PROJET DR VENTE DE MAGNY
Ce ai avril iGgi.
Vous allez assez bien, Monsieur, quand vous êtes boiteux, pour croire que le mal n’est pas considérable, puisque vous arrivez à Caen le .second jour. Rétablissez votre santé, et faites en sorte de retrouver des jambes pour aller tuer des perdreaux, soit en qualité de marquis de Magny ou siu" le compte de votre serviteur; mais d’une façon ou d’une autre il faut que vous en fassiez vos plaisirs. Je ne me dédirai point des conditions; je vous donnerai les paroisses de Magny, Ryes, Tracy, Arromanches et Man vieux réunies, faisant un marquisat, le tout relevant du roi, M. de Matignon indemnise, sans que vous soyez chargé d’autre chose que de payer le denier vingt-quatre du revenu effectif, et je prendrai en payement pour i4o,ooo** votre charge de maître des requêtes. Si vous êtes tenté, succombez; le plus tôt que vous pourrez sera le mieux; si le cœur ne vous dit rien, mandez-lemoi sans complaisance, l’affaire est trop sérieuse pour en avoir. Je vois que le mal devient général pour les blés; faites un miracle dans le pays où vous êtes: empêchez la malice des Normands. Vous n’ètes point dans une assez grande disette pour qu'il y ait du désordi'e dans jes marchés; si vous le pouvez en faisant fustiger deux ou trois femmes, vous en serez quitte à bon marché.
Trouvez bon que je vous recommande les officiers de Saint-Sauveur-le-Vicomte pour leurs augmentations de gages, et faites-moi le plaisir do leur faire savoir que je vous ai recommandé leurs intérêts.
Tous les généraux se disposent à partir. Nous allons voir recommencer la guerre ; Dieu nous donne la paix ! Jouissez du calme que vous trouverez cet été dans votre province; on peut se servir de ce langage par comparaison à ce que nous verrons ici. Je fus invité la semaine dernière d’aller à Pontchartrain; je ne pus pas avoir cette complaisance. On est revenu à la charge pour cette semaine, et je
m’en vais y passer seul les deux jours que le roi doit être à Clioisy. Vous voyet bien que je ne suis pas encore réprouvé.
Adieu, Monsieur, je suis à vous plus que je ne le vous puis dire et sans réserve *.
l.c 8 mai, il y a eu un incendie au bourg de Ducey, élection d'Avranclies, qui a con.sumé presque toutes les maisons. On fait monter la perte à 3oo,ooo **, se faisant un gros commerce de toiles dans ce bourg. J’ai demandé de la diminution sur les tailles.
l.c Q3 mai, j’ai mandé à MM. de Pontcbartrain et do Barbezicux que j'avois reçu beaucoup de plaintes d’babitans de plusieurs paroisses, des vexations qui leur ont été faites par M. de Fontenay, colonel d’un régiment de milices; qu’il refusoit des garçons bien
' Los mémoire* ne parlent pas autre* ment de 1 acquisition de Magny; mais ils contiennent le* pièce* suivantes qui s'y rapportent :
• POT oc VIN DK M.^GNV.
• C« 5 janvier
• Je vous envoie. Monsieur, l'argent que
• vous avec avancé pour M. Foucault, et
• vous prie de faire donner au porteur le
• bureau et le surplus.
• Je suis. Monsieur, avec beaucoup de
• passion, voire très-bumble et trés-obéis-
• saut serviteur,
• Hsssdlt DS CsnoBu. >
• J'ai reçu , Monsieur, les trois cent vingt > livres que vous m'avei envoyées, que j'a-
• vois avsncées pour M. Foucault de Nocé.
• Cet argent fait partie du présent fait k
• madame Chamillart pour pot de vin de
• Magny, une pendule et nn bureau.
• A M. le m4r<fui» de ft«oi ,
«rue des Don*>Koi«o«.«
• ACQOIltnOR OE MACRC.
aC« te février i6f5.
• Je, notaire an Chàlelet, confesse svoir
• reçu de M. Foucault, par les mains de
• M. de Cantobre. la soiiime de cent cin-
• quantc livres pour met vacations du
• contrat de l'acquisition qu'il a faite de
• M. CbsmUlart , une grosse en parchemin « du contrat de ladite acquisition, que j'ai
• délivréa à M. Chamillart, et une espé-
• dilkm en parcliemin que j'ai délivrée k « M. de Canlobre: plus, il a donné trois
• livres doute sols eu clerc.
• Toaims.»
• C« Jbùi
• J'apprends, Monsieur, que les lettres
• d'érection de la terre de Magny en mar-
• quisal ont été enregialrées au parlement
• de Rouen et é U cbamitre dm comptes.
• Ces messieurs aiment ou oraigDcat telle-
• ment les inlendans qu'ils n'ont pas voulu
• prendre de notre argent de |>eur que cela
• ne leur porte malheur. Je me trouve cn-
laits qui avoient été nommes par les paroisses pour servir dans ce régiment; qu’il avoit envoyé de son autorité privée dans les paroisses des sergens et des soldats qui y ont vécu à discrétion et qui se sont fait payer vingt sols par jour, sur l’ordre signé dudit sieur de Fontenay. J’ai fait retenir ses appointemens L
Au mois de mai 1694, M. de Vaubau est venu à la Houguc, dont il a visité les fortiücations. 11 a cru qu’il falloit faire plusieurs redoutes ledong de la côte et un camp retranché à la tête de Carenlan.
M. le maréchal de Cboiseul est arrivé à Caen au mois de mai, pour y commander les troupes qui sont en Normandie.
Il s’est fait quelques attroupemens de paysans en plusieurs endroits, pourempèchcr les marchands forains d'enlever les grains dans les marchés; mais ils se sont dissipés et n'ont pas eu de suite.
J’ai entrepris d’achever la réparation du chemin de Lisieux à Caen , pour laquelle le roi a fait un fonds qui a été imposé sur la généralité
«gagé, aussi bien que vous, à de grands
• reroercimens. Mandcx>moi , je vous prie,
• comme va l’affaire de Ryes ei ai voua aui- « vea l'eiécutian du trailé que j'avois (ait ;
■ c’eat une des plus importantes acquisi-
• tiona que vous puissiez faire et des plus
• nécessaires. M. de Matignon me mande
• que vous avez passé deux jours ensemble, i et qu’il doit vous aller voir dans quelque
• temps èk Magny. Si c’est au mois d’août . «je regrette par avance du ne pouvoir être « de la partie. Il vous en coûteroit des per-
■ dreaux. mais nous irions sur les limites. « Vous ne m’avez point mandé si la pariade « éloil belle. On m’a dit que i'hivcr y avoit « été fort contraire. C’est du plus loin
■ qu’il me souvienne d'avoir reçu de voa
• nouvelles; je ne m'accoutume point à «votre silence. Adieu, Monsieur; aimet^ « moi toujours autant que je suis à vous.
• CliàMILUiaT.
• M. Foucailt.*
• • octoLr».
• Je ne sais si celle lettre vous trouvera.
• mais à tout lia.sard je suis bien aise de ■ vous dire que je prends part k l’affairr
• dont VOU.S me parlez plus que personne
• du mtfnde. M. Chamillarl m’en avoit in* a formé comme d’une chose peu avancée; «je lui ai écrit qu'il n’avoit qu’à conclure;
• qu’à mon égard il ait à m’envoyer un « écrit tout dressé de la cession que je dois
• faire, cl que je la signerai; je ne fais « qu’attendre cela. Adieu , je remets à vous
• en dire davantage à votre arrivée en ce «pays*ci;je vous embrasse de tout mon « coeur.
« MàTioaoH. •
' Les affaires de M. de Fontenay avaieni déjà brouillé Foucault avec M. de Matignon. (Voy. décembre ibqS.)
de Caon, quoique ce chemin soit dépendant des généralités de Rouen et d'Âlençon; mais, comme il débouche toutes les marchandises qui viennent de la basse Normandie à Paris, j’ai cru que les peuples de la généralité de Caen gagneroient beaucoup en faisant la
dépense de cette réparation. Celle que j’ai faite a monté à ^
et il en avoit été fait par les intendans qui m’ont précédé pour plus de. ... .
Le roi a créé, par un édit, des colonels, majors et autres officiers de milices bourgeoises des villes et bour^ du royaume. J’ai proposé de les faire prendre par les plus accommodés bourgeois.
11 a été imposé 5o,ooo^ sur les trois généralités de Normandie , pour les ouvrages de la Hougue.
M. le duc de Beauvilliers, soupçonné d’attachement au jansénisme, m’a écrit au mois de mars que je lui ferois plaisir de lui envoyer les mémoires de ce qui s’est passé dans l’affaire de M, Caulet, évêque de Pamiers, qui a été commise à mes soins pendant que j’étois intendant à Montauban. Je lui ai envoyé tout ce qui s’est fait pendant la vie et depuis la mort de ce prélat à l’occa.sion de la régale, et lui ai écrit la lettre ci-jointe, en réponse de la sienne. Elle est ci-jointe.
A M. I.fe DUC DE BEAÜVILLIEPS.
. , . , . Ce »•' niai 1694.
Il est vrai. Monseigneur, que j’ai été un des principaux acteurs dans l’affaire de la régale, l’ayant vu naître pendant que j’étois intendant à Montauban, par la saisie des revenus de l’évêque de Pamiers que je lis en vertu d’un arrêt du conseil, et la plus grande partie des ordres de la cour qui ont été donnés dans la suite m’ayant été adressés; ainsi je puis bien me souvenir des principales circonstances de ce qui s’est passé, mais, comme il y a dix ans que j’ai quitté la Guyenne, je ne puis, sur la foi de ma mémoire, vous rendre un compte bien exact et chronologique des faits portés par le mémoire que vous m’avez fait l’honneur de m’envoyer. Voici donc , en général , ce que je puis
répondre à chaque article^; niais, si vous désirez, Monseigneur, être parfaitement instruit de toutes les circonstances de cette affaire, j’ai conservé les arrêts du conseil, tous les ordres de la cour, et j’ai pris soin, pendant que j'étois à Montauban, de ramasser toutes les ordonnances et autres actes et mémoires pour et contre la régale que j’ai renfermés dans une cassette qui est à Paris, et que je donne ordre que l’on porte chez M. Chamiilart pour vous être présentée. Vous y trouverez , Monseigneur, tout ce que vous cherchez et de quoi satisfaire pleinement votre curiosité; mais oserois-je vous supplier trèshumblement que ces mémoires ne soient vus que de vous? Personne ne les a, et vous jugerez qu’il n’est pas à propos que le public en ait connoissance. C’est à vous seul. Monseigneur, queje puis me résoudre de les coniier, comme ê la personne pour laquelle j’ai un dévouement plus absolu, et dont je suis avec le plus profond respect, etc.
Au mois de juin, le roi a fait construire une tour au Port-en-Bessin. Ce petit port est très-bon pour donner retraite aux bàtimens poursuivis par les corsaires.
M. Chamiilart m’a écrit une lettre, le 37 juillet 1 694. par laquelle il m’a demandé si l'intendance de Lyon me conviendroit; que j’étois le maître de l’aceepter ou de la refuser; que, si je le consultois, je denicurerois à Caen, où il m’ainioit mieux que tout autre, quoique je ne fusse plus dans les mêmes liaisons d’amitié avec M. de Matignon. Je lui ai mandé queje préférois Caen à Lyon, et que je le priois de le dire à M. de Pontchartrain , lors contrôleur général.
J’ai rev'ti avis de M. te maréchal de Choiseul que les ennemis avoieut bombardé le Havre depuis le matin, 38 juillet, jusqu’à midi, et que les bombes n'y ont pas fait grand dommage. Il y avoit [fait] marcher une partie des troupes réglées qui étoient sur nos côtes. Les ennemis se sont retirés à file de Wigbt, les grands vents les ayant obligés de quitter nos côtes.
' Lu réponse à Uquellc il csl fait «llu- aux mémoires sous le titre jiarticulier
lion est probablement le morceau ioséré à'Affair»} de lu régale. ( Voy. plus haut.)
I.es ennemis avoient bombardé la ville de Dieppe avant celle du Havre, et y ont brdlé la plus grande partie des maisons, qui ont été depuis rétablies.
M. de Pontchartrain ma proposé d’établir une juridiction consulaire à Caen; mais je lui ai représenté que la plupart des marchauds de Caen étant religionnaires ont quitté le royaume, ceux qui y sont restés ayant passé à Paris ou à Rouen; que le commerce est présentement peu de chose à Caen, et que les taxes des arts et métiers les ont mis dans l'impuissance de donner aucun secours au roi.
Au mois de juillet, le roi a créé des ol&ces de receveurs des deniers patrimoniaux dans les villes ^ , ,
Au mois d’août 1694* le roi ayant relégué à Bayeux M. l’abbé d’Entraigues, Sa Majesté lui a permis de venir établir sa demeure à Caen.
J’ai proposé à M. Le Pelletier de faire construire une douzaine de tours depuis la Pi ntrerie jusqu’à Quinéville, qui seroient d’une bien meilleure défense et des ouvrages bien plus solides que les redoutes qui y ont été construites.
Ayant entrepris de faire le procès au sieur de Sainte-Marie, lieutenant général de Valognes, pour concussions, violences et malversations par lui commises, il a fait entendre à M. le chancelier Bpuchcrat que je lui étois suspect, et, par le crédit de l’argent qu’il a répandu dans la maison, il a fait en sorte que M. de Pomereu, intendant d’Alençon, a été commis pour instruire ce procès. Il est venu sur les lieux, a favorisé l’accusé, ayant souffert qu’en sa présence les témoins aient été intimidés et écartés, et, sur ce procès imparfait et une instruction défectueuse, ledit Sainte-Marie a été jugé aux requêtes de l’hôtel, où il a été admonesté. C’étoit une affaire criante.
I.e 10 octobre, j’ai écrit à M. Boueberat, chancelier, pour avoir la
' On appelait deniers patrimoniaux les revenus appartenant aux conamunes autrement que par octroi du prince.
peitnission de vendre ma charge [de maître de.s requôte.s] et des lettres d’honoraire'.
Le roi m’a accordé des lettres de maître des requêtes honoraii-e, le ao octobre i6g4, après vingt années révolues de service; elles ont été registrées au parlement le i 5 décembre 1 6y4 , et aux registres de l’hôtel le i8 janvier ibgS. M. de la Briffe, procureur général du parlement, m’a donné avis de ses conclusions par sa lettre du i3 décembre i6g4.
M. de Fieubet, conseiller d’état, étant mort au mois de* [septembre], M. Amelot, ambassadeur en Suisse, et M. de Bouville*, intendant en Orléanois, ont demandé .sa place au roi. J’ai écrit au.ssi à Sa Majesté et à MM. les ministres pour l’obtenir; elle a été donnée à M. Amelot.
Par l’édit du mois d’octobre, les greniers à sel ont été désunis des élections, et il a été créé des charges pour les greniers à sel '.
Le roi a donné® pour le rachat des droits seigneuriaux.
Au mois d’octobre, M. de Pontchartrain m’a mandé qu’il avoit été proposé au roi d’établir une capitation payable indistinctement par tous ses sujets, et m’a demandé des mémoires que je lui ai envoyés le 5 novembre; mais une des conditions principales que je lui ai mandé devoir faciliter cette imposition étoit d’ôter tous les recouvremens extraordinaires. Il m’a envoyé un modèle de dénombrement des habitans d’une élection. Je l’ai fait pour celle de Caen et le lui ai envoyé. <
‘ Célail pour [laycr Magiiy. ( Voy. plus à l’elTel de maintenir l'execution desrcglehaut la lettre de Chamillart du al avril nienU en matière de g.ibelles. Auparavant, 1696 J sauf quelques juridictions particulières
’ Fieubet mourut le 10 septembre 1694. qu’oa appelait cbarabres à sel, les otTaires
Dangeau dit, à la date du la septembre, de cette nature étaient portées aux élccque sa place de conseiller d'état Tut don- lions, juridictions financières subalternes née à d'Aguesseau. qui connaissaient en première instance
’ Michel -André Juberl de Bouville, des matières dont les cours des aides conmarquis de Bûy. naissaient par appel.
* L'édit d'octobre i6g4 crée dans loua * Il y a un mol pssé, probablement
les greniers à sel de nouvelles juridictions, ■ une décloralion. •
J’ai offert, par une autre lettre, de commencer l'ctabliüsement de la capitation dans la généralité de Caen et de donner l'exemple aux autres provinces.
Le 7 novembre, j’ai demandé à M. de Pontchartrain une enseigne dans la marine en faveur du fils de M. de Bonneville.
J’ai fait donner à M. Blanchart, trésorier de France, les commissions pour les tailles et pour les ponts et chaussées qu’avoit M. de Banncvillc, qui s’est défait de sa charge.
Au mois de novembre, j’ai informé contre le sieur Ferrand, grand maître des eaux et forêts, des malversations commises dans les ventes de bois des forêts de Valognes.
Le 1 4 décembre , j’ai jugé au présidial de Caen le procès fait au nommé Marigny, monnoyeur de la Monnoie de Caen, et, n’avant trouvé aucune preuve des malversations dont il étoit accusé, il a été renvoyé absous.
I^c sieur deGlatigny, lieutenant criminel d’Avranches, a fait arrêter un prêtre, une femme et une fille de la paroisse de Saint-Quentin , auxquels il fait le procès comme sorciers. Sur la représentation de la procédure, j’ai trouvé la preuve fort légère. J’ai même parlé aux accusés en présence de M. l’évèque d’Avranches, et nous avons reconnu que la fille étoit un esprit foible et d’une réputation qui n'étoit pas entière. On prétendit qu’elle étoit devenue enceinte du fait d’un cavalier en quartier d’hiver à Saint-Quentin, et que, pour sauver son honneur, elle dit qu'elle avoit été ensorcelée et corrompue au sabhat par ce prêtre , qui avoit soixante ans. Le prêtre a tout méconnu , et le sieur de Glatigny l’a fait dépouiller tout nu et lui a fait enfoncer des aiguilles dans toutes les parties de son corps pour chercher la marque insensible. J’ai informé M. le chancelier de cette belle procédure, et, en attendant ses ordres, j’ai fait surseoir à cette instrucliou, qui se faisoità grands frais, aux dépens du roi.
Au mois de le roi a créé des offices de l’arrière-banL
* N’esl*ce pas un double emploi avec l'édit de janvier mentionné aux toc-
moîru» à sa date?
Le 9 janvier, M. de Ponlchartrain m’a envoyé l’édit portant création de vérificateurs des criées.
Le roi ayant créé des charges de rapporteurs vérificateurs des criées dans les sièges [de justice]*, j’ai été d’avis de les réunir aux communautés des avocats qui, avant l’édit de iGo6 qui a créé de ces offices, en faisoient les fonctions.
Le I 8 janvier, mes lettres de maître des requêtes honoraire ont été rcglstrées aux requêtes de riiôlel.
Le a5 janvier, j’ai envoyé à M. de Pontchartrainles dénomhremens des familles de sept élections de la généralité de Caen, avec l’état des gentilshommes que je lui ai proposés pour travailler avec moi dans chaque élection aux rôles de la capitation; mais, m’en étant depuis mal trouvé, parce que la faveur et la haine étoit un motif trop ordinaire de leurs avis, j’ai supplié M. de Ponlchartrain de les remercier.
Le a 5 janvier, j’ai reçu l'édit de la capitation’.
Le roi ayant donné un édit, au mois d'octohre i 694, au sujet des eaux et fontaines’, j’ai proposé à M. de Pontchartrain un abonnement
' Édild'oclobrc i6<)4 (hambcrl, t. XX, p. 339]» portant création de rapporteurs, vérificeleur» et certificateurs de saisies, criées et subbaslations dans les présidiaux cl autres juridictions royales. Le rapport demandé à ces ofliciers avait pour but de faire certifier par le juge que les criées des héritages saisis avaient été faites régulièrement et suivant les formalités requises par les ordonnances. Primitivement, ces rapports avaient été faib par un praticien requis à cet effet. Une ordonnance de Henri III , en i58i. applicable à la Normandie seulement, érigea c«^s fonctions en offices spéciaux, qui furent déclarés compatibles avec la |>rofesston d'avocat. Foucault voulait qu'on en revint à cet état de cbo.ses. qui
avait été modifié en iGoG |iar la création, dans chaque juridiction royale de Normandie, d'offices de conseillers rapporteurs des criées. Son avis ne fut pas suivi, et, ces offices n'ayant pas été* levés ■ (acquis) dans la plupart des sièges, des déclarations du roi de 1696 et 1696 les réunirent aux cotnmunaulés des procureurs dans les juridictions où ils étaient restés vacants, moyennant finance payée )>ar ces conuziunaulé!i.
* L'édit est du 18 janvier 1696 (Isatnbert, I. XX. p. 333).
^ Cet édit (isambert, I. XX, p. 339) avait pour but de tirer de l'argent des communautés et des |>articuliers qui avaient dérivé pour leur usage les eaux des rivières, sources et fontaines.
général dans mon déparletnent, attendu la difficulté d’exécuter cet édit, dont peu de personnes se trouvent dans le cas. Cet abonnement a été agréé, et j’ai proposé de le fixer à i 20,000**.
En 1694, le roi a créé par un édit des charges de receveurs des gabelles et des cinq grosses fermes; mais cet édit n’a eu lieu qu’en 1695, sous la direction de M. de Caumarlin', intendant des finances, qui m’a mandé, par sa lettre du 28 janvier 1696, sur quel pied et de quelle manière ces charges dévoient être vendues.
Le 1 7 février, M. de Pontebartrain m’a envoyé un état des taxes faites sur les communautés des huissiers audienciers des cours supérieures et présidiaux, à cause de la réunion des huissiers des chancelleries et de la modération qu’on leur fait.
Le roi avoit créé des charges de maires, assesseurs et commissaires aux revues, et, comme elles ne se vendoient point, on y avoit commis pour donner de l'émulation à ceux qui scroient en état de les acheter. M. de Caumartin m’a envoyé un arrêt du conseil qui révoque ces commissions, le 28 février i6g5.
M. de Barbezieux m’a écrit, le 22 mars 1 698, que, M. le comte de Soissons s’étant retiré chez les ennemis’ avec madame la comtesse de Soissons, l’intention du roi est que je fasse saisir les biens qu’ils pourront avoir dans la généralité de Caen.
Au mois de mars, j'ai proposé une imposition de 120,000** sur toute la généralité de Caen, pour le rachat de la taxe pour les eaux. M. de Pontchartrain a approuvé cet expédient.
Le roi a créé des médecins et des chirurgiens royaux’.
On a taxé les aubergistes et caharetiers.
‘ Louis-Urbain Le Fèvre. seigneur de t^uniarlin, maiire des requêtes en 1C81, intendant des finances en 1 690 , conseiller d’état en 1697; mort en 1720.
’ Louis Thomas de Savoie, comte de .Soissons. frère ainé du prince Eugène, après avoir servi la France et avoir obtenu le grade de maréchal de. camp en 1690,
avait quitté le service de la France et em- “brassé le parti de l'Empereur au mois de décembre de la même année. Sa mère était Olvmpe Mancini, nièce du cardinal Maiarin.
' Double emploi avec la mention déjà faite de l'édit de février 1692. (Voy. plus haut, p. 295.)
Il y a eu des taxes sur les officiers des justices des seigneurs.
Il a été créé des offices de greffiers alternatifs des rôles des tailles dans les paroisses.
Le roi a ordonné le rétablissement d’un hôtel des monnoies à Caen.
Au mois de mars, il a été créé des charges de receveurs de greniers à sel et des traites.
On a proposé de mettre toutes les commissions des fermes en charges.
Au mois de mars, j’ai jugé au présidial de Caen le procès instruit au chevalier de Ramtot et à d’autres particuliers de la côte de Normandie, qui faisoient commerce avec les Anglois des îles de Jersey et Guernesey de marchandises défendues. Il y en a eu quelques-uns condamnés aux galères. Le chevalier de Ramtot a été condamné en 5oo** d’amende et en a,ooo** de dommages et intérêts envers... .'. Le roi lui a ordonné d’aller servir à Malte.
J’avois proposé à M. le marquis de Saint-Pierre pour travailler avec moi à la taxe de la capitation de la noblesse de l’élection de Valognes; mais je l’ai trouvé si difficulteux et si peu soumis aux ordres que je lui ai fait voir de votre part^, qu’il est difficile que je puisse m’en accommoder. On pourroit substituer à sa place M. de Saint-Luc, gouverneur de Valognes, avec lequel il sera plus facile^ de convenir.
Au mois d’avril 1 696, les Anglois ont fait une descente dans l’île de Chausey, à quatre lieues de Granville; elle est très-petite, déserte; on y tire seulement des pierres à bâtir; celles des fortifications de Saint-Malo en ont été tirées.
Le 39 avril, six corsaires ennemis ont enlevé plusieurs vaisseaux marchands sous le fort d’Omonville.
Les marchandises qui ont été vendues en 1 696 à la foire de Caen ont produit 46o,ooo** moins que celles de 1694* Les toiles s’y sont bien vendues.
Au mois de mai, j’ai reçu ordre par M. de Barhezieux de faire
' Nom illiaible; quelque chose comme Poicteau ou Pointeau: c'est peut-être le fermier général. — ’ Sic. Extrait d'une lettre à Puntchartrain.
31'i MÉMOIRES
saisir les biens de M. le comte de Soissons qui se trouveroient dans mon département. Je n’y en ai point trouvé.
J’ai mandé, le a 4 juin, à M. de Pontchartrain que l’on pourroit tirer 4oo,ooo*^ de la capitation de cette généralité.
Le roi a créé des offices de l’arrière-ban en Le prix en a
été régalé* sur tous les gentilshommes.
Au mois de juin, ayant demandé au Père général des Jésuites et au P. Bonnier, son assistant à Rome, la permission de faire venir à Caen le P. Rondil, ils me l’ont accordée. — [Vid. les lettres.)
Le 1 a juillet, le Père général des Jésuites m’a écrit une lettre par laquelle il m’accorde le P. Rondil pour demeurer à Caen, et me remercie de tous les services que j’ai rendus à sa compagnie. — {Vid. la lettre.)
Ayant eu avis que ma sœur, abbesse de Jarcy, songeoit à se défaire de son abbaye, j’ai écrit au P. de la Chaise pour ne point recevoir sa démission. 11 m’a répondu qu’il n’en avoit point ouï parler, et qu’il ne se feroit rien en cela que de concert avec moi. — {Vid. la lettre.)
Le i3 juillet iGgô, M. Chamillart m’a mandé que, dans le changement qui se faisoit d’intendans, le roi avoit eu dessein de m’envoyer à Rouen, mais que M. de Pontchartrain lui avoit marqué que je serois fâché de ce changement et que je servois bien à Caen. Sa Majesté a bien voulu m’y laisser. La lettre de M. Chamillart est ci-jointe. Le 1 7 juillet, j’ai remercié M. de Pontchartrain.
Ce 1 3 juillet iSgS.
Vous l’avez échappé belle. Monsieur; on vient de faire un mou-, vement d’intendans dans lequel le roi vouloit que vous eussiez part, dont vous auriez été aussi affiigé que moi. M. d’Ormesson s’en va en Auvergne à la place de M. d’Ableiges, M. d’Ableiges en Poitou, et M. de la Bourdonnoie à Rouen, où le roi vouloit vous envoyer. M. de Pontchartrain m’a dit qu’il avoit représenté au roi que vous seriez fâché de ce changement; que vous le serviez bien à Caen, et qu’il va- ' C’esl-à-diie réparti également.
loil mieux vous y laisser, puisque vous y faisiez bien. Écrivez-lui pour le remercier, cela ne gâtera rien pour la suite. Je ne lui ai point voulu demander permission d’arracher des hêtres dans les forêts du roi , sans savoir de vous auparavant si vous êtes bien déterminé à planter des arbres de cette qualité. Il me semble que les ormes sont plus à la mode. Je ferai pourtant ce que vous voudrez.
J’écris à M. le procureur général de la chambre des comptes de Normandie. S’il insiste sur les lettres de garde-noble que je crois comme lui nécessaires, je les demanderai.
A propos de M. Dumont* et de haras, j’ai un peu grondé M. d’Aprigny, et ne suis point content que le nombre d’étalons diminue dans son seul département, qui est celui qui devroit nous faire plus d’honneur et que je traite avec toute sorte de distinction. Si cela étoit bien réglé, il faudrait plus de cent étalons pour toutes les bonnes juinens; ayez-y , je vous prie, une attention particulière, et remettez votre généralité sur un meilleur pied. L’arrêt qui a été rendu est très-favorable pour les gardes- étalons et doit vous servir très-utilement à trouver des particuliers pour en acheter à leurs dépens, et pour en prendre. Nous vous sacrifions 2,4oo*^; employez-les utilement.
L’occasion est favorable pour les domaines. Ne les mêlez que le moins que vous pourrez avec votre bien. Il n’y a de sûr que les échanges , et le reste a des retours que l’on ne .saurait é>iter tôt ou tard. Pourvu que vous ne fassiez point d’union*, on peut risquer.
Vous ne sauriez mieux faire que de régler vos droits. Condé ne gâtera rien à vos affaires. Je croyois qu’il ne s’en méioit point. Puisque vous vous servez de lui, je vous dirai à son avantage qu’il a de la droiture, de la fidélité et de l’affection; du moins je me suis trompé si cela n’est pas. Adieu, Monsieur, personne n’est plus à vous que moi.
M. Fodcaolt. [CHANULLART.)
' Écuyer de monseigneur le dauphin, charge des haras.
* Jonction de terres? Tout cet alinéa nous paraît fort obscur. On pourrait y voir
une allusion de Chamillart à des acquisitions de parties du domaine royal , sur lesquelles Foucault lui aurait demandé son avis.
Toute la campagoe de Tannée 1696, à la Houguc, s'est passée à prendre des précautions pour empêcher les ennemis de faire des descentes sur la côte. M. le maréchal de Choiseul y commandoit les troupes : M. le marquis de Renty, M. de Matignon, lieutcnans généraux, et M. de Refuge, maréchal de camp, sous lui.
Le 18 juillet, à neuf heures du matin, les ennemis ont paru devant Granville au nombre de neuf vaisseaux de guerre et neuf galiotes à bombes qui ont mouillé un peu hors la portée du canon. Ils ont bombardé la ville jusques à six heures au soir et ont jeté cinq cents bombes ou carcasses. La première galiote a été obligée de se retirer par notre canon. Il y a eu six maisons endommagées dans la ville , et sept ou huit, couvertes de chaume, dans le faubourg. M. le marquis de Canisy, qui donnoit les ordres dans la ville, n’a rien oublié pour la sauver de l’incendie. Les ennemis ont fait cette expédition au retour de celle de Saint-Malo. On croyoit qu’ils iroient ensuite à Cherbourg, et je m’y transportai avec M. de Canisy pour y prendre des précautions contre TefFet des bombes, mais les ennemis n’y sont pas venus.
11 n’y a eu que quatorze maisons brûlées à Saint-Malo, mais presque toutes ont été endommagées.
Le ao juillet, les ennemis ont paru à quatre lieues de Cherbourg, que Ton crut qu’ils vouloient bombarder. M. de Matignon s’y rendit; je Ty accomypagnai , et nous donnâmes les ordres pour bien recevoir les ennemis, mais iis se retirèrent.
J'avois demandé au roi deux gentilshommes pour travailler avec moi à la capitation de la noblesse, et M. de Châteauneuf m’avoit envoyé un ordre pour cet effet, mais je m’en suis si mal trouvé que je les ai fait révoquer.
Le i" août, j’ai mandé à M. de Pontchartrain que M. de Goësbriant et deux libraires, prisonniers dans le château de Caen, ayant rompu les planchers de leurs chambres, étoient descendus dans le fossé où iis ont été repris. M. de Goësbriant a été blessé au bras. J’ai mandé à M. de Pontchartrain qu’il falloit faire des réparations à ce
• DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, château Le fils dudit sieur de Goësbriant, qui retenoit son père dans ce château, avoit épousé la fille de M. DesniareU.
Les trois évêchés de Bayeux, Coutances et Avranches se sont abonnés pour la taxe des eaux des ecclésiastiques.
Le 3 2 décembre 1696, M. de Châteauneuf m’a envoyé une ordonnance du roi qui renouvelle les défenses de jouer au pharaon, à la bassette, au boca, et ordonne aux intendans de tenir la main à son exécution
Le 3 janvier 1 696 , j'ai jugé au présidial de Caen quatre soldats du régiment de Vexin qui, s'étant écartés dans leur route, avoienl commis beaucoup de désordres dans plusieurs paroisses, meme volé sur les grands chemins. L’un a été pendu et les trois autres condamnés aux galères.
Au mois de janvier, il a passé à Caen un homme soi-disant archevêque de Corinthe. Il a paru d’une conduite fort réglée, vivant d'aumônes et se retirant aux Capucins. 11 a prévenu les peuples de sa sainteté; il a passé en Bretagne au mois du mars.
Le i4 février 1696, Marie-Anne Foucault, ma fille aînée, a pris l’habit de religieuse à Jarcy, moyennant 5oo** de pension pour la maison et 3oo** aussi de pension pour elle’.
‘ Vojc*. sur l’état du château de Caen et sur le prisonnier Gofisbriant , deux lettres de Pontebartrain au major du château de Caen , du 3 septembre 1 696 et du a a août 1696, dans Deppîng, Correip.
admin. sooi te règne de LouU X!V, t. II « p. a84 et 709.
' Un arrêt du conseil du t5 janvier 1G91 (Isambert, t. XX, p. 1 15) avait déjà défendu ces jeux.
^ A propos de l'enlrée en religion de Marie-Anne Foucault, les mémoires contiennent 1a pièce suivante :
rnOCt'RATlON à U4DAMF. OE TtLLBaCl'l P. POUR PASSER LB COIfTRAT POUR LA DOT DË MA PILLE
Alxia À iARcy. — 8 mars 169Ü.
• Par-devant les notaires gardes -notes « royaux àCaen soussignés , furent présens «messire Nicolas-Joseph Foucault, clicva-
• lier, marquis de Magny, conseiller du roi «en ses conseils, maître des requêtes ordi-
• nairc de son hôtel, intendant de justice,
• police et Hoances en la généralité deCaen ,
• et dame Marie de Jassaud, son épouse,
• par lui dûment autorisée à l'efTel des pré- « sentes , lesquels, après avoir pris oommii
Le 29 février 1696, M. de Pontchartrain , lors contrôleur général des finances, m’a mandé que le roi avoit résolu de créer cinq cents lettres de noblesse dans tout son royaume, dont le prix étoit fixé à 1 0,000**.
Le roi ayant, par édit du mois de [mar.s], accordé cinq cents privilèges de noblesse dans son royaume ', et en ayant fixé le prix à 10,000**, M. de Pontchartrain, contrôleur général, m’a écrit, le 3o mars 1696, que, depuis. Sa Majesté avoit résolu de les donner pour 6,000**, et que j’eusse à rendre sa résolution pubbque dans mon département.
Au mois de mars, j’ai obtenu du roi, pour le collège des Jésuites de Caen , le don des remparts voisins dudit collège. Ils en avoient déjà une partie, et ce don ne préjudiciera point à la défense de la ville.
•< nication . cl que lecture leur a été faite par « Tun desdits notaires soussignés, d'un con* « Irai passé devant Colleau , notaire à Bric-
• Comtc Bobert, le quatonc février mil six
• cent quatre-vingl-seixe, contrôlé le vingt-
• quatre dudit mois et an , par lequel dame « Marie-Anne Foucault, épouse de messire c François Petit, seigneur de Villeneuve,
• conseiller du roi en la cour des aides à « Paris, de lui autorisée par acte passé de- « vant Beauvais et son compagnon , notaires « au Châtelet de Paris , le dix févrierdemier, « et ladite dame encore fondée de procura-
• lion desdits seigneur et dame Foucault, « passée en ce notariat, le dix-huit décembre
• mil six cent quatre-vingt quinze , a obligé « lesdits seigneur et dame Foucault envers t les dames abbesse et religieuses du cou-
• vont et royal monaslcrc de Notre-Dame
• de Jarcy , ordre de Saint-Benoît, diocèse
• de Paris , en cinq cents livres de pension ■ viagère pour la profession de damoiselle a Marie Foucault, iille aînée desdits set- « gneui et dame Foucault, dans ledit rao-
• nastère, aux cliarges, clauses et stipula-
• lions employées dans ledit contrat, et c encore en outre de trois cents livres aus.si a de pension viagère particulière pour la- ■ dite damoiselle Foucault, pour subvenir a à ses besoins , le tout par chacun an , pena dant la vie de ladite damoiselle Foucault a seulement, lesquels seigneur et dame a Foucault, ladite dame autorisée comme
• dit est par ledit seigneur son époux, ont a loué, ratifié, louent et ratifient ledit cona trat, veulent et consentent qu’il sorte son a plein et entier effet, renonçant à aller au a contraire, et ù rentretien d'icelui obligèa rent tous leurs biens passés clà venir, ctfut a fait et passé audit Caen, en l'hôtel dudit a seigneur Foucault, paroisse Saint-Jean, a ce jeudi avant midi , huitième jour de
• mars mil six cent quatre-vingt-seize,
• et ont signé ; ainsi signé : Foucault, Jas-
• saud, Jolivel et Aziré. Contrôlé au Iroi- « sicme volume, le 8 mars 1G96. Délivré a gratis, signé Morlié. ■
' Isamberl, t XX, p ^61.
Le comte d’Estampes et le chevalier de Raraetot* se sont sauvés du château de Caen, le 2 4 avril.
Au mois d’août 1696, le roi a créé, par un édit, des offices de gouverneurs héréditaires dans toutes les villes closes du royaume à l’exception de celles où H y a des gouverneurs qui ont des provisions du roi et des appointcmens employés dans les états de Sa Majesté. Ces chaînes ont été fort recherchées et bien vendues.
Au mois d’août, j’ai fait révoquer M. do Carbonnel de la commission que je lui avois fait donner pour travailler avec moi aux taxes de la capitation de l’élection d’Avranches. Il donnoit des ordonnances de réduction en seul. Le roi a nommé à sa place le sieur de Rcintray.
Au mois de septembre , j’ai fait un voyage à Paris.
Le 16 septembre, j’ai reçu une lettre de cachet pour faire chanter le Te Deam pour la paix faite avec le duc de Savoie’.
Au mois de décembre, le roi a créé un édit qui oblige tous ceux qui se prétendent nobles, et meme les communautés séculières et régulières, de porter leurs armoiries aux dépôts qui seroient manpiés dans chaque généralité. J’ai proposé de rendre cet édit forcé.
M. le maréchal de Joyeuse a commandé sur la côte de Normandie pendant la campagne de 1696. Il m’en a d'abord donné avis. Il y a eu quatre régimens d'infanterie, un régiment de cavalerie, un de dragons, cent cinquante gentilshommes de la noblesse de Berry, et soixante-quinze de la noble.sse de Dauphiné. MM. de Matignon, de Refuge et d’Harlus sous lui*.
' Ne sorait-ce pas le chevalier de Hamlot , duquel il a élé question ci-dessus , p. 3 1 3 ?
’ Isambert, t. XX, p. 374.
^ Le comte de Tessé avait conclu, le 4 juillet, avec le duc de Savoie un traité par lequel on rendait à ce prince tout ce qu'on lui avait pris, cl entre autres la ville de Pignerol. La princesse Marie-Adélaïde , sa fille, devait épouser le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV. La paix
avec la Savoie fut publiée k Paris le 10 septembre, et le contrat de mariage fut signé le i5. Sur la fête célébrée à Caen à cette occasion, voyez, à la date du 3o septembre i ôgO , le Journal d'un bourgeois de Caen , publié d'après un manuscrit de la bibliothèque de Caen, par G. Mancel; Caen, 1848, in-8*.
* Voy. Journal d'un bourgeois de Caen, I o mai , 1 8 mai et 3 juin 1 696.
Il ne s’est rien passé de particulier sur les côtes de basse Normandie pendant cette campagne, les ennemis n’y ayant point tenté de descente. M. le maréchal de Joyeuse m’a mandé, par une lettre du lo octobre 1696, qu’il avoit sujet de se plaindre de M. de Châteauneuf, secrétaire d’état, qui lui avoit donné du très-affeclionné, quoique les autres secrétaires d’état lui missent le très-ohéissant.
Au mois de janvier, le roi a créé des charges de procureurs du roi près MM. les intendans, mais il n’a pas eu lieu *.
Le 5 mars, j’ai jugé au présidial de Caen les accusés d’avoir mis le feu aux halles de Granville et à plusieurs autres maisons. — Nota. Vid. le jugement.
Le i3 mars, j’ai jugé le procès du nommé Goupil, maître de bateau, et de Tilloc, matelot, accusés d’avoir passé des religionnaircs en Angleterre et d’en avoir noyé plusieurs dans le trajet. Ils ont déclaré en avoir noyé cinq et un bourgeois de Caen, qui avoit tué son beau-frère, en deux voyages. Le moyen dont ils se servoient pour les noyer étoit d’aller entre les deux îles de Saint-Marcou , où la mer laisse le sable à découvert lorsqu’elle se retire. Ils mettoicnt leur bateau à l’ancre à cet endroit et faisoient descendre les passagers à fond de cale, sous prétexte qu’ils voyoient des bâtimens françois qui venoient à eux, et, lorsque la mer montoit, ils fermoient l’écoutille et débouchoient une ouverture qui étoit dans la chambre , par où l’eau entroit qui couloit le bâtiment à fond, et montoit d’un pied sur le pont, en sorte que les passagers se voyoient noyer lorsque l’eau montoit, sans pouvoir se sauver. Ils ont été roués vifs.
Le procès de Goupil a été jugé avec les officiers de l’amirauté d’Estrehan
' Isotnbcrt. l. XX, p. a83. Ces procureurs du roi avaient pour fonctions de contrôler les opérations des intendans relatives au domaine royal, car Foucault
nous apprend plus bas qu'en 1699 leurs offices furent réunis aux bureaux des finances.
' Etreham étant situé dans les terres ,
Le roi a créé, au mois d’avril 1697', des offices de contrôleurs de la marque de l’or et de l’argent.
Au mois d’avril, j’ai fait le procès à six soldats du régiment de la Marck, accusés de faux-saunage. J’en ai condamné deux aux galères, les quatre autres renvoyés absous au présidial de Caen.
Il a été créé des offices de jaugeurs, réunis depuis à ceux de courtiers.
Au mois d'avril, le roi a supprimé les offices de jaugeurs.
Le 3 juin, M. Baudouin, conseiller de la grand’chambre, mon cousin germain, le plus ancien, le plus cordial et le plus solide ami que j’aie au monde, m’a écrit pour m’offrir la maison d’Athis, qu’il a acquise de M. de Beauebamps. — (Vid. sa lettre.)
Le a6 juin, j’ai reçu une lettre de cachet pour faire chanter le Te Deum pour la prise de la ville d’Atli
Au mois de juillet, le roi a rendu un édit portant établissement de lanternes dans les principales villes du royaume. Il a eu lieu à Caen. La dépense annuelle j>our l’entretien des lanternes monteroità 1 0,475**, et le rachat au denier ao à ao9,5o4'*. Comme cette somme est excessive pour Caen, j’ai proposé de taxer les habitans à 5o,ooo ** pour le rachat des lanternes’. Les autres villes ont été déchargées comme trop petites.
Le a 4 août, j’ai reçu une lettre de cachet pour faire chanter le Te Deum pour la prise de Barcelone sur le roi d’Espagne*.
J’ai fait accorder à l’Hôtel-Dieu de Caen quinze minots de sel pendant 1697.
Le roi a créé des charges de contrôleurs des amendes*.
En vertu de l’ordonnance de MM. les commissaires du conseil, dé-
il s'agit sans doute d'Oiiistrehain , i l'embouchure de l'Orne.
' Cet édit est dua avril 1697 (Isambert, t. XX, p. aga).
‘ La ville d'Atb avait été prise par Câlinât le 5 juin ■ 697.
’ Vo^. Journal d'an bourgeois dt Caen, janvier 1698.
* Barcelone avait été prise par le duc de Venddmele 10 août 1697.
' Ces ofliecs furent créés dans tous les sièges de justice , par édit de février 1691
ti
pûtes pour le fait des armoiries, du 3o août 1697, mes armoiries' et celle de madame Foucault ont été reçues et enregistrées à l'armorial général par M. d’Hozier, garde de l’armorial général de France, dont il m’a expédié le brevet le 30 septembre 1697.
Le roi a donné, au mois de septembre, une déclaration qui conlirmc les lettres de naturalité obtenues par les étrangers, et dccliarge ceux qui n’en ont point obtenu des peines encourues parles anciennes ordonnances, en payant Hnancc.
11 y a eu un édit pour taxer les lies et ilôts.
Au mois d’octobre , le roi a donné des déclarations concernant les offices de gardes des petits sceaux
Le roi a distrait la ferme du tabac, au mois d’octobre, et en a fait un bail particulier à Duplantier, à la caution de Maynon et compag'nie.
Au mois d'octobre, le roi a créé par un édit des offices de contrôleurs des bans de mariage
Le a5 novembre, j'ai fait publier la paix avec l'Espagne, l’Angleterre et les Provinces-Unies*, et ai fait chanter le Te Deam.
el autres rendus postérieurement. On les supprima en 1716, niais en maintenant au profit du roi une partie des droits qui y avaient été attachés.
* Les armes de Foucault étaient de sable au lion d'argent, armé et larapassé de gueules, couronné d*or.
* Les petits sceaux étaioni : ceux des petites chancelleries établies près les parlements et portant seulement les armes de France, sans l'image du roi; les petits sceaux des présidiaux pour sceller les sentences présidiales , et les petits sceaux de justice, qui scellaient les sentences des juges non présidiaux et les contrats. Ces derniers étaient Ires-pciits et n*evaient porté anciennement qu'une (leur de lys.
Les déclarations dont il s'agit ici sont au nombre de trois, de ranm*^ 1697: elles
avaient pour but de séparer les offices du garde-sccl aux contrais de ceux de gardescel aux sentences.
^ L’édil est de septembre 1697 (Isambert, tome XX, p. 3oi). Ces contrâlcurs devaient tenir un double registre de la publication des bans de mariage; on ne pouvait SC marier qu'après cet cnr<^islremonl et ce contrôle , en dehors desquels il était interdit à tous ecclésiastiques de procéder au mariage. On peut voir U un premier essai d'actes de l'état civil. Lc.s offices de contrôleurs des bans de mariage furent supprimés par édit de mars 1703 ; mais le droit de contrôle subsista, pour être perçu au profit du roi.
^ La paix fut signéeàRyswick, le 30 septembre 1697. Le Journal d'un bouigeoi'^ de Caen reporte le Te Deam el les réjouis-
On a taxé les communautés laïques pour les nouveaux acquùls.
On a taxé les maisons bâties sur les fortifications des villes. Caen s’est racheté pour 1 0,000 •*, que j’ai proposés au conseil. Bayeux, Saint-Lô, Carenlan, Valognes, Avranches efVirc ont été abonnés de même sur mon avis, et les taxes payées par les possesseurs de ces places.
On a créé des trésoriers des bourses communes *.
On a créé une nouvelle tontine.
Il a été créé des charges de substituts des procureurs du roi dans les juridictions subalternes.
Tai fait accorder une pension de 3oo” à mademoiselle de Brasnay, nouvelle convertie et depuis carmélite à Caen*.
Il a été créé des offices de contrôleurs des saisies réelles*.
J’ai proposé à M. de Pontchartrain de faire achever la réparation des chemins depuis Lisieux jusqu’à Caen*, et, quoique une partie de ces chemins soit enclavée dans les généralités de Bouen et d’Alençon, ce-
»ance» pour ia paix au 9 février 1698; c’c't probablement une erreur de date.
‘ Il 9*agit id de trésoriers des corpo* rations d*arts et métiers, t Un édit du mois d'août 1696 créa des trésoriers des bourses communes, qui furent rachetés (par les corporations). Six ans après, un autre édit instituait des offices absolument semblables sous le nom de trésoriers receveurs et payeurs des communautés.
Cétaii porter alluinte à une propriété légitimement acquise par les corporations.
Le roi, il est vrai, motivait cette mesure : « Nous avions bien voulu, disait-il, « consentir à la réunion desdits offices aut- «dits corps et communautés, dans l'espé- « rance qu'ils se porteroient d'eux-mémes t au retranchement de tous les abus aux- « quels nous avions entendu remédier. * H ajoutait qu'il n'en avait rien été, et qu'il faliail enfin porter remède au désordre.
Or il en fut de celte diar|^e comme des autres; on autorisa, on força même les corporations à la racheter. On ne pouvait SC jouer plus effrontément du mot d'intérêt public. ■ (Levasseur, Histoire dtt clussef QUtnirês rn /’’rajica,t. II. p. 298.)
* Voy. plus haut, en 1690, rhi.stoire de mademoiselle de Brasnoy.
* Nous n'avons pas retrouvé cet éilit.
11 SC pourrait que Foucault eût fait confusion avec l'édit d'octobre 1O94, portant création de vérificateurs et certificateurs des saisies réelles et criées; voy. plus haut, p. 3i I. Un édit de mai 1O91 ( Paris, imprimerie de F rançois Muguet ,1691, in-4*. non cité par Isamberl) avait déjà créé en litre d'oflicc des commissaires aux saisies réelles, chargés de les enregistrer et de percevoir un droit à cette occasion.
* Ce travail avait été entamé en 1694 (Voy. plus haut, p. 3o5.)
pendant , comme leur grand commerce ne sc fait pas par ces chemins , MM. les intendans ont refusé de faire contribuer à cette dépense les peuples de leur généralité, et j’ai fait imposer 60,000 ** sur celle de Caen, moyennant quoi ils ont été achevés et faits de cailloutage et de moellons meilleurs, plus durables, de moindre dépense et de plus petit entretien que ceux de pavé. Il y a des endroits où le cailloutage est de quatre pieds de hauteur. Le chemin que j’ai fait faire est de trente-six pieds, savoir vingt-quatre pieds pour la chaussée du milieu en dos d’âne, et six pieds pour chacun des chemins à droite et à gauche poiu- les voitures pendant l’été. Celte réparation m’a attiré bien des bénédictions des voituriers, et, pour empêcher la ruine de ces chemins, j’ai rendu une ordonnance portant défense aux voituriers de mettre plus de trois chevaux [à] leur charrette, à peine de conhscation des chevaux qu’ils mettroient au delà, et de 5o” d’amende. Tout le commerce des bœufs, des volailles, des beurres, des chevaux, des toiles et autres denrées de basse Normandie, se fait par ce chemin.
J'ai demandé à M. de Pontebartrain permission d’aller à Paris, le a 5 novembre, qui m’a été accordée. J’ai été de retour à Caen le dernier avril.
Le 28 janvier, j’ai reçu une lettre de M. de Châteauneuf, au sujet des capitaineries des chasses*, pour faire un règlement qui remédie aux abus, et [il] m’a demandé un état de celles de mon département.
Le 26 avril 1698, j’ai reçu ordre de M. le chancelier Boucherai d’avertir MM. les évêques de mon département et les abbés qui doivent des portions congrues*, de les acquitter.
' Il s'agisaait de supprimer uu certain nombre de capitaineries des chasses qui étaient restées établies dans des lieux où les rois ne résidaient plus, et qui privaient sans motif les seigneurs d'un des princi-
paux droits de leurs terres. L'édit pour la réforme do ccl état de choses parut le 13 octobre i6gg (Isambert, tome XX, p. 344).
’ Les portions congrues étaient des
Au dernier mai 1698, que le traité des armoiries a été révoqué, le recouvrement total montoit à 1 1 5,384** J0‘.
Au mois de juin, j'ai fait donner des gratifications à ceux qui ont travaillé à la confection des rôles de la capitation.
Le sieur de Montaigu , gentilhomme qualifié , s’est converti au mois de juin 1 698.
Au mois de juin 1 698, M. de Villacerf, surintendant des bâtimens, me manda que le roi avoit besoin de dix futailles de roche de Baycux et autant de celle d’huîtres pour être employées aux grottes de Marly. Il m’en a encore demandé depuis une vingtaine de tonneaux. Je les lui ai envoyés avec cinq grosses très-belles pièces de rocaille tirées des falaises de Manvieux, paroisse dépendant du marquisat de Magny. *C’est sur ce que M. Chamillart avoit vanté au roi celte rocaille que M. de Villacerf s’est adressé à moi pour lui en ejivoyer; mais, M. de Villacerf étant mort avant que cette rocaille soit arrivée à Paris, M. Mansart, qui lui a succédé, m’en écrivit et m’en demanda encore plusieurs barriques, avec cent quatre-vingt-quatre livres de graine d’if, dont j’ai reçu de grands remerciemens de la part dudit sieur Mansart.
Au mois de juillet, je me suis transporté par ordre du roi avec M. de Combes sur les bords de la rivière du Couesnon, limitrophe de la basse Normandie et de la Bretagne, où nous avons trouvé M. du Boschet, trésorier de France, et M. Garanjau, ingénieur. Nous en avons visité le cours depuis Pontorson jusques à Dol. Le sujet de notre visite étolt de savoirs! c’étoit les débordemens du Couesnon qui mangeoient les terres que cette rivière lave, ce que la plupart des habitans des deux provinces, même les plus anciens, croyoient; mais, après un examen exact, nous avons trouvé que c’étoit la mer seule qui faisoit ce désordre, et nous avons été d’avis de faire des digues et des épis le long de la côte, comme on fait en Hollande, étant le seul moyen de garantir les terres de l’inondation. C’est ce que j’ai
pensions que les curés primilifs , ou les roisse, devaient au vicaire perpétuel ou au
couvents jouissant des dimes d’une pa- curé qui desservait réellement la cure.
MEM01RK8
mandé à M. de Pontcbartrain. La dépense de ces réparations montera à 42,000''.
An mois de juillet, on a proposé à M. de Pontcbartrain de construire un pont au petit Vey, passage de la partie du Cotentin la plus fertile en clievaiix et en bestiaux. Ce pont seroit très-utile , mais d’une grande dépense. J’ai envoyé M. de Combes sur les lieux pour marquer l’endroit où l’on pourroit le faire.
Nota. — Voir le procès fait au sieur de Beaumont, cbes lequel on a trouvé mille sept cents paires de bas d’Angleterre et mille quatrevingts aunes de taffetas de Tours. Ce jugement est de 1698.
Le chevalier de Ramtot, son frère, a été relégué à Gergeau, et le sieur de Plemarest, complice des fraudes, à Pluviers', au mois de septembre.
J'ai reçu des ordres de faire désarmer les nouveaux convertis, à la réserve des gentilshommes, au mois d'octobre.
[Sur] les plaintes que j'ai reçues, au mois de novembre, de la grande consommation de farine que faisoient les amidonniers de Caen pour fabriquer de l’amidon dans un temps de cherté des blés, j’ai trouvé, par la visite que j’ai fait faire dans leurs maisons, i[u’ils consommoient 800 boisseaux de blé par semaine, du poids de 4o livres le boisseau, ce qui m’a obligé de rendre une ordonnance portant défense d’en faire jusqu’à nouvel ordre. Je l’ai mandé à M. de Pontcbartrain, le 10 novembre.
Les murailles et fortifications du iVfont-Saint-Michel menaçant ruine, les religieux ont prétendu que c’étoit aux dépens du roi que ces réparations dévoient être faites, et ont fait voir que les rois Charles V et Charles Vil ont accordé aux habitans des octrois pour faire ces réparations; mais, depuis ce temps, il ne paroit pias quelles aient été faites aux frais des rois leurs successeurs. La dépense a été e.stimée par M. de Combes à 60,000", et j’ai proposé d’en faire porter un tiers aux religieux, un tiers aux habitans, en leur accordant un
* Am iens non» de Jargeaa el de Pithiviers.
octroi, et un tiers par une imposition sur toute la province qui profite de ce rempart. J’ai mandé cet avis à M. Le Pelletier, et que ces religieux et les liabitans du Mont-Saint-Michcl méritoient d’être traités favorablement, ayant dan.s tous les temps, et surtout pendant le.s troubles de la religion, cousei*vé cette place au roi par une vigoureuse résistance.
Le roi ayant fait mettre au Mont-Saint-Micbel le noininé Cbauvigny, dit La Bretonnière, qui faisoit le lardon d’Hollande*, je l’ai fait tirer d’une cage de bois où on l’avoit enfermé. Il est mort dans cette abbaye, où il a été vingt ans. Ce fut Alvarès qui le fit prendre en Hollande.
Le roi a rendu une déclaration, le i 3 décembre i 6g8^ sur la conduite que Sa Majesté désire que l’on tienne avec les rcligionnaires; et , quoiqu’elle soit pleine de témoignages de zèle pour leur sincère conversion et d’alîection pour ses sujets de quelque religion qu’ils soient, des esprits inquiets ont semé des bruits que le roi les contraindroit enfin de fréquenter les églises et les sacremens. Nous nous sommes assemblés, M. i'évèque de Bayeux et moi, pour aviser aux moyens de faire cesser ces bruits et pratiquer ceux qui seront convenables pour les attirer à l’église par les voies les plus douces. Pai fait arrêter, le a 4 janvier, un mercier qui avoit vendu toute sa boutique et ses meubles, jusques à son lit, pour passer dans les pays étrangers sur ces bruits.
Le a février, Henriette, ma seconde fille, a pris l’habit de religieuse dans l’abbaye de Saint-Jean de Bonneval-lès-Tliouars, moyennant a,ooo** une fois payées et 3oo** de pension viagère. — {Vid. le contrat et les lettres’.)
* On donoAil le nom do lardo/ts aux gaielten ucrites par des pamphlétaires en
Hollande. Ce Chauvigny, qui avait écrit U GaseUe de Hollande de 167a à 1678, était Français (voj. les extraits des Mé-
moires du marquis de Sourches publiés par M. Adhelm Beroier, mars i686).
’ Isambcrl, l. XX, p. 3ié*
* Les pièces suivante», qui se rapportent à rentrée en religion de Hen-
Le 3 avril, j’ai acheté de madame de Morangis, comme tutrice de M. de Morangis, son (ils, la charge d’avocat du roi au Châtelet dont il étoit pourvu, pour mon fds, moyennant 63,000**, par contrat passé devant Thihert et de Beauvais, notaires.
riettc Foucault, sont insérées aux mémoires :
• KNTitéE À SAINT-JKA.N DE MA FII.LE.
• Il me semble qu'il y a longtemps,
• Monsieur, que je n’ai reçu de vos nou-
• velles, que je vous en ai donné des
• miennes. Je ne sais si c'est le mauvais
• temps qui nous jette dans cette paresse,
• car il fait une saison la plus ennuyeuse
• depuis deux mois; nous ne voyons que
• des pluies dans ce pays ici. Mon frère de
• Chostillon , qui est parti de ce matin pour
• Paris, n'a point pensé se tirer de son bas
• Poitou; et vous. Monsieur, quand sor-
• tirez-vous de votre province pour aller à
• Pari.s? Je souhaite que ce ne soit qu'au
• beau temps , espérant que la belle saison
• vous fera prendre le chemin de la lA)ire.
• J’ai ici une petite personne qui est bien « impatiente que l'hiver soit passé. Llie « vous fait une demande à laquelle elle me
• prie fort de me joindre, qui est, Mon- « sieur, de lui permettre de prendre le
• petit voile au mois de mars ou avril, «afin qu'elle puisse être en état, après
• cette petite épreuve, de le prendre en
• cérémonie, où elle compte que vous as-
• sislerez. Scs quinze ans s'accomplissent
• au mois de juin; elle ne parle d’autre « chose que de l’envie qu’elle a d’ètre re-
• ligieuse, et, si vous ne lui accordez pas «sa demande, c'est la plus vive douleur
• qu'elle puisse ressentir. Elle va attendre
• avec bien 'de l'impatience sur cela votre
• réposne. Comme vous m'avez dit bien des
« fois que vous me la sacrifiez, je crois
• qu'il est bon de ne la pas [refuser] , puis-
• qu’elle est dans de si bons sentimens; ce « n'est pas qu'elle n’en a jamais eu de dif* i férens. C'est une enfant d'une grande
• docilité, et a de la raison plus qu’il ne « semble qu'il y en devroit avoir dans un
• si petit corps. Tout ce qui est de la reli-
• gion lui fait plaisir et rien ne lui fait peur. « Elle a fort envie , Monsieur, de vous voir,
• et que la prise d'habit se trouve en ce
• temps-là. Prenez donc vos mesures abn « de donner à vos amis de ce pays le plai-
• sir de vous voir cette [année], comme < vous leur avez promis. 11 faut donc cs-
• pérer que quatre-vingt-dix-neuf sera sans
• guerre, et par conséquent vous aurez
• moins d'affaire. Vous voulez bien , Mon- « sieur, que je vous y souhaite toute sorte
• de bonheur, et vous supplie d’élre per-
• suadé que l’on vous estime autant que « l’on a fait en toutes celles qui se sont
• passées depuis que l’on a eu l'honneur
• de vous connoilre.
< Chastillon , abbesse de Saint-Jean. •
• C« ) jtnvi*r
• Je prends la liberté de vous écrire,
• mon bon papa, au commencement de « cette année, pour vous renouveler les as- « surances de mon profond respect etobéis- « sance , en vousdemandant la continuation «de votre amitié, que j'estime plus que
• toute chose au monde, et aussi pour vous «demander de m'accorder la grâce que je
• vous ai déjà demandée plusieurs fois , qui
Le 3 4 avril j'ai mandé à M. de Cbàlcauneuf que le roi adjuge les biens des rcligionnaires fugitifs à leurs beritiers présomptifs par sa
est tic me permettre de prendre le voile au mois de mars procliain. On le prend sans cérémonie, seulement pour être conforme aux autres religieuses; l'on fait six mois de preuve pour voir si l'on aura la force de supporter la règle, mais Madame a la bonté de m'en ôter trois. 11 y a une demoiselle fort bien faite et qui a beaucoup d'esprit qui veut être religieuse; j'espère que nous ferons notre noviciat ensemble. Madame me fait espérer, mon bon papa , que vous viendrez cet été. Je soubailcrois bien que ce fût au mois do juin , parce que j'aurois mes quinze ans et que ce serait le temps de ma prise d'habit. Je vous prie de me faire savoir quand vous le pourrez, afin que je règle mon temps sur le vôtre. Je l'attendsavcc impatience, puisqu'il doit faire le bonheur de ma vie. Je vous assure, mon lion papa, (|uo c'est véritablement du fond de mon cœur que je vous parle, étant le meilleur parti que je puisse prendre et le plus sûr pour faire mon salut. Je vous supplie donc de ne me pas refuser une si grande grâce; je vous la demande pour étreiine, étant la plus belle que vous me puissiez donner. Je ne cesserai devons la demander jusqu'à ce que vous me l'avez accordée, üserai-je vous demander, mon bon papa, des nouvelles de mes frères ? Vous m'aviez dit que vous vouliez que j'eusse un commerce de lettres avec l'ainé, mais je vois bien que les ailaircs qu'il a l'enipéchent de me donner CO plaisir. Je me fais aujourd'hui celui de lui écrire. J'ai une véritable impatience d'avoir l'honiieur de vous voir, alin de
• vous pouvoir dire les senlimcns de mon
• cœur et vous assurer que je suis avec un
• profond respect, mon bon pajia, votre
• très-humble et très-obéissante fille et
• servante,
«Ueshiiitte Foccailt.»
«VE.STOnr. D'IIENBIETTE k SAINT-JEAN.
• Ce i Uvtiêt 1^1^.
• Je suis si pénétrée, mon bon papa,
• de toutes les marques de bonté que vou.s
• me donnez, que je ne sais comment vous
• en marquer ma reconnoissancc. Ma |ie- « lite capacité n'a point assez de jugement
• pour vous pouvoir exprimer tout ce que
• je sens de tendre et de respectueux pour
• vous. Je vous assure que je n'oublierai
• jamais la grâce que vous m'acconlez ii
• CO renouvellement d'année et qu’il y a si
• longtemps que je désire. J'ai appris avec
• bien du chagrin, mon bon papa, que
• vous avez été malade ; il parait bien que I le Seigneur n'exauce pas mes vœux ; s'il
• les avoit écoutés, vous seriez en parfaite
• santé. Je l'importunerai tant que j'espère
• qu'il se laissera fléchir à mes prières. Je
• souhaiterais bien, mon bon ppa, que
• vous eussiez la bonté de me marquer le
• temps que vous viendrez en ce pays ici.
• Madame , mon illustre abbesse , veut bien
• avoir la bonté de me donner le voile
• blanc ce carême, et je ferai ma prise d'ha-
• bit lorsque vous serez ici. Vous voulez
• bien, mon bon papa , que je m'adresse a «l'ordinaire qui est M. Ravenau, pour lui
• demander mes meubles et ce qui me sera
• nécessaire pendant mon noviciat, etlors-
• que vous viendrez, vous aurez la bonté
•tî
déclaration du 29 décembre dernier'; et, quoique celle succession anticipée paroisse juste, cependant elle produit un grand inconvénient par rapport à la religion, la plupart de ceux à qui le roi accorde ces biens étant aussi calvinistes que ceux qui les ont abandonnés; et, quoiqu’il soit dit par l’article 8 que ceux à qui ces biens seront remis feront profession de la religion catholique, apostolique et romaine, cependant on ne fait aucune enquête à cet égard. 11 faudroit l’attestation du curé, certifiée par l’évêque; mais le mieux seroit de laisser ces biens entre les mains de l’économe des biens des fugitifs, pour y demeurer pendant un an et être employés à la subsistance et en-
•> de faire le cuarclié pour ma dol. J'allends
• ce icmp»*lÀ avec une véritable impa* «tiencc, puisque j'aurai le plaisir de vous
• dire à vous-même que je suis et serai
• toute ma vie« avec tout le respect et la «soumission (pie je vous dois, votre très*
• liumblc cl Ircs-obéissantc fille et servante,
• HEnniETTr. Foccaült. »
• A Cat« • n 19 Mil ijoo
• Je suis de retour de mon voyage de « Poitou depuis quelques jours. J'ai trouvé « ici deux do vos lettres auxquelles je ré* ■ ponds cl à une troisième que je reçois « aujourd'hui. La conjoncture de la mort
• de madame Jaisaud pourra vous donner
• de l'occupation. Je vous prie de voir dans
• deux jours madame Foucault.
■ Püurfaire ma Glle religieuse à Tliouars,
• il ni'en coûte deux mille livres une fois
• payées et trois cents livres de pension
• viagère comptées par avance, en sorte
• que le tout joint aux pensions que
• M. Kavenau, receveur des tailles de «Thouars, avoit cinlevanl payées pour ma « fille, je me suis trouvé redevable en sou
• endroit de trois mille et tant de livres, «dont je lui ai fait un billet payable par
• vous; niaisvou.s ne serct point pressé de « racquiller, ledit sieur Ravenau n'étant
• point prcstié de recevoir cet orgent. Cola
• sera l>on dans la fin de l'année; vous
• pouvet le lui mander, j'en suis convenu
• avec lui. Vous me ferez plaisir de üiiir
• d'affaire avec le sieur Avril.
• Je suis surpris du peu d'attention que
• M. de Feuquières a à ses affaires; il faut «veiller à scs intérêts et aux mien.s, en «continuant les |X)ur8uites du décret.
• Il y a à travailler au bas du grand es-
• calier de ma maison de la rue de Riche* « lieu. Menet*y M. Le Boui^ et laites*y
• travailler. Je donnerai la maison de la « rue Saint-Germain pour 9000 ai je ne «puis en avoir davantage: vous pouvez le
• dire à M. Le Bourg.
■ Jo vous ferai réponse au premier Jour
■ sur le surplus de vos lettres, n'ayant pas
• le temps do le faire aujourd'hui.
• Foccaült »
■ AM. CkiiDpcnoii, rue de Is Tiucrendcrie,
• pr^ laadcn bôpiul Sainl-Gerveis,
• cIks M’ de CberdeTÎUe, à Pari».»
' Isambeii, t. XX,p. Sas.
DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, tretien des enfans, après lequel temps expiré, on mettroit ceux qui auroient fait preuve de la sincérité de leur conversion en possession des biens des fugitifs.
Au mois d’avril, les religionnaires de Caen ayant déclaré aux curés qu’ils n’enverroient point leurs enfans aux Instructions, j’ai fait prendre plusieurs de ces enfans et les ai fait mettre aux séminaires des nouveaux et nouvelles catholiques. J’ai même fait mettre en prison un fermier de madame la comtesse de Fiesque qui avoit envoyé tous ses enfans, au nombre de cinq, chez des religionnaires. Il y avoit dans cette année trois cents familles de nouveaux convertis. Les officiers de justice n’ont aucun égard aux plaintes des curés. Le sieur Ruel, procureur du roi, s’enivre avec les nouveaux convertis. 11 soulTre qu’ils se marient sans ministère de prêtres depuis la dernière déclaration du roi, et a même souflert, quoique averti, qu’ils lissent des assemblées. J’ai mandé à M. de Châteauneuf qu’il mériteroit que le parlement de Rouen lui fit son procès pour scs concussions, mais, attendu les longueurs, que le plus expédient seroit de lui ordonner de se défaire de sa charge.
Le 1 0 mai, j’ai reçu un arrêt du conseil que j’avois demandé pour obliger le .sieur Ruel, procureur du roi du présidial de Caen, de se défaire de sa charge pour malversations.
J’ai reçu une lettre des Carmes de Montauban assemblés en chapitre de la province de Guyenne, datée du 1 7 mai 1699, par laquelle ils me donnent de nouvelles marques de leur rcconnoissance.
Les trésoriers de France ont accepté la proposition que je leur ai faite [pour] la commission de procureur du roi de l’intendance. L’un d’eux en a fait les fonctions au mois de mai.
Le roi a réuni les charges de procureurs du roi des intendances aux bureaux des finances.
Au mois de juin, j’ai trouvé une maison propre à renfermer les filles et femmes condamnées pour faux-saunage et qui récidivent tous les jours, n’ayant pas d’autre métier. Le fermier des gabelles fait la dépense et prend soin de leur nourriture. Il y en a une qui a subi
qiialre fois la peine du fouet et qxii a déclaré quelle ne feroit jamais d’autre métier.
I.e ao mai, j’ai demandé permission d’aller àThouars pour assister à la prise d’hahit d’une de mes filles.
Au mois de juin, j’ai obtenu la permission d’aller à Thouars.
I.e 8 septembre, j’ai reçu la lettre circulaire que M. Chamillart a écrite à tous les intendans, pour leur donner avis que le roi l’a voit nommé contrôleur général à la place de M. de Pontcharlrain fait l'Iiancelier.
I.e dernier septembre, j’ai reçu une lettre de jM. Cliamillart conçue en ces termes : • Vous avez un ami contrôleur général ; • M. de Pontebartrain est chancelier. Je vous embrasse de tout mon 1 cœur. •
I.e. . . septembre 1 699, j’ai écrit une lettre de félicitation à M. Cliamillart sur sa promotion à la charge de contrôleur général. — (ViJ. la lettre.)
Le 28 -septembre, M. de Châteauneuf m’a envoyé la permission d’aller à Paris.
Le sieur Renouf, doyen de l’égli.se du Saint-Sépulcre de Caen, ayant fait des chansons scandaleuses contre plusieurs personnes, j’ai reçu un ordre du roi qui le relègue en la ville du Mans.
On a fait cette année, par ordre de M. de Pontebartrain, beaucoup de chargemens de blé de la généralité de Caen pour celle de Rouen. Beaucoup d’usuriers en ont fait des magasins.
I.e 20 octobre 1 699, j’ai reçu une lettre de M. Chamillart par laquelle il m’a mandé qu’il y auroit incessamment des mouvemens dans les intendances de Touraine, Champagne, Alençon, Bourges et Moulins; rjue, si ces mouvemens pouvoient me procurer une place au conseil, il me conseilleroit de quitter Caen pour une de ces intendances, mais que je devois attendre à Caen quelque chose de meilleur, et que, si dans la suite il avoit du crédit, je m’en apercevrois. Il est cependant devenu contrôleur général, secrétaire d’état et premier ministre ayant tout pouvoir sur le roi , et n’a rien fait pour moi. Il a
depuis seulement eu intention de me faire intendant des finaiiccs à la place de M. de Cauniartin, dont il n’étoit pas content. Le roi lui dit qu’il n’avoit qu’à l’obliger de se défaire de sa charge; mais, au lieu de le faire sur-le-champ, il en parla à madame de Maiuteiion, qui ne lui conseilla pas de s’aliéner toute la famille de M. de Caumartin, et surtout M. de Pontchartrain, lors chancelier, son parent et son protecteur. M. Charnillart déféra à l’avis de madame de Maintenon et je demeurai intendant de Caen*.
M. Charnillart m’a envoyé, le 2 4 octobre, une déclaration portant règlement pour le commerce des grains dans tout le royaume’.
Au mois d’octobre 1699, on a créé des licutenans de police dans les villes’.
Le 6 novembre, M. Cliamillail m’a envoyé un projet de capitation et de taille réelle, tiré du livre de M. de Vauban; mais ce projet, sujet à trop d’inconvéniens, n’a pas eu de suite’.
Au mois de je reçus de M. Le Pelletier, pour rétablisse-
ment de la taille réelle dans toutes les |irovinces du royaume, [des lettres] par lesquelles il me chargea de lui envoyer un mémoire de la manière dont cet établis.sement pourroit être fait dans la généralité de Caen.
' Répiùùon : ■ M. Cliamillmi n’ctflnt
• point content de M. dcCauoiariin , qni le
■ Irater^oit dnn» loua Iraité5 qu’il vou*
• ioil faire, son plaignit au roi» qui lui de*
• iiiandoit [>ourquoi il le .loulTroit, et qu'il
• n y avoit qu'à Tobligcr de sc défaire de
• sa charge. M. Chaniillarl en prit ta réso* « iutioii ctdil à M. de Matignon qn’ilovoit
• songé à tnoi pour celte charge; mais» en « ayant parlé à madame de Maintenon, elle
• lui conseilla de ne |X)inl déposséder
• M. de Cauroaitin, ami cl allié de M. de « Ponlcbarlrain, chancelier, qu'il se ren-
• droit irréconciliable, étant déjà en froi*
■ deur atec lui. M. Charnillart la crut et
• M. de Caumartin est demeuré en place. •
* Celle déclaration, en date du 5i août 1699 (Isaniberl, t. X\, p. 3âi). décidait qu'à ravenir on ne pourrait plus faire le commerce des grains sans en avoir obtenu la permission du gouvernement.
’ Isambert, t XX »p 340. Ces officiers étaient institués à l'exemple du lieutenant général de police créé pour Paris par l’édit de mars 1667.
^ Le 16 novembre, suivant le Journal d’un bourgeois de Caen, Vauban luimcine airiva dans celte ville, visitant par ordre du roi les foriiûcalions de toute la Normandie, On tira cinq coups de canon à son arrivée, et autant à son départ.
Au mois de novembre 1 699, j’ai sollicité M. l’archevêque de Rouen et MM. les évêques de Normandie, pour faire tomber à M. l’abbé Petit, mon neveu, la députation à l’assemblée prochaine du clergé, ce qu’ils ont fait.
Il y a eu disette de grains en 1699.
M. le duc de Beauvilliers, gouverneur des enfans de France, ayant écrit à tous MM. les intendans, de la part de M. le duc de Bourgogne, de travailler à un mémoire contenant l’état de leurs généralités, ample et exact, j’ai fait et lui ai envoyé celui de la généralité de Caen *, dont il a paru content. M. le duc de Beauvilliers me l’a marqué par sa lettre de remerciement qu’il m’a fait par ordre de M. le duc de Bourgogne, le 22 avril.
Par la déclaration du 16 décembre 1698, il est porté que les publications qui seront faites, même pour les propres affaires du roi, ne pourront être faites qu’à l’issue de la messe, pour empêcher que le service ne soit interrompu. M. le chancelier de Pontchartrain m’a mandé, par sa lettre du i3 juin 1700^, que, sous prétexte que les habitans sortent de l’église aussitôt que la grande messe est finie, les publications ne se font point ou se font devant peu de personnes; que, pour faire cesser ce prétexte. Sa Majesté a cru qu’il falloit dire aux curés que, lorsqu’ils auront des publications à faire, ils en avertissent les habitans à la fin du prône, et que j’aie à le leur faire savoir.
Au mois de juin 1700, j’ai fait réédifier les éçoles de l’Üniversité de Caen; le roi leur a donné les balles. M. de Nesmond, évêque de Bayeux, et moi, avons mis la première pierre de ces bàtimcns.
Je suis parti pourTbouars, le 22 juillet, suivant la permission que M. Chamillart m’en a donnée.
' Sur cc travAÜ de Foucault, voy. notre
^ Vov. la circulaire du chancelier Pont*
charlrain, dans Depping, Correspondance administrative sotis le règne de Louis XIV , t. II, p. 3a I.
Au mois d’août 1700, M. le chancelier de Pontcharlrain m’a accordé le privilège de l'impression du procès-verbal de la conférence de MM. les commissaires du conseil avec ceux du parlement, pour la rédaction de l'ordonnance de 1667. J’ai fait mettre le privilège sous le nom du sieur de Seneiise, libraire. C’est mon père qui a rédigé ce procès-verbal.
Le 1 5 août, j’ai fait un écrit avec le sieur de Seneuse, libraire, par lequel il s’est engagé de faire imprimer le procès-verbal de l’ordonnance civile de 1667, rédigé par mon père, et de me donner la valeur de 1,000^ en livres à mon choix. Ce traité a été exécuté, et j’ai fait présent à tous MM. les conseillers d’état d’un exemplaire dudit procès-verbal, dont ledit sieur de Seneuse m’a délivré trente exemplaires, outre les li>Tes portés par ledit marché. J’en ai aussi présenté à M. le chancelier Pontebartrain et à M. Desmaretz, contrôleur général; ledit Seneuse a dédié le livre à M. l’abbé BignonL
M. de Bezons, conseiller d’état, étant mort au mois de septembre®, j’ai écrit, le 20 septembre, à M. Chamillart, pour demander pour moi cette place au roi. — {Vid. la lettre.)
Au mois de septembre, j’ai reçu ordre de faire saisir les biens de M. le cardinal de Bouillon’ dépendans de ses bénéfices.
' Répétition : • Le lâ août, j'ai fait un
• traité avec le sieur Seneuse, libraire à > Paris, par lequel je lui ai cédé le privi-
• lége d'imprimer le procès-verbal de l’or- • donnanec de 1667 et 1G70, moyennant
• ï.ooo’’ qu’il doit me donner en livres et
• une douzaine d'exemplaires dudit procès-
0 verbal. Ce traité a été exécuté en >
Il n'csl pas probable que le traité avec Seneuse ait été exécute directement. En tout cas, il ne reste pas de trace du livre publié par lui. Le procès-verbal de l'ordonnance de 1667 fui publié d’abord à Lyon sous la rubrique de Lille en 1697, et sous celle de Louvain en 1 700. La première édition revue et corrigée sur l’ori-
ginal communiqué par Foucault est celle de Paris, 1709, in-4°, chez les libraires associés. Du moins est -elle la première connue qui contienne le privilège du roi accordé à Foucault et cédé par lui n P. En»ery et à scs associés, peut-être cessionnaires de Seneuse, ainsi que la dédicace à l’abbé Bignon (voy. Barbier, Dict. de* ouvr. anonymes, n* 14,691).
* Louis Bazin, seigneur de Bezons, conseiller au parlement de Paris en 1668. conseiller d'état en 1686, et ordinaire en 1698, était intendant de Bordeaux, où il mourut le 9 août 1 700.
’ Le cardinal de Bouillon avait refusé d'obéir à l'ordre que Louis XIV lui avait
J’ai reçu une lettre de M. Gharaiilart, du 8 octobre 1700, avec deux mémoires contenant le projet d’une nouvelle capitation, l’un de lui et l’autre de M. Le Pelletier. Il me charge d’en faire l’opération dans des paroisses de quelques élections; mais les diilicultés ont fait échouer ce projet.
J’ai proposé, en 1701, MM. le marquis de Saint-Pierre, de la
Roque et gentilshommes, pour travailler avec moi à cet
ouvrage, M. le marquis de Canisy s’étant excusé sur ses incommodités.
Le 1 8 octobre 1 700, M. Chamillart m’a écrit une lettre à laquelle étoit joint un mémoire pour l’établissement d’une nouvelle capitation qui étoit proprement une taille réelle, puisque les teiTes étoient taxées à proportion de leur valeur. Ce projet n’a pas été suivi et a été repris eu 1718 par M. le régent, mais on doute qu’il réussisse.
M. Chamillart m’a écrit, le . . . octobre, qu’il auroit bien souhaité tirer M. son frère de Dol, dont l’air lui est très-contraire; qu’il avoit pensé que , M. l’évêque de Bayeux ayant marqué vouloir demander au roi un coadjuteur, je pourrois lui proposer de lui faire donner une abbaye, moyennant quoi il donneroit sa démission pure et simple de l’évéché de Bayeux. Cette proposition n’a pas eu d’effet. M. de Nesmoud est demeuré et mort évêque de Bayeux. On croit que .sa famille, c’est-à-dire M. de I.amoignon et madame la présidente de Nesmond, l’en ont détourné, et peut-être M. de la Chétardie, curé de Saint-Sulpice.
Le roi ne vouloit point admettre de coadjuteurs aux évêchés.
J’ai fait mon compliment à M. Chamillart, le 26 novembre, sur ce que le roi l’a fait ministre d’état.
envoyé h l\omc do rentrer en France le 1 3 septembre. « On sut , dit Dangcaii à «celte «loto, que l’arrêt contre M. le car- < <linal de Bouillon étoit expédié. Les in- ■ tendons des provinces où sont situés « ses bénéfices ont ordre d’en saisir tous
< les revenus , tant ceux ejui échoiront que « ceux qui sont échus. Le tiers de ces rc-
< venus sera employé aux réparations , .
« un tiers sera distribué aux pauvres des
■ lieux, et l'autre tiers sera mis en sé- • questre. •
Au mois de novembre, j’ai travaillé avec madame la duchesse douairière de Vcntadour et M. l’évcque de Coutances, à Sainte-Mariedu-Mont, à chercher les moyens de faire subsister les pauvres de cette paroisse, dont le nombre est de deux cents, tant hommes que femmes, madame de Ventadour en occupant une partie par le travail qu’elle leur donnoit, 11 y a un hôpital fondé dans cette paroisse par madame la maréchale de Saint-Géran, et augmenté par madame de Ventadour. Il jouit de a,ooo** de revenu. Je l’ai mandé à M. Chamillart, et que nous allions travailler à ôter la mendicité dans les paroisses voisines. Je lui ai proposé de faire convertir les aumônes qui se font abusivement aux portes des abbayes, au profit des hôpitaux.
Le... décembre 1700, j’ai fait assembler les principaux rcligionnaires de Caen dans l’église de Saint-Jean, pour y faire des conférences. Le sieur Grandcolas a été choisi par M. l’évéque de Bayeux pour les faire. Je leur ai fait le discours ci-joint à l’ouverture des conférences; mais, voyant qu’elles dégénéroient en disputes d’école, j’ai fait entendre aux rcligionnaircs que dorénavant on ne feroit plu.s de conférences, mais qu’on leur exposera l’Evangile, la doctrine de l’Eglise et la tradition, sans admettre ni dispute ni controverse; qu’ils pourront ensuite proposer leurs doutes en particulier et eu toute liberté à celui qui leur aima exposé le sens de l’Écriture. Le discours que je leur ai fait le 6 janvier 1 701 est ci-joint*.