‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 43 sur 105 · DISCOURS PRONONCÉ A LA CHAMBRE DU CONSEIL DU PRÉSIDIAL DE POITIERS · texte numérisé non relu

DISCOURS PRONONCÉ A LA CHAMBRE DU CONSEIL DU PRÉSIDIAL DE POITIERS

LE 1 i AOÛT 1 688.

Messieurs,

Je vous apporte enfin ce règlement attendu et désiré depuis si longtemps par tous les gens de bien de la province. Personne ne peut mieux connoître les avantages de la paix et du repos que ceux qui ont ressenti leâ effets de la guerre et du trouble pendant quarante années; et je vous avoue. Messieurs, que c’est avec une extrême satisfaction que j’ai vu, par avance, vos esprits disposés à recevoir et goûter cette paix que le roi vous envoie par mon ministère.

Que si , nonobstant l’application que j’ai apportée depuis deux ans à chercher la décision de vos différens dans les conférences que j’ai eues avec vous et dans les actes et les écritures de votre procès, mes foibles lumières m’ont fait tomber dans quelque erreur, vous devez croire qu’il n’est rien échappé aux profondes connoissances et à la pénétration de M. le chancelier, qui est entré dans la discussion et dans l’examen de chaque article, et qui vous a marqué l’esprit et les intentions du conseil sur les questions qui vous partagent. Il faut donc espérer que ce règlement, auquel vous vous êtes soumis lorsqu’il

n’éloil qu’un projet, deviendra une loi sacrée et inviolable pour vous, présentement qu’il est revêtu du caractère de l’autorité royale, et que vous n’aurez pas moins de zèle pour son exécution que vous avez témoigné d’impatience de le recevoir.

C’est à quoi vous devez être encore plus animés par l’intérêt du public que par celui de vos chaires, puisque, ne pouvant douter que toute la province n’ait souflert de la guerre civile qui règne depuis tant d’années dans votre compagnie, vous devez être bien aises que ceux qui sont soumis à votre juridiction partagent avec vous les fruits «l’une paix d’où dépend le repos des familles, et que vous ne pouvez trop chercher à conserver.

Le doyen de la faculté de droit a répondu à mon discours en latin.

Le sieur de Razes, président, et son fils n’ont pas été contens du règlement. M. de Pomereu, qui logeoit chez lui à Poitiers, est son protecteur auprès de M. le chancelier.

Le i6 août, j’ai mandé à M. le chancelier que j’avois porté au siège présidial de Poitiers le règlement qu’il avoit approuvé et fait homologuer par un arrêt du conseil ; que je l’avois fait lire à la chambre du conseil en présence de tous les officiers assemblés, et ensuite publier à l’audience, où ils ont tous assisté, pas un d’eux n’ayant témoigné qu’il y eût aucune disposition dont il eût sujet de se plaindre.

Le roi faisant de nouvelles levées a fait écrire aux intendans de chercher des gentilshommes ou officiers qui n’ont point d’emploi pour lever des compagnies. Sa Majesté donne 5,a5o** pour mettre sur pied une compagnie de trente-cinq maîtres ‘, et pour une compagnie d’infanterie de quarante-cinq soldats 900** et les armes. C’est ce que m’a écrit M. de Louvois, le 3 1 août 1 688. Le roi a augmenté toute son infanterie jusques à quarante-cinq hommes par compagnie.

‘ En termes de guerre, mofrir désignait un cavalier.

Au mois [d'août] , j'ai fait ériger une statue au roi dans la place de Poitiers*. — Vid. la relation et l'imprimé du sujet de la tragédie.

Jai donné pour les prix de la tragédie'* vingt-sept volumes, savoir : sept pour la rhétorique, sept pour la seconde, sept pour la troisième et trois pour chacune des autres classes.

DEMETRIÜS,

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