MOLÉ AU CHANCELIER SÉGUIER
Chambre de l'Édit. — Capitulation de Corbie, — Retraite des ennemis de la Bourgogne.
« Monseigneur, j'ai reçu la chambre de l'Édit encore assez à temps et la porterai après-demain ; mais, considérant la date de la vôtre du 10 , qui ne parle point de la capitulation de Corbie, m'a fait douter des bruits qui courent et que l'on tient assurés de la reddition bien proche ^ Ces étrangers se souviennent, peut-élre, des articles proposés lors du siège de la ville d'Amiens et voudroient prendre les mêmes avantages. Ce n'est pas que, s'ils n'ont eu l'esprit de se rendre, ils ne soient bientôt perdus ; il restera de plaindre le malheur des esprits françois, qui, ne pouvant souffrir atteinte, se croient perdus au premier sinistre accident'. On dit que ce démon a passé en Guyenne, et que, dans l'effroi, ils permettent que les ennemis prennent avantage. C'est l'effet de la faction qui précède ces entrées , qui sera encore bientôt dissipéepar les justes armes du Roi.
« Je vis hier lettre de Bourgogne, qui confirme la retraite du chef des armes de l'Empire, avec perte nota-