Voyez ce IMémoire à V Appendice aux Mémoires de Mole
2. Collection Colbert, t. II, p, 204. — Ce discours fut imprimé et envoyé par les bailliages avec le Mémoire , duquel j'ai laissé l'original au Parlement, avec la lettre de cachet contenant les justes causes des armes du Roi contre l'Espagne. [Note de Mole.)
comme dépositaire public, et néanmoins cela arriveroit, puisque les receveurs des consignations sont les contrôleurs et qu'ils ont levé les offices. Si toutefois ces considérations ne sont point assez puissantes pour y apporter quelque remède , je serai toujours prêt d'obéir; cé*Tne sera toujours un regret extféme , si mes actions sont regardées d'autre face que la droite; mais la consolation me restera d'avoir recherché toutes occasions de témoigner l'inviolable fidélité que je dois. Je serai toute ma vie *, etc. 3 juin. »
REPONSE DU GARDE DES SCEAUX SEGUIER
« Monsieur, je vous dépêche mon secrétaire pour vous donner avis que les conclusions que vous avez prises ont été mal reçues , et que l'on estime qu'elles rendent l'édit entièrement inutile, les traitants ayant déclaré qu'ils ne vouloient demeurer dans leurs propositions, si les modifications que vous avez requises sont suivies par le Parlement. J'avois témoigné hier au conseil ce (jue vous m'aviez mandé , et le Roi et Monseigneur le Cardinal en demeurèrent satisfaits; je crains que l'avis qu'il auroit de vos conclusions ne change la bonne disposition que j'avois ménagée. Je vous prie de croire que ce que je vous écris n'est pas sans sujet, ni aussi sur la seule considération de l'édit, et vous puis assurer que j'ai trouvé, arrivant, que l'on avoit travaillé à votre préjudice dans l'esprit de 3Ionseigneur le Cardinal. J'aurois regret que rien se passât à votre préjudice, en une affaire où vous pouvez , sans blesser votre conscience et ce que vous
i. Collection Colbert, t. VI, p. 239.
devez à votre charge, donner contentement au Roi. Je vous conjure, si vous pouvez y apporter quelque remède, dt? le faire, vous assurant que je désire votre contentement et qu'il ne s'offrira aucune occasion de vous servir, que je ne vous témoigne avec affection que je suis, Monsieur, votre*, etc. m
MOLÉ AU GARDE DES SCEAUX SÉGUIER
Il rend compte de ses efforts pour faire vérifier au Parlement l'édit des contrôleurs des consignations.
« Monseigneur, j'oserai vous rendre compte de ce que j'ai contribué pour aider à vérfier l'édit d'augmentation du droit du contrôleur des consignations, puisque les deniers qui en proviendront doivent être employés, avec beaucoup d'autres, pour l'honneur de la couronne, la paix de la chrétienté et l'assurance du repos de la France. Je m'y recognois d'autant plus obligé, qu'il vous a plu m'honorer des vôtres sur ce sujet. J'ai donc souscrit aux dix deniers à lui attrihués de nouveau, ne jouissant auparavant que de deux par son édit de création. Mais cet office ayant été ci-devant supprimé au Parlement , par lettres patentes, qui ont été vérifiées, j'ai cru que ce surcroit de droit n'y pouvoit être levé, puisqu'il n'y avoit plus d'officier. On a aussi ajouté que cette augmentation se prendroit sur les décrets volontaires. Et l'édit ou la déclaration qui a introduit cet usage n'ayant jamais été vu de la Cour, il a été difficile d'y prêter consentement. Cette clause, pouvant être ôtée de l'édit, ne diminueroit rien en effet du secours que le Roi s'en promet. Il est aussi porté que le contrôleur
i. Collection Colbert , t. VI, p. 238.
signera les quittances et les autres actes des consignations , ce qui a toujours accoutumé d'être fait par les notaires et tabellions. Cet ordre nouveau regardant la sûreté publique, qui ne permet pas que les receveurs des consignations, qui ont levé les offices de contrôleurs , se passent eux-mêmes les quittances des sommes qu'ils doivent, j'ai demandé que les notaires fussent conservés en la fonction ordinaire de leurs charges. Ce sont les trois difficultés qui se sont rencontrées en l'édit proposé et les raisons d'icelles, pardessus lesquelles néanmoins il me sera bien aisé de passer, s'il vous plaît me le commander, puisque je n'aurai jamais autre gloire que celle de l'obéissance. Tous vos soins ne regardant que le public, et sçachant mieux que pas un autre les nécessités de l'État, qui doivent servir quant à présent de souveraine loi, chacun soumettra volontiers son jugement au vôtre.
« Cette victoire signalée, obtenue sur les Espagnols, par toute sorte de considérations est une marque visible de la continuation des faveurs du ciel et de l'obligation d'un chacun pour contribuer ce qui sera en son pouvoir pour l'exécution de si justes entreprises. Elle nous fait espérer qu'un si heureux commencement sera suivi de beaucoup d'autres effets, qui feront enfin cesser les desseins de cette monarchie vmiverselle qui sont tramés, il y a si longtemps, et que les avantages de la France seront assez puissants, par le bonheur de vos prudents et généreux conseils , pour donner la paix aux autres couronnes et non plus de la recevoir à leur volonté. Pardonnez donc , s'il vous plaît, Monseigneur, si au milieu de tant de grandes et importantes affaires qui surviennent de jour en jour.
j'ai osé écrire de celle-ci : il est vrai que les plus petites pièces servent à la conduite des grandes machines. Aussi vos soins continuels et votre merveilleuse prévoyance, en tout ce qui peut toucher le public, me serviront d'excuse à cette liberté , qui me donnera encore le moyen de vous assurer de la fidélité que je rendrai toute ma vie à l'honneur de vos commandements , auxquels personne n'obéira avec plus de soumission que , Monseigneur, votre trèshumble, très-obéissant et très-obligé serviteur \ Ce 4 juin 1635. »
LETTRE DU ROI A MOLÉ
Pénurie de l'État. — Il faut vérifier l'édit du contrôleur des consignations. — Plaintes du Roi.
« Notre amé et féal, comme nous vous avons déjà fait entendre notre volonté sur le sujet de l'enregistrement de notre déclaration, faite en conséquence de notre édit de création d'un commissaire des consignations, avec charge bien expresse de représenter à notre cour de Parlement l'extrême nécessité de nos affaires et le besoin que nous avons d'être promptement secourus^ de ce qui en doit provenir, nous trou-
1 . Cette lettre fut sans doute communiquée à Richelieu , puisqu'on trouve au verso la note suivante : «M. le Garde des Sceaux sçaura la volonté de Mgr. le Cardinal sur cette lettre par M. de BuUion. >» — L'original de cette lettre fait partie de la collection Saint-Germain des Prés (n° 709, t. III, p. 2), et se trouve dans un volume qui provient de chez le chancelier Séguier. La minute autographe de cette même lettre est dans la collection Colbert dite des Cinq Cents (papiers Mole), t. VI, p. 2S9 (Bibliothèque impériale ).
2. En même temps , le Roi fut oblige de demander un subside au clergé pour lui aider à supporter les frais de la guerre. Le
DE M4THIEU MOLE. (1635.) 3n
vons bien étranges les longueurs qui y ont été apportées jusques à présent, et ce qui s'est fait en cela pour retarder l'exécution de nos volontés'; ce que nous sçaurons bien démêler en temps et lieu, avec la cause pourquoi cela s'est fait et ceux qui en sont les auteurs. Ayant même été avertis qu'aucuns députés des Enquêtes se sont présentés pour prendre part en la délibération jà encommencée, à laquelle ils ne peuvent et ne doivent prendre part , et comme notre intention est que cette affaire ne reçoive plus de retardement : à ces causes, nous voulons et vous mandons et très-expressément enjoignons par ces présentes, que vous ayez, dès demain matin , à présenter à notre cour de Parlement les lettres que nous lui écrivons sur ce sujet , et, conformément à icelles , à faire au même instant les diligences et réquisitions qui seroient nécessaires pour la publication et enregistrement de nos susdites lettres de déclaration , selon leur forme et teneur, sans qu'il y soit apporté davantage de longueur ni retardement, comme en chose grandement importante au bien de notre service. Et où lesdites cbambres des Enquêtes se voudroient trouver en la Grand'Chambre, sur le jugement de ces affaires,
clergé accorda immédiatement un million d'or, somme modique, dit Richelieu (j1/e/7?., t VIII, p. 482), pour laquelle on voulait préalablement demander l'agrément du Pape.
1. Le 2S juin, pendant que les trois Chambres discutaient encore sur cet édit, messieurs des Enquêtes vinrent demander l'assemblée de toutes les Chambres pour délibérer sur ce sujet : ce que le Premier Président leur refusa, parce que cet édit avait été vérifié le Roi séant en son lit de justice. Néanmoins, les Enquêtes renouvelèrent la même demande le 30 du même mois, mais elle fut encore repoussée par un refus du Premier Président.
nous voulons qu'avec l'assistance de nos avocats, vous ayez à les en empêcher formellement , et à requérir tous ensemble qu'il soit passé outre à la délibération sur cette affaire, aux trois Chambres seulement, ainsi qu'elle y a été commencée. En quoi vous ferez tous bon devoir, selon que nous l'attendons de votre fidélité et affection à notre service, et nous rendrez compte bien exact de tout ce qui se sera passé dans dimanche prochain. Si n'y faites faute, car tel est notre plaisir *. Donné à Fontainebleau, le 29* jour de juin 1635. »
LETTRE DU ROI A MOLE
Les religieux jacobins de Paris.
« Monsieur Mole, je vous renvoie des religieux jacobins de la maison de Paris, lesquels m'ont fait entendre en avoir été chassés, parce qu'ils veulent embrasser la réforme de ladite maison, et que vous avez quelque cognoissance de cette affaire, dont je serai très-aise que vous vous en informiez amplement, pour y mettre ordre de ma part, et les faire rentrer et recevoir en ladite maison , si vous voyez qu'ils aient eu quelque bon dessein que vous deviez appuyer, suivant mes bonnes intentions, étant honteux que des religieux mènent la vie qu'ils sont contraints de faire pour n'avoir point de retraite : dont, à cette fin, je me repose sur vous et prie Dieu vous avoir, Monsieur Mole, en sa sainte garde \ Écrit à Saint-Germain en Laye, ce 21" jour de juillet 1635. »
i . Collection Colbert, t. V, p. 224.
2. Cette lettre est entièrement de la main du Roi, et n'a pas été contre-signée par un secrétaire d'État. (Collection Colbert, t. V, p. 224 bis.)
DE MATHIEU MOLE. (ItlSPi.) 315
LETTRE DE 3I0LÉ A M. DUPUT
Nouvelles d'Allemagne.
« Monsieur, je vous rends mille grâces des bonnes nouvelles que je tiens d'autant plus avantageuses en ce moment , qu'elles feront honte à ceux qui ont cidevant publié le retour honteux des troupes du Roi'. Nous en primes dès lors bon augure et devons attendre beaucoup d'autres effets des progrès de Banier-, lesquels continuant, doivent tirer de là les forces de l'Empire, et nous laisser la liberté d'entreprendre ce que nous voudrons. Croyez que je serai toujours ', etc.
(( Surtout assurez M. de Thou de mon très-humble service. De votre jour de repos et du mien. »
LETTRES DU CARDINAL DE RICHELIEU A MOLE
Documents du Trésor des Chartes à communiquer. — Ordre de rechercher les gentilshommes qui ont quitté l'armée du Roi.
« Monsieur, M. de Chandenier, qui est de mes anciens amis et parent, ayant besoin de certains terriers
A . La famine avait obligé notre armée à se retirer d'Allemagne. Voyez, sur cette retraite honorable, le Mercure français, t. XXI, p. 34, et, dans la Gazette de Renaudot, p. 4ol , le récit de la défaite des Impéiiaux par le cardinal de la Valette, et la levée du siège de la ville de Deux-Ponts.
2. Banier avait livré bataille à l'armée du duc de Saxe près de Demmin, et lui avait taillé en pièces plus de six mille hommes. Ce prince avait abandonné les Suédois et fait sa paix avec l'Empereur à Pirna. (Richelieu, p. 3o3 et 357.) — Voyez, dans la Gazette de Renaudot ^Extraordinaire du mois de juin 1635, p. 305), un document relatif à une conjuration contre Banier et Oxenstiern , et le récit des batailles en Allemagne contre les Saxons pendant le mois d'août (p. 548).