DISCOURS DE MOLE SUR CE SUJET
Je reçus cette lettre le samedi 9. Elle ne put être présentée au Parlement que le mercredi 13, à cause des fêtes survenues. Je dis à la Cour : Nous apportons, par commandement du Roi, des lettres de cachet, avec le Mémoire des justes causes qu'il a de déclarer la guerre à l'Espagne. On ne peut assez recognoître sa bonté envers la compagnie, puisqu'il lui plait lui faire communiquer les raisons de son conseil , qui ne peuvent être que très-légitimes. INous y trouvons de trèsgrands avantages, puisque les trois motifs qui permettent de déclarer la guerre et la tenir pour juste et nécessaire, se rencontrent en celle-ci : la puissance du souverain qui a droit par sa couronne de l'ordonner comme il lui plait ; la cause exprimée en ce Mémoire, qui regarde la nécessaire défense de l'honneur de la couronne et la conservation de l'État, et la fin, puisque Sa Majesté n'a autre but que la paix générale de la chrétienté et le repos de ses sujets. Aussi se peut-on promettre que le ciel continuera ses bénédictions , et
\. Collection Colbert, t. II, p. 213. — Le Roi écrivit aussi au Parlement, sur ce même sujet, une letre en date du 13 juin. (Voy. les registres de cette Cour, séance dvi 18 juin.)
que, prêtant la main, o-n verra de jour en jour des effets plus avantageux de sa puissance en faveur de la France, et que cette grande et puissante compagnie animée par l'esprit de son prince secondera ses desseins et lui rendra toujours , en toute occasion , des preuves de sa fidélité. Nous supplions donc la compagnie, suivant Tordre du Roi, que le Mémoire * soit lu les Chambres assemblées , afin que chacun cognoisse ses justes intentions ^
MOLÉ AU GARDE DES SCEAUX SÉGUIER
Difficultés pour la vérification de l'édit relatif aux contrôleurs des consignations.
« Monseigneur, aussitôt que l'on m'eut pressé de prendre les conclusions, je ne manquai de vous écrire les raisons des difficultés qui se trouvoient en l'édit, et me promets que vous aurez reçu maintenant les miennes. La déclaration touchant les décrets volontaires est exécutée es lieux où il a plu au Roi; on n'y a donné aucun empêchement, quoiqu'elle n'ait été registrée au Parlement, de sorte qu'ordonnant maintenant que ce droit se prendra sur les deniers revenant des décrets , c'est un pareil effet et la difficulté sera ôtée. Quant à celle qui regarde les notaires, vous recognoitrez, s'il vous plaît, que c'est contre tout ordre que le receveur des consignations se passe quittance à soi-même des deniers desquels il est débiteur