Collection Colbert, t. VI, p
2. Ce fut en effet ce même jour, iO novembre, que fut signée la capitulation de Corbie. {Mémoires de Richelieu^ t. IX, p. 249.)
3. Mole fait allusion à la terreur de la ville de Paris lors de l'arrivée de la nouvelle que les Espagnols avaient passé la Somme. Voy. la note ci-dessus, p. 3ol.
ble'. C'est la suite des bénédictions du ciel, qui fera naître l'occasion en laquelle je pourrai être assez heureux de vous témoigner, par effets^ que je suis', etc. Ce 1 1 novembre 1636.
« Le peu d'ordre que l'on donne aux boues des rues de Paris, qui causent l'infection partout, m'oblige, Monseigneur, de vous faire ressouvenir de prescrire ce que vous jugerez nécessaire. »
LETTRE DU CHANCELIER SEGUIER A MOLlÊ,
Prise de Corbie, — Il n'y a pas eu de traité secret. — Elle est due aux bons conseils du cardinal de Richelieu.
« Monsieur, vous avez eu raison de douter de la reddition de Corbie, lorsque vous avez reçu ma lettre, qui ne vous en donnoit aucun avis. Il est vrai que je l'avois post-datée d'un jour, et celte erreur a été cause que vous avez jugé qu'il n'y avoit certitude en la nouvelle qui couroit. Enfin Dieu a mis la main à l'ouvrage et a chassé nos ennemis en la force de son bras ; les instruments et les causes secondes dont il s'est servi y ont beaucoup contribué ; mais il a voulu laisser quelques marques et témoins de sa providence et du soin qu'il prend à la justice de notre cause. Il est vrai que les ennemis pouvoient tenir cette place encore quelque temps et donner de l'incommodité à notre armée, qui peut-être se fut affoiblie par les misères du temps : tout d'un coup, l'étormement leur a pris et se sont ré-
1 . Le Roi ordonna de célébrer par un Te Dcum la prise de Corbie et la retraite des ennemis de la Bourgogne. La lettre écrite par Louis XIII au Parlement, datée de Chantilly, 15 novembie , pour inviter la Cour à assister à cette cérémonie, est transcrite dans les registres du Parlement, séance du 17 du même mois,
2. Collection de Saint-Germain des Prés, n° 709, t. IV, p. 64.
DE MATfflEU MOLE. (1636.) 371
soins de se rendre , sans assurance qu'ils le dussent encore sitôt. Le même esprit de lâcheté de Sanronet leur a fait faire cette action : je crois que celui qui commandoit dans la place ne gardera pas sa tête longtemps'. L'on a fait courir des bruits, pourôterla gloire aux armes du Roi, qu'il y avoit un traité secret*; cela est éloigné de la vérité et vous prie de le croire : mais on n'oublie aucun artifice pour dérober la grâce des sages conseils que Son Éminence a donnés d'attaquer cette place de force. Sans cette résolution , il est vrai de douter qu'elle eût arrêté les armes du Roi plus de quatre mois. Son Eminence donne tous ces événements à la providence de Dieu, et m'a dit qu'il voyoit bien que Dieu vouloit mettre les affaires en une égale balance pour les porter à une juste paix.
i( Vous avez sçu la nouvelle, qui vient d'arriver, de
1. Le Roi écrivit en effet au Parlement, le 15 novembre, en ces termes : « Nos amés et féaux , la perfidie et déloyauté commise par aucuns des habitants de notre ville de Corbie en la reddition de cette place es n-.ains de nos ennemis, et depuis en la résistance qu'ils ont faite à nos armes, nous ayant donné sujet, après l'avoir réduite comme nous avons fait, par la grâce de Dieu, en notre obéissance, de les déclarer criminels de lèse-majesté; nous avons fait expédier nos lettres de déclaration nécessaires pour cette affaire , lesquelles nous vous envoyons avec la présente , vous ordonnant de procéder, toutes affaires cessantes et postposées, à l'enregistrement pur et simple de nosdites lettres de déclaration et de les faire entretenir, garder, etc. Donné à Chantilly, le 17 novembre 1636. »
2. M. le comte de Soissons avait fortement blâmé le plan d'attaque de vive force de la ville de Corbie, après la circonvallation achevée, parce que ce i)lan avait été proposé au Roi par le maréchal de Cliâtillon et adopté par Louis XIIL Après le succès de cette entreprise, et afin de l'expliqr.er, M. le Comte fit circuler le bruit d'un traité secret fait avec le commandant de la place. (Mémoires de Michelieu, t. IX, p. 255.)
la défaite d'une partie des troupes de Galas; il y a deux mille prisonniers, quinze cents morts sur la place, grand nombre de chariots pris et onze canons. Nous espérons que cette armée ne se retirera pas sans quelque nouvelle perte; cela nous donnera moyen de retournera Paris, où je vous assurerai plus particulièrement que je suis*, etc. D'Amiens, ce 16 novembre 1636. ))
LETTRE DU EOI A MOLE
La déclaration du Roi en faveur de ses chirurgiens doit être enregistrée.
« Monsieur Mole , je vous ai ci-devant écrit pour l'enregistrement de la déclaration que j'ai fait expédier en faveur de mes chirurgiens ordinaires et servants^ : ce que n'ayant été exécuté suivant mon intention, qui a du être assez cognue sur ce sujet, j'ajoute encore la présente, de ma main, pour vous témoigner que c'est chose que je désire, afin que, s'il s'y rencontroit aucune difficulté , l'on ait à la lever et procéder audit enregistrement, suivant ma volonté : dont je vous recommande l'exécution pour ce qui regarde votre charge; ce que je me promets aussi bien volontiers , et je prie Dieu, vous avoir. Monsieur Mole, en sa sainte garde ^ Écrit à Noisy, ce 1 6^ jour de décembre 1 636. »
i. Collection Colbert, t. VI, p. 225.
2. Les déclarations du Roi en faveur des chirurgiens de sa maison se renouvelaient souvent. Louis XIII étendit ensuite ces mêmes privilèges à ceux dç la maison de Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, Ils avaient pouvoir d'exercer leur métier partout où résidait cette princesse , de tenir boutique de chirurgie et enseigne de chirurgien où sont les armes de Mademoiselle, malgré l'opposition des jurés , gardes-barbiers et de la communauté des maîtres chirurgiens de Paris.