‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 5)Chapitre 6 sur 85 · LE SECRÉTAIRE DETAT LE TELLIER A MOLE · texte numérisé non relu

LE SECRÉTAIRE DETAT LE TELLIER A MOLE

Plaintes contre M. de la Trémoille. — Siège du château d'Angers. — Les courriers du Roi sont arrêtés.

« Monsieur , la Reine m'a commandé de vous envoyer la lettre que M^"" le Prince a, ce jourd'hui, reçue de M. le maréchal de Brézé, afin de vous informer de la conduite de M. de la Trémoille et de ceux qui sont dans le même intérêt que lui , et que vous preniez la peine d'en parler dans la compagnie, et que, par son autorité, il y soit pourvu en la manière qui sera jugée la meilleure. L'on a pensé ici qu'il y auroit deux choses à faire : l'une, que M. le Procureur Général envoyât aux officiers du présidial d'Angers le duplicata de sa dépêche , par un huissier de la Cour, ou par telle autre personne de confiance qu'il voudra choisir, à la dépense du voyage duquel Sa Majesté fera volontiers pourvoir, afin que la compagnie pût être assurée de l'état où sont les choses en ce pays, par le rapport d'une personne non suspecte; l'atitre, que, sur la requête de mondit sieur le Procureur Général, la Cour donnât arrêt portant injonction à ceux

DE IVIATHIEU MOLE. (1649.) lîî

qui n'ont point encore quitté les armes, soit dans l'Anjou ou ailleurs, de les poser, sous telle peine que Ja Cour arbitrera. Le premier expédient est tout à fait innocent et néanmoins peut produire bon effet : les officiers du présidial d'Angers recevroient un paquet qui feroit infailliblement cesser les mouvements qui sont encore dans la province, et le second semble nécessaire pour rendre public le refus que fait M. de la Trémoille de laisser publier la déclaration , afin d'avoir prétexte de continuer la guerre, et empécheroit que les malintentionnés ne pussent faire passer pour une infraction à la déclaration l'ordre que Sa Majesté se trouve obligée d'envoyer à M. de Jerzé, de s'avancer, à Angers, avec les troupes qui sont sous sa charge, et sous le commandement de M. le maréchal de Brézé, gouverneur de la province, et empêcher la suite des maux que M. de la Trémoille lui fait souffrir, lorsque toutes les autres commencent à jouir de la douceur de la paix.

« J'écris en cette conformité à M. le Procureur Général et lui mande, de la part de la Reine, qu'il concerte avec vous ce qu'il sera à faire en cette occasion, en laquelle Sa Majesté juge très-important de justifier la marche des troupes de M. de Jerzé, pour empêcher qu'on ne s'en prévale au préjudice du service du Roi et du repos public.

(( Si vous jugez devoir faire voir, lundi, à la compagnie, la lettre de M. le maréchal de Brézé*, M^"^ le

4. Voici la lettre de M. de Brézé : « J'ai fait partir, ce matin, le courrier du Roi qui m'avoit apporté les expéditions touchant la paix , et j'avois retenu celui de Votre Altesse pour lui mander de certaines nouvelles de la manière que ceux d'Angers recevroient

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