RÉPONSE DE MOLE
Même sujet.
« Vous m'obligez infiniment de me donner part de l'exéculion d'une affaire si importante à 1 honneur de la France et à la gloire de notre prince; tant est qu'il porte la peine de sa mauvaise volonté contre la France : le duc de Lorraine n'est plus duc par la ratification du traité. Il reste de prendre possession de Nancy en dépôt , en quoi, contre leur ordinaire procédé , il se faut promettre qu'ils n'y mettront plus de demeure. Je ne doute point qu'en la démission des Etats, on ne désire principalement celle de la Duchesse et l'autorité de son mari seulement à cet effet : autrement ce seroit confirmer leur prétendue loi salique et lui donner un pouvoir qu'elle n'a pas. Par ce moyen, le cardinal frère lui rendra son État aussi facilement qu'il l'a reçu et ne le gardera peut-être qu'un jour, comme le duc de Vaudémont père fit quand il se voulut faire déclarer duc françois. Je ne parle pas de la jeune sœur, d'autant que le père, par son testament, en a disposé au profit de l'aîné. Si on rend ces États, retenons pour le moins ce qu'il a usurpé sur la France et sur les Évéchés, et si l'on accorde délai pour l'hommage, qu'il ne jouisse plus à l'avenir des droits souverains qui lui ont été honteusement délaissés. Il semble que si la paix est faite en Lorraine, qu'il ne sera plus nécessaire d'envoyer ni galériens ni vagabonds. J'attendrai vos ordres.