‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 24 sur 167 · LETTRE DU GARDE DES SCEAUX AU MEME · texte numérisé non relu

LETTRE DU GARDE DES SCEAUX AU MEME

« Monsieur, ma dernière lettre servira, s'il vous plaît, de réponse à celle que j'ai reçue de vous, écrite du même jour. Ainsi, n'ayant rien à y ajouter, je ne vous la ferai plus longue, que pour vous assurer que j'aurai toujours grand soin des intérêts du Parlement, et des vôtres en particulier, étant, Monsieur, votre^, etc. Fontainebleau , ce 29 mai 1631 . »

Le vendredi 30 mai, M. de Mesmes prévint la Cour que Sa Majesté ayant eu avis que le Parlement avoit arrêté que les gens du Roi se transporteroient par devers lui , pour le supplier de trouver bon que MM. Gayant , Barillon et Laîné revinssent faire leur charge. Sa Majesté, qui a soin des affaires qui concernent ladite Cour, avoit voulu prévenir les désirs d'icelle et l'avoit chargé de venir donner avis à la Cour que chacun des exilés recevroit, cejourd'hui, une lettre pour leur faire entendre que le Roi avoit agréable leur retour pour vaquer à l'exercice de leurs charges. M. le Premier Président dit alors : « Que le Parlement n'avoit jamais douté de la bonté et justice du Roi ; que, si Sa Majesté eût été informée au vrai de tout ce qui s'étoit passé dans les délibérations et qu'elle eût fait l'honneur à la Cour de l'entendre, elle n'auroiteu sujet d'indignation contre elle et contre les trois susnommés. Qu'il espéroit que Sa Majesté voudroit prendre

i. Collection Colbert, t. CCXIII, p. 138. 2. Idem, p. i36.

un soin très-particulier de l'iionneur de cette compagnie, pour adoucir ou plutôt effacer ce qui s'étoit passé, les 12 et 13, contre l'honneur de la Cour, qui se trouve flétrie par de tels actes, étant l'unique moyen de fortifier le courage de tous, pour bien faire et bien servir, w

le parlement refuse de recevoir une lettre du duc d'orléans.

Le mardi 1^"^ juillet, il arriva, pendant l'audience, un gentilhomme pour présenter à la Cour un paquet de la part de Monsieur, frère du Roi, pour le service et affaires de Sa Majesté, Il dit qu'il en avoit ci-devant fait présenter un autrs à la Cour, qui n'avoit point été vu par elle j ce dont il faisoit plainte, et qu'il avoit commandement de présenter ledit paquet à la Cour, comme il le faisoit. Les gens du Roi furent mandés : M. le Premier Président ayant été au conseil dit à ce gentilhomme qu'il se retirât au greffe et qu'à la levée de l'audience la Cour aviseroit sur cette affaire. Et, étant presque l'heure, le Premier Président fit retirer les avocats, procureurs et autres, et manda ledit gentilhomme et l'autorisa à répéter ce qu'il avoit dit, puis il se retira au greffe. Les gens du Roi requirent alors que le paquet clos et ce gentilhomme fussent envoyés au Roi : ce qui fut arrêté par la Cour.

Le 3 juillet, j'informai la Cour que, suivant sa délibération le greffier Etienne Foullé avoit porté au Roi le paquet qui avoit été envoyé par Monsieur, son frère, et que le Roi en sçavoit bon gré à la Cour, comme il a fait voir par la lettre close que je remis immédiatement.

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