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grandes sommes au roi depuis peu de temps, et qu'il faudrait faire porter cette somme par les propriétaires les plus accommodés des maisons de la ville.
Le produit des droits d’amortissement dans la généralité de Caen, depuis que le recouvrement a commencé, montoit à 349, 640*^.
Au mois d’avril 1 698, j’ai fait accorder une chaire de droit au sieur de Vaucouleurs.
S. A. R. Monsieur étant arrivé à Pontorson, j’ai pris des mesures avec M. de Nointel, intendant de Bretagne, pour la subsistance de sa maison'.
J’ai perdu 4, 000" au lansquenet, au jeu de S. A. R., pendant le séjour que j’ai fait à Pontorson.
[..a plupart des religionnaires qui ont fait abjuration ne pouvant se marier à l’église, les curés refusant de leur administrer le sacrement de mariage s’ils ne font le devoir de catholiques romains, ils se faisoient des promesses de mariage, sur la foi desquelles ils habiloicnt ensemble; il arrivera que ces mariages seront déclarés clande.stlns. C’est un désordre auquel on n’a point pourvu.
M. deBougy, mestre de camp de la cornette blancbe*, après avoir fait .son abjuration, a passé en Hollande sous un passeport que le roi lui avoit accordé pour aller prendre des eaux à Aix-la-Chapelle. J’ai fait saisir la terre de Bougy par ordre du roi.
Au mois de mai s 6q3, on a établi un camp du côté de la Hoiigue, sous le commandement de M. de Matignon, lieutenant général de basse Normandie.
Le 5 mai 1 698, j’ai proposé de faire une redoute à la léte des ponts de Douve, qui défendra l’entrée deCarentan; car, si les ennemis
' I.e rui avait tlniiaé, le 3 mai i6g.3. à von frère, le cominandeuieiil do toutes les troupes sur les edtes, depuis Dunkerque ju-qu à Bayonne. .Monsieur p.irtil île Paris le ad mai, et arriva le 3i à VitnK qu'il avait choisi pour son séjour. Mais les vivres •■I les foiirroijes commençant à devenir
rares à Vitré, il tran8|>orta son camp à Pontorson, le 17 juillet, et y resta jusqu’à son déport pour Vcrsaille.s, où il était de retour le 12 août.
‘ Ce titre équivaut à ce qu'on nommerait aujourd'hui colonel du 1** régiment de cavalerie légère.
s’éloient rendu.s maîtres de Carentan, il neseroit pas possible de les chasser de la péninsule de Coulances, qui est un pays de postes, entrecoupé de rivières, de hauteurs, de forêts et de haies, et abondant en grains et en fourrages.
On a fait depuis trois années des redoutes le long de la côte de la Hougue, qui ne sont que de sable et que les vents détruiront. Ce qui a été fait de plus utile, ce .sont deux tours, l’une à la Hougue et l’autre dans i'ilc de Tatihou.
.\u mois d’août i 698, j’ai fait bâtir deux maisons dans la rue de la Juiveric et dans celle de (j^ui m’ont coûté 3G,ooo”.
Y' ayant eu une grande disette de grains cette année dans tout le royaume, le conseil a voulu être informé de la quantité des blés qui oui été recueillis l’année dernière. J’ai proposé de s’informer des décimaleurs de ce qu’ils en ont recueilli; c’est ce que j’ai mandé à M. Pussort, qui a été chargé d’entrer dans ce détail, le 11 septembre.
Depuis cette lettre [à] M. Pussort, j’ai reçu la déclaration du roi' qu’il m’a envoyée, qui veut que les intendans nomment des commissaires dans les élections pour vérifier l’état des grains. J’ai reçu aussi un arrêt du conseil qui enjoint aux marchands, laboureurs et fermiers, de vendre leurs blés aux termes de la déclaration du roi; mai.s tout cela n’a été bon qu’à faire renchérir les blés, les usuriers en ayant fait des magasins, et je me suis bien trouvé d’empêcher le.s grand.s amas de blés, mais d’en laisser le commerce libre; ce qtii a fait que la basse Normandie a moins souffert de la disette des grain.s que les autres provinces. J’ai vérifié, dans toutes les élections où j’ai fait ma visite, la quantité de blé qu’il y avoit, mais toutes les déclarations se sont trouvées fautives.
Au mois d’octobre, j’ai fait défense aux amidoniiiers de Caen de faire de l’amidon jusques à nouvel ordre, attendu la disette des grains.
' Üécl.iration du 5 ^cplcmbre 1698 (Isntnberl , Ane. lois Jixinç. I. XX, p. 198).
Au mois d’octobre, on a fait un traité pour la finance des lettres de réhabilitation de noblesse*.
Au mois d’octobre, j’ai établi une monnoie à Caen en exécution des ordres, et ai proposé les anciens olliciers de celle de Saint-Lô supprimée , pour y travailler, et ai loue une maison dans le cœur de la ville 700** pour cet établissement.
Le 1 i novembre, j’ai mandé à M. de Pontcbartrain que j’avois réglé les différends qui étoient entre le préposé à la vente des charges de pourvoyeurs et vendeurs d’huîtres et les pécheurs de Granville , et qu’ils étoient tous contens.
J’ai envoyé à M. Pussort l’état des grains des paroisses de l’élection de Caen, suivant l'estimation des gerbes qui se sont trouvées dans les granges. Il m’a demandé un mémoire du blé qu’il falloit pour nourrir un homme par année; mais il y a beaucoup d’endroits où ils ne mangent que du sarrazin avec du lait. Je lui ai envoyé les états des grains de toutes les élections.
M. Chamillart m’a écrit, le 19 décembre, que l’on vouloit m’envoyer à Rouen à la place de M. Bignon, et qu’il l’avoit empêché. Le fondement de ce changement est la mésintelligence qui étoit entre M. de Matignon et moi, qui se plaignoit de ce que j’avois entrepris M. de Fontenay, son allié, sur des exactions qu’il avoit faites sur le régiment de milices qu’il commandoit. 11 se plaignoit aussi que j’avois fait casser un capitaine de la côte, et que je m’élois fait adresser une commission pour un autre, sans lui en rien [dire]. 11 est vrai que j’avois fait casser ce capitaine pour malversations commises dans les fonctions de sa charge, mais je n’ai point eu de part à la nomination de son successeur. M. Chamillart nous a raccommodés.
J’ai fait un voyage à Paris sur la lin de lôqS.
' Un édit de décembre 169a (Isamberl, noblesse, enregistrées dans les cours des
t. XX, p. 17a ) imposait à ceux qui avaient aides, une finance nouvelle pour leur faire
obtenu des lettres de réhabilitation de sortir leur plein et entier eflet à l'avenir.
DE NICOLAS-JOSEPH l’OUCACLT.
Au commencement de i 69/1. j’âi fait un voyage à Paris.
Le . .janvier 16941 M. de Pontchartrain, secrétaire d’état et contrôleur général des finances, m’envoya un courrier à Caen, chargé d’une lettre par laquelle il me mandoit que le roi lui avoit ordonné de m’écrire de me rendre en poste et en toute diligence & Paris pour une affaire très-importante. Lorsque j’y fus arrivé, il me dit qu’il avoit été mis à la Bastille un Normand qui avoit affiché des placards dans plusieurs places de Paris, séditieux et traitant le roi de tyran et excitant le peuple à s’en défaire. 11 me mena chez le roi, qui me dit que je pouvois connoitre, par ce qu’avoit dû me dire M. de Pontchartrain, de quelle importance étoit l’affaire qui l’avoit obligé de me mander; qu’il connoissoit assez mon zèle pour ce qui regarde sa personne pour n’avoir pas besoin de l’exciter à faire tout ce qui dépendroit de moi pour découvrir ce que c’étoit que ce prisonnier et ses complices; qu’il me feroit expédier des ordres en blanc pour faire arrêter toutes les personnes que je jugerois à propos, de quelque condition qu’elles fussent, et qu’il remettoit entièrement cette aflaire entre mes mains. Sa Majesté me renvoya à M. de la Reynie pour me donner les instructions et mémoires qu’il avoit sur cette affaire.
Je fus voir M. de la Reynie, qui me fit voir les placards, qui avoieiit été affichés par le nommé Uéliard et qui étoient capables d’exciter une sédition. Il y ajouta les copies des interrogatoires qu’il avoit prêtés, et, lorsque je fus chargé de ces pièces, je retournai en poste à Caen, d’où je partis aussitôt pour Coutances, dans le voisinage duquel se tenoit M. le comte de Montgommery, que l’on croyoit s’être servi d’Héliard comme d’un instrument pour afficher ces placards, ayant dit par ses interrogatoires qu’il y avoit un grand seigneur qui le faisoit subsi.ster, qui avoit des livrées jaunes doublées de rouge ; ce qui étoit vrai. Étant à Coutances, je m’adressai au sieur de Bauval, mon subdélégué, homme d’esprit et avisé, auquel je fus obligé de prendre confiance. Je lui demandai s'il y avoit un paysan dans quel-
(|ue paroisse de son élection qu’il sût se nommer Héliard, et quel métier il faisoit. Il me dit qu’il y en avoit un à Coutances qui alloit prendre des taupes dans les jardins des environs, et qu’il avoit ouï dire qu’il étoit absent, mais qu’il connoissoit des gens desquels il pouiToil en savoir des nouvelles exactes, sans qu’ils pussent savoir son dessein. En efiet, il apprit qu’lléliard étoit du village deCarantilly à trois lieues de Coutances, âgé d’environ soixante ans, preneur de taupes, sujet au vin, d’esprit égaré, ayant fait à Coutances une inÜnité de folies, les enfans courant après lui. On a souvent été obligé de le faire sortir de l’église à cause des extravagances qu’il y faisoit, parlant souvent d’un grand prince qui le doit mettre à son aise.
iVI. de la Reynie avoit cm que cet homme n’agissoit pas de son cbel, et qu’il étoit l’émissaire de M. de Montgommery, ou de M. de Saint-Martin, de Graville, et je reçus des ordres pour les faire arrêter; le premier se tenoit à Chanteloup, à quatre lieues de Coutances, et M. de Saint-Martin, proche de Touques, généralité de Rouen.
Mais, par les perquisitions que je fis, je trouvai que les placards en question avoient été dictés par Héliard à deux enfans, qu’il n’avoit aucune habitude avec MM. de Montgommery et de Saint-Martin, et que c’étoit un fanatique qui étoit parti de Coutances avec quinze sols d’argent, une douzaine de ces placards et un pot de colle; qu’il avoit été à Rouen afficher des placards en deux endroits, et qu’ ensuite il étoit venu afficher les autres à Paris, où il avoit été pris; ainsi- je ne fis emprisonner personne, et je mandai à M. de Pontchartrain que cet homme étoit un fol furieux qui n’avoit point eu de complices dans tout ce qu’il avoit fait, et que je croyois que, si le roi ne jugeoit pas à propos de lui faire faire son procès, comme je n’estimois pas c|u'oii dût le faire, il failoit s’assurer de sa personne avec de grandes précautions, ayant dit souvent que, s’il pouvoit s’échapper, ce seroil pour se défaire du roi. On le resserra donc fort étroitement à la Bastille, où on l’avoit même enchaîné. Il y est mort, il y a quelques années.
Le vt I avril iGgû, [M. de Chamillart] m’a écrit une lettre dans la-
DE NICOLAS-JOSEPH FOLCALLT. ;i03
quelle il me propose d’acheter la terre de Magny. La lettre est cijointe.