‹ Mémoires de mistriss Bellamy (volume 3)Chapitre 68 sur 110 · MEMOIBES · texte numérisé non relu

MEMOIBES

nais Pair. Je retoamai k mon logement, et le docteor Ford, aux soins doqael j^ai les plus grandes obligations, ayant élë appelé, me fit conduire à la chambre de pompe, pour y recevoir la douche. Ensuite il me fit mettre dans un lit bien bassiné; on me donna à boire un peu dVau-de-vie brûlée. Je n^arais pu me coucher depuis plus de quatre mois. Aussitôt que je fus au lit , le sommeil me prit, et je ne mVveillai qu'eau bout de dix-huit heures. Ce sommeil fut si calme , que ceux qui me gardaient furent plus d^une fois tentés de croire que je mutais endormie pour toujours : souvent ils mirent un miroir sur ma bouche , pour s^assurer si je respirais encore ; enfin ils commencèrent h se flatter que ce profond repos deviendrait un excellent remède , et serait le premier symptôme de ma guérison. Mon rétablissement fut plus prompt, cependant , qu'on n'eût pu s'y attendre ; car à mon réveil , je me trouvai en état , non-seulement de me tenir debout , mais même de faire quelques pas. La cause du mal une fois détruite , je repris des forces chaque jour , ce qui me détermina à quitter ma triste solitude , et à retourner à la ville. Mais résolue

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lie ne pas rentrer chez M. Calcraft, j'écrivis à ma mère , pour la prier de me louer sa maison. Celait celle de la rue Brewer, qu'avait jadis occupée M. Calcraft.

Quoique affligée des circonstances qui me faisaient quitter Parliament-street , ma mère me répondit que la maison serait préparée pour me recevoir. Aussitôt que M! Calcraft fut instruit de mon dessein , il pensa perdre la tête. Il craignait , avec grande raison , que je ne fisse pas mystère des motifs que j'avais eus pour quitter sa demeure. La plupart de ceux qui l'employaient , n'avaient pris confiance en lui que par égard pour moi. Lord Tyrawley , malgré la froideur qui subsistait entre nous , ne pouvait manquer de s'intéresser à mon sort : mon frère était encore plus redoutable ; et toutes ces considérations avaient bien plus de poids , sur lui^ que la tendresse.

D'ailleurs , il n'était pas indifférent pour lui que je présidasse à sa table , à raison de l'importance de mes liaisons , et du nombre de mes protectrices parmi les dames du premier rang. Mais ce qui le touchait encore plus, et rnolivait ses promesses réitérées de payer mes

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dettes , était Fattente où il était de la mort de mon amie miss Meredith. Cette jeune personne était abandonnée par les médecins , et comme on supposait qu^^elle devait tester en ma faveur, il en concluait que ma ifîerté ne me permettrait pas d^avoir des obligations à quelquW que je détestais si cordialement, et faisait, sans ménagement, des promesses qu^il croyait bien n'être jamais dans la nécessité de remplir.

Il écrivit donc à mistriss Sparks , pour la prier de chercher Toccasion de me communiquer le contenu des lettres qu'il lui écrivait, et qui renfermaient les plus belles promesses du monde. Il n'ignorait pas que je n'avais vu que cette dame ; et comme il avait avec elle des liaisons d'intérêt (i) , il était bien sûr que rien ne transpirerait. Son nom seul me jeta dans une telle agitation , qu'elle craignit de le prononcer devant moi. Maïs il devint si pressant à chaque lettre, qu'elle se hasarda enfin à m'entretenir sur ce sujet.

(i) M. Calcraft avait alors trois parts dans le théâtre » et Ton s'attendaitqu'ilachèterai. la patente , lorsque M. Sparkf eut la promesse d'être directeur.

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Après diverses tentatives, elle parvint enfin à me lire une de ces lettres. M. Calcraft m^ conjurait, aunomde rhumanilé, pourramour de mes enfans et de moi-même , de retourner auprès de lui. Il s^engageait par tout ce qu^il y a de plus sacré, à payer mes dettes en trois mois. Il finissait par protester de la violence de sa passion.

Déterminée par Favis de M. Quin , qui avait toujours été mon oracle , mais que la générosité de son cœur égara en cette occasion, fatiguée de toutes ces importunités , à peine remise de mes eaux de Bristol, je retournai enfin dansTodieuse maison, sous la condition expresse qu'il ne tenterait jamais de me voir ou de me parler seul , et qu'il serait exact à payer mes dettes , articles auxquels il se soumit sans objection.

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