Collection Coibert, t. CCXIII, p
la Grand'Chambre seulement, on pouvoit aussi ne parler point de cette affaire les Chambres assemblées et se contenter de la traiter en la Grand'Chambre. Mais le dessein n'a été autre que , mêlant plusieurs affaires ensemble, faire qu'il n'en fût résolu aucune, faire semblant, dedans le Parlement, d'être jaloux de l'honneur de la compagnie et , sous main , par une contraire action, donner des avis au Roi pour l'opprimer, et traversant l'ordre accoutumé, ne faire rien ni pour l'un ni pour l'autre.
C'est bien loin de traiter les affaires par un droit esprit , et , par la force de l'autorité royale et par la justice, les conduire à l'effet nécessaire, représenter les justes causes qu'il y a de les avancer ou de les retarder, et par la créance que l'on a acquise par une suite de bonnes actions , faire valoir le nom royal et obliger la compagnie de suivre sadite volonté en droites intentions.
La délibération étant commencée, devoit être achevée le lundi 1" décembre. Et ce jour, les lettres de cachet du Roi^ furent portées en la Grand'Chambre par le Procureur Général du Roi , par lesquelles le
1. Voici la teneur de ces lettres de cachet : « De par le Roi : Nos aniés et féaux, ayant été avertis que vous vous étiez assemblés cette semaine extraordinairement , nous vous faisons cette lettre pour vous défendre très -expressément de passer outre en votre délibération, ni d'en faire expédier aucun ai-rèt, sous peine de désobéissance et d'encourir notre indignation, vous ordonnant, incontinent la présente reçue, de députer, et sans délai, par devers nous , le premier et second président et six de la compagnie, pour nous faire entendre le sujet de ladite assemblée, lesquels vous chargerez des remontrances que vous avez délibéré de nous faire par votre dernier arrêt, et de tout ce que vous aurez
Roi défend de passer outre en la délibération et en faire expédier aucun arrêt , sous peine de désobéissance, avec commandement de députer le premier et deuxième président , et six de la compagnie pour faire entendre le sujet de l'assemblée et faire les remontrances arrêtées par le dernier arrêt, quoique cassé. Et comme ces lettres ne pouvoient avoir effet que pour l'avenir et que la délibération commencée alloit à faire remontrance au Roi , qu'il lui plaisoit de
à nous représenter pour le bien de la justice et observation de nos ordonnances. Sur quoi vous devez croire que nous les entendrons volontiers. Vous ne manquerez donc d'obéir à ce qui est sur cela de notre intention , car tel est notre plaisir. Donné à Château -Thierry, le 29* jour de novembre 1631.» (Collection Colbert, t. CCXIII, p. 146.)
Cette lettre étoit contenue dans une autre lettre du Roi adressée au Procureur Général, et dont suit la teneur : « Notre amé et féal, nous envoyons à notre cour de Parlement la dépêche ci-enclose, sur l'avis qui nous a été donné qu'elle s'étoit assemblée cette semaine extraordinairement, afin de lui défendre très-expressément, comme nous faisons, de passer outre à sa délibération, ni de faire expédier aucun arrêt, sous peine de désobéissance et d'encourir notre indignation, lui ordonnant, incontinent ladite dépêche reçue, de députer, et sans délai, par devers nous, le premier et second président et six de la compagnie , pour nous faire entendre le sujet de ladite assemblée, ainsi que vous verrez qu'il est plus particulièrement exprimé par ladite dépêche , laquelle vous aurez à présenter à notre Cour, lundi matin, sans y faillir, et nous certifier, le jour même et dès le soir, par courrier exprès , de la diligence que vous aurez apportée à l'exécution de nos commandements, car tel est notre plaisir. Donné à Château-Thierry, le 29 novembre 1631.» (Collection Colbert, t. CCXIII, p. 148.)
Je portai, en effet, lesdites lettres le lundi 1"" décembre. Il y eut arrêt par lequel il fut arrêté de passer outre. Il est tel que s'ensuit : « Ce jour, la Cour, toutes les Chambres assemblées délibérant sur l'arrêt du Conseil du 24 novembre dernier, poitant cassation de l'arrêt de ladite Cour du 1 5 dudit mois, par lequel auroit
commander que l'on l'allât trouver pour ce sujet, on avisa de parachever, afin qu'allant trouver Sa Majesté, on lui fît aussi les remontrances sur l'arrêt du Conseil*; ce que j'écrivis au Roi et au Garde des Sceaux, en ces termes :