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extravagance , et ne ressemblant en rien à (•elles d^honnétes marchands qui ont éprouvé des mallieurs. JVtais déterminée, ajoutai-je, à me mettre à la discrétion de mes créanciers. S^ils voulaient me donner du temps, je pouvais les satisfaire , en leur abandonnant la totalité de mon traitement, et ne me réservant pour vivre que mon bénéfice.
L'alderman applaudit beaucoup à cette résolution. Il ne mVvait, dit-il, indiqué ce recours que pour sonder ma probité; et puisque je dédaignais si généreusement de me libérer par une voie injuste , il allait dresser pour moi un sauf-conduit, qu^il signerait le premier, et ferait signer aux autres créanciers. Il ne doutait pas même qu^ils ne vinssent à mon secours. Il tint sa promesse, et m^avança quelque argent pour les besoins du moment.
M. Rich me reçut à bras ouverts. Mon engagement fut bientôt signé, et je fus tranquille à cet égard. Mon sauf-conduit fut signé de même par tous mes créanciers, excepté par une personne qui déclara qu^elle ne ferait aucune poursuite pour le recouvrement de sa dette; mais qu^anl promis solennellement de ne jamais signer aucun papier quel-
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conque, elle ne pouvait mettre son nom à cet acte.
M. Digges était aile dans le pays de Galles, pour y attendre mon retour; y ayant, pour lui, quelque inconvénient à passer en Irlande, il n'avait pu venir mV chercher. Il m'^attendait près de Holy-Head, ne sachant pas que je fusse passée par Chester. On lui dit un jour, qu'un seigneur, qui se rendait à Londres, avait traverse la ville avec une actrice. La dame , ajoutait-on , était une petite femme brune , qui semblait faire ce voyage contre son grë. M. Digges en conclut que ce devait être moi. En vrai chevalier errant, il courut après les voyageurs , pour arracher sa dulcinée des mains de son ravisseur. Il ne les joignit qu'à Holywel, où on lui dit qu'ils et aient couches; mais ses craintes diminuèrent quand on ajouta qu'ils occupaient des appartemens sépares. Il attendit avec impatience le moment de leur lever , et découvrit alors que la personne qui lui avait donne' tant d'alarmes, n'était autre que lord Ferrers. Celuici avait été en Irlande pour empêcher sa sœur, qui avait pris la fuite, de monter sur le théâtre , comme elle en avait le projet; et il rêve-
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naît avec elle à Londres. Le portrait qu^on avait fait de la dame à M. Digges me ressemblant dans tous les détails, sa méprise était très-naturelle. Heureux de voir qu'ail sVtait trompé , il partit sur-le-champ pour Londres. Faisant, un soir, une visite chez mistriss Saint-Léger ; j\Tperçus aux bras d\me dame mes brasselets : je ne pouvais m''y tromper, ils étaient ornés des lettres G. A. B. , formées, d\in côté , en diamans , et de Fautre , en bleu d\'mail , et entourées de brillans. Le joaillier Maison ne ave me les avait fait payer 240 liv. Comme M. Cracroft m''avait dit que tous mes bijoux avaient été démontés, je ne pus m''empêcher de faire observer à la dame qu''elle me faisait trop dlionneur de se parer de m on chiffre. Je sus alors aue M. Calcraft lui avait fait
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présent des brasselets; j^appris aussi qu'ail avait donné à Famie dont j''ai parlé plus haut, mes plus belles boucles d^oreilles, qui, chez le même bijoutier, m''avait coûté cinq cent soixante-dix livres. îl lui avait donné de même plusieurs autres articles, entre autres un anneau à œillet de diamant, pierre sans égale dans son genre.
Je compris alors pourquoi on prétendait
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avoir envoyé chez un ouvrier ces pierreries, pour les démonter : on sait assez que les préteurs sur gages ne prêtent jamais sur les diamansleur valeur totale, parce que la mode? qui en varie souvent la forme, en change le prix. Il est donc certain que Bibby ne m''aurait pas avance deux mille livres sur des bijoux qui nVussent depuis été vendus que onze cents. Sitôt que j^eus fait cette découverte , je fis intenter contre M. Calcraft une demande pour la valeur totale de ces objets. Ce procès fut terminé à Tamiable au mois de mars suivant ; mais la transaction ne détruisit pas Fintention que M. Calcraft avait eue de me frauder. Une pareille bassesse ne justifie-t-elle pas tout le mépris avec lequel je vous ai parlé de celui qui en fut capable? Sa fausseté , sa vile avarice motivent assez la haine qu'il m'avait inspirée , et personne apparemment ne me blâmera d'avoir rompu toute liaison avec un homme qu'il mVtait impossible de ne pas détester.
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