LETTRE CIL
4 mai 17 — .
Vous avez pris, madame, tant de part aux événemens de ma vie, que je crois devoir vous instruire aussi de ceux qui se sont passes depuis le commencement de cette année 1785. Ce récit, peut-être, coûtera encore quelques larmes à votre ame compatissante. Cependant comme Fliorizon semble s'éclaircir devant moi, et que je vois briller Taurore d^une tranquillité à laquelle je fus bien longtemps étrangère , cet avenir , je Fespère, consolera votre sensibilité, et vous donnera quelque satisfaction.
Au moment où je publiai mes Mémoires, j^étais fort obérée; l'argent qu^ils me produisirent fut en entier employé à satisfaire des créanciers. Je payai jusqu^à ma dernière guinée, et je me vis obligée de contracter de nouvelles dettes pour soutenir ma misérable existence.