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HUITIÈME JOUR

Les neuf, dix et onzième jours

plus petites que celles du nou- les croûtes se dessèchent au cenveau cow-pox, elles sont peu tre, commencent à noircir et ne éclatantes et commencent à noir- tombent, que du vingtième au cir. Les neuf, dix et onzième trentième jour, jour, les croûtes se dessèchent et tombent du vingt au vingdeuxième jour, il est rare de les voir persister au delà.

Les croûtes détachées laissent des cicatrices en rapport avec l'étendue du bouton ; celles qui existent sur le bras droit sont larges, profondes et gaufrées; les gauches sont peu apparentes et ne laissent de trace qu'un point blanc et rond de quatre millimètres de diamètre environ, sans autre marque à la peau.

Telles furent nos premières observations; mais les virus après avoir vécu quelque temps à côté l'un de l'autre (1), il survint de ce voisinage un changement notable: le plus fort réagit sur le plus faible et lui communiqua une vivacité qu'il n'avait pas; ainsi, l'ancien bouton devint plus volumineux, plus enflammé et plus éclatant; ce surcroît de vie néanmoins ne fit rien ni à la chute des croûtes, ni à la profondeur des cicatrices, elles restèrent les mêmes. J'aurais bien

(1) Ces virus ont été transmis de la sorte durant six semaines sur cinq enfants, c'était le nombre qu'on vaccinait tous les huit jours, et pour éviter tous autres contacts, je vaccinais avec deux lancettes distinctes.

désiré prolonger ces expériences et voir si, à la longue, l'ancien eût acquis l'énergie du nouveau cow-por.; mais, n'ayant eu à une séance qu'un enfant à vacciner, l'ancien fluide fit défaut et celui de 1853 seulement me resta. Cette circonstance, bien que fâcheuse, n'a pas entravé mes recherches. J'acquis bientôt la certitude qu'à lui seul, il faisait naître les phénomènes dont nous avons parlé.

Il me reste à signaler la facilité avec laquelle se transmettait la vaccine : elle était telle, cette facilité, que sur 120 enfants inoculés pour la première fois avec ce virus, je n'ai constaté que deux cas d'insuccès, tandis qu'avant son apparition, je le répète, mes tentatives avaient échoué fréquemment.

Connaissant ainsi son énergie, je voulus savoir comment il se comporterait dans la revaccination ; en conséquence, je revaccinai, à diverses époques, 59 sujets; sur ce nombre , je n'ai constaté que 23 insuccès (1) ; ainsi, dans un cas comme dans l'autre, le virus a montré la même activité et la même facilité de transmission.

En général, les cicatrices des revaccinés ont été moins profondes et moins apparentes, que celles de la première vaccination.

(1) Presque deux succès sur trois opérés; chiffre énorme que je n'avais pas encore obtenu.

DES REVACCINATIONS. 285

Le grand nombre de succès obtenus chez les revaccinés doit donc nous donner à penser que l'énergie plus ou moins vive du virus est une cause puissante qui favorise ou contrarie ces sortes d'opérations.

En nous rappelant les phénomènes, qu'en 1836, nous présenta le cow-pox de Passy, et les comparant avec ceux que vient de nous fournir le cow-pox de Chartres, nous trouvons entre eux des analogies et des différences.

4° Le cow-pox de 1853 ne fut pas accompagné de fièvres aussi longues ni aussi fortes que celles que fit naître le cow-pox de 1836; voici les différences :

2° Le gonflement des glandes axillaires ne fut ni aussi fréquent ni aussi douloureux, accident que je n'ai rencontré cette année que sur deux enfants (1), enfin les glandes, en 1853, n'ont point aussi fréquemment abcédé qu'en 1836.

Je conclus : 1° que le cow-pox de 1853 a présenté une énergie que je n'ai vu dans aucun autre fluide depuis 1836; 2° que ces deux cow-pox, à leur apparition, ont produit des phénomènes qui avaient entre eux les plus grandes analogies.

(1) Toutefois, je dois dire que n'ayant pas visité exactement tous les vaccinés, le chiffre des malades a, peut-être, été plus élevé.

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