DES SALLES MORTUAIRES D'ATTENTE
tombent devant un examen sérieux. Ainsi l'on mit en avant les frais considérables que nécessiterait l'érection de ces maisons (1).
Ne devons-nous pas penser qu'il se trouverait dans les localités des âmes généreuses qui viendraient au secours du gouvernement et qui, dans leur propre intérêt, doteraient ces établissements?...
On parle aussi des difficultés de trouver des hommes aptes à surveiller les cadavres?. .. Quelle différence y aurait-il donc entre les médecins attachés à ces maisons et ceux qui dans Paris vont constater les décès particuliers?... Je trouve encore « qu'après avoir surveillé des milliers de cadavres sans en avoir vu revivre un seul, l'attention se lasserait, le zèle s'éteindrait, etc., etc. » Que nous fait, je le répète, l'extrême rareté de ces cas; ne suffit-il pas qu'un seul de ces malheurs ait été constaté pour que les philanthropes s'occupent des moyens d'y obvier?...
C'est ici l'occasion de rappeler la fin tragique de l'abbé Prévôt, que nous trouvons reproduite en ces termes: « Devenu vieux, l'abbé s'était retiré à Saint-Firmin pour fuir le chagrin de la ville. Un jour d'automne il traversait seul la forêt de Chantilly; soudain, il s'arrêta, chancela
(1) Dictionnaire de médecine, tome XVI, page 525. — Bouchut, Traité des signes de la mort. Paris, 1849, page '211.