‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 4 sur 105 · XI.I · texte numérisé non relu

XI.I

la langue française, de Caseneuvc, parut en i6q4, dans nn volume in-folio, à la suite du Dictionnaire étymologigue de Ménage. Elle était précédée d’une dédicace écrite par Valbébert et adressée à Foucault, de qui cette pièce résume assez bien la vie et les travaux '.

On ignore en quelles mains la bibliothèque de Foucault passa après sa mort. Le P. Le Long'-* nous apprend seulement qu’elle fut vendue, et probablement dispersée.

Foucault n’avait pas moins de goût pour les médailles que pour les livres et les manuscrits. « Foucault, dit Saint-Simon « par un commerce de médailles, s’étoit fait une protection «du P. de la Chaise. Tous deux s’y connoissoient fort, et en « avoient ramassé de belles et curieuses collections. » Les Mémoires témoignent, en effet, de ses rapports fréquents avec le P. de la Chaise, et de la protection que ce dernier lui accorda, pour lui et pour les siens. Ils nous apprennent aussi que, pour l’achat d’une certaine collection de médailles, Foucault faisait à un chanoine de Saint-Thomas du Louvre une rente viagère de 4oo”, qui s’éteignit en 1702, et qu’en 1716 il vendit au duc de Parme sa collection de médailles de grand, moyen et petit bronze, moyennant 18,000”.

Mais, de toutes ses collections, la plus célèbre était celle de figures antiques, qui heureusement ne s’est pas dispersée et n’a pas quitté la France, où elle forme encore aujourd’hui une des principales richesses du cabinet des antiques à la Bibliothèque impériale. ■ M. Foucault, conseiller d’état, dit «le P. Montfaucon**, m’a plus fourni de pièces antiques que

* Dans les é<litions suivantes, les On-

dines de Casencuve ont été refondues dans le texte de Ménage, et la dédicace à Foucault ligure parmi les pièces préliminaires.

’ N* Gai 4 de sa BibUolheqwe historique.

‘ T. X, p. 9, de l’édit, in-ia donnée par M. Chéruel.

* L’Antiquité expliquée, préf. p. xix.

xu! INTRODUCTION.

« nul autre. La cliargc d'intendant, qu’il a exercée dans plu- « sieurs provinces', lui a donné moyen d’en découvrir bcau-

• coup qui auroient peut-être péri si elles étoient tombées en

• d’autres mains. Comme il a un goût merveilleux, il a fait un

• des plus beaux cabinets du royaume, et peut-être de l’Europe.

• Toujours attentif à faire plaisir aux gens de lettres, il a pré- « venu ceux qui travailloient sur l’antiquité, et, comme un « autre Peiresc, il leur a offert avec plaisir ce qu’il n’avoit ra-

• massé que pour l’utilité publique. En quelques mains que ces « pièces rares et curieuses puissent passer, il aura toujours l’iion-

• neur de les avoir ramassées, cl d’avoir mieux connu que per- « sonne le vrai usage qu’on en doit faire. U y a dans cet ouvrage 1 plus de six vingts pièces tirées de son cabinet ou de sa maison «d’Albies. Si nos intendans de provinces avoient ci-devant « été dans le môme goût, nous n’aurions pas perdu une infinité « de monumens curieux qui ont péri par l’ignorance de ceux qui « les ont trouvés. » Nous avons tenu à citer ce passage dans son entier, parce qu’il contient un grand et sérieux éloge de celui auquel il s’adresse, et qu’il représente Foucault sous un jour que sa modestie n'a pas laissé soupçonner dans ses Mémoires.

Une grande partie des bronxes, dont ce cabinet’ se coinpo-

* Begon, intendant à la Bochelle et collègue de Foucault « avait également ras* scinldé* sans doute par suite des mêmes facilités, une collection d*objeta d'art fort importante. (Voir Corrttpôndance littéraire, a5 janvier iS6i,p. ia6.)

* Germain Brice [Description de Paris, édition de 1717. l. II. p. i33) décrit ainsi la maison et les collections de Fou* cault : ■ Dans la rue Neuvo*Sainl*Paul, « peu éloignée de l'hôtel de Lesdiguiéret "(rue de la Cerisaie), demeure Nicolas* «Joseph Foucault, conseiller d'état, de

«TAcadémic royale drs médailles, ci*de* « vant intendant de la généralité de Caen.

• Il possède une cxccUcnto et nombreuse

• bibliotbè<|uc , et un cabinet qu'il enrichit « depuis plusieurs années avec un soin ex*

• tréme de tout ce qui regarde la belle cl « savante érudition. On y verra d'abord « une collection très*étendue de médailles « rares , des diversités antiques de toutes les «espèces d'une conservation distinguée,

• des marbres grecs et romain» sur lesquel»

• il y a des bas*relie& ou des inscriptions,

• des manuscrits de tous les âges, et une

sait surtout, avait été découverte en France, à Lyon, à Nîmes, à Arles, à Narbonne, etc.

A la mort de Foucault, son cabinet d’antiques, qui était renfermé dans huit armoires vitrées, passa, sans qu’on sache comment, entre les mains de M. Mabudcl, médecin et membre de l’Académie des inscriptions, qui, le 27 février 1727, le revendit au roi, enrichi de ses propres collections, moyennant 4o,ooo**; et c’est ainsi que la Bibliotlièquc impériale le po.ssède encore aujourd'hui. Les archives du cabinet des antiques de la Bibliothèque impériale possèdent, outre les pièces, les dessins originaux d’après lesquels on a gravé les ligures pour l’ouvrage du P. Montfaucon '.

On n’a pas d’autres renseignements sur la lin de Foucault que ceux qui sont donnés dans son éloge académique’ : « .\u «commencement du mois d’octobre dernier ^1720), fatigué « par un rhume obstiné et plus encore par les mouvements ir- « réguliers d’une lièvre lente, il fut obligé de s’aliter. Le rhume " tomba sur la poitrine, il se forma un abcès au poumon, et " tout l’art de la médecine ne put prolonger scs jours que jus- « qu’au 7' de février, qu’il mourut après avoir marqué, dans «cet intervalle de quatre mois entiers, toute la piété, la pa- « tience et le courage.d’un philosophe chrétien. »

Foucault mourut à l’âge de soixante et dix-huit ans accomplis’.

«inûnité de choses particulières qui roar*

«quent U connoissâncc et le gmod dis-

• ecmemenl de celui qui les o assemblées.

• Les savons les plus entendus et les plus «simples curieux auront de quoi s'occuper

• et de quoi se satisfaire dans la singularité

• et TabondaDce des bonnes chosea qu'ils

• trouveront dans ce riche cabinet. i<

' 1 vol. in-f*. qui a appartenu à M. de

Boxe, do l’Académie des inscriptions. Je saisis cette occasion de témoigner toute ma gratitude à M. Chabouillcl, conservateur du cabinet des antiques é U Bibliothèque impériale, pour la bienveilUiico avec laquelle il m‘a aidé dans mes recherches relatives au cabinet de Foucault.

^ Il existe, au cabinet des estampes de

INTRODUCTION

FOUCAULT LNTEND.A.NT.

Noiis n’essayeron.s pas de refaire ici l’hisloriquc de la création des intendants, apres MM. Cliéniel lîodolplie Dareste'* etCaillet'*. Cette institution, qui prend son origine dans les chevauchées des maîtres des requêtes parcourant les provinces pour en surveiller les olTiciers royaux, commença à se régulariser vers i564, par l’établissement îles commissaires départis dans les jiiovinces. Mais ce fut seulement Richelieu qui les installa d’une manière permanente et définitive, sous le titre A'inlemlans de justice, fiolice et finances, et commissaiies départis dans les (jénéralilés du royaume pour f exécution des ordres du roi. Un instant supprimés sous la Fronde, par la jalousie des parlements, ils lurent rétablis aussitôt que l’autorité royale eut recouvré sa force. Le territoire assigné à ebaque intendant

la Kibliolbèfjtie impénalc, cnileclion Debure, deux portraiu gravés de Foucault :

1* Portrait grave au burin, par P. \'an Sebuppen, en 1698, d'aprè5 N. de Largtliicrre. Foucault y e«l repré:«cnté à mi* corps, tourné de trois quarts à droite, et en grand costume. La tète cal régulière, les yeux grand», les lèvres mince.», Texpression fine, mais baulainc et acciic.

Dans la l)ordure ovale, gravée clle-raôine ci posée sur un socle armorié (de aabtc au lion d’argent armé et lampassé de gueules, couronné d’or) , on lil : Aie. Jos. Foucault, régi a consiliu UheU. softplic. magiit. ac regias in Netutna inferiort praefect. MDCXCVin. — Belle pièce in-f.

7* Portrait gravé à reau-fnrtc, par F.

Frtingor, pour une tête de page in-8* (il a paru en tête de la Dissertation sur Janus, do M. de Dote, Paris, 1735, in-8”), sur une médaille entourée d'attributs; même costume ci même direction que le précé* dent On lil autour : Nie. Joseph Fouçault, ^^arch. de Magny corn, tons. Le revers olFre les armes du personnage avec ces mots : et regni sideribas receplus.

' Histoire de radmimstration monarchique en France, t. I,p. aqi -aqS.

* Etudes sur les origines du contentieujr administratif en France, p. 3-47; Pari»,

’ De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Hichelieu, p. 38*54; Paris, 1857.

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