‹ Mémoires de Mistriss Bellamy (volume 2)Chapitre 7 sur 58 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

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blesse qui fait honneur à sa mémoire , renvoya la lettre à M. Fox , qui se disposait à aller solliciter en faveur du prisonnier. Tant de bassesse Findigna; le malheureux subit la peine de ses crimes.

Comme ma situation me mettait hors dVtat de voyager , il fallut renoncer a mon excursion sur le continent. Le 4 septembre , je commençai à sentir les douleurs; et avant que le docteur Hunter pût être arrive de Londres , une sage-femme de campagne m''aida a mettre au monde un fils , que M. Fox nomma lîenri Fox-Calcraft.

JVtais accouchée depuis quatre ou cinq joiu's , lorsque M. Calcraft m''honora d\me visite , pour m^informer qu'ail avait reçu une lettre de M. Davy , qui demandait le paiement de Tannuité que je lui avais cédée. Choquée de Tentendre me parler , si hors de propos , d'intérêts pécuniaires , je le priai de sortir sur-le-champ de ma chambre , de payer et d''exécuter son contrat. Je Fassurai même que je saurais Vy forcer , aussitôt que je serais en état de me lever; j'ajoutai que je n'ignorais pas les mensonges qu'il m'avait fails, en me faisant entendre que son patron désapprou-

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vait notre mariage. Etourdi de ce reproche , il se hâta de me quitter, en murmurant contre ce qu^il appelait mon extravagance.

Quand il fut parti , je me plaignis à une dame qui mVtait venue voir , et qui faisait profession d^étre mon amie, de la grossièreté avec laquelle M. Calcraft venait, dans ma situation , me rompre la tête d\me pareille bagatelle , après tcut ce quejWais fait pour lui. Ma bonne amie ^ observant que j'hélais plus animée qu'à mon ordinaire , et ayant des raisons particulières pour désirer de me voir sortir de ma situation actuelle , par la mort ou par le ressentiment , saisit une occasion si favorable à ses vues , et m\ipprit que rhomme que je regardais comme mon mari ne pourrait probablement jamais Fétre , puisqii''il sVtait marié quelques années avant de me connaître. Sa femme était jeune; elle demeurait à Grantham , avec une tante nommée Moore.

Frappée, étourdie , d\mc nouvelle si inattendue, je sautai à bas du lit , dans le dessein d'aller trouver Fimposteur, et de me venger de lui. Mais, avant d'atteindre la porte, je tombai sans connaissance. Carter, ma garde,

qui demeurait avec moi depuis plusieurs années , aidée de Fobligeante personne qui venait de me mettre dans cet état , me replaça dans mon lit.

Quand je repris mes sens, je souffrais des douleurs si vives , surtout au côté , qu^il mVtait impossible de parler et de respirer. On dépêcha sur-le-champ un exprès h M. Adair et au docteur Hunter. D''abord , ils furent dVvis que ma maladie provenait de Fignorance de la femme qui m''avait accouchée; mais les gardes les détrompèrent, assurant que jVvais été assez bien pour leur permettre de me quitter , et de me laisser avec une dame qui mMtait venue voir. Le délire où jetais , et dont la pauvre Carter pensa devenir la victime , ne me permit pas de leur révéler la véritable cause de Tétat où je me trouvais.

M. Calcraft était hors de lui. Chaque nuit paraissait devoir être la dernière de ma vie. Je ne respirais qu'autant qu^on m'ouvrait la veine. Il m'eût été impossible de rester couchée sans étouffer , et je m'appuyais alternativement sur l'épaule de chacune de mes ' gardes. M. Adair, malgré le nombre de ses

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malades, revenait chaque soir à Holhvood, pour tâcher de calmer les douleurs inexprimables que jVndurais.

Après avoir souffert , durant quelques semaines , plus que la nature humaine ne semble capable de le supporter, mon arrêt de mort fut prononce' pour une heure du matin. Une personne (i) de Londres , que j^attendais impatiemment , étant arrivée, et Faffaire que j\ivais avec elle étant terminée , je me résignai , atrendant Theure de ma délivrance.

Calme et tranquille , ne tenant plus au monde, oubliant les injustices dontj^y avais été Fobjet, je tombai dans un sommeil profond , pendant lequel j'eus un rêve qui semblait être le présage de tous les malheurs que j''ai éprouvés depuis. Il me semblait que, dégagée de tous les soins terrestres, jMtais devenue une habitante du séjour céleste. Mon emploi était d'allumer cinquante lampes.

J'entrai en exercice , et les allumai de suite^

(i) Un prêtre irlandais catholique.

jusqu'à la dernière , que jVus le malheur de briser. La peine que me fit cet accident , mit un terme au sommeil et au rêve ; etjem'*eveil.lai dans une violente agitation.

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