Collection Dupuy, t. DCCXCII, lettre xxvi
2. «Le roi déclara son voyage et que les Reines en seroient, et que la cour iroit par Troyes, oix elle séjourneroit les f'cles de Pâques, u [Mémoires de Biiciiits, p. 50.)
étant près d'en partir, nous avons bien voulu vous en informer. Dès lors nous vous recommandâmes d'avoir soin de la ville où notre Ut de justice repose, et d'y contenir nos sujets en l'obéissance qu'ils nous doivent, dont l'exemple porte coup aux provinces les plus éloignées de notre royaume. Ce n'est pas maintenant le désir de voir qui nous tire en aucune, mais la réputation de l'État qui nous engage à passer outre, et pour empêcher la violence et l'oppression qu'aucuns de nos voisins veulent exercer contre d'autres dont nous avons pris en main la défense , obligé à ce faire par une généreuse raison et pour empêcher que la puissance de ceux à qui tout duit ne s'élève à ce point de pouvoir faire ombre et porter dommage à cette couronne. Déjà nos armées, sous la conduite de notre cousin le cardinal de Richelieu , à vue de celles du duc de Savoie soutenues de celles de l'Empereur et du Roi Catholique , ont pris la ville et citadelle de Pignerol \ assuré un passage en Italie, recommandable par son assiette, et dont la prise est plus glorieuse par la justice dont elle se trouve accompagnée, puisqu'elles nous ont acquis la possession de ce qui étoit nôtre, et remis à la France ce qui lui étoit détenu par un prince que les bienfaits n'ont su obliger, et lequel n'auroit d'État si nos mêmes armes ne le lui avoient conservé; dont les ancêtres ont dû à la libéralité des nôtres ce qu'ils ont possédé, et lui la Savoie à la seule générosité du feu Roi notre père. Tant de manquements et tant de divisions dont il a été l'auteur,
i . Pendant que le duc de Savoie, renfermé dans Turin, s'y fortifiait en toute hâte, l'armée du Roi alla investir Pignerol. Cette ville fut prise presque aussitôt qu'attaquée, le 23 mars 1630.