DE LOUVOIS
P. S. Quoique je sois bien persuadé que, puisque par l'édit du roi dont je vous adresse copie Sa Majesté ordonne que les enfans qui naîtront des rebgionnaires seront portés à l’avenir aux églises
catholiques, vous comprenez bien que les ministres établis pour les baptêmes et mariages qui ne se voudront pas convertir devront sortir du royaume comme les autres, j’ai cru qu'il ne pouvoit être que bien à propos de vous marquer que c’est l’intention du roi.
Le 27 octobre, j’ai mandé é M. de Louvois que M. le marquis de la Minière, gentilhomme quabCé de 2 0,000 ** de rente, devoit faire son abjuration en présence des gentilshommes qui dévoient s’assembler en haut Poitou, pour leur servir d’exemple.
Cette assemblée n’a pas produit beaucoup* de conversions, mais elle a ému les esprits et ébranlé plusieurs gentilshommes qui ont eu honte de se déclarer publiquement.
La noblesse du bas Poitou a envoyé un député à la cour, pour se plaindre de ce qu’au préjudice de l’édit qui révoque celui de Nantes, qui porte que les religionnaires ne pourront être troublés dans la jouissance de leurs biens, on les inquiète par des logemens de gens de guerre. J’ai reçu plusieurs requêtes sur ce sujet. Ils croyoient que l’intention du roi étoit qu’on les laissât vivre et mourir dans leur religion. Plusieurs convertis cessoient d'aller à In messe. La noblesse du haut pays vouloit aussi faire une députation; mais M. de Vérac' a fait arrêter et conduire k Angoulème le sieur des Minières, gentilhomme séditieux, suivant l'ordre du roi que je lui ai remis en blanc.
Il est certain que cet article de l’édit qui révoque celui de Nantes cause un grand préjudice aux affaires de la religion, arrêtant le progrès des conversions et afHigeant les nouveaux convertis auxquels les opiniâtres reprochent qu’ils ont manqué de courage.
J’ai mandé à M. de Louvois qu’on pourroit lever ces impressions, en chargeant les intendans d’informer contre ceux qui sèment des discours contraires à l’esprit de l’édit et aux intentions du roi, et leur faire le procès comme à des perturbateurs du repos public. Je lui en ai même envoyé un projet d’arrêt.
* Olivier de Sainl-Gt‘orge5, marquis (le général et commandant pour le roi en Coué'Vérac, nouveau converti, lieutenant Poitou. Mort en juin 170^*
M. (le Saint-Geoi^e», frère de M. de Vérac; a été le premier (jui a déclaré hautement, dans cette assemblée , qu’il vouloit embrasser la religion romaine. Tai mandé à M. de Louvois cpi'il mériteroit une pension.
Tous les ministres du Poitou, après la révocation de l’édit deNantes, ont pris le parti de passer en Angleterre et en Hollande. J’ai expédié (les certificats k dix-sept.
J’ai taxé d’office vingt-six prétendus gentilshommes dans sixéleclions.
Le ,3i octobre, M. le chancelier Le Tellier est mort', et M. Boucherat a eu sa place.
Au mois d’octobre, M. de Vieuxbourg’, petit-fils de M. Boucherat, tomba malade de la petite vérole à Poitiers. J'en fis prendre de grands soins, dont M. Boucherat me fit de grands remcrciemens.
A PonUinebieau , ce a octobre i685.
Je VOUS suis bien obligé, monsieur, du solng^ que vous aues bien voullu prendre de minformer de la disposition ou vous aiics tromie mon petit fils le martpiis de Vieilbourg. J’apprens mesme que vous liiy auez fait Ihonneur de le visiter et dordonner auec bonté quon en eut bien du soing en votre absence. Je vous avoue, monsieur, que je suis très sensible a toutes les assistances que vous luy aues rendu. Comme je laime beaucoup, estant fort sage et de bonne conduite, auec courage, jespere cpie dans sa profession il pourra se rendre digne des grâces que Sa Maieste luy a fait Ihonneur de luy faire jusqiies a présent et de luy auoir donne un régiment et conserué la lieutenance generale de Niuernois que son pere auoit. Je soubaitte que sa santé soit bient tost restablie pour se rendre au scruice (|u'il
dan» une üorlie au AÎége de Nam tir, le 1 8 juillet 1695.
’ Les lettres précédentes n*éuicnl qut:
des expéditions; mais, ccllc-ci étant autographe dans le manuscrit, nous avons cru devoir respecter Torthographe de l'original.
' D’après Dangeau, c'est le 3o octobre que le chancelier Le Tellier roourot.
* Louis de Vieilbourg, marquis de Miennes en NÎTernoia, lieutenant de roi de cette province, colonel d'infanlerie, avait épousé Anne-Françoise de Harlay, petitetille du chancelier Boucherat. Il fut tué
DE NICOLAS-JOSEPH FOüCALLT.
doit et ou il a esté jusques a présent assidu. Son régiment est eu Languedoc, et M' de Basuillc, sou proche parent, veut bien en auoir soing en son absence, ayant permission de se reslablir auant dy pouuoir aller. Je puis vous asscurer de sa parfaite reconnoissance et que je suis plus que personne auec respect et estime
Votre 1res humble et très obéissant seruiteur,
BOUCHERAI'.
Je vous supplie de ne point permettre que mon petit fils ne sorte de Poitiers que vers le xxviij ou le xxx , et quil naye este bien purgé , pour sen aller en une de ses terres en Niuernois ou il a permission daller quelque temps auant de se rendre a son régiment qui est en Languedoc. Je remercie par lettres M. le lieut. general.
Le roi a établi une maison de nouvelles catholiques à Poitiers, au mois d’octobre.
Mon fils a commencé scs études à Poitiers, en 1 685 , au mois d’octobre. Je lui ai donné un précepteur qui le conduisoit tous les jours au collège des Jésuites.
Il a été malade au mois de novembre d’une diiliciüté d’urine et jetoit du pus.
Le 3 de novembre , j’ai fait assembler é Poitiers les rcligionnaires du haut Poitou, poiu* les exhorter à se convertir. Il y eut peu de conversions. — Vid. le discours.