‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 47 sur 167 · LETTRE DE MOLE A M. LE GARDE DES SCEAUX · texte numérisé non relu

LETTRE DE MOLE A M. LE GARDE DES SCEAUX

«c Monseigneur, ensuite des lettres de cachet du Roi du 7 décembre , j'ai reçu ses lettres patentes par lesquelles il lui plaisoit défendre les assemblées des chambres de son Parlement et les remontrances par écrit. Et, suivant le commandement de Sa Ma-

1 . La fin de cette lettre contient de nouveau le récit relatif aux lettres patentes portées au Parlement, le 11 décembre, et dans les mêmes termes que dans le Narré ci-après, p. 109. (Collection Colbert, t. CCXIII, p. 166.)

2. Paul Ardier, président en la Chambre des Comptes de Paris, auteur de divers ouvrages. (Collect. Colbert, t. CCXIII, p. 168.)

DE MATHIEU MOLE. (1631.) iOl

jesté, je les ai présentées à la compagnie, qui a arrêté qu'elles me seroient rendues. Comme cette résolution est extraordinaire , aussi essayai -je d'eu apprendre les causes. En voulant continuer l'ordre accoutumé des compagnies, on pouvoit satisfaire à la volonté du Roi, qui étoit témoignée si expressément, en différant pour quelque temps les assemblées , et se promettre d'obtenir en attendant ce que l'on pouvoit désirer.

« J'ai reçu le pouvoir donné à M. le comte de Soissons, cela nous fait perdre l'espérance de revoir bientôt notre prince, il préfère la gloire de la France et le repos de son État à tout autre contentement. Je n'en peux recevoir aucun, que quand je serai honoré de vos commandements , auxquels j'obéirai avec toute la fidélité désirée \ Ce 12 décembre 1631. »

Le 1 3 décembre , toutes les chambres de la Cour s'assemblèrent , et l'on manda les audienciers commissaires de la chancellerie, les secrétaires du Roi et Chesnard, qui entrèrent dans la Chambre. Les audienciers et secrétaires ont alors dit que Chesnard n'avoit pu venir à cause de son indisposition. M. le Premier Président leur a demandé si, au préjudice des défenses qui leur avoient été faites par la Cour, ils avoient levé autres droits que les anciens sur les lettres de la petite chancellerie. Ils ont dit qu'en conséquence d'un arrêt du Conseil et d'une lettre de M. le Garde des Sceaux, ils ont levé le nouveau droit ordonné par la déclaration du Roi du 1 6 octobre dernier. Eux retirés, la Cour ordonna que les arrêts ci-devant donnés sur le sujet de ladite

i. Collection Colbert, t. CGXIII, p. 169.

augmentation du sceau seroient exécutés selon leur forme et teneur, et suivant iceiix , fit itérative inhibitions et défense auxdits audienciers, conseillers secrétaires du Roi , et audit Cliesnard taxer et lever sur les lettres de la petite chancellerie autres droits que les anciens , sous les peines portées par les arrêts des 24 novembre et 1" décembre derniers, et autres plus grandes s'il y échet , et aux procureurs de ladite Cour et autres , payer pour le sceau de ses lettres autres que les anciens droits, sous les mêmes peines \

LETTRE DE MOLE A M, DE LA VILLE- AUX-CLERCS

« Monsieur, je recognois par celles que vous m'avez fait le bien de m'écrire le 1 2, que je viens de recevoir présentement, quels soins vous avez pris. Je vous ai depuis mandé , par lettres du 13, ce qui s'étoit passé sur le sujet des lettres patentes portant défense au Parlement de s'assembler. J'ai eu un extrême regret qu'en rendant au Roi l'obéissance qu'on lui doit , il n'y ait eu moyen de lui donner plus de sujet d'accorder ce qu'on lui peut justement demander. Les assemblées du Parlement ont continué jusques à ce jour, sur le sujet des commissions et des commissaires, comme aussi pour l'augmentation du sceau, et sont demeurées en leurs premiers arrêts, qui ont été signifiés. L'éloignement du Roi ne nous laisse guère d'espérance de voir bientôt la fin que l'on demande. Il semble que les affaires qui se commencent emportent un long séjour. Si vous me donnez quelque part de ce qui se passe, je me tiendrai infiniment obligé

i . Collection Colbert, t. CCXIII, p. 178.

et ne manquerai aussi de vous rendre toujours ce que je vous dois, et d'essayer d'être recognu partout, Monsieur, votre % etc.

« Du 1 5 décembre 1 631 . »

« Notre amé et féal, désirant être éclairé de ce qui s'est passé en notre Parlement , sur la présentation de nos lettres patentes qui lui ont été adressées pour empêcher l'assemblée des Chambres , nous voulons , vous mandons et très-expressément enjoignons par ces présentes, que vous ayez à nous donner promptement et exactement avis de tout le succès de ces affaires, trouvant bien étrange que vous ayez retardé jusques ici à nous en informer^, selon que nous vous

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