‹ Mémoires de MoléChapitre 31 sur 85 · SUR LA SFXONDE I'DITION · texte numérisé non relu

SUR LA SFXONDE I'DITION

JuA célérité du débit d/un livre prouve qu'il a réussi. Elle ne prouve pas qu'il soit digne de son succès. J'attribue pruicipnlenient au bonheur que j'ai eu de saisir un sujet neuf, l'accucii favorable dont le public a daigné récompenser mon travail. On m'a su gré d'avoir osé le premier essayer de fixer la langue et la théorie d'un art dont on avait aussi peu défini les termes que développé les principes j et en faveur de la hardiesse du projet, on m'a pardonné les fautes que j'ai pu commettre dans l'exécution.

Autant qu'il a dépendu de moi, j'ai corrigé dans cette seconde édition les endroits défectueux qu'on m'a fait apercevoir , ou que de moi-même j'ai remarqués dans la première. J'ai fait aussi plusieurs additions , et l'on verra à la fin de la seconde partie quatre nouveaux chapitres, dans lesquels je donne divers détails et quelques éclaircissemens qu'on m'a paru désirer.

Dès le commencement de l'ouvrage, on reconnaîtra un changement qui était nécessaire. Lorsque j'ai avancé qu'un comédien avait besoin d'esprit, je n'ai pas prétendu que sans cet avantage il ne pouvait se faire une réputation dans son art. Mes idées sur cet article demandaient d'être expliquées. J'ai tâché de les présenter plus distinctement en continuant ce-

g8 AVERTISSEMENT Di: i/aTITEHR.

pendant de soutcr.ir quo si 1rs personnes de théâtre , auxquelles on a reproché le défaut d'esprit, ont elTectivement mérité tous les éloge*^ qu'on leur a donnés, elles étaient beaucoup plus spirituelles qu'on ne le supposait.

Pour combattre mon opinion sur cette question de fait, on me cite des actrices célèbres, entre autres la demoiselle Chapmellé, que Racine et Despréaux trouvaient une comédienne admirable, et à qui ils n'accordaient que l'instinct et le sentiment. J'avais négligé d'observer à cette occasion , que dans les âmes extrêmement sensibles, le sentiment devient quelquefois esprit, et j'ai réparé cette omission. A l'égard des louanges prodiguées à des personnes de théâtre , même par des poètes dont la décision semble devoir imposer, je n'ai point dissimulé ma pensée dans un des chapitres que j'ai ajoutés à mes remarques.

11 est inutile de détailler les autres corrections que j'ai faites , et je dirai seulement un mot des additions. En analysant les règles de l'art du comédien , je ne m'étais attaché qu'aux parties les plus nobles de cet art. -On a jugé que je devais parler de celles d'un ordre inférieur, du moins des plus importantes. On a exigé aussi que je répondisse à plusieurs objections.

Si j'avais suivi le conseil de quelques personnes , je serais entré dans la discussion d'un grand nombre de questions qui intéressent la perfection du spectacle. Elles n'étaient point étrangères à mon sujet , mais elles l'étaient au plan que me prescrivait la division de mon ouvrage et par cette raison je me suis abstenu de les examiner.

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