention que les ecclésiastiques ont été jugés dans les conciles assemblés par l'autorité de nos rois. » — N° 8. ... a II est très-extraordinaire que le Châtelet ait prononcé contre trois évêques. Si nous pouvons trouver quelques exemples de ceux qui ont été punis du dernier supplice comme les criminels de lèse-majesté, etc. s — N" 9, ( Je vous renvoie l'ouvrage de M. Rigault, qui est digne de lui et de la mémoire de feu M. votre frère (la vie de P. Dupuy). Vous en presserez l'impression afin que ses amis se consolent de le voir encore vivant. Sa vertu lui donne déjà cet avantage. » — N° 11. « Faut-il que cet ou- Trage commencé soit arrêté? M. Rigault s'en pourroit bien confier à vous

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