‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 5)Chapitre 7 sur 85 · K» MÉMOIRES · texte numérisé non relu

K» MÉMOIRES

Prince trouve bon que vous la reteniez, sinon il vous plaira de me la renvoyer par ce porteiu*, ou bien lorsqu'elle ne vous sera plus nécessaire. Je suis, etc. A Saint-Germain en Laye, ce 10 avril 1649. »

les ordres pour publier la déclaration du Roi. Mais, Monseigneur, voyant le temps passé auquel l'un de mes gardes, qui avoit porté à Angers les dépêches de Sa Majesté et le paquet de M. le Procureur Général avec une de mes lettres , devoit être de retour, je crois que Tavis qu'un marchand m'a donné qu'il étoit arrêté et celui qui alloit à Ciiâteau-Gonthier, pour la même chose, est vél'itable ; et ce qui m'empêche d'en douter, c'est que je suis trèsassuré qu'ils pressent, avec toutes les diligences possibles, le travail du château, et que leur mineur y est attaché. Ce qui confirme encore cela, c'est. Monseigneur, qu'il fut publié hier dans Angers, avec trompette et tambour, une ordonnance de M. de la Trémouille portant défense expresse de ne point dire ni croire que la paix fût faite, sous peine d'être déclaré perturbateur du repos public.

« L'on m'a donné avis de bonne part qu'ils retiennent généralement tous les courriers, pour empêcher que la déclaration du Roi ne soit publiée, se fondant sur l'article qui leur donne trois jours de temps après ladite publication, et cependant ils espèrent pouvoir exécuter leur dessein contre le château

« Toutes ces raisons-là. Monseigneur, m'ont fait envoyer deux gentilshommes, l'un après l'autre , pour faire hâter M. de Jerzé avec les troupes qu'il conduit; mais j'ai bien peur que le retardement qu'il a fait par les chemins ne le fasse arriver trop tard. C'est pourquoi, je crois qu'il seroit très-important qu'il plût à Votre Altesse d'envoyer ordre pour qu'elles se diligentassent, et même que le régiment d'infanterie d'Orléans s'y joignît, d'autant qu'il y a sujet de croire que M. de la Trémouille ne manquera pas d'assembler là tout ce qu'il pourra de troupes, et, dès aujourd'hui, il a commencé à marcher quelque trois cents chevaux, qui ont passé à Thouars pour se rendre auprès de lui, auquel csAJRe secours de la place se rendroit fort difficile, tant à cause du passage des rivières que de sa situation que l'on ne sçauroit aborder sans de fort grands défilés, et ainsi on n'auroit pas trop de tout.

« La Boulaye partit d'Angers le jour de Pâques pour aller as-

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