REDUCTION DE MANTOUE
Le 2 octobre , Tranchot, mon substitut, porta à la Chambre des Vacations les lettres de cachet du Roi, desquelles la teneur ensuit : « De par le Roi. Nos amés et féaux , la nouvelle que nous avons eue de la réduction de la ville de Mantoue, nous a semblé de telle
conséquence pour l'affermissenîent qu'elle apporte à la paix publique de l'Italie et, par contre-coup, à celle de la chrétienté, qu'elle mérite d'être divulguée, et d'autant plus que c'a été le but de nos armes et de nos travaux que Dieu a bénis, et cette couronne en conserve la prérogative en laquelle elle étoit de protéger les princes oppressés. Nous vous donnons part de ce succès, lequel, par divers respects, se rend considérable, et la bonne foi avec laquelle le traité a été exécuté nous donne autant de contentement que la gloire avec laquelle la ville de Casai avoit été défendue; laquelle a été d'autant plus grande, que cette action s'est trouvée accompagnée de justice et dénuée de toute ambition, n'en ayant point eu que d'établir les choses aux termes de la raison , mais tenant un chacun en la possession du sien. A quoi voyant 1 Empereur concourir, nous en ressentons de la joie, dont l'objet est pris plutôt du soulagement qu'en recevront les peuples chrétiens, que du désir de s'accroître en quelques prises et de voir exposé à la ruine et désolation auxquelles les provinces sont soumises, où la nécessité v attire des armées. Si , des succès éloignés, il peut être tiré des conséquences pour les choses plus proches, de celuilà pouvons inférer le peu d'assistance que doivent espérer, des princes étrangers, ceux qui veulent troubler la France, n'y ayant point d'apparence de croire qu'ils rendent des places qu'ils ont occupées par la force de leurs armes , pour ne rompre avec nous , et qu'au même instant ils veulent donner des forces pour envahir cet État, à la conservation duquel étant obligés, il n'y aura moven dont nous ne nous servions pour le défendre d'oppression à l'avenir, et justifier, de
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même qu'il a été fait de nos premiers desseins , qu'ils ont été entrepris avec prudence et exécutés avec valeur, et que notre règne sera toujours accompagné des bénédictions du ciel, comme nous en prions le Créateur. A quoi nous estimons que vous contribuerez de vos vœux. Donné à Vandœuvre, le 29 septembre 1 631 . »