‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 46 sur 105 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Philippe propose l'affaire dans son conseil; les sentimens y sont partagés. Euphorbe, ennemi secret de Demetrius, se déclaré pour Persée, faisant valoir le droit d’aînesse et la haine qu'il a contre les Romains. Amintas prend le parti de Demetrius, dont les services sont si considérables, qu’il semble que ce sera luy rendre plutôt la couronne que la luy donner. Le roy, plus incertain qu’auparavant, les renvoie sans rien conclure. Partagé entre l’un et l’autre, il aime dans Persée la haine qu’il a contre les Romains, et craint dans l’autre le mérité, la faveur du peuple, le ressentiment, etc. Enhn, malgré ces considérations et la promesse qu’il avoit faite à sa seconde femme en mourant, d’elever son fils sur le trône, il proteste qu’il ne choisira jamais un ami des Romains. Quintius luy fait demander audience. Cet ambassadeur, selon les ordres du sénat, le prie d’avoir egard, en son choix, aux inclinations de la République, son alliée, qui porte Demetrius. Le roy, s’abandonnant à sa haine et à sa jalousie, s’emporte contre les Romains qui osent entreprendre sur l’autorité des souverains, et donner atteinte à ce qu’ils ont de plus cher. Quintius justifie d’abord avec modération la conduite du sénat, mais, se voyant poussé avec trop de hauteur, il prend à son tour toute la fierté que luy donne l’autorité de Rome et la grandeur du caractère dont il est revêtu. Philippe se retire avec indignation et laisse l’ambassadeur songer aux moyens de soutenir le choix de Rome.

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