LETTRE LXXVII
29 août 17 — ^
Lors de mon premier engagement à Edimbourg , les habitans de Glasgow avaient offert de construire une salle par souscription, si notre troupe voulait promettre d^y jouer en été. Nous y consentîmes volontiers. Les citoyens de cette ville sont opulens et passent pour magnifiques. La salle étanl bâtie , nous nous faisions, de ce voyage, un plaisir, tant à cause de la perspective de bénéfice qu^il nous offrait, que par Tidée que nous nous étions formée du lieu et des habitans. La déesse de la Déraison (cVtait le sobriquet que nous avions donné à miss Wordley, parce quelle avait joué ce rôle pour le bénéfice de M. Wilkinson) attendait avec une impatience dVnfant notre sortie de la capitale. Les affaires du théâtre m^ayant obligée de me rapprocher de la ville , jWais quitté Bonnington pour revenir à Edimbourg. A
cette occasion, David Hume (i) eut la complaisance de me prêter son appartement dans le faubourg de Cannon-Gate.
Lorsque nous fûmes prêts à partir , après avoir payé mes mémoires je trouvai que je n^avais pas assez dVrgent pour les frais de voyage. Ma maison consistait alors en miss Wordley , moi , et trois domestiques. Les voitures étaient demandées , nous attendions qu'elles arrivassent à la porte. Ne sachant comment me procurer de Fargent dans le moment , j envoyai une des femmes , nommée Waterstone , chez un horloger , dans Highstreet, pour vendre la montre d'argent à répétition que M. Digges m'avait donnée. L'artiste à qui je lui avais dit de s'adresser, avait acquis de la réputation par plusieurs ouvrages en ce genre , qu'il avait faits pour le duc d'Argyll , célèbre par son goût pour la mécanique.
Les voitures étaient à la porte. J'étais là , attendant l'arrivée de cet argent nécessaire
(i) Auteur célèbre de l'Histoire d'Angleterre. Il était écossais, ainsi que Robertson, Brydone , etc., etc.
{Note du traducteur. )
DE MISTRISS BELLAMV. i'j5
pour partir: quelques heures s'e'coulèrent, sans que j'eusse aucune nouvelle de mon émissaire ; je ne pouvais faire aucun doute sur sa probité, et je ne concevais rien à ce retard. Vers quatre heures de Taprès-midi , un homme, vêtu à^eu près comme un de nos bedeaux , vint me dire qu'aune femme qui était à mon service avait été arrêtée pour une montre qu'elle avait présentée à vendre.
Cette nouvelle mettait le comble à mon embarras. Je renvoyai les voitures , qui attendaient encore , et priai M. Still d'obtenir la liberté de cette pauvre femme : celui-ci étant allé chez Thorloger, apprit que la montre avait été achetée par M. Digges , précisément chez ce même homme à qui je Favais fait offrir à vendre ; elle était sans prix pour la main d' œuvre ; mais sa grosseur la rendant d'une vente difficile , l'artiste l'avait vendue à M. Digges un peu au-dessous de son prix , et avait reçu de lui un billet payable à la fin de la saison du théâtre.
Ayant ouï dire que M. Digges n'avait pas le projet de revenir , et voyant qu'on hii proposail d'acheter la montre , il avait eu quelques soupçons sur la personne qui l'offrait ,
d'hautain que la femme avait refusé de la laisser , et de dire de quelle part elle venait. M. Still , pour arranger Taffaire , remit la montre à son premier maître , à condition qu''il rendrait le billet de M. Digges et remettrait ma domestique en liberté.
Mon obligeant négociateur tâcha ensuite de me procurer de Targent , afin que je pusse partir pour Glasgow , 1g lendemain matin : je ne pouvais différer plus long -temps. Il m'apporta de quoi fournir à la moitié des frais de la route. Il fallut , pour le surplus , recourir à la bourse de mes compagnons de voyage. La gaieté de miss Wordley soutenait mon courage , au milieu de toutes ces contrariétés. La tristesse qui voilait mon imagination , semblait diminuer à chaque mille que nous parcourions. Avant d''avoir fait beaucoup de chemin , j'avais recouvré une sérénité qui , depuis long-temps , m'était étrangère.
Le lendemain , à midi , nous aperçûmes, à une petite distance de nous , cette ville charmante vers laquelle nous courions avec tant d'empressement. Une belle rivière , de superbes bâtimens qu'ornait la splendeur
d\ine magnifique journée, flattaient mes regards, et réjouissaient mon imagination. Je pensais au plaisir que j'aurais à y être reçue par des amis que leur opulence mettait a même de remplir les promesses dont ils avaient accompagné leurs pressantes invitations.
Quand nous entrâmes dans Glasgow , un des acteurs, qui était venu au-devant de nous, me dit: Madame , vous êtes ruinée ; il ne vous reste rien , que ce que vous avez dans vos voitures. Je ne sais encore comment m'expliquer la tranquillité avec laquelle je reçus cette nouvelle; car j'en demandai la cause sans la moindre émotion. La veille , la nouvelle salle de spectacle avait été brûlée ; ma garderobe , tous mes effets qui s'y trouvaient encore emballés , étaient devenus la proie des flammes.
Cet incendie avait été occasioné par une circonstance remarquable. Un prédicateur méthodiste , qui était en crédit dans la ville , avait raconté à ses auditeurs que la veille , dans un songe , il s'était cru transporté aux enfers , et y avait été témoin d'un grand repas , auquel assistaient tous les diables : Lu-
TOMK IT.
cifer , leur chef , avait porte pour toast
la santé de M ***, qui avait vendu son terrain pour y bâtir une maison ( la salle de spectacle ) qu'on allait ouvrir le lendemain , et dans laquelle ils devaient établir leur empire.
L'ignorant et enthousiaste auditoire se sentit enflammé d'un saint zèle contre Satan et ses sectateurs. Pour empêcher cette effrayante victoire de l'infernale puissance , il se porta en foule à la nouvelle salle , où il mit le feu au théâtre ; heureusement , l'incendie s'éteignit avant de gagner les autres parties du bâtiment ; mais, toute ma garderobe , contenue dans les malles entassées sur le théâtre , fut consumée. Il parait qu'à cette troupe de fanatiques , qui avaient mis le feu par de saints motifs , s'étaient joints des gens qui avaient intention de profiter du désordre , car on trouva beaucoup de fausses dorures qu'ils avaient arrachées à des vêtemens de rois et de reines , et qu'ils avaient jetées à travers champs , en voyant que ce clinquant n'avait aucune valeur. Comme la salle était à peu près à un mille de la ville , et que les flammes ne se montrèrent pas d'abord , les
DE MISTRtSS BELLAMY. IJQ
incendiaires exécutèrent tranquillement leur dessein , et se retirèrent sans être troubles. Personne ne prit Falarme ; on ne connut que le lendemain notre malheur.
Quelque importante que fût cette perte pour moi , j^en appris la nouvelle assez tranquillement ; mais la pauvre miss Wordley, qui perdait le peu qu^elle possédait , perdit en même temps la philosophie qu^elle m^avait recommandée dans d'autres occasions
Sans me troubler et me lamenter , comme Fauraient fait peut-être beaucoup d'autres , je dis assez froidement que je voulais aller sur les lieux , et examiner mon désastre. Surle-champ , j'ordonnai que la voiture me conduisît au théâtre. Là , je vis réduites en cendres toutes ces parures qui m'avaient coûté tant d'argent. Alors même , elles valaient au moins 900 livres, y ayant, entre autres, ur* assortiment complet de grenats et de perles , depuis la coiffure jusqu'à la pièce d'estomac.
Arrivée à l'auberge , je demandai M. Bâtes , l'un des directeurs de notre troupe : je ne connaissais pas l'autre. On me dit qu'il était allé à la bourse offrir une récompense à ceux
l80 MEMOIRES
qui découvriraient les incendiaires. Mais tous ses efforts , à cet égard , furent inutiles. La fermeté naturelle des Écossais garantit leur fidélité mutuelle. Dans cette affaire , non plus que dans celle du capitaine Porteus, à laquelle certainement plus de cent personnes avaient pris part , il ne se trouva pas un seul homme assez lâche ou assez perfide pour dénoncer ses complices.
Je n^avais pas de quoi payer les postillons; ils furent obligés dVttendre le retour de M. Bâtes. Lorsqu^il fut arrivé , et qu''il les eut congédiés , je le priai de rjetourner à la bourse pour y dire , à toutes les personnes qu^il verrait , que jYtais décidée à ne pas jouer sur le théâtre de Glasgow , à moins que ce ne fût le lendemain soir, comme je me Tétais proposé , et comme je ne pouvais le faire faute de vétemens. Sur cela , un des premiers négocians de la ville , qui avait eu la principale part à la construction du théâtre , vint à Finstant me trouver à Tauberge , et m'offrit poliment tout Targent dont j''aurais besoin. J'acceptai volontiers ses secours ; mais je lui répétai ce qu'on lui avait dit de ^
ma résolution. Il m'assura, alors , que , si je
DE MISTRISS BELLAMY. l8l
pouvais faire provisoirement réparer le theVitre pour le lendemain , j''aurais , avant le soir , les habillemens de toutes les dames de la ville , et que , pour cet article , je ne serais point embarrassée.
Il était impossible de jouer une tragédie , parce qu^il fallait plusieurs jours pour préparer des costumes. Nous nous décidâmes à jouer pour comédie the Citizen{\e bourgeois), et pour petite pièce , the mock Doctor ( le Docteur pour rire). M. Bâtes alla, sur-lechamp , trouver quelques charpentiers intelligens qui , avec des planches clouées , que Ton couvrit de tapis , nous firent un théâtre impromptu. Le négociant me tint parfaitement sa promesse ; avant six heures du soir , j^eus à ma disposition plus de quarante robes , dont plusieurs étaient presque neuves, et quelques-unes fort riches. Les dames n** avaient pas boj^né aux vêtemens leur complaisance ; je reçus des présens de toute espèce et de tout côté , ainsi que des invitations sans nombre pour tout le temps que j''aurais à passer dans le pays.
Tout fut prêt pour Fheure ordinaire , et nous jouâmes les deux pièces devant une
lS2 MÉMOIRES
nombreuse chambrée. A la fin du spectacle, une dame , de dedans les loges , déclara que personne ne sortirait de la salle , jusqu^à ce que tous les acteurs , et même les garçons de théâtre, fussent sortis sans obstacle. On craignait que les gens qui , la veille , avaient osé mettre le feu au théâtre , ne se permissent contre nous quelque injure personnelle. La garde eut ordre de nous reconduire dans la ville.
Les habitans les plus distingués donnèrent des fêtes pour nous recevoir : je peux dire , avec vérité , que , dans aucun pays , je n^ai trouvé plus de gaieté , d'amabilité , ni reçu plus de prévenances et d'applaudissemens. M. Reddish était notre premier acteur dans la tragédie, etM. Aickin dans la comédie. Pendant mon séjour à Edimbourg , j'avais engagé un auteur , doué de quelque talent , à faire une petite pièce tirée des poésies du célèbre Ossian , dans laquelle j'avais fait le rôle de Commela avec un grand succès.
Mais , à Glasgow , je reçus , dans ce rôle, des applaudissemens prodigieux. Cette petite pièce seule, jointe à une comédie ordinaire, suffisait pour amener la foule et remplir la
DE MISTRISS BELLAMY. l83
salle tous les jours ; ce qui contribuait beaucoup à me soulager des fatigues que me causaient , et les devoirs de ma profession , et les invitations que je recevais de tous côtés.
Macbeth et Douglas étaient fort demandés; mais on ne pouvait jouer ces pièces que nous n'eussions fait venir d'Edimbourg les habits analogues. Parmi tant de vêtemens de toutes couleurs que m'avaient envoyés les dames de la ville , il n'y avait pas un seul vêtement noir. J'observai que c'était une des raisons qui m'empêchaient de jouer le rôle de lady Macbeth. Sur cela, un des habitans m'assura que milady se promenait tous les soirs au château de Dunsinane, vêtue en satin blanc. Je ne pus m'empêcher de sourire : mais on m'assura très-sérieusement que c'était un fait, et qu'il me serait aisé de m'en convaincre en passant seulement une nuit au château. J'aimai mieux en croire la personne qui me le racontait^ que d'aller m'assurer de la vérité de son assertion ; en conséquence, je jouai le rôle, contre l'usage , en satin blanc.
Le 4 juin , il devait y avoir, en l'honneur du jour, un grand dîner à l'auberge du Taureau : c'était celle où je demeurais , tant
parce quVlle était près du théâtre, que parce que la ville était pleine. Ce qui me rendait cette demeure précieuse , cVst quVlle offrait d^immensesbàtimens, où nous pouvions nous loger tous très-commodément : on Pavait construite pour recevoir, en hiver, les chasseurs; en été, les gens riches des environs, qui, dans cette saison, viennent à Glasgow. Il y avait, de plus, dans cette auberge, une grande pièce qui, en hiver, servait de loge de francs-maçons; elle nous tenait lieu de magasin.
Miss Wordley parut, ce jour-là, ivre de la joie que lui causaient quelques nouvelles qu'elle avait reçues d'Edimbourg. Cela m'engagea à la suivre, pour lui en demander la cause. Elle m'apprit alors que Ton disait M. Woodward arrivé dans cette ville. Nous déterminâmes, sur-le-champ, M. Bâtes à partir pour l'inviter à venir nous joindre.
Pendant qu'on travaillait à enlever les ordures qu'avait laissées l'incendie, nous voulûmes voir si , dans ces débris , il ne serait pas resté quelques parcelles de ce que j'avais perdu. A ma grande joie, je trouvai, parmi des décombres qu'on n'avait pu mettre sur le
premier charroi, une malle qui m^appartenait. Elle contenait plusieurs habits, beaucoup de linge et quelques-unes de mes dentelles; les autres avaient péri dans Tincendie du théâtre , avec ce que j^avais de plus précieux. Cette malle nVn fut pas moins pour moi un recouvrement très-utile; elle me fit d^autant plus de plaisir, que ^y avais moins compté.
Nous apprîmes avec regret que le Bruit de Farrivée de M. Woodvard était sans fondement : ce fut pour nous un vrai chagrin. Cet acteur distingué, homme très-estimable et excellent comédien , nous eût été très-précieux dans un pays où il faut, pour réussir, réunir au mérite de Facteur quelques autres qualités.
Uété sWançait, et je voyais, avec un extrême chagrin, s''approciîer le moment où il faudrait retourner à Edimbourg. On avait fait vendre nos meubles à Bonnington , pour une dette que M. Digges n^avait pas payée. Je nWais point d^habitation prête pour me recevoir : mais j\ivais bien d^mtres motifs pour regretter GlasgOAv. La manière dont on m''y avait reçue, la bienveillance et Famitié qu^on
i86 mémoikes
niY avait témoignées pendant mon séjour, avaient fait sur mon cœur reconnaissant une vive et profonde impression. La ville, par elle-même, ainsi que le pays qui Tenvironne, sont extrêmement agréables; la prairie qui Tavoisine est sur toutsingulièrement pittoresque. Ce coup-d^œil rappelle à tous ceux qui Font vu celui du beau village d^Harlem, auquel cet endroit ressemble beaucoup. D^un côté de la rivière, on voit les blanchisseries de la ville^ où s'occupent une multitude d'ouvriers , aux différens travaux qu'exige la préparation des toiles. Quelques-uns laA^ent , d'autres soignent les chaudières , ceux-ci étendent le linge pour le faire sécher. Sur l'autre rive , des troupeaux de bétail errent dans une délicieuse prairie , que termine un paysage supérieur à toutes les descriptions que j'en pourrais faire.
De retour à Edimbourg, je pris une petite maison dans le faubourg de Cannon-Gate ; mais apprenant que M. Bâtes avait contracté un engagement avec M. Shéridan (i) , sans ma
(i) On a vu plus haut que mistriss Bellamy , lors de son premier voyage d'Irlande , avait eu à se plaindre de M. Shé-
DE MISTRISS BELLAMY. iS'J
participation , ce qui était absolument con- Iraire à nos conventions, je refiisai déjouer davantage. Cette résolution fut beaucoup plus fâcheuse pour les propriétaires que d^abord ils ne Pavaient supposé. J^ai su depuis , que , chaque soir, ils avaient joué à perte, et qu'ils if avaient pas retiré leurs frais.
Ayant pris ce parti, je me décidai à retourner à Londres aussitôt que je le pourrais; une nouvelle découverte accéléra mon départ. Alors m'attendait une de ces rév(51utions de fortune auxquelles j'étais sujette. Ayant, un jour, reçu de M. Digges (devenu M. West) une lettre par laquelle il me demandait plus d'argent que je ne pouvais, dans ce moment, lui en donner, je ne pus m'empécher de paraître, en la lisant, très-affectée. Un homme qui se trouvait chez moi , me dit, à ce sujet, qu'il était sûr que mon union avec M. Digges ne pouvait être valide , parce qu'à sa connais-
ridan : elle n'en rend pas moins de justice à cet acteur célèbre , auteur d'un ouvrage très-estimë sur la prononciation anglaise. M. Shéridan , membre actuel du Parlement d'Angleterre , et auteur de la jolie comédie t/ie School for scandai, est son fils. Ce dernier est propriétaire /ja/e/z/e du théâtre de Drury-lane. {Note du traducteur. 1
l88 MÉMOIRES
sance, une première femme de celui que je croyais mon mari , vivait encore. Alarmée de cette nouvelle , je doutais qu'acné fût vraie ; celui qui me Tavait dite, me promit de m^en envoyer des preuves authentiques aussitôt qu^il serait arrive à Londres; il était sur le point de partir.
Je reçus, en effet, peu de temps après, un certificat qui me confirmait Fassertion : je me retrouvai ainsi en liberté , et pour la seconde fois dégagée d\ine union que j"'avais crue indissoluble. Mon correspondant m^apprenait en même temps qu''il avait vu mistriss Digges ; celle-ci lui avait dit quelle avait fait annoncer sa mort dans les journaux , pour tromper son mari , par lequel elle craignait d^étre inquie'te'e.
Elle eût pu sVpargner cette peine. Jamais^ depuis leur séparation, il nVvait eu le désir de la revoir; et je sais fort bien qu^alors il était réellement attaché à une autre personne. Au reste, je me fais un devoir de déclarer ici, que je ne crois avoir à faire à M. Digges aucun reproche de mauvaise foi. Si les suites d^une autre liaison n'^eussent pas malheureusement dérangé ses affaires, sa tendre affec-
lion, les soins délicats qii^il n'a cessé de me rendre, ne m'auraient laissé aucun sujet de me plaindre de lui.
Admirez aA^ec moi la vanité des espérances humaines; quelques soins que nous prissions pour en fixer la chaîne, le sort se joue de notre prudence, ime secousse imprévaie vient en briser quelques anneaux, et détruire le plan que nous croyions le mieux conçu. Nulle femme peut-être n'a plus éprouvé que moi de ces bizarreries de la fortune. x4.vecles inten tions les plus pures, les projets les plus réfléchis, toujours quelque obstacle inattendu est venu éloigner de moi le but que je m'étais proposé. Je vous fatigue depuis long -temps de ces plaintes auxquelles me ramène presque chaque événement de ma vie.
igo MEMOIRES