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. INTRODUCTION, et cinq ans plus tard, en 1696, elle y prit l’habit, avec une dot de 5oo” de pension pour le couvent et de 3oo” viagères pour elle. La seconde, Henriette, entra au couvent de Saint- Jean-de-Bonneval près Thouars, en 1G89; elle n’avail pas encore cinq ans révolus. Elle y prit l’habit en 1 699, à quatorze ans et demi. Sa dot fut de 2,ooo« une fols payées et de 3oo” de pension viagère. La dernière, Anne, entra en noviciat, en 1 702, à Jarcy, où étaient sa tante l’abbesse et sa sœur; elle avait près de quinze ans. La correspondance relative à sa vôture est annexée aux Mémoires’; elle est très-touchante, et la pauvre enfant y insiste avec beaucoup de grâce et de vivacité pour que son père veuille bien augmenter un peu la mince dot qu’il lui constitue à son entrée en religion. Il s’agissait de savoir si la pension viagère serait de 100 ou de 200”. Les Mémoires ont négligé de nous apprendre ce qui fut accordé. Elle fit profession en 1703.
Outre ses trois filles. Foucault avait aussi un second fils. En 1703, il demanda pour lui un bénéfice au P. de la Chaise; ne l’ayant pas obtenu , le jeune homme se tourna vers la marine. Il s’embarqua pour les Indes, et il y mourut en 1704.
Il ne restait plus à Foucault que son fils aîné, à l’élévation duquel il avait sacrifié tous ses autres enfants. « Il n’a tenu « qu’à lui d’en profiter, dit son père, mais Dieu n’a pas permis «qu’il me donnât cette satisfaction^.» L’enfant, né en 1677, fut mis aux Jésuites de Poitiers, et plus tard il étudia le droit. On l’appela d’abord M. de Carcassonne, du nom d’un fief que possédait son père^; puis, quand ce dernier eut acquis de Chamillart la terre de Magny, le fils en prit le titre, et c’est sous le nom de Magny qu’il est connu dans les Mémoires du temps.
P. 347. — ’ Mémoire!, août 1706, p. 370.— * Ibid. p. 197, 35 1.
INTRODUCTION. xxix
En 1699, Foucault le pourvut d’une charge d’avocat du roi au Châtelet, et, en 1708, il obtintpour lui, par le crédit de Chamillart, une dispense pour passer du Châtelet au conseil, «ce « qui étoit sans exemple. » Pourtant le jeune homme avait déjà annoncé * ses dispositions dans une occasion dont les Mémoires parlent d’une manière énigmatique; il avait été impliqué dans « l’affaire de Barrault, caissier deThévenin. » Foucault en ressentit un vif chagrin et dut payer pour accommoder les choses; ce qui ne l’empêcha pas, un an plus tard, de demander hardiment qu’on proposât son fils pour l’intendance de Lyon. Comme on pense bien , cette prétention n’eut pas de succès.
Cependant Foucault vieillissait; il avait éprouvé, en 1702, une violente maladie, dont il lui restait une rétention d’urine. Les fonctions si actives d’intendant provincial lui pesaient de plus en plus; il redoubla ses efforts pour obtenir un siège au conseil d’état. Ses premières démarches pour y parvenir dataient de la vente de son titre de maître des requêtes, eu 1 694 ; après plusieurs échecs, il réussit enfin, en 1 704 , et fut nommé conseiller d’état de semestre. En même temps Magny était reçu maître des requêtes et faisait, la môme année, un riche mariage avec la fille d’un de ses nouveaux collègues, M. de Ragaru. Ce ne fut pourtant qu’au bout de deux ans , au mois d’août 1706, que Foucault obtint de passer sa commission d’intendant de Caen à son fils et de revenir à Paris prendre part aux travaux du conseil d’état. Après être resté six seniaines avec Magny pour le mettre au courant, il quitta Caen à la fin de septembre.
Quelques mots suffisent pour récapituler la fip de sa vie administrative. 11 ne parle de ses fonctions de conseiller d’état
Mémoires, décembre 1700, p. 34a.
INTRODUCTION
de semestre que pour dire que le chancelier le désigna pour signer le contrat du clergé, le i3 juillet 1711. Resté fidèle à Chamillart dans sa disgrâce, il note dans ses Mémoires les visites qu’il lui fit dans sa terre, où le ministre s’était retiré. Il nous apprend également, mais sans s’expliquer davantage, que, peu avant cet événement, Chamillart s’était adressé à lui, en deux fois, pour emprunter i4o,ooo”.
En 1 7 1 Q , il lut nommé chef du conseil de Madame, duchesse douairière d’Orléans, belle-sœur du roi, 11 assista, avec cette princesse, aux derniers jours de Louis XIV, et s’exprime en termes très-favorables sur l’attitude qu’elle garda pendant ces circonstances '. .Madame avait demandé au régent, son fils, une place pour Foucault dans les conseils établis pour remplacer les ministres. Une dilliculté que les Mémoires n’expliquent pas clairement empêcha sa nomination; eu récompense, il fut nommé, l’année suivante, q6 novembre 1716, conseiller d’état ordinaire, à la place de Râville, le célèbre intendant de Languedoc, qui donnait volontairement sa démission. Mais Foucault avait alors près de soixante et quatorze ans et ne paraît pas avoir .servi bien activement; du moins, ses Mémoires ne contiennent plus rien de relatif aux affaires publiques, sauf un procès dans lequel le régent eut occasion de montrer son indulgence assez peu raisonnée^. La fin en est remplie par quel-
* Mémoires, i" septembre 1 7 1 5 , p. 376.
’ Ibid. 1718-1719, p. 388-3go. Il s’agit d'une lettre de menaces, écrite ou régent, à propos des affaires de la Constitution. En 1718, on poursuit comme auteur de cette lettre un curé' qui s’en défend de toutes ses forces, et meurt en prévention à la Bastille. En 1719, le vrai coupable se découvre et avoue , et le régent lui fait grâce aussitôt.
Ajoutons une autre affaire dont les Mé- ' moire.<ine parlent pas, niaisdoni nous avons retrouvé, dans ï'Invenluire des papiers de Clairambault (Mss. de la Bibl. imp.j, fol. 4o3 verso, la mention suivante : • Arrêt du
• conseil (lu 3 avril 1 709 , qui commet
• Foucault pour la maison de Gèvrcs. » Le volume des Papiers de Clairambault, qui contenait cet arrêt, a été détruit; mais c’est peut-être à cette affaire que se rat-
INTRODUCTION. xxx
ques affaires de famille, notamment par les démarches au moyen desquelles il réussit à faire indemniser, par le régent, M. d’Avaray son beau-frère, ambassadeur de France en Suisse, dont la maison avait brûlé à Soleure, avec tout son mobilier, et surtout par les affaires de son fds, qui empoisonnèrent ses derniers jours.
Magny, en effet, ne réussit pas dans l’intendance de Caen. Saint-Simon raconte que «les folies qu’il fit dans une place si • sérieuse, et les friponneries dont il fut convaincu furent si B grossières et si fortes, qu’l) fut rappelé avec ignominie*. » Les Mémoires de Foucault sont muets sur les causes et le moment précis de ce rappel. On y lit seulement que, le 29 septembre 1708, le contrôleur général Desmarelz conimuniqua au père une lettre anonyme de plaintes contre le fils, pour y faire telle attention qu’elle pourrait mériter. Mais le Journal d’un bourgeois de Caen est plus explicite^. Il nous apprend que Magny
tachent doux couplets satiriques sur la maison de Gèvrcs, insérés à la fin des Mémoires de Foucault :