‹ Mémoires de MoléChapitre 21 sur 85 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

BELVAL, seul.

BKLVAL, en îvhe de chambre superbe, se regardant dans sa glace.

Ma foi, de telle manière que je me mette, je suis toujours bien. C'est une folie pourtant que cette robe de chambre; mais il serait si ridicule d'être surpris sans une certaine élégance Elle me va très bien ; mes cheveux ,

quoique retroussés, flottent avec grâce, le col agréable, du linge fin, parfumé délicieusement, bien chaussé : qu'une femme vous surprenne dans cet état, elle n'y tient pas. Sophie vient déjeuner avec moi; je veux qu'elle s'en aille subjuguée. C'est une petite écervelée qui ne croit pas à ces goûts subits et charmans qui ont fait les délices de nos femmes ai-

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niables. Nous verrons.... Ah çà, récapitulons ma journée. Premièrement, Sophie, tout à l'heure, dans l'instant; midi, rendez-vous chez M. le duc de Volnay, ensuite dîner chez ce prince étranger; à quatre heures et demie, je m'évade et coure dans ma loge m' écraser la tête de mon rôle dans cette pièce nouvelle. C'est le déplaisant. Pourquoi ne pas s'en tenir à ce que nous avons ? Ce n'est pas ma faute ; je fais tout ce que je puis pour faire renoncer aux nouveautés. Mais mes camarades se laissent entraîner, et moi, je suis la victime de ces complaisances malentendues. Ce qu'il y a de cruel , c'est que ne pouvant mal jouer, je soutiens seul l'ouvrage auquel je donne un mérite

dont le pauvre auteur ne s'était pas douté

J'entends du bruit; c'est ma belle et mutine Sophie : ne songeons qu'au plaisir de la voir .

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