VICTOIRE DE RHEINFELD PAR LE DUC DE SAXE-WEIMAR
La lettre suivante du Roi, écrite au Parlement, fut apportée par le sieur Saintot , lieutenant des cérémonies, pour la victoire du duc de Weimar, près Rheinfeld : ({ Nos amés et féaux, ayant reçu nouvelles du grand succès qu'il a plu à Dieu de donner à notre très-cher et très-amé cousin , le duc Bernard de Saxe- Weimar, devant Rheinfeld', où, avec Tarmée étrangère que nous lui entretenons , il a entièrement défait une puissante armée composée de toutes les forces que le roi de Hongrie et la ligue de ses alliés avoient du côté du Rhin, et a signalé sa victoire par le gain de trente-cinq cornettes de cavalerie, vingt-cinq drapeaux, et par la prise des généraux de trois armées, appelés Jean de Werth, le duc Savelly et Spervilher, d'un général major, de plusieurs colonels et de plus de mille autres prisonniers, entre lesquels il y a grand nombre d'officiers. Nous avons beaucoup de sujets d'en remercier la divine bonté de tout notre cœur, avec tous les témoignages de réjouissance qui nous sont possibles :
1 . Le siège de cette ^^lle fut entrepris au mois de février 1638 ; Jean de Werth et Savelli , à la tête des troupes bavaroises et impériales, s'avancèrent pour la secourir; mais ils furent battus et faits prisonniers. Le dîic de Weimar continua ensuite les opérations du siège de Rheinfeld, et la ville se rendit bientôt après. Voy. les articles de la capitulation dans le Mercure francnis , t. XXII, p. 3. Le duc Savelli trouva moyen de s'évader pendant qu'on le conduisait en France; mais, par ordre du Roi, Jean de Werth fut enfermé au fort de Vincennes. Les Mémoires du cardinal de Richelieu contiennent aussi de grands détails sur le fait d'armes de Rheinfeld, t. X, p. 238.
c'est pourquoi nous VOUS mandons, par cette lettre, que vous ayez à vous trouver demain, en corps, en l'église de Notre-Dame de notre bonne ville de Paris, pour assister au Te Deum que nous y ferons chanter, avec les cérémonies en tels cas requises et accoutumées , pour rendre grâces à Dieu de Fheureux commencement qu'il a voulu donner, en cette année, aux justes desseins de nos armes. Et nous remettant sur le sieur de Saintot, maître de nos cérémonies, de vous donner l'heure où vous aurez à vous trouver à ladite cérémonie, nous ne vous en ferons celle-ci plus longue. Donné à Saint- Germain en Lave, le 14 mars 1638. ))
Ce qui a été exécuté ce jourd'hui , 1 5 mars 1 638, en la manière accoutumée, mais en robes noires \