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TÉMOIGNAGE DE MON AFFECTION SINCÈRE

Prosper HULLIN.

AVANT-PROPOS

Modeste praticien de province, mais épris de l'amour de mon art, attentif à recueillir en mon particulier tout ce qu'une grande pratique m'offrait d'intéressant, je m'étais borné jusqu'ici à jeter de loin en loin quelques courts Mémoires dans nos recueils périodiques les plus estimés. Je ne songeais nullement à les réunir en corps d'ouvrage; mais la pensée que je n'avais pas, des amis, trop indulgents peut-être, l'ont eue pour moi; ils semblent croire que ces Mémoires, quelque indépendants qu'ils soient les uns des autres, tireront de leur rapprochement un inté-

vin AVANT-PROPOS.

rêt auquel ils ne peuvent prétendre séparément. Je nie suis laissé persuader, et je cède à leurs conseils dont je ne puis du moins suspecter la sincérité.

Entre tous les sujets que j'ai traités, il en est un qui me tient particulièrement à cœur : c'est peut-être le plus facile, mais, à coup sûr, il est le plus utile, car il intéresse tout le monde sans exception; je veux parler de la pratique de la vaccine et de la revaccination.

Les bienfaits de la vaccine ne font plus question parmi les médecins ni dans le monde éclairé; mais le temps, ce grand juge des inventions humaines, a modifié un peu les idées des premiers vaccinateurs : je me flatte de n'être pas entré un des derniers dans cette nouvelle voie.

En 1829, nous n'étions, à ma connaissance, que vingt-huit médecins à soutenir qu'une seule vaccine ne suffisait pas pour préserver tous les sujets sans retour; mais, en même temps, nous enseignions le moyen de compléter par une seconde vaccination ce que la première pouvait avoir laissé d'incomplet.

Aujourd'hui tout le inonde, en France et hors de France, paraît se rapprocher de la minorité

AVANT-PROPOS. ix

de 1829; comment ne serais-je pas fier d'en avoir été, quelque petite que soit la place que j'y ai tenue! On vaccine, on revaccine partout, et on fait bien.

L'avenir de la vaccine, je ne crains pas de le dire, est dans la revaccination, non moins que dans le renouvellement du vaccin.

Voici maintenant l'ordre dans lequel j'ai cru devoir ranger les Mémoires qui composent cet ouvrage :

Instruments et procédés pour détruire les polypes de l'utérus, du vagin et du rectum.

Instruments obstétriques.

ni

Réflexions pratiques et phrénologiques sur un cas remarquable d'éclampsie.

Fracture comminutive du tibia et du péroné, guéri à l'aide d'un maillot et d'un corset.

AVANT-PROPOS

De la vaccine, de la variole, des revaccinations. — Nouveau mode opératoire à l'aide d'une lancette spéciale. — Moyens de conserver le vaccin.

De la dysenterie épidémique de Mortagne (Vendée), en 1849.

Group épidémique à Mortagne (Vendée), en

Voyage médical à Paris, en 1832, à l'occasion du choléra. — Rapport à M. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, après ma mission officielle dans l'Aube, en 1854.

Sur la valeur thérapeutique du tannate de quinine.

Appareil fumigatoire.

AVANT-PROPOS

De l'utilité de l'établissement des salles mortuaires d'attente.

Ma mission au congrès médical de Paris, en

Nous avons réservé pour la fin de ce travail la solution d'un problème qui ne peut manquer de paraître singulier; mais je prie le lecteur de suspendre son jugement :

Trouver le moyen de débarrasser, sans instruments, une vessie danà laquelle s'était glissé un crayon de cinq centimètres de long sur un diamètre de six millimètres.

Voilà tout ce que j'ai rassemblé dans ce volume après trente-deux ans d'une pratique étendue et qui a passé pour être heureuse : heureux moi-même si mon exemple peut exciter l'ému-

Mi AVANT-PROPOS.

lation des honorables confrères qui me liront et livrés comme moi aux pénibles travaux de la pratique des champs ! . . .

Mortagne (Vendée), juin 1862.

DE

PROCÉDÉS ET INSTRUMENTS NOUVEAUX POUR DÉTRUIRE LES POLYPES DE L'UTÉRUS, DU VAGIN ET DU RECTUM.

Levret a donc fait une très-belle découverte en imaginant un procédé simple et facile pour porter une ligature sur le pédicule des polypes cachés profondément dans le vagin; un grand nombre de malades ont dû la vie à cette précieuse opération.

(Montfalcon, Dictionii. des sciences médic, t. XL1V, p. 246.)

Ce n'est qu'après avoir soumis mon appareil aux appréciations de chirurgiens éclairés; ce n'est qu'après les avoir mis à même de constater les services importants que ces instruments m'ont rendus, dans des cas très-difficiles, que ces confrères m'engagèrent à les faire connaître et

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à publier les succès sur lesquels on peut raisonnablement compter. Quelque précieux que me fussent ces conseils, j'ai cru, avant d'entreprendre ce travail, devoir étudier les appareils les plus usités dans la pratique. Après les avoir examinés avec attention, il me fut démontré que ceux auxquels les opérateurs accordent le plus de confiance présentent cependant de nombreuses et graves imperfections; ceux que je propose me paraissent si supérieurs, que j'aurais cru manquer à ma conscience si, peu soucieux des infirmités de mes semblables, j'avais gardé un plus long silence.

Toutefois, je n'ai pas voulu me faire le seul arbitre de mes procédés; j'ai cherché des juges impartiaux, j'ai soumis mon appareil au jugement de plusieurs sociétés savantes; je l'ai présenté à l'Académie impériale de médecine. Voici l'opinion de cette illustre compagnie :

« Le docteur Prosper Hullin, de Mortagne (Vendée), a présenté à l'Académie de médecine des instruments destinés à lier les polypes utérins. Ce fut la nécessité, mère de l'industrie, qui le conduisit à imaginer ces instruments. II avait, ainsi qu'un autre confrère, échoué dans des tentatives réitérées pour porter une ligature autour du pédicule d'un énorme polype utérin, en se servant des instruments ordinaires; c'est

alors qu'il imagina ceux dont je vais donner la description, etc., etc.

« M. P. Hullin rapporte dans son travail l'observation intéressante d'une malade sur laquelle il a fait une application prompte, facile et heureuse de ses instruments, malgré le volume énorme du polype

« Si maintenant nous recherchons, avec M. Hullin, les avantages qu'ils présentent, nous voyons qu'ils offrent une simplicité extrême : point de canule, point de pince brisée, comme dans l'appareil de Desault; ils sont d'un emploi beaucoup plus sûr que les porte-ligatures de Sauter, qui se terminent par une simple fourchette à leur extrémité.

« La possibilité de passer les aiguilles dans l'anneau du serre-nœud dispense de cette manœuvre difficile qui consiste à faire passer audessus du fil de la tige à pince brisée le fil que conduit la canule.

« Quant à la modification que présente l'extrémité inférieure du serre-nœud, son mécanisme est plus compliqué que celui du serrenœud de Desault, mais il nous semble plus efficace.

a Nous adressons cependant deux objections à ces instruments: la première, c'est la difficulté que l'on peut éprouver à contourner le polype

avec une tige aussi petite que celle de l'aiguille conductrice ; la seconde, c'est la crainte que l'anneau du serre-nœud ne blesse et n'ulcère la face interne du vagin ou le col de l'utérus, en raison du diamètre très-grand qu'il présente; néanmoins, nous sommes forcés de reconnaître que ces objections sont purement théoriques, et que, jusqu'ici, la pratique a prouvé que les résultats sont en opposition avec ce que l'on pouvait redouter (1). »

La première imperfection reprochée à mon instrument, j'ai trouvé, je crois, le moyen delà faire disparaître (p. 44 et 46), et j'ai prouvé par de nouveaux faits (p. 47), que les inconvénients signalés par la seconde ne se sont pas présentés.

En même temps que je sollicitais le jugement de l'Académie de médecine de Paris, j'adressais mes instruments à la Société de médecine d'Angers, ainsi qu'à la Société impériale académique de Nantes. Le Bulletin de la Société de médecine d'Angers en parle en ces termes :

« Tels sont, messieurs, les instruments à l'aide desquels M. Hullin a délivré sa malade du polype énorme qui distendait le vagin, et qui avait causé des désordres fonctionnels nombreux et graves. Ces instruments simplifient singulièrement les

(1) Extrait du rapport fait à l'Àcad., Bulletin de l'Académie de médecine, t. VIII, p. 610.

manœuvres si souvent laborieuses dans la ligature des polypes. La courbure des aiguilles permet, en effet, de contourner facilement les polypes d'un certain volume et d'atteindre aisément leur pédicule. Mais ce qu'il y a de véritablement ingénieux dans l'appareil de M. Hullin, c'est la manière dont le serre-nœud arrive sur le pédicule en glissant sur les deux aiguilles, qui, en se dégageant, entraînent la ligature avec elles; au moyen de ce mécanisme si simple, on évite le croisement quelquefois difficile des porte-nœuds, et Ton conduit plus sûrement le serre -nœud jusque sur le pédicule du polype (1)... »

Le rapport de la Société impériale académique de Nantes n'est pas moins explicite : « En présence des instruments de M. Hullin, il nous semble que l'art s'est encore enrichi, et que cette conquête est d'autant plus précieuse, qu'elle porte le véritable cachet du perfectionnement : simplification des moyens et facilité de la mise en œuvre.

« L'idée de porter deux tiges flexibles percées d'un chas d'aiguille a dû venir à bien des opérateurs; mais comment les retirer sans déranger le fil dans la position qu'elles lui en avaient donnée? Là paraissait exister une impossibilité. Aussi

(i) Rapport du docteur Daviers. Bull., 1' année, p. 75.

Sauter s'était-il borné à employer deux baleines échancrées d'où le fil s'échappait au moindre frottement. M. P. Hullin a vaincu la difficulté en ayant l'heureuse idée de faire traverser à ses aiguilles l'anneau du serre-nœud, d7y engager ainsi le fil naturellement, et surtout de le maintenir fixé là où il avait été fixé par elles. Rien de semblable ri avait encore été produit.

« Il est à remarquer que, quel que soit le procédé que Ton adopte, ligature ou excision du polype, l'appareil de M. Hullin y trouve place de la manière la plus avantageuse (1)... »

Je pourrais multiplier ces extraits; mais ceux que je viens de citer suffisent pour donner une juste idée de mes instruments.

Ce mémoire se divise en trois parties : la première concerne l'invention et l'application de mon appareil; la seconde comprend tout ce qui est relatif à la nouvelle méthode du fractionnement des polypes au moyen des ligatures coup sur coup; la troisième partie se rapporte à la section d'un col utérin cancéreux, à l'aide d'une ligature.

(I) Rapport du docteur Guénier. Bull, de la Société académique, 1842.

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