Collection Colbert, t. VI , p
LETTRE DU ROI A MOLE
Retour du duc d'Orléans en France.
(( Notre amé et féal, nous vous envoyons nos lettres patentes en forme d'édit, du mois d'octobre dernier \ portant déclaration de notre volonté, tant pour ce qui concerne le retour de notre très-cher et très-amé frère le duc d'Orléans , en ce royaume ^ , et ses intérêts , que pom' ceux qui l'ont suivi et servi hors icelui; et vous mandons et ordonnons que vous ayez à les présenter tout incontinent en notredite Cour, et à en requérir et poursuivre instamment la publication et enregistrement , selon leur forme et teneur , sans
i . Depuis le commencement d'octobre , le R^oi avait signé les clauses d'un accommodement avec son frère; elles devaient être acceptées dans un délai de quinze jours , et exécutées dans trois semaines. Le duc d'Orléans , pressé d'en finir, quitta Bruxelles secrètement le 8 octobre, comme pour aller à la chasse, et se rendit à la Capelle, qui était la ville de France la plus voisine de Bruxelles. Il vint de là à Ecouen (voy. V Appendice)^ après avoir obtenu la permission du Roi de se présenter devant lui. L'entrevue eut lieu, le 21 octobre, à Saint-Germain, en présence de toute la cour. Elle fut très-affectueuse de part et d'autre. Il est à présumer que le secret de la négociation du retour du duc d'Orléans en France ne [lermit pas de porter au Parlement la déclaration du Roi du mois d'octobre (voy. le texte de cette déclaration dans le Mercure françois, t. XX, p. 877), avant le 23 novembre; et, le 9 mars suivant, cette même cour enregistra aussi d'autres lettres du Roi qui, à l'occasion de la joyeuse entrée de son frère le duc dOrleans, créaient en toutes les villes de son royaume, deux maîtres jurés de toute sorte d'arts et métiers.
2. Louis XIII a écrit de sa main une relation particulière du retour de Monsieur, son frère, en France. Le manuscrit autographe appartient à la Bibliothèque impériale; des extraits en furent imprimés avec quelques modifications dans la Gazette de Renaudot. Nous rétablissons ce texte dans V Appendice aux Mé' moires de Mole,
qu'il y soit apporté aucune longueur ni difficulté. Si n'y faites faute, car tel est notre plaisir'. Donné à Saint-Germain en Laye, le 23'jour de novembre 1 634.»
4. Collection Colbert, t. V, p. 218 bis. — Ces lettres furent vérifiées au Parlement le 27 novembre.
Libelles contre les religieux. — Lettre de Richelieu à Mole. — Il faut faire enregistrer l'édit des contrôleurs des consignations. — Le Roi est mécontent des modifications apportées à cet édit par Mole. — Nécessité de l'enregistrer à cause de la pénurie de l'Etat. — Abolition en faveur des financiers. — Victoire remportée sur les Espagnols à Avein. — Récit de cette victoire. — Elle détruira le projet de monarchie universelle des Espagnols. — Pénurie de l'Etat. — Te Deum. — Rupture entre la France et l'Espagne. — Discours de Mole à ce sujet.
— Opposition du Parlement à l'édit des contrôleurs. — Efforts de Mole pour obtenir cet enregistrement. — Le Roi écrit au Parlement les motifs de la rupture avec l'Espagne, — Plainte du Roi à l'occasion du refus du Parlement d'enregistrer l'édit des contrôleurs. — Les religieux jacobins de Paris. — Nouvelles d'Allemagne. — Trésor des Chartes.
— Poursuites contre les gentilshommes déserteurs. — Nouvelles diverses. — Mole mandé chez le Roi. — Honneurs à rendre au Cliancelier dans le Parlement. — Lit de justice du Roi. — Vérification de divers édits. — Le comte d'Harcourt. — Refus du Parlement d'enregistrer l'édit de création des nouveaux offices. — Narré de Mole.
— Arrestation de plusieurs membres du Parlement.