‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 42 sur 167 · Jbid., p · texte numérisé non relu

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pour très-préjudiciable à l'ordre public, et l'opinion étant demeurée à M. Scaron, il pensa continuer le lendemain. Je reçus, en sortant du Palais, un nouvel avis de la part de M. de Bullion* en ces termes : « Monsieur, j'ai un extrême regret d'être au lit et de ne pouvoir aller moi-même vous dire de boucbe ce que je vous écris par ce mot : qui est que M. de BuUion , ayant pris la peine de venir cliez moi à cette heure , m'a parlé sur ce qui s'est passé au Parlement, et m'a dit qu'il appréhendoit que, demain, il ne fût arrêté qu'on exécutât l'arrêt qui avoit été donné : ce qui ofTenseroit fort le Roi et qui mettroit les choses au pis; et qu'il croyoit que, la lettre patente étant envoyée , pourroit mettre remède à cela, et que même il vous en avoit hier écrit son avis, et qu'il vous conseilloit de ne vous point charger seul de ce retardement-là. Ce qui m'a donné sujet, comme votre très-humble serviteur, de mettre la main à la plume pour vous donner cet avis, afin que, par votre prudence, vous regardiez ce que vous avez à faire , et que si quelqu'un vous prie différer cette affaire-là et qu'il arrivât que le Roi s'en fâchât, que pour le moins vous puissiez faire en sorte qu'on ne fasse point tomber le manquement sur vous seul. Yous suppliant de croire que ce que je vous en mande, n'est que croyant y être obligé, comme étant votre très-humble et obéissant serviteur ^

« De Paris, le 10 décembre 1631 . Testu. »

i. Cet intendant des finances était fort dévoué au cardinal de Richelieu. Il fut nommé l'un des commissaires extraordinaires chargés déjuger le maréchal de Marillac, et M. de Bullion fut, avec le chancelier Châteauneuf, du nombre des juges qui votèrent la peine de mort.

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