‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 109 sur 167 · Mêmes collection et volume, j · texte numérisé non relu

Mêmes collection et volume, j

jamais semblable entreprise ait été faite contre l'autorité royale, et au temps que le feu Roi, notre très-bonoré seigneur et père , en pareille occasion , au siège d'Amiens, fut en notre Cour pour y faire publier en sa présence les édits de création nouvelle, l'obéissance lui fut rendue tout entière, et incontinent après les officiers de la nouvelle création furent reçus. Nous estimons que la même obéissance nous doit être rendue : et afin de conserver notre dignité tout entière , nous avons défendu au Premier Président et à tous les autres présidents de notre Parlement de souffrir, sous peine d'encourir notre indignation, aucune assemblée. Ce que nous vous enjoignons aussi très-expressément, et de vous opposer ouvertement , en cette occasion , à ceux qui contreviendront à notre volonté, et de nous informer particulièrement de leurs noms, étant résoluy s'il se trouve quelqu'un si téméraire , de le faire cbâtier sévèrement , comme perturbateur du repos public et ayant dessein d'empêcber nos justes intentions, fondées sur la nécessité assez cognue d'un cliacun, pour les causes que nous avons fait entendre à notredite Cour, n'ayant autre but que de maintenir notre royaume contre les Impériaux et Espagnols, qui font tous les efforts pour y entreprendre. JNous vous ordonnons aussi de tenir la main que, toutes affaires cessantes, il soit procédé à la réception des officiers de nouvelle création, étant dûment informé que, comme il y a beaucoup de gens de bien en notre Cour, il y en a aussi qui s'éloignent de leur devoir, et que tout le mal vient de quelques-uns des Enquêtes. A quoi nous sommes résolu de pourvoir, en telle sorte que nous saurons bien empêcber semblables

désordres à l'avenir, nous trouvant enfiii obli§^é de lever et ôter la surséance verbale du feu Roi, notre seigneur et père, sur l'exécution de la déclaration publiée en notre Parlement, en sa présence, par laquelle il est ordonné que les Enquêtes ne doivent assister aux délibérations des édits et autres affaires publiques , et que la seule Grand'Chambre en auroit la cognoissance , comme persojii^ expérimentées et capables de juger des affaires d'État plutifc)t qu'eux, lesquels, sans expérience, ne peuvent donner leur avis en telles rencontres. Ce qui vous fait assez clairement cognoître ce qui est de notre volonté, dans laquelle nous sommes résolu de demeurer tellement ferme , que nous tenons comme impossible de pouvoir souffrir ni endurer que notre autorité soit blessée de la sorte. Nous trouvant de plus grandement étonnés que notre Procureur Général ait permis qu'en pleine Grand'Chambre, ledit sieur Laisné ait entrepris de demander l'assemblée des Chambres pour entendre la lecture des édits publiés en notre présence, et aviser à ce qui étoit à faire pour le bien el honneur de la justice, et cependant qu'il fut sursis; nous nous promettions à ce point du dû de sa charge et de son affection, qu'il ne manqueroit de nous donner avis d'une telle entreprise; vous enjoignant, à ce défaut, de retirer la feuille du registre de nôtredite Cour, du 22 du présent mois, et de la mettre en nos mains au plus tôt pour y prendre les résolutions que nous jugerons à propos pour le bien et avantage de notre service'. Si n'y faites faute, car tel est notre

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